Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

Recherche

Citation

  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

Archives

°~°~° Bienvenue °~°~

un--55-.jpg

Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 14:28

L’anorexie, centre de toutes les attentions

 

 

 

L’anorexie est toujours d’actualité. Alors qu’Allegra Versace, 20 ans et fille de la styliste Donatella Versace, lutte contre l’anorexie depuis plusieurs années selon sa mère, Paris, capitale de la mode, est en passe d’interdire le défilé des mannequins trop maigres.
 
Paris s’engage 
Les élus au conseil de la ville ont adopté mardi soir un vœu du groupe des Verts demandant aux organisateurs de salons et défilés de mode de refuser d'employer des mannequins trop maigres.
Lyne Cohen-Solal, adjointe PS au Commerce, a souligné que la maigreur des mannequins, souvent de très jeunes femmes, est un «problème de santé publique, lié à une fausse image de la femme». Elle s'est prononcée pour l'élaboration d'une «charte de déontologie avec les professionnels» de la mode, précisant qu’«il faudrait renforcer les contrôles sur les moins de 16 ans».
 
Maigre à en mourir

 

Récemment, le ministre de la Santé Xavier Bertrand avait annoncé la très prochaine mise en place d'un groupe de travail sur l'image du corps qui sera invité à formuler des recommandations face au risque posé par l'anorexie.
 
La maigreur des mannequins avait déjà été décriée à Madrid.
Quelques semaines après la polémique, la top-modèle Ana Carolina Reston mourrait à 21 ans, à Sao Paulo, alors qu'elle ne pesait plus que 40 kg pour 1,74 m

 

Sandrine Cochard

 


20Minutes.fr, éditions du 28/03/2007 - 12h56

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 13:54

Les adeptes des magazines minceur ont plus de troubles alimentaires

Paris, le 03/01/07. LJS.com

 

Peut-on affirmer que les magazines spécialisés dans les régimes ont leur part de responsabilité dans la survenue de troubles alimentaires chez les jeunes filles qui désirent trop ardemment maigrir ? Apparemment oui. En tout cas si l’on en croit les conclusions d’une étude publiée dans la revue Pediatrics qui révèlent que plus une adolescente lit des articles traitant de nutrition et de poids, plus elle risque de souffrir de troubles du comportement alimentaire plus tard.

 

Patricia Van Den Berg et ses collaborateurs de l’université du Minnesota (Minneapolis, Etats-Unis) ont cherché à savoir quelle pouvait être l’influence des magazines délivrant des conseils diététiques et des méthodes pour perdre du poids sur la santé physique et mentale des adolescents. Les chercheurs se sont intéressés à l’alimentation, aux activités, au poids, à la taille… d’un groupe de 2516 collégiens composé de 55% des filles et de 45% des garçons, qu’ils ont rencontré à deux reprises, en 1999 puis en 2004.

 

Résultats : la lecture d’articles sur la diététique est bien un facteur de prédiction de la survenue de troubles du comportement alimentaire. Les filles qui s’y intéressent dès le collège ont, 5 ans plus tard, trois fois plus de risque d’avoir recours au vomissement ou aux laxatifs, et deux fois plus de risque de jeûner ou de fumer des cigarettes pour maigrir. En revanche, il semble que leur poids ou l’importance qu’elles donnaient à leurs kilos lorsqu’elles ont commencé à avoir ce type de lecture est sans lien avec leurs troubles alimentaires ultérieurs.

 

En ce qui concerne les garçons, ils sont seulement 14% à lire ce genre d’articles contre 44% des filles. Malgré tout, aucun d’entre eux n’avait de troubles du comportement alimentaire après 5 ans.

Pour les chercheurs, il est important d’éviter le plus possible que les filles soient exposées aux messages des médias valorisant la minceur. Ils encouragent les parents à aider les jeunes à décrypter ces messages et surtout à relativiser leur importance.

 

Véronique Molénat

 

 

 

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 21:37

Poids : les vérités que l’on n’ose pas dire

 

 

 

Le poids humain est sans mesure. Rien n’est moins juste ni objectif qu’une balance : ce qui s’y inscrit n’a de sens que rapporté à notre histoire. Autant dire que trois kilos nous alourdiront plus ou moins selon qu’ils signent des agapes heureuses ou qu’ils ancrent des échecs ou des chagrins.

 

 

Martine Marcowith

 

 

A cet œil de l’intérieur qui décrypte, à sa manière, les chiffres du cadran, s’en ajoute un autre, de plus en plus insistant : celui du « social » et de ses diktats. Nous ne sommes plus seuls à nous vouloir minces : la vox populi l’exige et clame l’indignité de ceux qui sont « incapables » de se conformer à ses idéaux. La fracture pondérale est d’autant plus douloureuse que le monde entier, désormais, nous assourdit des mêmes canons. Depuis la chute du mur, les ex-Soviétiques ont perdu, en moyenne, douze kilos et les observateurs étrangers sont frappés par l’alignement morphologique des jeunes Chinoises.
On ne peut plus grossir dans son coin sans déclencher aussitôt un scandale planétaire. Mais qui prête l’oreille entend voler les mensonges en même temps que les kilos : le premier – énorme – consistant à considérer le poids comme un phénomène purement mécanique donc mécaniquement maîtrisable. Comme le dit remarquablement le docteur Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des troubles du comportement alimentaire et notre guide dans ce labyrinthe marécageux de la perte de poids, les patients, égarés par ce qu’ils lisent ou ce qu’ils ont déjà médicalement vécu, « vous apportent leur corps à réparer ». Le gras sur la table ; la tête au vestiaire ; le régime au milieu… et un pas en enfer.


