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J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 17:38

Le rapport annuel de la mission de lutte contre les sectes met en garde contre les dangers de certaines pratiques alimentaires.

 

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Encore une nouvelle qui pourrait ne pas donner une bonne image de l'écologie ou de ses dérives extrémistes. Pour la première fois, le rapport annuel de la Miviludes, la mission de lutte contre les sectes, consacre un chapitre à la nutrition, pointant les risques de certaines pratiques issues de la mouvance « New Age ». Quels régimes peuvent affaiblir l'individu au point de les faire entrer dans des sectes ?

La mission gouvernementale nous prévient d'emblée qu'« il ne s'agit pas de lutter contre tout ce qui est naturel » mais que « le jeûne, assorti d'un dénigrement systématique de la médecine traditionnelle, s'il pousse à abandonner tous les traitements, peut être dangereux ».

 

Quand on regarde le rapport en détail, rien n'y préconise explicitement l'interdiction d'une ou plusieurs des techniques listées (de manière quasi exhaustive).

Les méthodes citées ne datent pas d'hier : du mouvement zen et son régime macrobiotique aux cures « détox », qui connaissent un succès grandissant, la liste est longue.

« La promotion des régimes restrictifs et du jeûne alimentaire dans la mouvance des thérapies non conventionnelles est préoccupante », écrit la mission, sans préciser lesquels.

Le cas le plus grave évoqué est celui du« mouvement du Graal » : une jeune mère de famille était décédée en 1997 après 21 jours d'un jeûne purificateur censé la soigner de son cancer du sein.

 

En France, une « chasse aux sorcières »

La Fédération « Jeûne et randonnée » redoute les amalgames et se dit prête à poursuivre tout propos diffamatoire. Sa présidente, Agnès Leclerc, nous explique :

« On s'adresse à des gens en bonne santé qui veulent faire une cure de bien-être et de remise en forme. Notre jeûne -de six jours en général- n'est ni thérapeutique ni curatif, on propose jus de fruits, tisanes et bouillons, le tout encadré par des guides de randonnée agréés et qui respectent une charte anti-sectaire.

Il n'y a qu'en France que l'on voit une telle chasse aux sorcières. La méthode Buchinger que nous suivons est très reconnue en Allemagne, où des séjours en clinique sont remboursés par la Sécurité sociale. »

 

La Miviludes ou les associations comme le Centre contre les manipulations mentales reçoivent parfois des signalements étranges, comme « une amie soigne son cancer avec du sang d'âne ». Mais le plus souvent, ce sont des cas isolés et les principales victimes ignorent longtemps qu'elles sont manipulées, d'autant qu'elles ont honte, se sentent responsables. Et les plaintes sont rares.

Françoise Chalmeau, conseillère santé à la Mission, remarque :

« La montée du danger va avec une prise de conscience de la malbouffe et la multiplication des messages sur l'alimentation et la santé.

Parfois -mais pas toujours- des thérapies non conventionnelles aboutissent à une emprise, une manipulation mentale, une rupture familiale, des exigences exorbitantes d'argent, des troubles à l'ordre public, des campagnes acharnées contre la médecine traditionnelle, des propositions d'un monde nouveau à caractère spirituel. »

 

Quand on lui demande de cibler précisément les régimes incriminés, elle cite en vrac :

  • la kinésiologie : méthode de thérapie holistique inspirée par la médecine chinoise ;
  • l'instinctothérapie : théorie de l'alimentation fondée sur les lois de l'évolution qui exclut la cuisson, les céréales, les produits laitiers… ;
  • le végétarisme, s'il conduit à des « régimes déséquilibrés et carencés, affaiblissent individus et préparent à manipulation » ;
  • la privation alimentaire devient dangereuse lorsqu'elle est utilisée comme moyen de prendre le pouvoir psychologiquement sur une personne ;
  • tout végétalien ou adepte du régime macrobiotique n'est pas sectaire, mais toute promesse de guérison miraculeuse doit éveiller le soupçon.

Un régime pour l'autisme à 750 euros

Le médecin spécialiste en nutrition Jean-Michel Cohen, remarque pour sa part que les dérives concernant le jeûne sont des cas isolés :

« Des gens qui se prétendent guérisseurs, s'autoproclament de titres reconnus par aucune institution comme kinésiologue, iridologue, naturopathe… se décorent d'une espèce de blouse en prétendant améliorer le bien-être. »

 

Dans son cabinet, il a vu de tout, des patients suivant des régimes pour soigner la maladie d'Alzheimer ou la schizophrénie :

« Je me souviens d'une femme qui a acheté 750 euros un régime pour l'autisme de son enfant. »

 

Cet adepte médiatique de la médecine traditionnelle voit dans les techniques détox « un caractère spirituel, une sorte de purification par le vide. Et quand, derrière les techniques alimentaires, se profile un corpus idéologique, ça dérive. »

L'effet pervers des « cinq fruits et légumes par jour »

C'est pour les cancers que les dérives sont les plus fréquentes, les malades étant prêts à croire au miracle pour se tirer d'affaire.

Ancienne chef de service à l'institut Gustave Roussy, Françoise May-Levin, cancérologue, a vu « beaucoup de malades qui suivaient des régimes de cinglés (au raisin, aux racines…) ou qui jeûnaient. » Elle ajoute :

« Neuf fois sur dix, les malades vont chercher une solution alimentaire en plus de la chimiothérapie, car l'alimentation est un peu vue comme de la magie, la médecine doit sembler trop logique. »

 

Pour elle comme pour d'autres, le matraquage du Programme national nutrition santé sur les « cinq fruits et légumes par jour » aurait eu des effets pervers. Et de rappeler avec bon sens qu'une « des grandes vertus de l'alimentation, c'est le plaisir ». On le supprime, et toutes les dérives sont possibles.

