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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:48

Une ancienne directrice de l'édition australienne de Vogue vient de publier The Vogue Factor une enquête menée au cœur du milieu de la mode où elle révèle la réalité du monde de la mode et comment les mannequins "entretiennent" leurs maigreurs.

 

L'ancienne directrice de l'édition australienne de Vogue Kirstie Clements raconte les "secrets" de la maigreur des mannequins dans son livre. Non les mensurations de nombreux mannequins n'ont rien de naturelles.

 

Elles mangent des mouchoirs en papier

Les jeunes filles affamées ingèrent des mouchoirs en papier pour tromper leur faim,

 

Diète et perfusion

A l'occasion d'un shooting, Kirstie Clements a passé 3 jours avec un mannequin qui ne s'est pas alimentée durant ces 72h. Elle peinait le 3 ème jour à garder les yeux ouverts.

Chez les mannequins cabine sur lesquels on crée les vêtements les évanouissements seraient plus que fréquent et se finirait régulèrement par des séjours à l'hôpital sous perfusion

 

 

« Paris Thin » : la minceur Paris

Pour les Fashion Week l'objectif pour les mannequins est d'avoir 2 tailles en moins par rapport à la taille habtituelle des mannequins (déjà bien trop mince...)

 

Les laxatifs

Imogen Edwards-Jones, auteur et blogueuse américaine, avait déjà révélé que les mannequins prennaient des laxatifs pour rester mince

Un usage malsain des laxatifs provoque un endommagement du système gastro-intestinal, des diahrées chroniques, une déshydratation, des désordres éléctrolytes..

 

La réduction mammaire

Pour être encore plus fililforme certaines mannequins n'hésitent pas à procéder à une réduction mammaire.

 

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Published by Eixerona - dans Anorexie
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:55

Source de l'article: http://topactu.fr/sante/anorexie-mentale-et-hyperactivite-physique-seraient-liees/18639/2013/01/12.html

 

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Un mécanisme moléculaire commun entre l’hyperactivité physique et l’anorexie mentale vient d’être mis en évidence par une équipe mixte de chercheurs de L’Inserm, du CNRS et des Universités Montpellier-Nîmes. Cette découverte pourrait  ouvrir des pistes nouvelles pour le traitement de l’anorexie.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont travaillé sur des souris modifiées génétiquement de telle sorte à pouvoir imiter une anorexie mentale humaine.

Ils ont constaté que ces souris avaient une anomalie moléculaire dans une des régions du cerveau associée à la récompense caractérisée par l’excès d’expression des gènes du récepteur 5 HT4 à la sérotonine. Ce récepteur est également impliqué dans l’hyperactivité motrice de la souris.

Dans le cas où ce récepteur est inactif, cela entraîne une surconsommation d’aliments. Les résultats permettent donc de montrer que les perturbations du récepteur 5 HT4 à la sérotonine influencent l’appétit. Dans le cas où ils sont trop actif, cela coupe la faim, dans le cas contraire, quand ils sont inactifs, cela augmente la faim et conduit à une surconsommation d’aliments.

Ce sont ces perturbations qui pourraient expliquer l’alternance des phases d’anorexie puis de boulimie que vivent certaines malades.

Il n’existe pas à l’heure actuelle de médicament pour soigner l’anorexie. Cette nouvelle découverte devrait permettre de nouvelles perspectives pour trouver des traitements pour la soigner. En inactivant ce récepteur en effet, les personnes pourraient de nouveau accepter de manger, alors qu’en l’activant, cela pourrait être un frein par rapport à la surconsommation alimentaire.

 

Personnellement je reste plutôt perplexe vis à vis de cette découverte. Pourquoi certaines finissent par aller mieux et remangent si c'est une histoire de récepteur à désactiver? Ce genre de pertubation de récepteur ça ne régle pas miraculeusement. Ensuite si au début de l'anorexie il y a une restriction cognitive qui ne demande aucun effort pour se restreindre à manger on sait que cette restriction ne dure pas éternellement et à un moment donné on se restreint volontairement pour ne pas prendre de poids.

Et vous, vous en pensez quoi?