Second mensonge, collectif celui-là, une double injonction contradictoire à vivre à la fois dans le plaisir et dans la contrainte. A jouir et à contrôler. « Au tabou du poids et de l’absence de maîtrise qu’il paraît signifier, s’en ajoute un autre, totalement opposé : celui de la privation. On doit mincir et baigner dans la satisfaction sensorielle. Voilà comment on vous fait croire qu’on peut “maigrir de plaisir” à coups de recettes gastronomiques. » Ou l’art de s’éclater sans exploser… Toute l’histoire de la minceur semble s’articuler sur des dénis. Qu’il s’agisse de catégories alimentaires, d’émotions ou d’individus, on gomme et on remplace par des tableaux d’interdits et des modèles universels. Comment maigrir – et surtout ne pas regrossir – quand tout le travail se fait dans la confusion et l’absence à soi-même ? Ce sont peut-être quelques-unes de ces contrevérités qu’il faut mettre au jour pour éclaircir le chemin et le rendre intelligible, donc praticable. Car s’il n’existe ni règles ni régimes infaillibles, il y a tout de même des pistes utiles à suivre.

 

 

Oui, les régimes sont tous fondés sur l’interdit et l’exclusion.

 

On vous dira toujours que vous ne serez privé de « rien ». Un rien qui s’assortit de « sauf » et de « mais », que l’on escamote en déniant aux aliments incriminés le droit d’exister. Un tour de passe-passe épinglé par le docteur Apfeldorfer : « Les aliments exclus n’existent pas. Pour Michel Montignac, la pomme de terre est à proscrire : c’est un tubercule pour cochons. Et pour les adeptes de la diète protidique, c’est tout aussi simple : ce qui vous fait envie n’est pas comestible… » Suit une série de disparitions et d’anathèmes qui conduisent l’adepte à une sorte d’autohypnose : il raye de sa carte mentale les nourritures maudites. « Le problème, c’est que l’on n’est jamais à l’abri du réel. » Lorsque l’homme ou la femme à l’univers sans frites en reprend une et s’aperçoit, un, que ça existe, et deux, que c’est bon, il plonge dans un chaos annonciateur de désastres pondéraux. « Le grand piège et le grand échec des régimes sont bien dans le déni et la frustration. »

 

Non, les hommes ne naissent ni libres ni égaux en poids.

 

La minceur n’est pas un droit imprescriptible, mais une prédisposition quasi janséniste : elle serait donnée, comme la grâce, à quelques élus. Une inégalité qui agrège un nombre impressionnant de facteurs : « D’abord, l’héritage génétique du sujet, ses particularismes physiologiques et morphologiques. Ensuite, son histoire alimentaire, qui va bien au-delà des habitudes acquises et inclut le sens donné à la nourriture dans son enfance. Son histoire tout court, avec la construction de sa personnalité, ses manques et ses fragilités. Et d’autres facteurs, plus ponctuels, comme l’âge. »

 

Alors, les pêcheurs originels n’auraient plus qu’à baisser les bras et les autres, à s’empiffrer ? C’est oublier que, pour tous, le salut se gagne tous les jours. Cela pour dire que l’on ne va pas impunément contre sa nature et que l’effort porte d’abord sur la compréhension intime de ce que l’on a vécu, de ce que l’on est, et de la place que les kilos occupent dans notre histoire.

 

Oui, on peut maigrir en mangeant n’importe quoi…

 

… et fondre en se nourrissant de bretzels et de Nutella. « En ce moment, on entretient la confusion entre deux discours, qui ne se recoupent pas forcément : le discours minceur et le discours santé. Je ne dis pas qu’il faille maigrir en ne tenant aucun compte des besoins de l’organisme. Je dis simplement que ce qui compte, pour perdre du poids, c’est l’apport calorique, calculé sur la semaine, pas la qualité nutritionnelle des aliments. » Le résultat, on le connaît : c’est la pesanteur du nouveau conformisme diététique qui tricote allégrement le sain et le léger pour nous soumettre à la férule accablante du « nutritionnellement correct ».

 

Oui, on peut maigrir en mangeant n’importe quand.

 

Autre entreprise de normalisation : la règle des trois repas réguliers. Elle n’a même pas l’excuse de l’histoire ou de la géographie : elle est seulement en usage depuis le XIXe siècle et ne se vérifie que dans certaines régions du monde. « Prenez les habitants de l’Asie du Sud-Est… On ne peut pas dire qu’ils sont gros et pourtant, leurs rues sont pleines de marchands ambulants qui vendent toute la journée des plats à manger sur place. » Là-bas, on n’écoute, semble-t-il, que les sirènes de sa faim, et on a raison, puisque celles de la ponctualité obligée n’ont aucun droit scientifique à chanter. « Une étude menée par l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, à Paris, a prouvé que ni le nombre ni le moment des prises alimentaires n’avaient d’importance dès lors qu’étaient respectés les besoins caloriques. A cette condition, on peut très bien faire un seul repas par jour, si c’est le rythme qui nous convient. On a également analysé la courbe de poids des musulmans en période de ramadan. On pourrait penser que leur jeûne provoque un amaigrissement. Eh bien, pas du tout ! Il est équilibré par l’apport du repas nocturne, et les croyants maintiennent leur poids de départ. »

 

Non, se bourrer d’aliments hypocaloriques ne trompe ni le corps ni la tête.

