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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 09:52

Fin septembre, j’ai reçu un email de Claire (lectrice qui me suit maintenant depuis années) pour me faire part de la sortir du, livre Le ventre vide le froid autour aux éditons Eyrolles auquel elle a participé.


En lisant le communiqué de presse associé au livre, et le bref résumé de Claire, j’ai eu très envie de découvrir ce livre qui sortait des sentiers battus.


Voici le bref résumé de Claire : nous sommes 5, d'âges et de parcours totalement différents, qui avons vécu avec l'anorexie et/ou la boulimie à nos côtés. Nous nous sommes connues sur Internet (forums et blogs). Nous avons, il y a 3 ans, eu un désir de mettre en mots notre quotidien, lassées de ne lire que des témoignages de filles qui semblaient tous pareils, bâtis sur le même schéma. Dans cet ouvrage, nous avons pris le parti de la liberté, raconter sans concessions ni faux semblants, ce pourquoi nous avons un moment ou un autre été obligées de s'attacher à ce symptôme - qui est pour moi un morceau visible de l'iceberg et pas une maladie - pour essayer de "survivre" à notre histoire et notre passé plus ou moins chaotique.

 

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La force de ce livre est son concept : 5 jeunes femmes d’âge et parcours totalement différents racontent leur enfer des TCA, ce qui permet en un seul ouvrage de montrer d’une part la complexité de la maladie, mais de montrer également qu’il n’y a pas une anorexie, mais des anorexies. Même si les symptômes et les grands traits de la maladie se rejoignent souvent, chaque anorexie est différente ainsi que ses facteurs de déclenchements.


« Le ventre vide, le froid autour […] est né de la volonté de dire la complexité des TCA, leur diversité, de dépasser les clichés qui découlent du visible. »


Cet ouvrage rend bien compte de la difficulté de guérir car l’anorexie a un moment donné se retrouve être notre cocoon protection bien que destructeur. Comme le dit Aurore : « l’anorexie a été mon point d’ancrage, mon retrait du monde, plus que vital. Mon mécanisme de défense en milieu hostile. »


Ce livre insiste bien aussi sur le fait que la guérison n’est en aucun cas une histoire de poids, c’est retrouver un certain équilibre, une paix intérieure, mais aussi retrouver une estime et un amour de soi.


Malgré leurs différences on remarque des similitudes à chaque histoire notamment cette hypersensibilité qui fait qu’à un moment donné on ne veut plus rien ressentir car ça fait trop mal. Il y a aussi toutes ses violences qui détruisent à petit feu (viol, maltraitance verbale, maltraitance physique…) et cette envie de crier notre souffrance au monde entier par l’intermédiaire de notre corps parce que souvent les mots manquent, parce ce qu’on se sent de trop…


J’ai noté aussi la difficulté à se faire aider, en France les traitements des TCA restent souvent barbares à mon goût avec souvent à la clé des hospitalisations gavages en isolations qui détruisent plus qu’elles ne guérissent mais aussi ce gavage aux médicaments. Trouver de l’aide reste trop souvent un parcours du combattant.


Ce livre mon bien que le chemin de la guérison est semé d’embûche, que même lorsque l’on va mieux l’anorexie reste dans un petit coin de notre être prête à nous sauter dessus à la moindre faiblesse. « Cette saloperie contrôle tout. Elle revient à la charge au moindre signe de faiblesse […] On ne guérit pas vraiment mais on apprend à vivre avec, on fait en sorte de manger, de vivre plus saintement. »


Cet ouvrage illustre également l’impuissance de l’entourage face à cette folle maladie qu’est l’anorexie.


Je me suis retrouvée un peu dans chacun des récits, mais celui d’Anne-Laure est celui qui m’a le plus touché tout simplement parce que nos histoires malgré de nombreuses différences se ressemblent.


Et pour terminer, je vous propose une mini interview de Claire.

 

Claire j'aimerai savoir comment tu vas maintenant, où tu en es dans la maladie ?

Actuellement je travaille et suis beaucoup plus sereine qu’avant même si parfois, il m’arrive encore d’en souffrir. Disons que ça ne m'handicape moins, notamment au niveau de ma vie sociale, je peux éviter de refuser systématiquement toutes les invitations à déjeuner. Ensuite, je me laisse un peu plus « tranquille ».