Par Sophie Verney-Caillat Rue89

http://www.rue89.com/planete89/2010/04/10/jeune-cures-detox-ces-regimes-alternatifs-au-gout-de-secte-146840

 

 

 

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Published by Eixerona - dans Revue de presse
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 15:54

Changer une partie de leur corps ou de leur visage si elles le pouvaient, elles sont 87% à en rêver. Parmi les parties du corps qu'elles souhaiteraient changer, le ventre arrive en première position (64%). Suivent les cuisses (50%), les fesses (38%) et les seins (37%). Selon un sondage Top Santé/Harris Interactive publié ce samedi 13 mars.

 

Néanmoins, le sondage révèle des envies différentes en fonction de l'âge.

Ainsi, 63% des jeunes femmes de 15-24 ans préfèreraient refaire leurs cuisses, contre 69% des femmes âgées de 50 ans et plus qui opteraient plutôt pour le ventre. Plus les femmes sont jeunes, plus elles se sentent à l'aise avec leur corps. Ainsi, 67 % des femmes de 25 à 34 ans se sentent belles, contre 59 % des femmes de 35 à 49 ans et 55% des femmes de 50 ans et plus.

 

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Près des trois quarts ont peur des interventions esthétiques

Concernant les pratiques esthétiques, 74% des femmes estiment que c'est « à la mode » et 61% pensent que cela fait partie de l'évolution de la société. Néanmoins, 71% des personnes interrogées ont peur des interventions esthétiques, notamment les jeunes femmes de 15 à 24 ans (81%).

Pour les femmes, les complications médicales sont le premier frein aux interventions de type « transformation » (53%). Suivent le prix (52 %) et le fait de « ne pas vouloir contrarier la nature » (44%). Néanmoins, 45% des femmes envisagent tout de même de recourir à des interventions de type « anti-âge » ou « transformation ».

Enfin, les femmes n'ont aucun problème à l'idée que les hommes puissent recourir à des méthodes esthétiques. Ainsi, 73% d'entre elles trouvent normal que les hommes aient envie de changer leur apparence. En revanche, 94% des femmes trouvent choquant le fait que les mineures puissent avoir accès à la chirurgie esthétique.

Ce sondage a été réalisé en ligne par Harris Interactive pour le magazine Top Santé, entre le 1er et le 8 février 2010, auprès d'un échantillon de 1000 femmes représentatives de la population française âgées de 15 ans et plus.

Source:http://www.leparisien.fr/laparisienne/beaute/changer-d-apparence-87-des-femmes-en-revent-13-03-2010-847509.


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Ce qui est dommage dans cet article, c'est qu'on ne s'intéresse pas au pourquoi les femmes aimeraient changer une partie de leurs corps. On se doute bien que c'est le résultat de notre société qui se voue au culte de la minceur (maigreur??) et de la jeunesse.

Reste que le résultat est édifiant...peu de femmes semblent en réelle harmonie avec elles-mêmes, ce qui est bien dommage. 
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Published by Angélique - dans Revue de presse
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:42

MARIE-JOËLLE GROS,http://www.liberation.fr/

«L’anorexie mentale est une lutte contre la dépression.» Tel est le point de vue original défendu par Olivier Guilbaud, pédopsychiatre à l’Institut Montsouris, invité hier par l’Institut français pour la nutrition à débattre du lien entre santé mentale et variations de poids.

Cette pathologie essentiellement féminine (un homme dans un cas sur dix) reste rare (0,5 % de la population des adolescentes) mais pose «un problème de santé publique majeur» puisqu’elle peut conduire au suicide. L’anorexie mentale est aussi une énigme pour bon nombre de médecins, car aucun psychotrope ni traitement médicamenteux n’ont d’effet sur elle. On guérit malgré tout de cette maladie à la fois psychiatrique et somatique, si la prise en charge soigne et l’assiette et l’esprit. Pour les spécialistes, l’anorexie mentale est une «toxicomanie sans drogue», une addiction qui n’est pas liée à une substance mais à un comportement. Il y a une jouissance à contrôler et maîtriser ce corps qu’on assèche, à dominer «la faim douloureuse», recherchée comme une sensation forte.

 

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Addiction. L’anorexie est-elle une conséquence de la dépression ou l’inverse ? Tant que la patiente est prise dans son addiction, difficile de savoir si elle était dépressive avant, ou si l’anorexie l’a rendue dépressive à force de dénutrition et d’affaiblissement général de son organisme. Pour Olivier Guilbaud, il est très probable que les jeunes filles concernées ont été dans une forme de «dépressivité chronique»avant d’entamer un épisode anorexique. Ce sont «des personnalités fondamentalement anxieuses, souvent sujettes à la phobie sociale et qui multiplient les petits rituels et les obsessions», énumère le pédopsychiatre.Le risque de dépression sévère se manifeste lors du basculement vers la boulimie, l’autre pôle extrême. Entre anorexie et boulimie, il existe en effet des voies de passage qui peuvent se transformer en descente aux enfers. Reprendre du poids de manière incontrôlée précipite dans la dépression et conduit 10 % des anorexiques au suicide. Il existe deux pics d’âge critique : entre 12 et 14 ans et entre 16 et 18 ans.

Menstruation. A quoi décèle-t-on l’anorexie ? A la restriction alimentaire volontaire bien sûr, mais aussi à un amaigrissement de 15 % par rapport au poids usuel, ainsi qu’à une absence totale de menstruation pendant au moins trois cycles. «Pendant l’épisode anorexique, explique Olivier Guilbaud, les adolescentes font preuve d’hyperactivité physique (pour éprouver leur corps et le contraindre encore à maigrir) et intellectuelle (elles sont souvent en tête de classe).»Obsédées par leur image, elles focalisent sur leurs seins, leurs hanches ou leur ventre, qu’elles continuent à voir trop volumineux, même lorsqu’elles ont dangereusement fondu.