 

On a dû vous le faire plus d’une fois, le coup du volume, à grands renforts de kilos de salade. Et pour pas grand-chose… « Ce n’est pas se remplir l’estomac qui importe ; le rassasiement est affaire de calories et de goût. La faim se comble avec des aliments qui ont une réelle fonction de restauration. Seulement, on en arrive à reprocher à la nourriture d’être… nourrissante. » Et on ne tolère plus que le naturellement ou artificiellement « light ». Résultat, on est toujours en deçà de sa ration de calories et de saveurs, et confronté à l’alternative infernale des régimes : ou se contraindre à claquer du bec ad vitam, ou se ruer par périodes sur du lourd et du calant, et faire le deuil intermittent de la minceur et définitif du plaisir. Il ne faut surtout pas oublier la dimension affective de la nourriture ni ses pouvoirs réparateurs. Les sucrer – si j’ose dire ! – équivaut à se condamner aussi à ce que le docteur Jean-Philippe Zermati appelle les « troubles du réconfort ». « C’est vrai qu’un gâteau au chocolat console et restaure, explique Gérard Apfeldorfer. Que se passe-t-il si on est un fou de régime ? On résiste. On se dit qu’un yaourt maigre fera l’affaire. Mais il ne la fait pas. Alors, on en prend deux, puis trois. Et enfin, on engloutit dans la culpabilité ce qu’on aurait dû prendre tout de suite et en toute légitimité : son gâteau au chocolat. »

 

Oui, il existe des chemins qui mènent quelque part.

 

Alors ? Serions-nous condamnés à notre caverne et n’en sortirions-nous que par à-coups, tremblant de faim, pour y replonger périodiquement la tête basse ? Non, si on fait la lumière et si on s’aperçoit qu’elle vient, comme toujours, de l’intérieur

 

D’abord, se rebeller contre les autres et contre soi-même ! Ne plus vouloir dépendre ni de leur regard ni de leurs prescriptions et comprendre que l’entreprise, pour réussir à terme, doit être décidée pour soi et menée par soi. Le véritable effort, c’est d’accepter sa solitude – donc son autonomie – face au problème. Et de réfléchir à ses émotions, à ses réactions et au rôle qu’y joue la nourriture.

 

Ne pas s’installer dans la frustration, mais dans la vérité de ses sensations et la réalité de la fonction alimentaire : « L’important, c’est de réapprendre à percevoir le double mouvement de faim et de satiété. Très souvent, dans les régimes, on anticipe la faim – que l’on sait inéluctable – en mangeant pour “tout à l’heure” et, en même temps, on se sent toujours vide. Rien ne se fait durablement si on ne retrouve pas ce balancier intérieur de la faim et du rassasiement. Car pour perdre du poids, et le maintenir, il faut, un, manger ce dont on a envie ; deux, quand on a faim ; trois, ne pas manger quand on n’a pas faim ; quatre, ni quand on n’a plus faim. »

 

Bouger, mais pas s’épuiser. Le sport ne fait pas maigrir, mais le mouvement aide à se « réhabiter ». Quand on se trouve gros, on se paralyse dans une coquille épaissie ; son corps devient « ce corps » et on le tient à la distance d’un étranger indésirable. A sentir son sang circuler et ses muscles s’échauffer, on le réanime, au contraire, et on se le réapproprie. Je trouve remarquable l’exercice suggéré à ses patients par le docteur Apfeldorfer, parce qu’il remet en mouvement tous les mécanismes court-circuités par la souffrance du surpoids : « Le simple fait de marcher d’un bon pas est utile. En se redressant, sans se raidir, pour l’allure. L’idéal, c’est de le faire en public, sans esquiver ni le regard des autres ni celui que l’on porte sur eux. En longeant des terrasses de café, par exemple. Cet échange aide à se replacer. »

 

S’occuper de soi. Jamais une crème amincissante ne réduira de dix-huit centimètres votre tour de cuisse, mais elle vous fera une peau de rêve et un bien fou. Les soins du corps, le docteur Apfeldorfer les recommande aussi. Parce que le massage quotidien et les soins cosmétiques apportent un vrai bien-être, remettent en contact avec soi-même et valorisent. Comme des vêtements bien choisis ou un parfum très personnel. Pour vous réconcilier avec vous-même, n’attendez pas de pouvoir passer sous la porte… C’est le pari inverse qu’il faut faire : pour vivre mince, sortez de votre cachette et vivez heureux.

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 11:49

Après l'obésité, les publicitaires sont confrontés à l'anorexie

le 16 mars 2007, le figaro.fr

Afin d'anticiper une éventuelle loi sur l'« image du corps », le syndicat des agences prône la prévention.

« LES PUBLICITAIRES ont des devoirs à l'égard de la société, mais la publicité ne peut pas être tenue responsable de tous les maux », lance Hervé Brossard, le président de l'Association des agences conseils en communication (AACC) et vice-président de DDB Worldwide. L'année 2007 sera « malheureusement » riche de nouvelles mentions obligatoires sur les campagnes des annonceurs. À l'instar des créations publicitaires des produits alimentaires, affublées, depuis le 25 février, de quatre messages sanitaires, les entreprises du secteur énergétique vont devoir faire la promotion des économies d'énergie. 

 La menace d'un durcissement du cadre réglementaire est loin d'être levée. Cette fois, la publicité est prise à partie dans les débats sur l'anorexie des mannequins. « Il est important au moment où les jeunes filles regardent les mannequins, de s'interroger sur le véritable impact de ces images sur le comportement », avait déclaré le ministre de la Santé à l'occasion de ses voeux. Depuis la mort de la top-modèle Ana Carolina Reston, en novembre, à l'âge de 21 ans, Xavier Bertrand a mis en place un groupe de travail sur l'« image du corps ».

Proposition d'ici à deux mois

 Cette commission, qui s'est réunie la semaine dernière, comprend des représentants des agences de mannequins, des consommateurs, des professionnels de la mode, des associations de personnes obèses et du corps médical ainsi que des publicitaires, dont Hervé Brossard. Présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo, le groupe de travail doit proposer d'ici à deux mois un cadre d'engagement portant sur la publicité, la mode et l'apparence du corps. « Ce dossier est un bon exemple des actions que nous comptons mener. Nous devons être force de proposition à l'égard des pouvoirs publics, souligne le président de l'AACC. Plutôt que de subir de nouvelles contraintes, comme c'est le cas avec la loi sur l'obésité, la publicité pourrait être plus efficace dans le cadre de programmes d'information sur tous ces sujets de société. » Défendant l'« autodétermination » et l'« autodiscipline », le syndicat des agences conseils - 200 sociétés - espère ainsi anticiper la réglementation. « Nous ne sommes pas dans une position défensive mais dans une démarche responsable », insiste Hervé Brossard. Deux nouveaux vice-présidents seront particulièrement chargés de cette nouvelle mission à l'AACC : Pierre Callegari (Grey France) et Philippe Lentschener (Publicis France).