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Published by Eixerona - dans Anorexie
5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 08:33

C'est un article que j'ai trouvé sur le site http://www.sciencepresse.qc.ca 

Cette étude m'a fait rire parce qu'il n'y a pas besoin d'avoir un bac+10 pour se rendre compte qu'une anorexique a une fausse perception de son corps et qu'elle se voit plus grosse qu'elle n'est. D'ailleurs l'un des nombreux symptôme de l'anorexie c'est la dysmorphophobie...

 

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Quand des chercheurs ont demandé à des anorexiques de déterminer si une personne pouvait passer ou non dans un cadre de porte de largeur donnée, ils y sont parvenus facilement...

 

Par contre, leur jugement s’est avéré beaucoup moins fiable quand le temps est venu d’estimer leurs propres mensurations; les sujets anorexiques ont alors eu tendance à les surestimer grandement.

 

Les auteurs de l’étude croient qu’en plus d’avoir une image corporelle erronée, les anorexiques ont une représentation déformée de leur corps dans l’espace.

 

Fait intéressant, ils ont remarqué que les sujets étudiés percevaient leurs mensurations comme étant identiques à ce qu’elles étaient avant de souffrir d’anorexie.

 

Leur cerveau semble incapable de «mettre à jour» les nouvelles données concernant leurs dimensions corporelles, ce qui renforce leurs comportements obsessionnels face à la nourriture.


http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2012/09/04/fausses-perceptions-chez-anorexiques

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Published by Eixerona - dans Anorexie
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 15:46

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Merci à bluelantern pour cet article de Phillippe Jeammet et qui illustre parfaitement mon article précedént.

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Published by Eixerona - dans Anorexie
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 16:11
photo_1264953058557-1-1.jpgContrairement à une idée encore trop souvent admise, on guérit l'anorexie, mais au prix d'un combat acharné et prolongé, parfois émaillé de rechutes, soulignent des spécialistes à l'occasion d'une journée professionnelle sur les troubles du comportement alimentaire (TCA).


"C'est important de dire qu'on peut en sortir. Il n'y a aucune fatalité à rester anorexique toute sa vie, même au bout de 10 ans", assure le pédopsychiatre Philippe Jeammet, président d'honneur du réseau TCA Ile-de-France qui organisait cette journée vendredi à l'hôpital Sainte-Anne à Paris. "Mais c'est une vraie bagarre", ajoute-t-il.

Anorexie mentale et boulimie sont des maladies qui évoluent sur plusieurs années, avec de "vraies guérisons", même s'il peut y avoir des rechutes, souligne Nathalie Godart, pédopsychiatre à l'Institut mutualiste Montsouris.

Les deux-tiers des patients anorexiques sont considérés comme guéris à 5 ans. Pour la boulimie, le taux de guérison est estimé à 70% à 7 ans, précise-t-elle.

"Plus précoce est la prise en charge, meilleur est le pronostic", avec des complications limitées et une maladie moins longue, selon le Dr Godart.

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Encore faut-il que le trouble soit diagnostiqué et correctement pris en charge, à la fois dans ses aspects physiques, psychologiques, mais aussi familiaux et sociaux.

"La moitié des patients souffrant de troubles du comportement alimentaire n'accèdent jamais à des soins", relève Jean-Claude Melchior, nutritionniste à l'hôpital Raymond-Poincaré (Garches) et président du réseau TCA Ile-de-France.

"Les TCA se caractérisent par un déni des troubles et un relatif refus de soins", ajoute-t-il. Le système de santé peut être lui aussi dans le refus.

"La boulimie ne se voit pas", glisse Renaud de Tournemire, pédiatre à l'hôpital de Poissy.

Pas facile non plus de penser à une anorexie en face d'une fillette de 8 ans, intellectuellement très brillante, qui dépérit. Ces formes très précoces existent pourtant, indique Catherine Doyen, pédopsychiatre à l'hôpital Robert-Debré, et conduisent à une rapide dégradation de l'état de santé.

Le Dr de Tournemire cite l'exemple d'une adolescente de 13 ans, dont l'anorexie a été diagnostiquée par un endocrinologue, consulté sur les conseils d'un pédiatre lui-même alerté par un retard de croissance. Suivie ensuite par un psychiatre, "trouvé par les parents dans les pages jaunes", sans concertation avec d'autres médecins, elle a été hospitalisée en urgence, pesant 25 kilos.

