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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 21:57

Pourquoi témoigner ? Parce que 18 ans après, la douleur reste la même. J’ai seulement appris à ne plus penser à ces années insoutenables pour pouvoir avancer. En regardant l’émission Capital consacrée au harcèlement scolaire, j’ai pleuré à chaudes larmes et les souvenirs sont remontés à la surface.

 

Un article que j'ai écrit à lire sur MadmoiZelle

 

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Published by Eixerona - dans Harcèlement scolaire
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 21:49

 

On parle de plus en plus du harcèlement scolaire.


Le gouvernement vient d’ailleurs de lancer une campagne sur le sujet avec un site internet et des vidéos de prévention choc.


Le nom du site internet me fait rire jaune http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr car le problème est souvent là : personne n’agit contre le harcèlement.


On le constate, mais rien n’est fait.


Combien de parents sont allés voir le chef d’établissement pour signaler que leurs gamins subissaient du harcèlement ? Combien de gamins se sont confiés désemparés les larmes aux yeux à leur prof ou à un surveillant car ils n’en pouvaient plus?


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Agir. Oui il faut agir et vite.


Reste que pour certain le harcèlement scolaire ce n’est pas si grave. On en meurt pas d’être un peu chahuté, non ? Ca forgerait même le caractère…C’est un peu l’avis de cette prof ICI  qui n’a « pas l’impression qu’être un peu raillé fasse forcément perdre le sommeil et l’appétit. » et puis « ce n’est pas plus mal que les gamins apprennent à se défendre un petit peu. Ca peut leur éviter de se faire bouffer plus tard, quand ils seront adultes et affronteront un monde parfois rude . »


Je suppose qu’elle n’a jamais connu de harcèlement. Oui quelques vacheries entre gosses ou quelques moqueries ça ne tue personne quand ça reste exceptionnel (mais c’est quand même pas agréable !) Le problème c’est que trop souvent ce n’est pas exceptionnel, c’est récurrent.


Je n’ai plus dormi des nuits tellement j’avais peur du lendemain. Le dimanche plus les heures passaient, plus j’étais malade car le lundi arrivait. Ca fait depuis mes 12 ans que j'ai du mal de m'endormir le soir et que je suis complétement stressée le dimanche. (Sauf en ce moment car je n'ai pas d'activités)

 

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Et non être frappée, humiliée, insultée ça ne m’a pas endurci au contraire. A court terme le harcèlement provoque des troubles du métabolisme et du comportement ainsi qu’un isolement relationnel. A moyen terme apparait des troubles anxio-dépressifs et l’échec scolaire. A long terme on observe des troubles de la socialisation et des troubles psychiques. Le site du gouvernement explique tout ça ICI et en lisant l’article j’ai presque eu les larmes aux yeux parce que je me suis retrouvée quasiment dans tous les points. Et je me dis que si le début de l’année scolaire l’établissement avait agi je n’aurais pas été si "abimée". En attendant c’est moi qui est payée la note entre une anxiété généralisée, une estime de soi pourrie, de la dépression et de l’anorexie. Je n’aime pas les si car j'accepte pleinement mon passé, mais pour une fois je me dis que si je n’avais pas subi tout ça je ne serais pas un loup solitaire, j’aurais confiance en moi, je n’aurais pas cette impression quasi permanente d’être de trop et j’aurais fait de brillantes études. Je ne pourrais jamais leur pardonner…


 Et contrairement à ce que cette prof pense proportionnellement le monde des adultes est bien moins rude que les années collège.

Heureusement tous les prof ne sont pas comme elle, certains saluent l’initiative du gouvernement tout en espérant que les moyens suiveront. J'espère aussi que les moyens suivront et que les adultes des établissements agiront enfin. Pour lire l’article c’est ICI.


Vous pouvez trouver ICI un livret PDF sur le harcèlement scolaire.

 

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Published by Eixerona - dans Harcèlement scolaire
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 15:17

Je me laisse rarement atteindre par les malheurs du monde que je vois à la télévision. Bien entendu je n’y suis pas indifférente mais je refuse de porter sur mes épaules toutes ces tragédies, j’estime que j’ai eu mon lot de décès, de maladie & compagnie dans ma vie.

 

Cependant hier une nouvelle m’a secouée, c’est le suicide de Pauline une collégienne de 12 ans qui subissait depuis sa rentrée en sixième un harcèlement scolaire quotidien.

 

Cette nouvelle tragique me touche car j’ai mois même subi un harcèlement scolaire quotidien toute mon année de sixième, ça s’est plus ou moins calmé les années passant mais le mal avait été fait. Le chef d’établissement était au courant, mes professeurs aussi mais personne n’a rien fait.

 

En 1995 on ne parlait pas du harcèlement scolaire, c’était un sujet complétement tabou. J’étais contente ces derniers temps de lire des choses sur le sujet, je m’étais dit « chouette on le prend enfin en considération, les choses vont changer.». Finalement non, si ce harcèlement avait été pris en considération Pauline ne se serait pas tuée…

 

Je profite de ce triste événement pour partager un texte que j’ai écrit il y a quelques mois, un texte que j’ai écrit en pleurant parce que dès que j’aborde ce sujet je m’effondre.