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Ces obsessions persisteront peut-être après la guérison. «Mais elles feront avec et ça ne sera plus pathologique», assure le pédopsychiatre. Le succès du traitement est cependant aléatoire, comme toujours en matière d’addiction. Les médecins estiment que le retour des règles signe la guérison.

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:33

 

Article paru dans l'édition du 03.02.10

Les troubles du comportement alimentaire toucheraient plus de 20 % des adolescents, et surtout les filles


Adèle, 13 ans, a beaucoup maigri. Inquiets, ses parents consultent leur médecin. Celui-ci envoie la jeune fille consulter un endocrinologue. Le diagnostic tombe : « anorexie mentale », terme médical pour l'anorexie. La jeune fille est dirigée vers un psychiatre. Semaine après semaine, Adèle continue de perdre du poids.

 

Son anorexie a démarré il y a environ six mois. Elle dit s'être sentie « plutôt bouboule » et a voulu commencer à perdre du poids. Elle a arrêté le grignotage, puis les produits sucrés, les féculents... Ses parents sont désemparés. Conseillés par la mère d'une camarade de classe, ils appellent un service spécialisé. Adèle pèse 25 kg et mesure 1,42 mètre. Le médecin décide de l'hospitaliser. En grande souffrance, Adèle a besoin qu'on l'aide.

 

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Face à l'anorexie ou à la boulimie, les parents ne savent pas à qui s'adresser. Pour répondre à leur attente, un réseau sur les troubles du comportement alimentaire (TCA) a été lancé au niveau de l'Ile-de-France, vendredi 29 janvier. « Nous voulons coordonner les structures de soin des patients souffrant de TCA », explique son président, le professeur Jean-Claude Melchior, nutritionniste à l'hôpital Raymond-Poincaré, à Garches (Hauts-de-Seine). Les services hospitaliers spécialisés en TCA d'Ile-de-France reçoivent plusieurs dizaines d'appels chaque jour. « Le traitement de ces pathologies est axé sur le travail pluridisciplinaire », explique l'Association française pour le développement des approches spécialisées des troubles du comportement alimentaire (Afdas-TCA).

Maladie complexe, l'anorexie mentale touche un nombre stable de Français depuis plusieurs décennies. En revanche, même s'il n'existe que peu d'études sur l'évolution des troubles alimentaires, « la fréquence de la boulimie augmente, notamment dans les zones urbaines », explique Nathalie Godart, pédopsychiatre à l'Institut mutualiste Montsouris, dans le 14e arrondissement de Paris. 1,5 % des femmes et 0,16 % des hommes souffriraient d'anorexie mentale. Elle touche 1 % des adolescentes ; et la boulimie 3 %.

 

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Mais les autres troubles alimentaires, comme l'hyperphagie (se lever la nuit pour dévaliser son frigo ou grignoter frénétiquement entre les repas), progressent, et concerneraient 20 à 30 % des adolescents. Les TCA frappent davantage la gent féminine : on compte huit à neuf filles malades pour un garçon. En Ile-de-France, on dénombre 180 000 cas d'anorexie mentale chez les femmes et 19 000 cas chez les hommes. Les formes intermédiaires affectent 600 000 personnes, selon les chiffres rendus publics vendredi 29 janvier par le réseau TCA d'Ile-de-France.

« Les troubles du comportement alimentaire, pas forcément sous leurs formes les plus graves mais modérées ou transitoires, ont fortement augmenté. Et particulièrement, depuis vingt ans, les crises de boulimie suivies de vomissements provoqués, qui touchent aujourd'hui une à deux jeunes filles sur dix », explique Xavier Pommereau, psychiatre et responsable du Pôle aquitain de l'adolescence au CHU de Bordeaux. Les causes de l'anorexie et des TCA sont multifactorielles (prédisposition, culture, environnement, mode de vie, stress...).

Le contexte social est bien sûr déterminant. L'offre alimentaire abondante, le matraquage publicitaire sur l'idéal de minceur, le temps et l'importance moindres accordés aux repas... sont autant de facteurs déclencheurs.

 

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Aussi bien dans la boulimie que dans les autres TCA, c'est souvent la pensée anorexique qui pilote les crises. Elles reviennent avec le besoin de maigrir ou le sentiment insupportable d'être trop gros. « Dans la boulimie, les patients confondent la faim et l'envie de manger, souvent liée à des émotions qu'ils ne savent pas gérer autrement. Toutes les émotions peuvent être sources de compulsions alimentaires. Il faut apprendre à gérer les émotions autrement qu'avec la nourriture », explique Anne-Françoise Chaperon, psychologue clinicienne spécialisée en thérapies cognitives et comportementales.

« Dans tous les cas, il y a la stigmatisation du corps non parfait », souligne Laurence Collet-Roth, psychologue. Selon une récente étude du psychiatre Christopher Fairburn, chercheur à Oxford (Angleterre) : « Les patients basculent souvent d'un trouble à l'autre. La symptomatologie des TCA peut être commune. »

Point inquiétant : « La moitié des patients souffrant de TCA n'accèdent jamais à des soins », insiste le professeur Jean-Claude Melchior. Surtout les personnes atteintes de boulimie, puisque c'est le plus souvent une maladie non visible.