Chez les adultes, le trouble est parfois découvert avec 20 ou 30 ans de retard, à l'occasion d'une consultation pour un tout autre motif : fracture, ostéoporose, ou, pour nombre de jeunes femmes, une demande de procréation médicalement assistée.

85470224-copie-1.jpgSans être une menace vitale, des formes chroniques peuvent gâcher la vie, souligne le Pr Jeammet. Elles se traduisent par un "hypercontrôle", des rituels alimentaires astreignants, une obsession des calories.

1,5% des femmes et 0,16% des hommes souffriraient d'anorexie mentale, selon le Pr Melchior. L'anorexie mentale concernerait 1% des adolescents, la boulimie 3%. Selon des estimations, entre 20 et 30% des adolescents seraient touchés par des troubles mineurs du comportement alimentaire.

Créé sous l'égide de la Fondation de France, le réseau TCA Ile-de-France (www.reseautca.idf.org) veut faciliter l'accès aux soins. Il s'inscrit dans un ensemble de réseaux régionaux, par le biais de l'Association française pour le développement des approches spécialisées dans les TCA ((www.anorexieboulimie-afdas.fr).

Source AFP
modifié le 02/02/2010
 

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Published by Angélique - dans Anorexie
31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 21:13

Anorexie, quand s'inquiéter ?




Soucieuse de sa ligne, elle a 10 ou 14 ans, chipote sur les aliments et surfe de temps en temps avec ses copines sur les sites « pro-ana »...Début d'anorexie ou simple coquetterie d'ado ? Comment les parents peuvent-ils faire la part des choses ? Enquête.


Par Maureen Diament et Isabelle Taubes.


« Ma fille a 14 ans. Elle a toujours été maigre. Pourtant, cela commence à m'inquiéter, raconter Brigitte 47 ans. Elle me dit qu'elle ne fait pas de régime, mais elle n'a jamais faim. Je lui parle beaucoup de ma peur de l'anorexie, chaque fois, elle se moque de moi et de mes angoisses. Mon généraliste l' trouvée très maigre, elle manque un peu de vitamines, mais d'après lui rein d'affolant. Moi, je continue de m'inquiéter et je surveille discrètement son comportement. »


A l'instar de nombreux parents d'adolescentes, Brigitte serait-elle victime d'une nouvelle psychose ? Mannequins décharnées dans les magazines, témoignages bouleversants en librairies, articles alarmants sur de sites mortifères, signature en avril dernier d'une charte contre l'anorexie...C'est vrai, l'ambiance est anxiogène. Mais ne tombons pas dans le piège de la « maladie médiatique » : toutes les jeunes filles ne sont pas susceptibles de devenir anorexiques (seules 2% le deviendraient). L'anorexie n'est ni un effet de mode ni un simple trouble passager de l'adolescence. In s'agit d'une vraie pathologie psychique, repérée depuis des siècles.


Cette maladie serait largement rependue depuis la découverte des techniques de conservation des aliments et l'invention du réfrigérateur ! Un équivalent symbolique de la mère, dans l'inconscient, puisque grand pourvoyeur de nourriture. Face à la possibilité de combler son envie de manger, l'anorexique dit non. Pour reprendre l'idée du psychanalyste Jacques Lacan, l'anorexique mange le « rien », seul « objet » suffisamment pur et noble à ses yeux. Manger le rien c'est aussi répondre à un fantasme de toute puissance, d'autonomie absolue.


Certains adultes en sont victimes, mais l'anorexie touche majoritairement les filles de 10 à 12 ans, à un âge où le corps est en pleine mutation. « Le passage à l'âge adulte et la construction d'une identité propre peuvent créer une angoisse profonde, donner l'impression que tout nous échappe », explique le professeur Philippe Jeammet, psychiatre spécialiste de l'adolescence. Pour beaucoup, cette étape occasionne une brèche dans l'amour et dans l'estime de soi. Comme s'il devenait impossible de s'aimer et de se sentir aimée, engoncée dans son corps en métamorphose. Il n'est pas rare que la jeune fille ressente un vague dégoût d'elle-même, contre lequel elle tente de lutter en s'évadant dans l'imaginaire -une façon de nier sa réalité corporelle. Elle peut aussi fuir dans les études, ou dans le sport. Rien de très préoccupant, dès lors que le dégoût n'envahit pas tout son espace émotionnel.