Concernant Lucie, Véronique, Anne-Laure et Aurore, de la même façon, je peux dire que nous avons évolué, nous sommes à des points différents parce que nos histoires et parcours sont différents et par la façon dont nous vivons les choses.

Ce qui m’a permis d’être plus sereine aujourd’hui, tient à un long travail sur mon histoire (en clinique mais aussi avec un médecin spécialisé qui me suit depuis une dizaine d’années) et par la force des choses, une filière d’études plus épanouissantes que la première et enfin mon boulot. Avec la présence d’ami(e)s très proches qui ont toujours été là aussi et qui jamais ne m’ont jugée, qui m’ont pardonnée les lapins multiples que je posais et les crises d’angoisse que je pouvais avoir. Je n’ai eu que très peu de gens pour me soutenir mais celles et ceux qui sont restés savent que finalement ce qu’ils subissaient, je le subissais parfois à la puissance 10.

Je me suis un peu éloignée de ta question de départ. Donc je ne suis pas guérie, je ne crois pas à la guérison, je crois à une certaine acceptation de soi dès lors que le quotidien devient moins lourd et moins difficile à gérer. Je vais mieux en tout cas.


Est-ce qu'écrire ton histoire a été thérapeutique et t'a aidé?

Ecrire mon histoire a été thérapeutique oui. Je ne voyais pas de psy entre deux hospitalisations et j’avais un besoin quasi vital de parler. Sauf que je n’ai jamais su trop parler, je suis quelqu’un qui ne savait pas aligner trois mots sans bégayer d’angoisse. L’écrire a du coup été pour moi une façon de parler.  J’ai « trié » ma vie pour pouvoir l’écrire. Un palliatif pour comprendre les choses que j’avais déjà appréhendées au cours de ma première « longue » hospitalisation (dix mois quand même …… c’est long ;-) ). J’ai eu besoin à un moment de poser les choses pour les digérer. Mais ce qui est valable pour moi ne l’est pas forcément pour les autres. Ça m’a aidé, c’est sûr. Après est-ce que ça remplace un psychiatre ou psychanalyste ou une aide extérieure ? Non, parce qu'on reste en vase clos. Travailler sur mon texte pendant quelques mois ne m’a pas empêchée de refaire un long séjour en clinique par la suite.


Comment est né ce livre? 

Ce livre est le fruit d’une rencontre, de plusieurs rencontres. Nous fréquentions un forum d'entraide qui a fermé depuis (l’échappée belle) et qui nous a permis de rencontrer d’autres filles qui souffraient et qui avaient décidé de combattre la dictature des TCAs. Un forum sur lequel nous nous encouragions, laissions de petits défis pour la journée, qui pouvaient aller du simple fait de sortir de chez soi une demi-heure pour marcher à se rassurer sur nos dérapages en passant par le « pourquoi on avait aimé tel film ou tel livre ». Nous étions libres d’écrire ou de ne pas écrire mais derrière il y avait la volonté d’être écoutée, conseillée et en retour de pouvoir le faire. Nous avions noué grâce à ce forum des amitiés solides qui ne tournaient pas uniquement autour des TCAs.

Mais à l’origine, il y a Lucie qui a écrit un article sur son blog fin aout 2008 (blog également disparu). Anne-Laure et moi qui la lisions avions lu son message et lui avons dit que nous étions partantes. Une première rencontre dans un café nous a permis de définir de quelle façon nous allions réunir tous nos textes et qui pourrait être intéressé. Après une intense discussion nous nous sommes lancées et avons envoyé des mails à celles qui étaient concernées par les TCAs et que nous connaissions soit de visu soit par le biais de forums ou d’hospitalisations communes. Et nous avons avancé. D’abord à neuf puis à 8 et enfin à cinq.

Et pendant tout ce temps là, des aller-retours entre nous pour nous organiser, savoir qui allait relire quel texte, de quelle façon allions les agencer avant de les présenter à des maisons d’édition. Beaucoup de travail mais extrêmement intéressant, sur les relations humaines et sur comment garder la liberté que nous nous étions fixé au tout départ : liberté de ton mais aussi liberté de contenu.

 

Et pour terminer cet article, je tiens à dire un grand merci à Claire.


 

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 22:40

Récit autobiographique de Ganaël Joffo.