 

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Le retard de prise en charge a de multiples raisons : « Le refus des patientes, qui restent focalisées sur leur volonté de perdre du poids et craignent toute intervention qui s'y opposerait ; les parents qui se sentent responsables dès lors que l'on évoque un problème psychiatrique et sont parfois dans l'évitement ; le médecin traitant qui a des connaissances souvent insuffisantes, énumère Renaud de Tournemire, pédiatre, responsable de l'unité de médecine de l'adolescent à l'hôpital de Poissy-Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Ainsi, lorsque la situation devient grave, les familles ont souvent déjà toqué à de multiples portes. »

Une perte de temps préjudiciable car, comme le souligne le docteur Nathalie Godart, « plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic de guérison ». Même si la voie est longue et sinueuse, on peut en effet guérir de l'anorexie et de la boulimie.

Pascale Santi 

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Published by Angélique - dans Revue de presse
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:19
LE MONDE | 20.02.10 | 14h43  •  Mis à jour le 21.02.10 | 09h29

Whistler (Canada) Envoyé spécial

L'anorexie n'est pas seulement l'apanage des top models et des jockeys. D'autres professionnels, les "oiseaux" du saut à skis, confessent souffrir du même mal. Dans un milieu où l'on redoute plutôt que les sportifs ne gonflent sous l'effet des anabolisants, eux sont prêts à sauter les repas pour augmenter leur portance.

Dès 2004, la Fédération internationale de ski (FIS), consciente de ces dérives, a fait adopter un nouveau règlement. La longueur des skis dépend ainsi aujourd'hui de l'indice de masse corporelle (IMC), calculé en divisant le poids par la taille. Un sauteur de 1,80 m qui pèse 65 kg a des skis de 2,63 m. Avec 4 kg de moins, ces skis sont raccourcis de 10 cm. Fixé à 20, l'indice limite sera porté à 20,5 la saison prochaine. A l'époque, la FIS avait dû réagir après les aveux de l'Allemand SvenHannawald, le seul à avoir réalisé le grand chelem sur la Tournée des quatre tremplins, la plus importante compétition de saut à skis. Les photos du champion en maillot de bain publiées dans la presse avaient choqué l'opinion outre-Rhin.

Ces mesures n'ont apparemment pas suffi. Avant les Jeux de Vancouver, un autre Allemand, l'ancien numéro un mondial Martin Schmitt (1,82 m pour 63 kg), a affirmé au quotidien Bild s'astreindre à "un poids extrêmement limite""Pour me sentir bien, je devrais peser 4 kg de plus, estime-t-il. Mais si je prenais deux ou trois kilos, par exemple, je perdrais cinq à six mètres au saut."


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"JE ME SUIS DÉTRUIT"

Médaille d'or du petit tremplin le 13 février, favori pour la finale du grand tremplin qui pouvait lui permettre, samedi 20 février, d'être le premier à remporter quatre titres olympiques en individuel, le Suisse Simon Ammann pèse 56 kg pour 1,72 m. Ces mensurations correspondent au minimum exigé par la FIS. Mais pour s'y conformer, le sauteur dû se remplumer de 6 kg.

Le grand espoir de l'équipe de France, Emmanuel Chedal, qui participe à la finale du grand tremplin, affiche, lui, avec 65 kg pour 1,85 m et saute donc avec des skis rabotés. Ils devaient y retrouver le Finlandais Janne Ahonen, alias Kuningaskotka ("le roi des aigles"), qui a ainsi détaillé son régime alimentaire : "Matin et soir, je mange du müesli et un yoghourt maigre, beaucoup de café et rien d'autre."

 

Ahonen, qui est revenu récemment à la compétition après avoir interrompu sa carrière en 2008, a terminé quatrième au petit tremplin. Il a su ne pas tomber dans les excès de son camarade Ville Kante, vainqueur de deux concours de Coupe du monde, qui a dû jeter l'éponge en 2004, insomniaque et dépressif. Agé de 26 ans, il ne pesait plus que 51 kg pour 1,74 m. "Je me suis détruit, ainsi que ma carrière", a regretté Kante, aujourd'hui reconverti en préparateur de ski.

 
Bruno Lesprit

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 16:09

Mention "image modifiée" pour photos retouchées ?

 

NOUVELOBS.COM | 22.09.2009 | 13:36

 

C'est ce que propose la député Valérie Boyer, afin de lutter contre l'anorexie et empêcher "des personnes à croire à des réalités qui, très souvent, n'existent pas".

Une proposition de loi visant à mentionner sur les photos publicitaires les retouches par ordinateur a été déposée à l'Assemblée nationale par la députée UMP Valérie Boyer, a indiqué son entourage mardi 22 septembre.
Présentée par une cinquantaine de députés, cette loi viserait à combattre l'incitation à l'anorexie. "Ces images peuvent conduire des personnes à croire à des réalités qui, très souvent, n'existent pas", affirme-t-elle dans l'exposé de sa proposition.

37.500 euros d'amende


"Les photographies publicitaires de personnes dont l'apparence corporelle a été modifiée par un logiciel de traitement d'image doivent être accompagnées de la mention : "photographie retouchée afin de modifier l'apparence corporelle d'une personne"", selon l'article de loi. Il prévoit de plus une amende de 37.500 euros en cas d'infraction. Pour Valérie Boyer, l'objectif recherché "est bien un objectif de santé publique", affirme-t-elle afin d'insérer le texte dans le code de la santé publique.
"Une affiche publicitaire ou une photographie figurant sur l'emballage d'un produit seraient également concernées, tout comme les photographies des affiches de campagne politique ou encore les photographies d'art", affirme-t-elle. Valérie Boyer est déjà l'origine d'une proposition de loi contre les incitations à l'anorexie, proposée et adoptée par l'Assemblée nationale en 2008, mais pas encore par le Sénat.
(Nouvelobs.com)

 

 

 

Personnellement, je trouve cette proposition intéressant toute simplement parce qu’à 16 ans, je me suis fait avoir par les photos retouchées. Je ne comprenais pas pourquoi ma cuisse n’était pas droite comme sur les photos des magazines. Un beau jour ma sœur m’a expliqué qu'un os au niveau de la hanche était de biais…d’où le galbe de la cuisse.