A QUI LA FAUTE ?

Difficile de dire ce que provoque le déclic. Si elle débute parfois par un régime, la maladie survient généralement à la suite d'un drame ou d'un événement douloureux -décès d'un proche, séparation des parents, déménagements successifs, examen scolaire raté... « A l'heure actuelle, personne n'est capable de dire pourquoi ce trouble touche certains jeunes plutôt que d'autres, et aucune preuve ne confirme la responsabilité de la mère très souvent évoquée », affirme Alain Meunier, psychiatre spécialiste du comportement alimentaire. Si le rapport à la nourriture se construit à l'évidence de façon précoce dans la relation mère-enfant, certains ont un peu vite stigmatisé le rôle maternel. « Inconsciemment, le mécanisme à l'œuvre est le suivant : j'ai besoin d'être rassurée et de reste le bébé de maman. Pour garder maman, il faut que je me débarrasse de ce corps dégueulasse », nuance le psychiatre Xavier Pommereau. A l'inverse, pour d'autres filles -ou femmes-, cesser de manger signalera une tentative inadaptée et douloureuse pour se séparer du cocoon maternel et devenir soi. Les psys s'accordent généralement pour dire qu'il existe autant d'anorexies que d'anorexiques. 


Le culte de la minceur et les mannequins ne sont pas plus responsables que les parents de ce trouble du comportement. Quant « aux sites pro-ana », qui inquiètent tant parce qu'ils font de l'anorexie un choix de vie et qu'ils proposent des conseils pratiques aux adolescentes pour dissimuler leur maladie et perdre toujours plus de poids, leur impact semble surestimé. « Si ces blogs incitent effectivement à l'anorexie, ils n'ont que peu d'effets sur les ados qui vont bien, assure Alain Meunier. Car on ne choisit pas de devenir anorexique, cela s'impose à soi comme une évidence contre laquelle il semble impossible de lutter.



UNE VRAIE MALADIE MENTALE

L'anorexie n'est donc pas un caprice d'ado mais bien une maladie mentale dans laquelle les victimes sont en proie à une dualité intérieure. D'un côté, la pensée « normale », de l'autre le mental anorexique. « J'ai commencé à avoir une sorte de diable dans la tête qui me donnait des ordres, raconte Salomé 11 ans. Il fallait que je mange le moins possible. Je ne pouvais pas m'empêcher. » L'anorexique est entrainée dans une spirale mentale infernale, qui fausse la perception qu'elle a de son corps et la rend aveugle sur les conséquences de son comportement. Elle ne se vit d'ailleurs jamais comme telle, elle vit dans le déni de sa maladie.


[...]


Psychologies magazine n°281, janvier 2009

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Published by Angélique - dans Anorexie
11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 19:30

Troubles du comportement alimentaire : anorexie, compulsions et boulimie.

M. CORCOS, Institut Mutualiste Montsouris, Paris

Alimentation de l’enfant & de l’adolescent, colloque sous le patronage du Ministère de la Santé, et de la Protection Sociale, 2004, Paris

 

L’anorexie mentale

 