«Franchement, cette autobiographie sur ma vie de vieille ex-anorexique, je ne l’aurais pas écrite, s’il n’y avait pas un mauvais vent de folie «maigreur» qui se remet à caresser les esprits des gamines. Cette avalanche de Victoria Beckham, Nicole Richie et autres, qui prônent la squelette attitude.»


Ainsi commence le récit de Ganaël Joffo. Lorsqu’elle voit Lena, sa fille de 19 ans, sa «petite princesse», pianoter sur les sites type Pro Ana qui encouragent à l’anorexie, son sang se fige. Des souvenirs terribles remontent à sa mémoire. Et la colère la gagne

.

Dans un texte vif, décapant, drôle, Ganaël Joffo raconte sa propre maladie, qu’elle avait longtemps gardée enfouie, dans l’espoir de convaincre sa fille. Comme si elle faisait elle-même une rechute. Elle décrit les mécanismes qui l’ont conduit au désastre psychologique et au délabrement physique. Elle raconte aussi comment on peut se dépêtrer de ce mal pernicieux.


Ce témoignage vrai raconte aussi la solitude et l’incompréhension pour une jeune fille anorexique dans les années 1960 et 1970, entre guerre d’Algérie et Mai-68

.

L’époque change, mais l’anorexie persiste avec les mêmes causes et les mêmes effets mortels sur de nombreuses jeunes filles. La «princesse au petit poids» ne doit pas revivre le calvaire qu’a connu sa mère.


Parution le 27 mai 2011

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 14:54

La semaine dernière, l'une des mes lectrices m'a écrit pour me demander de parler de son livre sur mon blog. 

 

Je tiens donc à vous présenter son roman "La cage aux affamés".

 

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Ce n'est pas un billet subventionné, je précise, je n'ai rien reçu en échange.

 

On peut lire les 50 premières pages ici:  http://www.editeurindependant.com/doc/23112/La-cage-aux-affames_Roman/Aurelie-Masse

 

J'ai parcouru les premiers chapitres, l'histoire est intéressante même si j'ai dû mal à adhérer un peu au style télégraphique (phrases courtes). Parler de l'anorexie au masculin est une bonne idée. Après je ne vous en dirais pas plus puisque je n'ai pas lu le livre en entier.

 

 

Résumé:

 Gabriel avait pour grand rêve d’être un pianiste reconnu. Aujourd’hui consumé par l’anorexie, son quotidien n’est plus régi que par les meurtrissures infligées par la nourriture et les terreurs de Natacha, la jeune femme qui partage sa vie. Dorian est tout jeune trader et passe la plupart de ses nuits à consommer des filles qu’il ne désire pas. L’une d’elle, Agathe, rôde autour de lui et resserre ses liens fanatiques dans le silence ou les cris.

La cage aux affamés est un roman de rage contre soi, de faim hallucinée. Mais c’est aussi l’histoire d’un amour et d’une foi exceptionnels. D’un désir de beauté et de pureté caressant le délire. C’est l’histoire de quatre jeunes d’une vingtaine d’années prêts à se fracasser pour atteindre l’issue parfaite. Devenir quelqu’un. Quelqu’un de grand.

 

Biographie

À 26 ans, Aurélie Massé est mariée et vit dans la Vienne, à Poitiers.

Après une Maîtrise de psychologie clinique, elle est actuellement rédactrice pour le compte d’une revue interne.

La beauté, la faim, la musique, la mort, sont ses grandes obsessions. Elle s’en délivre dans l’écriture et nous livre avec La cage aux affamés son premier roman publié aux éditions Edilivre, dans la collection Coup de cœur.

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:48

lafilleinvisible.jpgA la télévision, on ne compte plus les reportages consacrés à l'anorexie, maladie qui touche en majorité les adolescentes et les jeunes femmes. Alors qu'on croyait tout savoir sur le sujet, Emilie Villeneuve et Julie Rocheleau l'abordent différemment, grâce à un support original, la bande dessinée. Dans La fille invisible, elles racontent une histoire toute simple, émouvante, qui reste imprimée longtemps dans la mémoire.