Dans cette proposition de loi, je ne vois pas la lutte contre l’anorexie mais un moyen de faire déculpabiliser les femmes, parce que voilà on nous serine toujours avec la minceur et toussa. 70% des femmes sont malheureuses car elles pensent être trop grosses à cause de l’idéal que l’on veut nous imposer. Alors oui casser l’idéal qu’on nous impose, c’est une idée brillante !

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 21:10

Alli : la pilule qui fait maigrir fait surtout aller aux toilettes

Par Colette Roos | Journaliste | 19/02/2009 | 11H41

source Rue 89

La commercialisation du nouveau médicament, prévue en mai, inquiète les nutritionnistes et les associations concernées.

Un nouvel allié pour la minceur? Le laboratoire GSK vient d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché d'"Alli" ("allié" en anglais) pour l'Union européenne. Débarquée aux Etats-Unis en juin 2007, la pilule était en rupture de stocks dès les premiers jours.

En France, les pharmaciens se frottent les mains depuis l'annonce de sa mise en vente libre -prévue pour le mois de mai. Alli a déjà généré 230 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel pour GSK.

Alli vous propose un contrat simple et radical à la fois: si vous mangez trop gras, il vous fait éliminer à coups de fortes diarrhées. GSK vise 150 000 clients, essentiellement des clientes, pour la première année.

Attention aux pièges, nombreux, que vous tend Alli

Sur le marché très lucratif de la minceur, aucun médicament n'avait jusque là soigné l'obésité sans effet secondaire grave: les coupe-faim, qui agissent sur des neuromédiateurs, ne marchent pas, disent les médecins. L'Acomplia, lancée par Sanofi-Aventis, a d'ailleurs été retiré du marché en octobre.

La chirurgie, notamment la pose d'un anneau gastrique pour diminuer le volume de l'estomac, est certes efficace mais lourde, contraignante et risquée.

Alli, qui consiste à s'infliger la punition de déféquer des graisses en cas d'excès, devrait donc faire un carton. Les forums féminins s'excitent déjà sur cette formule magique pour la ligne, vendue en contrebande sur Internet.

Mais attention aux pièges, nombreux, que vous tend Alli.

Punis-moi si je mange trop gras

Alli est réservé aux personnes en surpoids, c'est-à-dire dont l'indice de masse corporelle (IMC), que l'on calcule en divisant son poids par sa taille au carré, est supérieur à 25 (le chiffre est de 30 pour les obèses). Ce qui revient à peser environ 75 kilos pour 1,60 m, et concernait 29,2% de la population française en 2006 selon l'étude ObEpi

La voie explorée par Alli est la suivante: pour se débarrasser des graisses, le plus simple, c'est de ne pas les métaboliser. Concrètement, c'est un "inhibiteur de lipase", qui limite l'action de l'enzyme chargée de "casser" les lipides ingérées en petites briques facilement assimilables par l'organisme.

Il utilise l'orlistat, la molécule employée dans le Xenical, un médicament des laboratoires Roche à qui GSK l'a rachetée. Elle est demi-dosée (60 mg au lieu de 120) mais promet 80% de l'efficacité du Xenical.

Quand on ingère Alli, on est contraint d'être soit très discipliné (fini les craquages alimentaires), soit très disponible. Comprendre: jamais loin des toilettes, car manger des graisses malgré les préconisations entraîne des désagréments peu ragoûtants, façon "gastro" (flatulences grasses, voire diarrhées incontrôlables).

Alli est donc surtout une façon d'externaliser sa volonté de régime : "Oblige-moi à manger sainement. Et punis-moi si je le fais pas". Fais-moi mal, Alli, Alli, Alli...

Un régime imposé

Alli promet de vous faire perdre un kilo de plus pour deux de perdus par le régime qu'il impose. Car, comme l'explique Martine Frey, directrice médicale chez GSK, c'est une "récompense" qui accompagne un régime:

"Si l'on ne fait pas le régime qui va avec, on n'a que les inconvénients [la diarrhée, ndlr], mais on ne perd pas de poids. C'est un encouragement à avoir une alimentation saine et vertueuse: si on mange trop de gras, il tire le signal d'alarme. Alli permet de prendre conscience de ce qu'il faut faire.

Maigrir, ça passe par une alimentation saine et équilibrée, et une augmentation de l'activité physique. Ce n'est pas une pilule magique qui vous fait perdre trois kilos en trois jours, c'est une démarche sur le long terme, qui n'est pas efficace si on suit pas le régime."

Autre inconvénient, Alli provoque des carences en vitamines. D'ailleurs, le site américain d'Alli incite les candidats au régime à prendre un complément multivitaminé pour rétablir l'équilibre.

Les pharmaciens au poste de contrôle

Problème, en vente libre derrière le comptoir du pharmacien, il risque d'être largement détourné. Le rôle de conseil du pharmacien est largement mis en valeur par GSK, qui sortira un livret d'accompagnement à la prise du produit et formera les professionnels. Mais rien ne garantit que les commerçants vérifieront que le client est bien en surpoids.

En vente à deux euros par jour environ (le prix sera fixé librement par les pharmaciens), pour un traitement de trois mois, il sera abordable, et donc tentant, y compris pour les midinettes qui se trouvent trop rondes à l'approche de l'été.

Pourquoi s'infliger de tels désagréments, alors que suivre simplement le régime indiqué suffit à faire fondre les deux tiers du poids perdus avec une cure d'Alli? Si, comme promis, le traitement permet de perdre 5 à 10% de sa masse corporelle, ce n'est pas non plus un régime miracle.