989334034.jpgIl devrait être aisé, du fait du caractère exhibé et stéréotypé des symptômes, mais la fascination qu’induit cette pathologie aveugle parfois le clinicien. La triade classique anorexie-amaigrissement-aménorrhée reste d’actualité : la conduite anorexique annonce le plus souvent le début des troubles ; loin d’une disparition passive d’appétit, il s’agit d’une conduite active de restriction alimentaire et de lutte contre la faim, en accord avec la peur de grossir et le désir de maigrir qui sont, eux, les signes les plus spécifiques, persistant malgré une perte de poids déjà significative et reflétant un trouble particulier de l’image du corps. Rarement connue d’emblée, la restriction est constant à un degré variable, comme en témoignent les conduites de surveillance et de méfiance de l’anorexique à l’égard de la nourriture ainsi que ses nombreux rites alimentaires (décrits par l’entourage qu’ils contribuent à tyranniser : refus de participer au repas familial, saut systématique d’un repas, tri des aliments, refus de prendre une autre nourriture que celle que les malades cuisinent elles-mêmes). Toutes ces manifestations ont tendance à s’atténuer à l’extérieur du milieu familial. S’en rapprochent la préoccupation concernant le fonctionnement intestinal, la prise abusive et souvent considérable de laxatifs ainsi que les vomissements provoqués postprandiaux qui avec l’hyperactivité représentent autant de moyens de contrôle du poids. L’amaigrissement est provoqué, secondaire à la restriction alimentaire, répondant aux aspirations de l’adolescente : il dépasse rapidement 10% du poids normal et peut atteindre 30 à 50% du poids initial. La crainte permanente de grossir est difficilement exprimée d’emblée, mais se traduit dans les multiples mesures de vérification : pesées post-prandiales, recherches sur la valeur calorique des aliments, mensurations des « rondeurs » éventuelles, du tour de cuisse en particulier. La méconnaissance et le déni de leur maigreur, de la part de ces malades, reflète l’importance du trouble quasi délirant de la perception de l’image de leur corps ; cette absence caractéristique de souci pour leur état de santé va jusqu’à un sentiment de bien-être et de force croissant avec l’amaigrissement. L’aménorrhée suit généralement de quelques mois la restriction alimentaire : aménorrhée secondaire le plus souvent, mais qui peut être primaire chez les jeunes filles, chez lesquelles les troubles commencent avant que la puberté ait fait son apparition.

L’aménorrhée est un symptôme cardinal de l’anorexie mentale liée à l’importance de la dénutrition et de l’exercice physique et leurs effets sur l’axe hypothalamo-hypophysaire gonadique (augmentation du volume du  troisième ventricule proche des régions hypothalamiques objectivé à l’imagerie cérébrale) mais aussi à certaines dimensions psychopathologiques comme le suggèrent les données cliniques : aménorrhée précédent l’amaigrissement dans 30% des cas, persistance fréquente et durable de m’aménorrhée après la rééquilibration pondérable.

S’il est effectif, le rôle de la perte de poids dans le déterminisme des altérations de la fonction gonadotrope et de l’aménorrhée ne peut être tenu pour exclusif. L’insuffisance du poids interviendrait plutôt comme un élément de plus grande sensibilité à impact défavorable sur les processus ovulatoires.

D’autres éléments, en particulier psychopathologiques sont dont à prendre en compte.

L’aménorrhée de l’anorexie mentale et des dénutritions a pu être rattachée au stress et à ses conséquences sur les régulations hypothalamo-hypophyso-surrénalienne. Mais le terme de stress apparaît peu spécifique. Plus que l’intensité, qui est manifestement importante, quelle est la nature de l’angoisse sous-jacente au trouble alimentaire ? Dans le cadre de l’anorexie, on peut penser l’aménorrhée comme un des effets du comportement général de maîtrise présent dans cette affection : maîtrise des ingestats et de excréments, maîtrise émotionnelle, maîtrise des relations interpersonnelles, maîtrise des études. Tous ces comportements de maîtrise, apparaissent manipulatoires, voire pervers, alors qu’ils sont pour l’essentiel défensifs. Leur intensité est à la mesure d’un vécu de menace sur l’identité même du sujet. La patiente est en effet « persécutée » (et persécute en retour son corps et son entourage) par toute sollicitation interne ou externe qui risque de mettre à mal un équilibre psychologique et somatique précaire. La sexualisation du corps, du fait des modifications pubertaires, est aussi réprimée par un véritable « gommage » par le comportement alimentaire des caractères sexuels secondaires, et toute ouverture à l’autre constituant une menace pour sa propre estime est barrée par un repli sur soi et sur des activités solitaires physiques ou scolaires.

Preuve a contrario de la relation entre défense anorexique et aménorrhée : l’apparition des règles chez les patientes déprimées au moment d’un relâchement de leur sentiment d’omnipotence, et bien sûr le retour des règles après une amélioration psychologique et pondérale passant par un assouplissement des défenses et une restauration de l’estime personnelle.