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:15

 

Halte aux normes corporelles comminatoires !

 

PAR GÉRARD APFELDORFER, Psychiatre, à Paris, Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids (www.gros.org)..

 

Le figaro.fr le 06 mars 2007 : 10h00

 

 

La contribution de Gérard Apfeldorfer, psychiatre, à Paris, membre du groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids.

Comment combattre l'anorexie mentale quand on conçoit les femmes minces comme des personnes riches en minceur ? Comment s'étonner de la montée des conduites boulimiques quand la frénésie de consommation est le propre de l'Occident ? Comment critiquer les orthorexiques, anxieux à l'infini de la qualité de ce qu'ils mangent, alors qu'on ne cesse de répéter que tout un chacun est responsable de sa santé, de sa longévité, de sa forme physique comme de ses formes ? Et les obèses ? Comment ne pas leur faire honte quand on est persuadé que chacun peut faire le poids qu'il désire, s'il en a la volonté ?

L'obésité et les différents troubles du comportement alimentaire gagnent à l'évidence du terrain. Crier haro sur le baudet, accuser tour à tour le milieu de la mode et les médias, qui propagent une vision irréaliste du corps humain, les industries agroalimentaires et les commerces de bouche, qui multiplient les tentations, qui nous donnent plus que notre content d'aliments suscitant l'inquiétude, c'est confondre les symptômes et les causes. Lorsque le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

 

 

Le mal me semble plus profond, tenant à notre relation à notre corps, à notre conception de l'existence. Bref, il s'agit d'un problème de civilisation.

Pour en comprendre la nature, remarquons tout d'abord que les qualités du corps ne sont plus des dons des dieux, de Dieu ou de dame Nature, mais des éléments de notre capital corporel. Le capital-santé, le capital-beauté, le capital-minceur peuvent s'hériter, si on a la chance d'avoir reçu en héritage les gènes adéquats. Ou bien ils peuvent s'obtenir par le labeur, faire l'objet d'un négoce et permettre l'émergence d'un business.

On entretiendra par exemple son capital-santé par le labeur d'une vie saine. On le fera fructifier par l'achat de soins d'hygiène, médicaux ou chirurgicaux. Il en va de même du capital-beauté et du capital-jeunesse, dont on pourra ralentir l'évaporation spontanée par les mêmes moyens.

Mais accumuler du capital sous toutes ses formes suffit-il à avoir une vie réussie ? Consommer boulimiquement des objets, des loisirs, de la santé, s'acheter de la beauté et les apparences de la jeunesse finissent surtout par produire de la déception chez les comblés de ce monde.

Car à quoi bon réussir professionnellement si cela conduit à rater sa vie sentimentale ou être un mauvais parent ? À quoi bon devenir riche si on y laisse sa santé ? Le monde postmoderne se caractérise par la montée de l'exigence : il devient impératif non seulement de posséder et de consommer, mais aussi de réussir harmonieusement dans tous les domaines, matériel, affectif et spirituel, et en quelque sorte de faire de son existence une forme d'oeuvre d'art. 

 

L'apparence corporelle a tendance, dans ce monde-là, à devenir le plus précieux des biens, car elle tend à se faire icône de l'individu. L'aspect physique renseigne désormais sur la totalité de l'être, représente la personne aux yeux des autres, à ses propres yeux, par là même, la fait exister.

L'obésité est alors assimilée à un complet ratage et fait peur. Car tout le monde n'est-il pas un obèse en puissance ? La cruelle déception de ne pas parvenir à être à la hauteur des exigences fixées, l'angoisse de basculer à son tour dans l'enfer de l'obésité, se cristallisent en une haine de l'obèse, qui fait alors figure de bouc émissaire. Nous voilà donc fous de minceur, puissamment encouragés dans ce sens par le corps médical, rejoint désormais par les pouvoirs publics, tous deux grands stigmatisateurs !

 Le problème réside dans le fait que notre corps n'est ni un capital à faire fructifier, ni une icône à polir, mais un système complexe autorégulé, dont l'individu n'est jamais maître.

 

 

 

Manger sert tout à la fois à la régulation de besoins biologiques, à étayer la vie affective et relationnelle, à enraciner chacun dans une culture, une société, une famille. Ces différents éléments, biologiques et mentaux, sont interactifs, non isolables les uns des autres. Le plaisir sensoriel, les émotions alimentaires et la satisfaction mentale de manger ne sont pas superfétatoires, mais sont autant de signaux nécessaires au bon fonctionnement des différentes régulations.

 

 

Lorsqu'on cherche à discipliner son corps au lieu de l'écouter, par exemple en cherchant à être plus mince que nature, le corps se révolte, tout se déglingue. On devient parfois ivre de minceur et anorexique ; ou bien « ça se met à manger » sur le mode de la boulimie ; ou bien encore on échoue lamentablement et le poids n'en finit plus de monter. Enfin, certains, à la recherche de la santé parfaite, de la pureté corporelle, en font une obsession et deviennent orthorexiques.

Pour autant, il ne s'agit pas, face à l'augmentation des troubles du comportement alimentaire et des problèmes d'obésité, que les différents acteurs sociaux restent les bras croisés. Une politique de santé publique digne de ce nom devrait non pas jouer sur la honte et la culpabilité, mais au contraire rassurer.