La principale vertu d'Alli est donc de vous apprendre à repérer les "graisses cachées", celles qui sont incorporées dans les aliments, comme la graisse d'un steak, par exemple. Comme si on pouvait manger gras sans s'en rendre compte, et qu'il fallait aller aux toilettes pour vraiment le réaliser!


Si la sanction des toilettes s'éloigne, les mauvaises habitudes peuvent revenir

Jean-Philippe Zermati, nutritionniste comportementaliste président du Gros (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), craint qu'Alli "stigmatise une catégorie d'aliments" alors que maigrir, c'est avoir "une approche globale", qui n'inclut ni ne bannit aucun type d'aliment.

Dès que la sanction des toilettes s'éloigne (parce que la cure s'arrête ou qu'on la stoppe, incapable de tenir), le risque est qu'on se remette à manger n'importe quoi, et en grandes quantités, histoire de compenser la frustration. Pas vraiment la meilleure façon de sortir de la spirale.

La président de l'association de personnes de forte corpulence Allegro Fortissimo, Viviane Gacquière, a d'ailleurs écrit à la ministre de la Santé pour lui demander carrément d'interdire Alli:

"L'autorisation de ce médicament en vente libre (représente) un réel danger touchant aux mesures 'sauvages' utilisées par un grand nombre de personnes pour maigrir même quand leur surpoids n'est pas pathologique, un mirage pour les personnes en obésité et des conséquences non négligeables sur la santé des patients consommateurs de cette spécialité."


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 22:55
Aurélia venait d'avoir 12 ans, en février dernier. C'était une enfant plutôt calme et réservée. Elle avait encore les rondeurs de l'enfance et supportait mal les transformations de son corps. « Est-ce la mort brutale de son petit teckel qui a constitué l'élément déclenchant et est venu s'ajouter aux réflexions de ses copines, toutes très filiformes, sur son corps ? », se demande aujourd'hui sa mère.

Aurélia s'est mise, de façon insidieuse, à faire un «petit régime» qui a vite dégénéré. Elle a commencé à diminuer de plus en plus ses rations, à ne penser qu'au ventre qu'elle n'avait pas, et à compter les calories... En même temps, elle «gavait» sa petite sœur de 8 ans, et l'empêchait de courir dans le jardin, de peur qu'elle ne maigrisse. Six mois plus tard, Aurélia était hospitalisée d'urgence à Mont-de-Marsan : elle ne pesait plus que 30 kg. « J'aurais dû réagir plus tôt, reconnaît sa mère. Mais au début, je ne voulais rien voir. Puis je l'ai montrée à son médecin généraliste qui n'a pas fait le diagnostic.»

Aujourd'hui, Aurélia est prise en charge par le réseau Dabanta à Bayonne, remange de tout mais contrôle toujours son poids de façon intense. « C'est un combat de chaque instant, souligne sa mère. Dès qu'elle dépasse les 40,5 kg, elle se met au régime, puis le lendemain est prise de crise de boulimie ».

Céline avait 15 ans en avril 2005 et traversait une phase de son adolescence «un peu agitée», mais elle était plutôt gaie, dynamique et sportive. Comme elle était assez gourmande, elle avait une propension à prendre un tout petit peu de poids. « Un jour, elle nous a annoncé qu'elle entamait un régime drastique, raconte sa mère. Mais comme elle n'arrivait pas à s'arrêter de manger, elle a eu l'idée de se faire vomir. On a mis du temps à s'en apercevoir, poursuit-elle, car on ne connaissait pas cette maladie et elle faisait ça en cachette. Mais on la voyait fondre de jour en jour. »

Aujourd'hui, Céline est suivie dans un centre spécialisé ; elle va mieux, mais elle est encore très fragile. « On réalise maintenant qu'il s'agit d'une vraie addiction, souligne sa mère : dès qu'elle rentre du lycée, elle se goinfre et n'arrive pas à se réfréner ; on est obligé de cacher les provisions. C'est très difficile à vivre pour elle, pour nous et pour son frère et sa sœur. On la porte à bout de bras chaque jour. C'est une forme d'enfer quotidien. »

Des origines multifonctionnelles


Anorexie et boulimie sont les deux faces d'une même maladie, qui ont en commun cette fixation obsessionnelle autour de la nourriture et cette peur irraisonnée de prendre du poids. Ces troubles du comportement alimentaire (TCA), qui touchent surtout les adolescentes, sont considérés, au même titre que les autres addictions, comme des maladies de l'Occident et des sociétés de consommation. Et on accuse régulièrement le mannequinat et les modèles de régimes minceur de les encourager.

Les jeunes filles sont en réalité soumises à deux injonctions contradictoires : celle de rester mince et celle de consommer sans modération. Ce qui expliquerait l'augmentation de ces troubles «mixtes» qui associent boulimie et anorexie.

« Beaucoup de jeunes filles ont aujourd'hui des troubles de conduite alimentaire, mais on n'est pas en mesure d'affirmer que les cas d'anorexies graves sont en augmentation, souligne Xavier Pommereau, psychiatre, responsable du centre Jean-Abadie, au CHU de Bordeaux. Ce qui augmente, en revanche, ce sont les conduites qui alternent les moments de privation et ceux de gavages boulimiques. On voit ainsi de plus en plus de jeunes filles qui vont manger une pomme pendant deux jours et, le troisième, craquer en se bourrant de chocolat qu'elles vont parfois aller vomir. Dans une société qui met l'accent sur l'importance de l'apparence en même temps que sur l'opulence, les ados se font l'écho dans leurs corps de ce paradoxe. »

S'il en constitue un terreau favorable, ce contexte sociétal ne suffit pas néanmoins à tout expliquer. Les spécialistes s'accordent désormais pour dire qu'il s'agit de troubles extrêmement complexes, où interfèrent les facteurs génétiques, biologiques, environnementaux, et qui puisent leurs racines dans des fragilités narcissiques souvent très anciennes.