 

La BD commence par la rencontre entre une journaliste et un médecin spécialisé dans les "troubles du comportement alimentaire". Celui-ci décrit en détails à son interlocutrice les symptômes de l'anorexie, et la manière dont on la soigne aujourd'hui. En parallèle de cet entretien, on suit une année scolaire avec une lycéenne, Flavie. Quelques mois qui correspondent à une descente aux enfers pour l'adolescente. Elle se déteste ("Je suis un désastre naturel ambulant"), rêve d'être une autre... Un régime, voilà la solution à tous ses problèmes. Le temps des grandes vacances, elle perd beaucoup de poids. A la rentrée, ses copines la qualifient d' "ana".  Ça veut dire quoi, ça ? 

Flavie a de la chance, car ses parents remarquent son mal-être et l'emmènent rapidement chez un médecin. Elle est donc très entourée, même si le chemin vers la guérison est long et douloureux. A la lecture, les événements semblent s'enchaîner très vite, alors que le récit dure une année entière. De toute façon, pas besoin de dizaines de pages pour rendre sensible la souffrance de Flavie : les dessins de Julie Rocheleau atteignent parfaitement cet objectif. Visages dissimulés, silhouettes anguleuses, pièces plongées dans l'ombre: tout cela crée une fragilité autour de Flavie. Du début à la fin, on perçoit les choses par son regard trouble et incertain, en alternance avec le discours informatif du médecin.

Pour cet album, la scénariste Emilie Villeneuve a collaboré avec un spécialiste des troubles alimentaires. On y trouve donc des termes médicaux, des tournures parfois un peu lourdes mais qui ont le mérite d'illustrer et de compléter la dimension émotive de l'histoire de Flavie. Si la BD s'achève sur une note optimiste, elle reste réaliste et crédible jusqu'au bout. Pas de happy ending, plutôt une envie de vivre qui se reconstruit, pas à pas

Source: http://livres.ados.fr/emilie-villeneuve/livres/La-fille-invisible/-la-fille-invisible-l-anorexie-en-bd.html

 

 

 

 

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 18:39

La dictature des régimes

Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, Le Corset Invisible


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Dans le même impératif de minceur, on propose aux femmes un nombre incalculable de régimes. Ils évoluent selon un schéma identique à celui de la mode, c'est-à-dire à chaque saison. Invariablement, avant l’été, comme après les fêtes, les magazines consacrent leur une à l’amaigrissement. « Perdez 2 kilos en 5 jours. » Les régimes sont innombrables : régime dissocié, protéiné, que du cru, que du liquide, monodiète, etc…

Les régimes sont avant tout une très bonne affaire commerciale, qui relance les ventes des magazines, des produits amincissants, repas en sachet et autres crèmes amincissantes.

Les régimes sont une industrie. Produits allégés que l’on trouve dans l’agro-alimentaire, Coca Light, yaourt à 0%, tout un monde est conditionné par la volonté des femmes de suivre un régime. Il n’est pas question que la femme y renonce : ce serait des secteurs entiers de l’industrie qui s’effondreraient. La femme est utilisée à son insu dans un but d’expansion économique.

 

« Le corps était presque parfait », article d’Olivia Gazalé paru dans Philosophie magazine, août-septembre 2006

A l’heure de la religion de la beauté jeune et musclée, l’affaissement de vos chairs fait de vous un hérétique, un parjure, un blasphémateur. Ce n’est pas tant des défauts de votre corps dont vous avez honte que de l’absence de volonté qui en est la cause….Nous voudrions l’avoir débarrassé de tous les déterminismes : le vieillissement, la maladie, la laideur et –pourquoi pas ? – le sexe et la couleur…Le moralisme hygiéniste a transformé les canons esthétiques en normes éthiques. Désormais, la faute ne consiste plus à jouir de son corps, mais à le laisser se dégrader….Le culte actuel du corps s’accompagne d’une phobie du corporel, d’une haine du corps organique….L’utopie du corps parfait renvoie au rêve de pureté qui hante l’humanité depuis ses origines….La pureté se confond aussi avec la cosmétique et la diététique…Les sexes intégralement épilés des actrices porno semblent aujourd’hui infiniment moins obscènes que L’Origine du monde de Gustave Courbet. Car la toison énigmatique sent la terre, la bête, l’indomptable femelle, alors que le pubis glabre évoque la pureté virginale de l’enfance, le salon de beauté et la domestication de soi…Cette détestation du corporel ne renvoie-t-elle pas, au fond, à la vieille démonisation de la chair héritée des premiers Pères de l’Eglise ?...Le fantasme de perfection est un fantasme mortifère. Vouloir un corps parfait, c’est vouloir s’arracher au sein, c’est désirer mourir à son propre corps.