Il revient aux pouvoirs publics de décourager la diabolisation de certaines catégories d'aliments, d'encourager l'écoute attentive de leurs besoins par les individus, afin que l'acte alimentaire puisse retrouver tout son sens, tout son lustre. Il leur revient aussi d'affirmer haut et clair que tout un chacun ne fait pas ce qu'il veut de son corps, que les qualités du corps n'ont pas à être les seuls critères de mesure de la valeur personnelle et de l'estime de soi. La santé, la beauté, la minceur ne peuvent être fixées par décret. Halte aux normes corporelles comminatoires, irréalistes pour la majorité, obligeant à une maîtrise impossible et délétère. Il est temps que soit à nouveau reconnue et acceptée la diversité humaine. Peut-être alors chacun sera-t-il libre de mener sa vie au mieux, à nulle autre pareille.

Dernier ouvrage paru : Dictature des régimes : attention ! En collaboration avec Jean-Philippe Zermati (Odile Jacob, 2006).

 

 

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:11

Régime minceur

 

Richard de Vendeuil

 

LEXPRESS.fr du 07/03/2007

 

Les experts l'appellent la «dys-morpho-pondéro-phobie». Apparu dans les années 1980, le phénomène touche désormais des adolescentes et des jeunes femmes à la silhouette normale mais qui, dès les premières années du collège, consultent pour maigrir... Au-delà du syndrome bien connu du top-modèle anorexique, les Françaises seraient-elles victimes de l'obsession de la minceur? Elles sont en tout cas 77% à estimer qu'être mince est un combat permanent.

 

Les sondeurs ont même une idée précise du poids moyen qu'elles souhaitent perdre: 5,6 kilos. Du coup, 55% d'entre elles déclarent avoir déjà suivi un régime. Avec, toutefois, des variantes importantes selon les catégories d'âge. Les 18-24 ans en sont déjà, en moyenne, à leur quatrième cure minceur, contre cinq pour les 25-49 ans et sept pour les 50-65 ans.

 

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:02

Madrid prend la mesure de l'anorexie

Pour sensibiliser les jeunes et les marques, le gouvernement espagnol a lancé une campagne nationale de mensuration

Par François MUSSEAU

 

QUOTIDIEN : vendredi 16 mars 2007 Libération

 

 

Lorsqu'elle reçoit, il y a un mois, une lettre du ministère de la Santé lui demandant de participer à l'expérience, Paloma (1), 37 ans, n'hésite pas une seule seconde. On lui demande de se rendre dans le centre de Madrid, sous un chapiteau monté par l'Institut de la consommation, pour s'y faire mesurer en trois dimensions (lire ci-contre). Paloma, professeur de sciences naturelles dans le secondaire, partage totalement les objectifs affichés de l'initiative gouvernementale, persuadée que «c'est une manière efficace et nouvelle de lutter contre l'anorexie» : uniformiser les tailles dans les magasins de vêtements, définir quelles sont les tailles moyennes réelles et non pas celles qu'imposent les tendances et les modes. Et, surtout, établir une «transparence» entre le fabricant-vendeur et le consommateur. «Dans mon lycée, dit-elle, je vois bien que toutes les adolescentes sont obsédées par le type de vêtement qu'elles portent. Or, ce qui prime à leurs yeux, ce n'est ni l'originalité ni la coupe de l'habit, c'est le fait que la taille doive être la plus basse possible. Partout, c'est la dictature du 36. A partir du 38, les adolescentes se sentent honteuses, mal dans leur corps. Je ne vous parle même pas de celles dont la taille dépasse le 40 : elles sont souvent ostracisées.» 

 

 

Offre vestimentaire. Comment en finir avec l'équation dominante «beauté = minceur» ? Un peu partout, des initiatives se multiplient, en particulier à travers les défilés de mode. En Espagne, cela ne fait pas exception. Depuis l'an dernier, les deux pasarelas, celle de Madrid (Cibeles) ou de Barcelone (Gaudi), exhibent des mannequins moins maigres que de coutume, voire, pour certaines, aux formes rebondies. Mais le gouvernement Zapatero, convaincu que la tendance à la maigreur est intimement liée à l'offre vestimentaire, veut franchir une étape supplémentaire en «impliquant» fabricants et vendeurs.

 

 

Régime général. L'idée est la suivante : au lieu de fustiger Zara, Mango ou Cortefiel et de les accuser d'encourager la maigreur, tentons avec eux d'inverser ­ ou du moins de stopper ­ cette dangereuse tendance. En Espagne, selon le ministère de la Santé, 4 % des adolescents souffriraient d'anorexie. Mais il ne s'agirait là que de la partie émergée de l'iceberg. A en croire une étude de l'Association pour le traitement de l'anorexie mentale et de la boulimie (Adaner), un tiers des jeunes Espagnols risquent de sombrer dans ce trouble alimentaire. De même source, dans la région de Madrid, la moitié des adolescentes considèrent «avoir du surpoids», et un tiers suit un régime amaigrissant.

 

 

Adela, 49 ans, travaille pour l'Inem, l'ANPE espagnole. Elle affiche sans complexes un certain embonpoint. Comme Paloma, elle s'est prêtée avec conviction à la requête du ministère de la Santé. «Sur les dix dernières années, je vois bien que les vêtements ne cessent de diminuer. Telle robe ou pantalon, de taille 46 auparavant, portent aujourd'hui l'étiquette 50. Moi, franchement, cela ne me dérange pas trop, même s'il m'est devenu impossible d'acheter un jean. J'ai pu trouver une boutique, un peu chic, qui correspond à mes mensurations. Je suis surtout inquiète pour les jeunes filles de poids moyen ou plus. Souvent, des marques comme Zara, Berschka ou Mango ne proposent rien au-dessus de la taille 38.» 