On invoque ainsi ces « angoisses de séparation de la petite enfance », qui se réactivent à l'adolescence, à l'occasion d'un traumatisme « à connotation de séparation » : des bonnes copines qui délaissent l'adolescente, un amoureux qui se détourne d'elle, un frère aîné qui part faire ses études au loin... On a longtemps évoqué l'importance des relations mères-filles trop fusionnelles, dans le déclenchement de ces troubles. Mais les psychiatres tiennent désormais à leur égard des discours moins culpabilisants.

Xavier Pommereau parle ainsi de « troubles des échanges affectifs, dans lesquels la famille n'est plus la seule en cause, même si la mère joue un rôle important, dans la mesure où c'est elle qui est chargée au départ de produire, à travers l'alimentation de son bébé, le registre des échanges affectifs ». « La difficulté, ajoute-t-il, est d'arriver à expliquer qu'elle est forcément impliquée sans pour autant la culpabiliser ».

Les spécialistes s'accordent aussi sur l'importance d'une intervention précoce, pour éviter qu'un mécanisme d'addiction ne s'installe.

Les familles associées au traitement

Or, en dépit de la médiatisation faite autour de ces troubles, l'information semble insuffisante, y compris chez les médecins généralistes. S'y ajoute un phénomène de déni, très fréquent chez les patients et leurs proches, qui retarde la prise en charge. Et quand les familles se décident à aller consulter, elles ne savent pas toujours à qui s'adresser.

C'est ce que déplore le professeur Jean-Luc Vénisse, responsable du service d'addictologie du CHU de Nantes, qui se bat pour qu'il y ait un « dispositif de soin bien repérable par les familles ». Quant aux centres spécialisés, ils sont souvent débordés. Dans certaines régions, comme les Charentes ou le Centre, souligne de son côté Xavier Pommereau, il faut six mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste.

S'il est important de réagir vite, soigner ces maladies exige en revanche du temps et de la patience. « Ce n'est pas un problème qu'on règle à la va-vite, insiste le professeur Vénisse. Il faut prendre le temps de mettre en place un vrai projet de soin, en diversifiant les approches thérapeutiques : certaines agissent directement sur les comportements alimentaires, d'autres sur le corps de façon plus globale. On met aussi en place une psychothérapie individuelle et une thérapie familiale. Et quand il s'agit d'une anorexie mentale avérée, le patient est suivi par une équipe pluridisciplinaire (psychiatre, généraliste, nutritionniste...) qui assure un étayage au long cours ». Dans ce processus thérapeutique, les parents, longtemps écartés, sont de plus en plus considérés comme de véritables partenaires.

« Certaines équipes continuent à utiliser le contrat de séparation avec les parents et obtiennent des résultats », souligne Jean-Luc Vénisse. « Nous, on a préféré une approche plus familiale. Aux entretiens individuels avec les ados, on ajoute souvent des entretiens parents-enfants et des thérapies familiales, où on inclut aussi les frères et sœurs, souvent oubliés. Cela ne veut pas dire, ajoute le professeur Vénisse, qu'il ne faille pas que l'enfant marque son propre espace : sa capacité à se séparer de ses parents et à apprivoiser la solitude est l'un des enjeux de l'anorexie. Mais on associe les parents à cette démarche. »

Et on les aide à reprendre leur position de parents, car « l'anorexique a tendance à faire la loi à la maison, souligne le psychiatre ; on les incite aussi à prendre soin d'eux, en consultant au besoin pour eux. Notamment les mères : elles sont prises dans de tels enjeux qu'elles ont du mal à s'en sortir seules ».

Les parents sont également encouragés à rejoindre des groupes de parole, comme il en existe au CHU de Nantes depuis près de trente ans. Car ils vivent souvent en silence cette épreuve comme un véritable calvaire, qui les isole du reste du monde. Et ils ont besoin de rencontrer d'autres parents, qui traversent les mêmes épreuves qu'eux et avec qui ils peuvent partager leur expérience et leur inquiétude quotidiennes.

Christine LEGRAND
La croix.com 15/01/2008
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 23:54

A mi-chemin entre l'hospitalisation et la prise en charge classique en ville, la première structure associative pour boulimiques et anorexiques vient d'ouvrir, rue des Immeubles-Industriels (11e à Paris).


Manque de lits, délais d'hospitalisation trop longs, horaires contraignants « Les femmes touchées par les troubles du comportement alimentaire (TCA) se retrouvent sans solution après 18 ans », explique Sophia Ducceschi, psychothérapeute et présidente de l'association Vaincre anorexie boulimie. Partant du principe qu'un seul axe de travail ne suffit pas, son association comble un vide avec une prise en charge multidisciplinaire : thérapie de groupe, yoga, art-thérapie et suivi nutritionnel.


« Depuis mes 25 ans, j'ai cherché en vain une structure adaptée, témoigne Eve, 38 ans, boulimique. Quand j'ai trouvé cette association, j'ai sauté en l'air ! » Anna, 25 ans, s'est aussi retrouvée face à un mur : « J'ai eu recours à une dizaine de psys. Ça ne collait pas, notamment à cause de la barrière de l'argent. L'autre alternative, c'était l'hospitalisation, avec la désociabilisation que ça implique. » La jeune femme a tenté la voie associative et n'y voit que du positif : « il y a une vraie écoute et ça reste abordable. » Le tarif associatif est la force du concept : 60 euros par mois pour un malade optant pour tous les ateliers. L'efficacité ? « On peut guérir mais c'est long », reconnaît Sophie Duccheschi. « On peut espérer de bons résultats en deux à trois ans. » Cependant, dans un tiers des cas, il ne va rien se passer.