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:28

 

L’horreur de la cellulite

 

 

72301835.jpgComment la femme est-elle amenée à consommer autant ? Parmi les pressions imposées par la société, celle de la minceur n’est pas la moindre. Tous les printemps, on explique à la femme comment chasser la cellulite, le « capiton ». La cellulite est la cible d’une véritable croisade.

L’idéal de beauté est aujourd’hui lié à un travail sur le corps : on veut nous faire croire que la cellulite est liée à une « mauvaise hygiène de vie », au stress, au laisser-aller, ainsi qu’à l’ingestion de matières grasses et de sucres…La cellulite, qui n’est pas spécifique aux femmes en surcharge pondérale, résulte d’un processus complexe qui implique le système micro-circulatoire  et le système lymphatique. Elle est décrite par les scientifiques comme un état normal qui maximise la rétention de graisse sous-cutanée pour assurer une disponibilité calorique adéquate à la grossesse et la lactation. En effet, la femme stocke naturellement les graisses en vue de la grossesse, afin de pouvoir nourrir son bébé. Autrement dit, la cellulite, c’est la femme. Vouloir éliminer la cellulite, partir à la chasse impitoyable au capiton, c’est chercher à enlever les seins, l’utérus ou les cheveux à une femme. C’est comme lui enlever sa féminité.

Plus encore, la présence de la graisse localisée au niveau des cuisses et des fesses, appelée lipomérie, est constitutionnelle chez la femme et représente pour elle une réserve d’énergie. Ces graisses localisées  –dont la culotte de cheval fait partie- persistent même après un régime bien conduit. Les causes de la cellulite sont d’ordre génétique, hormonal, vasculaire, alimentaire et neurologique. Ses mécanismes mettent en jeu la rétention d’eau, la fibrose et l’adipose (augmentation du nombre et du volume des adipocytes). La graisse cellulitique n’est pas la même que celle de l’obèse. Compactée par le phénomène de fibrose, elle est beaucoup plus difficile à déloger : le régime hypocalorique induit une fonte graisseuse et musculaire de la partie haute du corps, des joues, des épaules, de la poitrine, mais elle ne s’attaque qu’en dernier à la cellulite. Autrement dit, si on est obèse, on peut s’en débarrasser. Si on ne l’est pas, c’est pratiquement une mission impossible. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Cincinnati a montré que les traitements contre la cellulite et la perte de poids ont des effets variables. Si, dans certains cas, ils améliorent, dans d’autres, ils sont responsables de l’augmentation de la présence de cellulite. Dans la revue International Journal of Cosmetic Science, A. Rowling décrit les régimes comme étant des facteurs aggravants pour la cellulite, sauf dans le cas de l’obésité. Quant aux crèmes, anticellulite ou percutacaféine, au laser ou à la cosmétologie, leur efficacité à terme n’a pas été démontrée. Et pour cause, les théories de l’étiopathogenèse de la peau d’orange tendent à montrer qu’elle serait une spécificité anatomique du tissu sous-cutané de la femme. D’après les recherches du laboratoire de dermatologie de la Rockefeller University à New York, l’organe adipeux a pour fonction de réguler le système d’équilibre énergétique, de moduler l’ingestion alimentaire et le métabolisme d’autres substrats tissulaires grâce à une sécrétion glandulaire d’hormones et de parahormones. La cellulite serait donc bénéfique et positive. S’en débarrasser n’est pas seulement impossible, c’est une aberration.

 

Le corset Invisible, Eliette Abécassis, Caroline Bongrand

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 22:00

200010448-001.jpgLes femmes dans la société postmoderne sont maintenues dans un état d’affolement. On leur répète à longueur de journées qu’elles doivent se conformer à un modèle, sous peine d’être exclues. Ce modèle, c’est celui de la femme mince, celui de la femme sans rides. Les femmes font constamment des efforts, elles se privent, sans parvenir à réaliser ce que la société réclame d’elles : transformer leur corps. Comme si le corps était une sorte de pâte à modeler, prête à se plier à n’importe quelles exigences. Ces exigences (perdre 5 kilos avant l’été pour citer un exemple banal) ont pour conséquence, lorsque les femmes n’y parviennent pas, de les précipiter dans la dévalorisation d’elles-mêmes. Elles se vouent tout à coup comme inaptes, sans volonté, incapables d’atteindre ces modèles de vie érigés en dogmes.