 

 

Accourue aussi pour «se faire mesurer», Cristina, 23 ans, ne dit pas le contraire. Il y a quatre ans, elle s'habillait en 44. Depuis, elle a maigri et pioche désormais dans les 38. «C'est une libération. Avant, j'allais dans les boutiques pour femmes mûres. C'était la honte, et j'étais déprimée.» Dans son lycée, Paloma observe beaucoup d'adolescentes avec préoccupation : «Elles se boudinent dans des body et des pantalons, sautent des repas, se font vomir après la cantine. Deux d'entre elles, anorexiques, voient un psychiatre.» 

 

 

Du 38 au 46. Pour ces femmes participant à ce projet inédit, l'initiative doit servir à lever les ambiguïtés régnant dans les magasins. «Il faut des mannequins bien en chair en vitrine des boutiques, dit Laura, 31 ans, de la Croix-Rouge. Il faut aussi que toutes les tailles soient disponibles.» Du côté du ministère, on assure que ces objectifs seront réalisés d'ici à 2011. «Tous les mannequins auront des tailles allant de 38 à 46», assure la directrice générale de la consommation Angeles Heras. Pour Adela, l'essentiel est d'uniformiser les tailles. «Aujourd'hui, les marques profitent du chaos général et de l'absence de règles. Un pantalon peut tailler 38 chez Zara et 42 chez Stradivarius, et personne ne dit rien. Tout cela est fait avec subtilité pour caresser dans le sens du poil une clientèle dont la minceur est un mantra. Par exemple, la taille 34 est interdite. Mais, dans la réalité, certains fabricants la proposent en la maquillant d'un 36. Une vraie façon de pousser à l'anorexie !» 

 

La transparence sur les tailles n'est pas en soi la fin de tous les maux, mais, pour beaucoup, c'est une manière de remettre les compteurs à zéro. Cristina : «Dans le fond, il faut que les magasins cessent d'encourager l'achat d'habits qui suivent la pente générale, et qu'ils mettent en avant les modèles de vêtements adaptés au corps réel. Si on ne ment plus sur les tailles, les adolescentes se mentiront moins facilement à elles-mêmes. Si on arrive à cela, cette expérience aura valu la peine.» 

(1)    Sur demande du ministère, les noms ont été modifiés.

 

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 21:19

A la veille des défilés de prêt-à-porter, la course à l'extrême maigreur inquiète

Trop maigres et trop jeunes ? A la veille des défilés de prêt-à-porter à Paris, du 25 février au 4 mars, la silhouette des mannequins va être examinée avec attention. Un groupe de travail, créé le 25 janvier par Xavier Bertrand, ministre de la santé, et présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo, doit "proposer sous deux mois un cadre d'engagement collectif et volontaire portant sur la publicité, la mode et l'apparence du corps".

 

Fin 2006, le décès d'un mannequin brésilien anorexique de 18 ans et la fixation de l'indice 18 de masse corporelle (56 kg pour 1,75 m) minimum, pour défiler en Espagne et en Italie, ont déclenché un débat sur la maigreur excessive. Certains estiment que ces images, abondamment véhiculées par les médias, ont une influence sur le comportement alimentaire des jeunes filles.

 

Dans les milieux les plus concernés, les couturiers et les photographes de mode sont les moins diserts. On se contente d'indiquer que l'important est que les filles soient... belles et photogéniques. "C'est aux spécialistes de la santé de dire ce qui est bon ou mauvais. A propos du pouvoir et de l'influence de la mode, on est dans un discours très subjectif", commente Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture.

 

Les responsables des agences de mannequins pratiquent un peu moins la langue de bois. Tout en estimant que le phénomène est minoritaire, ils font l'analyse suivante. "Après les top models des années 1980 - Claudia Schiffer ou Linda Evangelista - qu'on regardait quelquefois plus que le vêtement qu'elles présentaient, les couturiers ont peut-être recherché des physionomies plus anonymes et plus androgynes", analyse Martine de Menthon, styliste.

 

Une tendance qui a coïncidé avec d'autres phénomènes, comme l'arrivée des mannequins de l'Est (Russie et Biélorussie, notamment), grandes et élancées, ainsi que celle de filles de plus en plus jeunes et à peine pubères, même si, en France, les moins de 16 ans n'ont pas le droit de participer à un défilé. "Dans les années 1980, on débutait à 18-20 ans, aujourd'hui, certaines commencent à 16 ans, voire à 14 ans, en Italie par exemple. C'est catastrophique, car ces jeunes filles abandonnent l'école et n'y retournent pas trois ou quatre ans plus tard, ce qui est souvent la durée d'une carrière", constate Patricia, ancien mannequin et aujourd'hui directrice de casting à l'agence La mode en images.

 

La sélection est permanente, la rivalité mondiale. Dans une étude britannique, publiée par The Independant, un mannequin déclare : "Notre seul pouvoir est celui de se mettre au régime." En ce qui concerne le rapport à la nourriture, ceux qui fréquentent le "backstage", ces coulisses où les mannequins se préparent avant de se lancer sur le podium, pourtant l'affirment : la plupart d'entre elles mangent. Difficile d'ailleurs d'imaginer qu'elles pourraient assurer jusqu'à 80 défilés en une semaine, au rythme de 12 heures de travail par jour, sans se sustenter. Une nourriture, pas toujours très diététique, absorbée à la va-vite entre deux essayages ou dans la voiture qui conduit d'un défilé à l'autre. Il se murmure que certaines se feraient vomir. D'autres reconnaissent que, la semaine qui précède les collections, elles font un régime pour retrouver la taille mannequin.

 

Alors, cette maigreur excessive des mannequins relèverait de l'exagération journalistique ? Pas tout à fait, puisqu'à Madrid, début février, cinq mannequins ont été à nouveau interdites de défilé pour cause de masse corporelle insuffisante. Certains reconnaissent qu'il y a eu des abus et que certains créateurs, comme Balenciaga ou Lagerfeld, ont un moment été tentés par ces allures filiformes pour la présentation de leurs modèles. Mais il s'agirait d'un phénomène minoritaire. Les milieux de la mode préfèrent pointer les silhouettes osseuses des "people", telles les Américaines Paris Hilton ou Nicole Richie, abondamment photographiées par les magazines.