Charles Centofanti - ©2008 20 minutes
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 20:21

La prise en charge des phobies scolaires progresse

Aude Sérè
28/10/2008

Le refus maladif de prendre le chemin de l'école est de plus en plus reconnu.

Depuis l'entrée de son fils Joey en maternelle, Isabelle vit un véritable parcours du combattant. D'abord des larmes, puis de véritables peurs panique avant d'aller à l'école, sans parler des insomnies. D'absences répétées en retours ratés, les années de primaire du jeune ­garçon, scolarisé dans un petit village de l'Yonne, se sont transformées en enfer. «En CM2, cela s'est corsé, il avait de grosses insomnies, un manque total d'appétit ; nous avons décidé de le scolariser à domicile», explique-t-elle. Aujourd'hui, en 4e, Joey suit des cours par correspondance. «C'est un soulagement», note sa mère. Comme lui, des centaines d'enfants sont atteints de ce que l'on a coutume d'appeler la phobie scolaire.

Psychologues praticiennes à l'hôpital Robert-Debré, Marie- France Le Heuzey et Marie-Christine Mouren viennent de consacrer un ouvrage * à cette pathologie qui commence à être prise en compte. «La phobie scolaire atteint 1 % à 5 % des enfants scolarisés», estiment-elles. Tableau classique : de véritables attaques de panique lors du départ à l'école. «L'enfant est débordé par une angoisse incontrôlable : il crie, s'agrippe, exprime des signes physiques tels douleurs abdominales, céphalées, pâleurs, palpitations, tremblement, menaces de fugue, décrivent-elles. Les symptômes cessent dès que l'enfant est autorisé à rester chez lui.» Des mécanismes qui peuvent s'installer pendant des années et bouleverser une vie de famille. Avec parfois l'accord des médecins, dépassés par le phénomène et le désarroi des familles.


Des causes multiples

Romain, 16 ans, vient de retourner au lycée après deux ans d'absence, parce qu'«il avait peur du regard des autres». Le voilà à nouveau à la maison. «J'ai laissé tomber la semaine dernière, c'était trop dur, les profs me faisaient des remarques», lâche-t-il. À l'origine de ces crises, ces psychologues évoquent des anxiétés fortes de la séparation ou des événements traumatiques ayant généré un stress. Et recommandent une grande attention. Enfin, une trop forte exigence de l'entourage peut mener au refus scolaire. C'est le cas de Grégoire pour qui tout s'est bloqué il y a deux ans alors qu'il était en 5e. «J'avais trop de pression, j'ai commencé à sécher, puis j'ai enchaîné les crises d'angoisse et de mutisme», explique-t-il.

Face au désarroi des enfants et des familles, les réponses se mettent peu à peu en place. À l'hôpital Robert-Debré, où des jeunes sont hospitalisés dans l'unité de pédopsychiatrie, une équipe de trois enseignants travaille à une réinsertion dans le cadre scolaire. «Il faut une prise en charge précoce du phénomène et ne pas laisser s'installer le refus, souligne Marie-France Le Heuzey. Si on peut éviter une scolarisation via le Cned à la maison, c'est mieux, car le risque est de s'installer dans un certain confort en se coupant de l'institution.» Ensuite, le retour à l'école est envisagé. «Ces enfants ont parfois un désir d'école, mais le retour doit être progressif», souligne Thierry Gelinote, instituteur spécialisé à Robert-Debré, qui admet qu'il y a parfois des échecs.

À la Maison de Solenn, à Paris, les ados sont suivis pour ces pathologies. D'autres initiatives de réinsertion ont vu le jour, à l'initiative de la Fondation Santé des étudiants de France. À Rennes, l'annexe du lycée Chateaubriand, située dans une clinique aux abords de l'établissement, propose des classes projets en petits groupes sur des durées de sept semaines, avec un programme adapté, mais sans référence à aucun niveau ni à aucun programme. Intervention, recherche en bibliothèque, projet d'orientation mené avec les enseignants qui se termine par une réinsertion dans un lycée classique. L'expérience peut être prolongée par des classes à très petits effectifs. À Grenoble, à l'unité de soins études de l'académie de Grenoble, des classes-passerelles sont organisées en lien avec le collège Stendhal et le lycée Champollion.

* «Phobie scolaire», Dr Marie-France Le Heuzey et Pr Marie-Christine Mouren, Ed. JLyon

http://www.lefigaro.fr/

J'ai toujours été phobique scolaire, mais jamais réellement diagnostiquée. Et puis passé 18 ans, les médecins ils s'en contrefichent de votre phobie scolaire. Il faut prendre sur soi, point barre.

A part que ce n'est pas si facile.

A part par que sans aide je ne parviens pas à être performante dans mes études. Peu de personne arrive à comprendre le mal qui me ronge. L'angoisse du dimanche soir. La terreur que provoque le fait d'aller en cours. J'ai pris sur moi un maximum mais je n'y arrive plus. Ma mère ne comprend rien. La médecine s'en fout, je suis pas assez timbrée ou assez maigrichonne pour les intéresser. Alors on me laisse sombrer, et on trouve toujours un moyen pour me culpabiliser.

Et moi j'en ai marre. J'ai promis juré craché à ma mère que demain j'irais en cours. Mais je ne peux pas. Non je ne peux pas. Un mensonge une fois de plus, mais elle ne veut rien entendre.

Ne se souvient-elle pas de mes années maternelles où je pleurais chaque fois qu'elle m'a déposé à l'école?

Je supporte de moins en moins les tortures psychiques qui me rongent et j'ai l'impression de crier à l'aide dans le vide...





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