Ne pas y parvenir les désespère, rabaisse leur propre estime, ce qui les plonge plus loin encore dans la quête de la perfection ; et si elles ne parviennent pas, au cinquième régime de l’année, à perdre de la graisse, là, sur la cuisse, certaines envisageront la chirurgie. Au nom de quel idéal condamne-t-on ainsi les signes de la féminité ?

Dans ce domaine, tout est scandale. En particulier la manière dont chacun se rend complice de cet asservissement, de cette brutalité exercée à l’encontre de la femme : la mode et ses créateurs, parfois irresponsables, la publicité qui prétend n’être que le reflet de la société mais qui en crée les modèles, la presse féminine qui, malgré sa volonté de protéger la femme, ne sait pas toujours se démarquer de cette tyrannie. Les femmes aussi sont compliques, puisqu’elles l’acceptent.  Mais ont-elles véritablement le choix ? Trop grosses, trop ridées, trop vieilles, on ne leur laisse aucun espace de vie.

Un certain nombre d’industries bénéficient de ce culte du corps parfait. L’agro-alimentaire, avec le secteur des produits allégés, des substituts de repas, l’industrie cosmétique, les laboratoires pharmaceutiques, la chirurgie esthétique, les spas, ces endroits merveilleux où les femmes vont s’échouer, telle des baleines ayant perdu leur sens de l’orientation à cause des sonars de sous-marins. Et paradoxe suprême, toute la nouvelle industrie du « bien-être ».

La condition de la femme moderne, qui vit dans la terreur de dépasser 40 ans et de prendre 3 kilos, est indigne de notre société. Une femme maintenue dans la peur, voilà ce qu’elle construit, jour après jour, semaine après semaine. Or une personne qui a peur ne fait pas les bons choix. En infligeant à la femme la peur permanente de ne pas être comme elle le devrait, on lui enlève son libre arbitre.

 

Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, le Corset invisible, Albin Michel

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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 09:11

Une « faim de non-recevoir »


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Même si les mannequins contribuent à véhiculer auprès des adolescentes l’image d’une jeune femme « idéale » qui serait forcément ultra-mince, le monde de la mode ne saurait être tenu responsable du développement de l’anorexie mentale.

Ce trouble alimentaire qui touche entre 30 000 et  40 000 personnes en France, existant avant la médiatisation des défilés.

Les auteurs du « Mystère de l’anorexie » ne nient pas l’influence de l’époque, caractérisée à la fois par le culte de la minceur et par celui de la consommation. Mais plutôt que de désigner des coupables, leur démarche consiste à rechercher les causes plus profondes de la maladie en éclairant certains de ses aspects « laissés dans l’ombre ».

Ecrit sous forme de dialogues entre les auteurs, l’ouvrage a été rédigé par deux « spécialistes ». Xavier Pommereau, psychiatre, a crée au CHU Bordeaux le centre Abadie, qui accueille de jeunes anorexiques. Quant à Jean-Philippe de Tonnac, écrivain et journaliste, il a souffert à l’adolescence de cette maladie dont on oublie souvent qu’elle touche 10% d’hommes.

Le premier décrit sa pratique, le second témoigne de son expérience, chacun réagissant aux propos de l’autre. Avec franchise, les auteurs échangent leurs propres expériences, explorent des questions sous-jacentes comme le rapport au cours, le rapport à l’aliment, les notions d’addiction ou de transgression.

Les échanges, certes parfois déconcertants et difficiles à suivre pour le non-spécialiste, éclairent d’un jour nouveau cette « faim de non-recevoir », pour reprendre leur expression qu’est l’anorexie.