 

Les médecins, eux, estiment qu'un palier supplémentaire a été franchi dans "la course à la minceur". "On constate un rajeunissement des cas d'anorexie et une apparition de cette maladie dans des endroits du monde où elle était inconnue. Même s'ils n'en sont pas la seule cause, les facteurs d'environnement, comme la mode, jouent. Par ailleurs, la sous-alimentation que suppose l'extrême maigreur a des conséquences sur la puberté, notamment", explique le docteur Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre, spécialiste de l'anorexie.

 

Dans son numéro du 29 janvier, le magazine Elle a publié 8 pages titrées "Toutes en rondeurs". Une tentative pour exorciser la maigreur ?

 

Françoise Chirot  LE MONDE | 21.02.07

 

 

 

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 13:18

La taille mannequin enflamme Londres

 

 

De notre correspondant à Londres RÉMI GODEAU.

 

 Publié le 15 février 2007

 

le figaro.fr

 

Alors que les défilés de mode battent leur plein à Londres, une polémique sur la taille ultrafine des mannequins, y compris ceux en plastique dans les vitrines, agite la capitale britannique.

 

 

 

UN IDÉAL de beauté ! Une aiguille piquée sur son col roulé noir à la hauteur du coeur, Kevin Arpino ne tarit pas d'éloges sur la créature photographiée à l'entrée du showroom, rue Beaumont, à Londres. Avec sa taille ultrafine (64 cm), ses hanches à la Egon Schiele (86 cm), son soupçon de poitrine (76 cm), elle fait un malheur. Un mètre quatre-vingts de pure magie et de gros bénéfices. « C'est un bon cheval, elle peut tout porter », plaisante le directeur artistique de Rootstein, fabriquant de mannequins haut de gamme depuis 1957. Vendu 1 200 euros l'unité, ce sosie du top-modèle anglais Erin O'Connor est en passe de devenir la coqueluche des vitrines des grands magasins londoniens. Que ses mensurations en fassent un être quasi surnaturel, Kevin Arpino s'en moque. Il se contente de coller à la dictature du moment. Rien de nouveau, jure-t-il : « Dans les années 1930, les femmes bandaient leur poitrine pour paraître plus plates ; dans les années 1940, les modèles se faisaient retirer des côtes pour affiner leur taille. » Au milieu de clichés en noir et blanc de Twiggy, de Susan Hampshire, de Joan Collins, de Yasmin Le Bon et autres Karen Mulder, Kevin Arpino explique que les stylistes ont toujours imposé leurs canons. Aujourd'hui, leur femme idéalisée se doit d'être jeune, grande et mince. Très mince. « C'est leur choix, les chaînes de distribution suivent », tranche-t-il, fatigué par tant d'hypocrisie. Rootstein se contente de répondre à la demande : ses figurines en plastique vont jusqu'à la taille 48, mais les neuf dixièmes du chiffre d'affaires se font sur les 36 et 38. Et Susan Ringwood en est malade. Présidente de l'Association des désordres alimentaires, elle s'étrangle : « Si ces mannequins étaient réels, ils seraient tous à l'hôpital ! » Avec d'autres experts du milieu de la santé, cette militante demande aux grands magasins d'arrêter de peupler leurs vitrines de sculptures aux formes aussi allongées qu'irréalistes. Une promotion larvée pour l'anorexie, estime-t-elle. « Vus de la rue, les vêtements paraissent fantastiques, mais une fois qu'on les essaie, c'est une catastrophe : il est difficile de ne pas en déduire que son corps est difforme », argumente-t-elle. Dans la rue, les Anglaises portent en moyenne du 44 et mesurent 1,63 mètre.

 

 

 

On est loin des standards édictés par les rois du style, au centre d'une polémique internationale ! En septembre, Madrid a osé une mise à l'index inédite. Au « Pasarela Cibeles », grand rendez-vous de la mode espagnole, cinq mannequins ont été interdites de podium. Motif : maigreur excessive. En novembre, la controverse enfle. La mode enregistre une nouvelle « fashion victim ». Au sens propre : un top brésilien décède d'anorexie. En janvier, nouvelle révolution ibérique : un accord est signé avec les géants du prêt-à-porter, Zara et Mango en tête. Les vêtements estampillés 46 seront sortis du ghetto des grandes tailles, les mannequins cachectiques, bannis des vitrines. La mesure a inspiré Susan Ringwood : « Si la mode ne fait pas l'anorexie, au moins participe-t-elle à créer un contexte. » Et, à défaut de s'attaquer aux très médiatisées top-modèles, autant commencer par combattre leur représentation, concède-t-elle. Une étude de la British Medical Association tend à lui donner raison. Elle confirme que, « inatteignable et biologiquement peu appropriée », la maigreur des modèles dont s'inspirent les fabriquants de mannequins en plastique « met la pression sur des femmes qui voient leur corps comme trop gros et trop lourd ». Bien sûr, l'anorexie ne date pas des défilés de mode. Le nombre d'anorexiques n'a pas bondi depuis la surexposition des tops squelettiques. Mais les cas de jeunes filles atteintes de troubles obsessionnels compulsifs et de syndromes dépressifs liés à leur physique inquiètent. 