 

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Une chose est certaine je n’ai jamais aimé l’école. Probablement à cause de cette fichue angoisse de séparation qui me torture depuis toujours. Probablement parce que petite et timide j’avais peu d’amis et les autres gosses profitaient toujours de mon extrême sensibilité. Probablement parce que je ne me sentais pas à la hauteur étant toujours comparée à ma sœur ainée qui avait toujours eu des bonnes notes.

 

L’été précédent mon entrée en sixième, j’ai en colonie de vacances. C’était un camp d’une semaine, on était peu nombreux, l’ambiance était bonne et je m’y sentais bien. On était seulement deux filles donc les chouchoutes des garçons. Je me souviendrais toujours de ce que l’un des garçons m’a dit un jour « en sixième tu vas te faire marcher dessus ». Enfin il ne l’avait pas formulé de cette manière, mais c’est en gros l’idée. Je crois que je lui avais rigolé au nez.

 

Pourtant il ne s’est pas trompé. Il avait deviné, il avait compris que l’année qui allait arriver sera un enfer pour moi.

 

Cette année-là je ne pourrais jamais l’oublier. Je ne comprends toujours pas comment les adultes ont laissé les élèves de ma classe me maltraiter et fermer les yeux. Cette année m’a détruite à jamais, elle a détruit mon estime de moi, enlevé une grande partie de ma joie de vivre et m’a donné plus de fois envie de mourir pour que tout s’arrête.

 

Je ne saurais jamais ce que je fais de mal. Rien. J’étais juste petite et timide. La proie idéale qui ne peut pas se défendre. C’est comme ça que je suis devenue le bouc émissaire d’une classe entière. Si au début mes bourreaux étaient un duo d’adolescentes, tout le monde a fini par se prendre à leur jeu et moi à le subir.

 

Au début c’était des moqueries puis des insultes, puis des coups et les humiliations. Tout était bon pour me faire mal, pour me faire pleurer. Bien entendu personne ne voyait rien. Même pas que j’étais seule sans ami.

 

Mes bourreaux me donnaient des coups de pieds en athlétisme dans le tendon d’Achille pour être certains que je perde. Le professeur de sport au lieu de me défendre m’écrivait des commentaires désobligeant sur mon carnet de notes.

 

Mes bourreaux avaient même inventé une chanson sur l’air de la célèbre chanson d’Aladin pour m’humilier une fois de plus.

 

Mes bourreaux me baisaient la jupe au milieu de la cour de récré et personne ne voyait rien. Ou plutôt personne ne voulait voir quelque chose.

 

Je n’ai rien fait pour que les autres m’agressent et me détestent. Je crois que c’est ça le plus dur. Je demandais juste à avoir des amis. Je n’ai eu que des bourreaux. Allez savoir pourquoi je n’arrivais pas à me défendre, je n’osais pas, j’étais trop sensible.

 

Je ne dormais plus des nuits. J’étais remplie d’angoisses.

 

Ma mère était au courant de ce que je subissais au collège. Elle a attrapé plus d’une fois ces sales gosses. Elle a même prévenu le Principal par courrier et en le rencontrant. Mais non le personnel du collège n’a rien fait. C’était si simple de fermer les yeux, c’était tellement plus simple de fermer les yeux.

 

Moi-même je me revois un jour à la fin d’un cours de mathématique en larmes à expliquer à mon prof de mathématiques ce que je subissais. Il a écouté. Il n’a rien fait.

 

Ma mère m’a inscrite à la boxe pour que j’apprenne à me défendre. Elle a même prévenu le Principal qu’elle m’avait promis de l’argent pour le premier gamin que j’allongerais. Je n’aimais pas la boxe, je n’aimais pas le sport, je ne voulais taper sur personne, je voulais juste être tranquille, je voulais juste qu’on me laisse tranquille, je voulais juste avoir des amis et être appréciée comme tout le monde.

 

Je me souviens qu’un jour, pour un cours de SVT j’ai ramené un poisson mort au collège. Ce jour-là j’ai dit à ma mère que j’avais frappé un de mes bourreaux avec. Je ne sais pas pourquoi j’ai menti. Peut-être parce que j’aurais aimé avoir le courage de le faire au lieu de baisser la tête et de regarder par terre en subissant une énième violence. Peut-être parce que j’avais envie qu’elle soit fière de moi.

 

L’année s’est terminée. J’y ai survécu. J’avais même des bonnes notes, ils ne me restaient que ça. Plus j’en bavais, meilleures mes notes étaient.

 

Je me disais que l’année d’après tout irait mieux, que je serais dans une autre classe…mais non même pas. Ma cinquième je l’ai passé avec les mêmes élèves, les mêmes bourreaux. Alors je n’ai eu qu’une seule et unique envie : me fondre dans la masse pour qu’on m’oublie.

 

J’ai appris bien après le mot pour décrire ce que j’ai subi durant mon année de sixième : HARCELEMENT. A cette époque le mot était tabou. On commence seulement à en parler maintenant en 2011 en essayant d’ailleurs d’accuser Internet et les réseaux sociaux. Mais non, en 1995 je peux vous dire que ça existait déjà. Je peux vous dire que cette année-là a gâché mon adolescence et le début de ma vie d’adulte.

 

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Published by Eixerona - dans Harcèlement scolaire