 

Article tiré de l’Est Républicain du 13 septembre 2007

 

Le mystère de l’anorexie, Dr Xavier Pommereau et Jean-Philippe de Tonnac, Albin Michel, 270 pages, 18 euros

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 13:03

Alice Bairoch, Voyage en anorexie



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Présentation de l'éditeur
L'anorexie est une des maladies du siècle ". Dans cet ouvrage, Alice Bairoch raconte avec franchise et simplicité son Voyage en anorexie ". Elle rappelle les étapes qui l'ont conduite à l'obsession de la balance et à la ligne fatidique des quarantes kilos, les " raisonnements " imparables qui la menaient vers un état physique proche de la mort, jusqu'au moment où elle accepte finalement un traitement.
L'auteur raconte alors ses résistances, puis sa lente remontée vers la vie et témoigne que l'on peut se sortir du cycle infernal de l'anorexie.

Biographie de l'auteur
Alice Bairoch est née à Genève en 1986. Après une enfance trop rapidement abrégée à son goût, elle sombre dans une anorexie qui la conduira à une hospitalisation d'une durée de trois mois à l'âge de dix-sept ans. A sa sortie, elle éprouve le besoin de raconter son histoire, expérience qui la rendra plus, forte et prête à affronter la vie.
Aujourd'hui, Alice Bairoch croque l'existence à pleines dents et, parallèlement à ses études de droit, continue l'aventure de l'écriture qu'elle juge essentielle et définitivement liée à sa destinée.

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 12:29

Bibliographie

 

 

 

à Les titres en brun sont les livres que j’ai lu

 

Ouvrages généraux

 

  • AGMAN Gilles, Comment vivre avec une anorexique, 2005

     

  • BATLLE Sylvie, Les compulsions alimentaires : Se libérer de la boulimie, Jouvence, 2004

     

  • BRUCH Hilda, Conversations avec des anorexiques, Payot, 1990

     

  • BRUCH Hilda, Les yeux et le ventre, , Payot, 1994

     

  • BUCKROYD Julia, Anorexie et boulimie, J’ai lu, 1996

     

  • CHABROL Henri, L’anorexie et la boulimie de l’adolescente, Que sais-je, 1991

     

  • CLAUDE-PIERRE Peggy, Guérir l’anorexie et la boulimie par la méthode Montreux, Plon, 1998

     

  • COMBE Colette, Soigner l’anorexie, Dunod, 2002

     

  • DODIN Vincent et TESTART Marie-Lyse, Comprendre l’anorexie, Seuil pratique, 2004

     

  • GUILLEMOT A et LAXENAIRE M., Anorexie mentale et boulimie : le poids de la culture, Masson

     

  • GUINGAND Pascal, Anorexie et inédie : la même passion du rien, 2004

     

  • JEAMMET Philippe, Anorexie Boulimie : les paradoxes de l’adolescence, hachette littérature, 2004

     

  • LOISELLE Annie, Les affamées : regards sur l’anorexie, les éditions de l’homme, 2003

     

  • MAILLET Jacques, Anorexie boulimie, collection Idées reçues, Edition le Cavalier bleu, 2004

     

  • MEGGLE Virginie, Face à l’anorexie : le visible et l’invisible, Eyrolles, 2006

     

  • MENIER Alain et VAN LERBERGHE Clothilde, Anorexie. Ados au régime, ados en danger?, Platypus press, 2002

     

  • MENIER Alain, L’anorexie sortir du tunnel, Hydrogène, 2003

     

  • MEURET Isabelle, L’anorexie Créatrice, 2006

     

  • MUCHA Sabine, Anorexie et boulimie, Vigot, 2004

     

  • NASSIKAS Kostas, Journal d’une anorexique, L’Harmattan, 1992

     

  • NEF François, La boulimie : Des théories aux thérapies, Pratiques Psychologiques, 2006

     

  • RIGAUD Daniel, Anorexie, boulimie et autres troubles du comportement alimentaire, Ed. Milan, 2002

     

  • PALAZOLO Jérôme, Aidez vos proches, anorexie, Hachette Pratique 2006

     

  • PERROUD Alain, Faire face à la boulimie : Une démarche efficace pour guérir, Retz, 2006

     

  • SELLAM Salomon, Boulime-Anorexie un énorme quiproquo psychoaffectif, Bérangel, 2005

     

  • SENNINGER Franck, La boulimie : la faim sans fin, Jouvence, 2004

     

  • SENNINGER Franck, L’anorexie : le miroir intérieur brisée, Jouvence, 2004

     