 

 

 

 

Comme en septembre, la Semaine de la mode à Londres s'est ouverte sur la polémique. Opposés à l'interdiction des mannequins efflanqués, ses organisateurs ont conseillé de ne faire défiler que des modèles « en bonne santé » et âgés d'au moins 16 ans. Insuffisant pour désamorcer la bombe. Partisan d'une autorégulation, le ministre britannique de la Culture, Tessa Jowell, a estimé samedi dernier que les modèles devraient subir un contrôle médical. Et lundi, le député conservateur Peter Luff a menacé le secteur d'une enquête parlementaire. « La question est de savoir si l'on peut faire confiance à l'industrie pour agir en toute responsabilité, ou si le gouvernement doit intervenir pour s'assurer qu'elle se comporte correctement », a-t-il menacé dans l'Evening Standard. Sans surprise, Hilary Riva, la directrice du Conseil de la mode britannique, s'est dite très en colère. En colère contre le dénigrement d'individus, contre les brimades « outrageuses » envers les modèles. Poses suggestives chez Selfridges, rigides chez Marks & Spencer, décalées chez Laura Ashley. Sur Oxford Street, loin des flashs des podiums, les mannequins en plastique à taille mini-mini gardent le regard braqué sur les passantes. Et rien n'indique qu'ils sont en passe de déserter les grands magasins. Car Marks & Spencer lance, cette semaine, une grande campagne publicitaire avec la filiforme Erin O'Connor, sans faire de commentaires sur sa copie ER1. Chez John Lewis, Diane Shankie dit afficher un parti pris de réalisme : « Pas de clavicules ou de côtes saillantes, ni de visages anguleux. » Il n'empêche, le 36 est de rigueur. Chargée des vitrines de Selfridges, Sarah McCullough reconnaît aussi utiliser des tailles 36, tout en minimisant l'impact de ses mises en scène : « Bien sûr, notre objectif est de présenter nos vêtements sous les meilleurs avantages. Mais, franchement, les clientes ne se sont jamais plaintes. » Par satisfaction ou par résignation ?

 

Repost 0
Published by Angélique - dans Revue de presse
3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 12:58

Plus d'hyperphagie que de boulimie et d'anorexie aux USA

 

source : Associated Press le 01/02/2007 16:36 auteur : --par Jesse Harlan Alderman—

 

 

Aux Etats-Unis, l'hyperphagie alimentaire, qui consiste à ingérer des quantités déraisonnables de nourriture sans chercher à l'éliminer en vomissant par exemple, représente le trouble alimentaire le plus fréquent, loin devant l'anorexie et la boulimie, selon une étude officielle américaine publiée jeudi dans le journal médical "Psychiatrie biologique".

 

Elle souligne que 3,5% des femmes et que 2% des hommes souffrent de ce trouble, caractérisé comme une ingestion incontrôlée de nourriture, recherchée bien au-delà de la sensation de satiété, et qui survient au moins deux fois par semaine.

 

En revanche, moins de 1% de femmes et 0,3% d'hommes se voient diagnostiquer une anorexie, désordre où la peur excessive de prendre du poids entraîne sous-alimentation et malnutrition parfois mortelle. Et pour la boulimie, qui se traduit par une suralimentation immédiatement suivie de vomissements, la proportion est de 1,5% chez les femmes et 0,5% chez les hommes.

 

Le Dr Harrison Pope, de l'hôpital McLean, un des auteurs de l'étude, affirme que les hyperphages présentent des risques importants d'obésité et de maladies apparentées, notamment de diabète, de maladies cardio-vasculaires, d'accident vasculaire cérébral et de certains cancers.

 

Un hyperphage, par exemple, peut très bien prendre un repas complet, suivi d'une part de glace en dessert, suivi d'un paquet de chips, sans être capable de s'arrêter, explique Harrison Pope. "C'est un peu comparable à ce que vous pourriez entendre chez un alcoolique, quand il vous dit 'je ne voulais boire qu'un verre' et qu'il en a avalé 12, jusqu'à tomber par terre", poursuit-il. "Même si ils se sentent rassasiés, même s'ils sont dégoûtés d'eux-mêmes et qu'ils se sentent coupables, ils ne peuvent pas s'arrêter."

 

Le Dr James Hudson, premier auteur de l'étude et professeur de psychiatrie à l'école de médecine de Harvard, appelle les professionnels de santé à s'intéresser davantage à ce comportement alimentaire. "Ces résultats soulignent que l'hyperphagie est fréquente. C'est un comportement alimentaire plus fréquent que les deux autres et très solidement associé à l'obésité", souligne-t-il. "Il s'agit d'un véritable trouble du comportement alimentaire qui devrait être traité comme tel."       

 

L'étude a été notamment financée par les Institut nationaux de santé, les laboratoires Eli Lilly & Co. et la Fondation Robert Wood Johnson. Plus de 9.000 personnes ont pu être interrogées entre 2001 et 2003 sur leurs habitudes alimentaires et leur profil psychologique. Mais selon James Hudson, cette étude sous-estime probablement le nombre réel de personnes atteintes de troubles des conduites alimentaires, les gens ayant souvent honte d'en parler.

 

L'hyperphagie alimentaire est longue à combattre. Les symptômes persistent pendant huit ans en moyenne, comme pour la boulimie non traitée. En revanche, les symptômes de l'anorexie durent moins de deux ans en moyenne et se rencontrent surtout chez des jeunes, qui guérissent en mûrissant.

 

Les hommes et les femmes de 18 à 29 ans sont les plus touchés par l'ensemble de ces troubles. Alors qu'après 60 ans, leur nombre baisse. Selon les médecins, ces trois maladies sont souvent associées à des troubles de l'humeur, dépression et anxiété notamment.

 

Les images que renvoient les mannequins trop maigres, la promotion de la restauration rapide et les prédispositions génétiques sont souvent à la source de ces désordres, souligne l'étude.

 

Selon le Dr Timothy Walsh, qui dirige l'unité de recherche sur les troubles du comportement alimentaire à l'hôpital psychiatrique de l'Etat de New York (centre médical de l'Université Columbia), l'étude confirme l'augmentation du nombre de personnes souffrant d'hyperphagie aux Etats-Unis. Il estime que si ce comportement constitue l'une des causes de l'obésité, les psychiatres pourraient traiter de façon plus efficace beaucoup de ces personnes obèses.

 

 

Repost 0
Published by Lyla - dans Revue de presse