  • SIMON Yves, Nef François, Comment sortir de l’anorexie ?, Odile Jacob, 2002

     

  • RAIMBAULT Ginette et ELIACHEFF Caroline, Les Indomptables : figures de l’anorexie, poche Odile Jacob, 1996

     

  • ROBINEAU Christine, L’anorexie, un entre-deux-corps, L’Harmattan, 2003

     

  • VANDERLINDEN Johan, Vaincre l’anorexie mentale, De Boeck, 2003

     

  • VAN TURNHOUT Martine, GABRIEL Myriam, La forteresse anorexique, Editions J-Lyon, 2005

     

  • VINCENT Thierry, L’Anorexie, Odile Jacob

     

 

 

 

 

Témoignages, romans

 

  • ARNAUD Catherine, La vie peut-être, Medium, 2006

     

  • BAILLY Othilie, L’enfant qui se laissait mourir, J’ai lu, 1992

     

  • BALINSKA Marta Aleksandra, Retour à la vie. Quinze ans d’anorexie, Odile Jacob, Paris, 2003

     

  • BENAMEUR Jeanne, Valentine remède, Petite Poche, 2002

     

  • BERTIN Marie, BERTIN Roselyne, Journal sans faim, cascade pluriel, 2000

     

  • BRISAC Geneviève, Petite, Points, 1996

     

  • BOTTERO Pierre, Zouck, collection Tribal, Flammarion, 2004

     

  • DELVIG Lou, Jours sans faim, Grasset, 2001

     

  • DE PERETTI Camille, Thornytorinx, Belfond, 2005

     

  • GAVALDA Anna, Ensemble c’est tout, le dilettante, 2004

     

  • HORN BACHER Marya, Piégée. Mémoires d’une anorexique, Paris, Bayard, 1998

     

  • Justine, Ce matin j’ai décidé d’arrêter de manger, Oh Editons, 2007

     

  • KOCHKA, Maigre Maya, Grasset Jeunesse, 2004

     

  • LACAMP Ysabelle, Une jeune fille bien comme il faut, livre de poche, 1998

     

  • MOLLA Jean, Sobibor, Scripto Gallimard, 2003

     

  • MONAQUE Mathilde, Trouble tête, les arènes, 2006

     

  • MOYOCO Anno, In the Clothes named fat,  Sohdensha publishing, 2002

     

  • NOTHOM Amélie, Biographie de la faim, Albin Michel, 2004

     

  • PAZALLE Vittoria, Anorexie et boulimie : journal intime d’une reconstruction, Editions Dangles, 2005

     

  • PHILIPPE Claire et Marie, Souvenirs d’anorexie : dialogue entre une mère et sa fille, K&B, 2006

     

  • POIVRE D’ARVOR Patrick, Lettres à l’absente, Albin Michel, 1993

     

  • POIVRE D’ARVOR Patrick, Elle n’était pas d’ici, livre de poche, 1995

     

  • POIVRE D’ARVOR Véronique, A Solenn, Albin Michel, 2005

     

  • RAVEGLIA Audrey, Jeûne fille, Balland, Paris, 2002

     

  • ROSEN Jonathan, La pomme d’Eve, 10/18 domaine étranger, 1997

     

  • ROSOFF Meg, Maintenant c’est ma vie, Albin Michel, 2006

     

  • RUZE Franck, 0%, le dilettante, 2003

     

  • SINCLAIR Jackie, Anorexie mon amour, Heures de France, 1999

     

  • SHUTE Jenefer, Folle de moi, roman, Edition Fayard, 1992

     

  • SOLLIEC Corinne, Le petit corps, Gallimard, 2006

     

  • TITO, L’intrus, tendre Banlieue, Casterman grande ligne, 2005

     

  • VALERE Valérie, Le Pavillon des enfants fous, Stock, 1978

     

  • Vanessa et le Docteur Alain Meunier, Je m’aime, donc je vis. C’est quoi l’anorexie ?, Payot, 2001

     

  • VERMOT Marie-Sophie, Pouvoir se taire, et encore, Editions Thierry Magnier, 2002

     

  • WILSON Jacqueline, 3 filles et 10 kilos de trop, livre de poche jeunesse, 1998

 

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Published by Angélique - dans Bibliothèque