L’absence de fatigue et l’hyperactivité motrice s’associent souvent à la diminution de la durée de sommeil et des mesures d’ascétisme : se tenir sur une jambe, marcher jusqu’à épuisement, dormir à même le sol, etc. Mensonges et manipulations de l’entourage se surajoutent, en nombre et en combinaison variables : la kleptomanie est fréquente, notamment le vol d’aliments. Sont aussi constatés une absence notable de désir sexuel, un rétrécissement progressif des contacts sociaux, aboutissant à un agrippement de plus en plus marqué aux parents, en particulier à la mère. L’hyperinvestissement scolaire est habituel, l’anorexique montrant en ce domaine comme dans d’autres, un grand perfectionnisme ainsi qu’une quête anxieuse et toujours insatisfaite de performances irréprochables.

Il existe des formes cliniques particulières :

·         Chez le garçon l’anorexie mental traduit généralement un trouble grave de l’identité sexuée ; l’aménorrhée est remplacée par la disparition de tout désir sexuel et l’absence d’érection.

·         Pré-pubère l’anorexie débute avant 10 ans dans 8% des cas : forme rare et grave, l’anorexie mentale pré pubertaire touche davantage le garçon et se caractérise par une perte de poids rapide et importante et moins de signes boulimiques. La dépression et les passages à l’acte sont plus fréquents et un retard de croissance de mauvais pronostic est souvent observé.

·         Tardive faisant souvent suite à un épisode passé inaperçu à l’adolescence, elle survient après le mariage ou la naissance du premier enfant, les éléments dépressifs sont plus francs, la tendance à la chronicisation s’accentue avec l’âge.

·         Potomanie associée l’ingestion massive de liquide apparaît parfois sur un mode qui rappelle les accès boulimiques ; grave, elle peut provoquer des désordres hydro-électrolytiques massifs, jusqu’au coma.

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Published by Angélique - dans Anorexie
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 15:16

Troubles du comportement alimentaire : anorexie, compulsions et boulimie.

M. CORCOS, Institut Mutualiste Montsouris, Paris

Alimentation de l’enfant & de l’adolescent, colloque sous le patronage du Ministère de la Santé, et de la Protection Sociale, 2004, Paris

 

Les troubles du comportement alimentaire que sont l’anorexie mentale et la boulimie suscitent un intérêt croissant jusqu’à une médiatisation problématique en terme de prévention, puisque la surexposition des TCA n’est pas sans générer un processus de fascination chez les adolescents vulnérables.

Cet engouement qui reflète probablement l’accroissement de fréquence de ces affections, est sans doute également lié au caractère provocant et paradoxal de ces conduites : se situant à un carrefour entre la psychologie individuelle ; les interactions familiales, le corps dans son aspect le plus biologique et la société(dite « de consommation »…) en général, ces pathologies mentales comportent des conséquence s somatiques graves, qui à leur tour retentissent sur l’état psychique et contribuent à entretenir le trouble.

En cela, anorexie et boulimie offrent un modèle de l’adolescence, s’intégrant parmi les conduites d’addictions ou de dépendance qui se développent préférentiellement à cet âge.

 

1.       Données épidémiologiques

Anorexie et boulimie se déclenchent électivement après la puberté : le début le plus fréquent se site à 13-14 ans ou 16-17 ans pour l’anorexie, et plus tardivement, 19-20 ans pour la boulimie. Ces trouble sont en augmentation de fréquence dans les pays économiquement développés depuis une vingtaine d’années : sont concernés environ 1% des adolescentes pour l’anorexie (soit 30 à 40 000 au total en France) ; et de 3 à 12% des adolescentes pour la boulimie selon les critères retenus (environ 1,5% de la population générale). La prédominance féminine est nette : 8 à 9 cas sur 10 pour l’anorexie et la boulimie 6 sur 10 pour « le binge eating disorder ». Les formes boulimiques et mixtes sont en expansion : dans ces dernières soit la conduite anorexique s’accompagne rapidement d’épisodes boulimiques (dans 30 à 50% des cas), soit le comportement boulimique installé d’emblée est plus ou moins contrôle par des périodes de jeûne. Surtout est signalée l’augmentation chez les adolescent des préoccupations corporelles (auto-jugements négatifs, pesées excessivement fréquentes) et perturbations alimentaires « Sub-syndromiques », (Fairburn 1990) (diètes auto-prescrites ou jeûne régulier, régimes anarchiques entraînant variations pondérales ou déséquilibres métaboliques ou vitaminiques, épisodes récurrents de « craving » ou frénésie alimentaires soudaine, vomissements induits, usage de laxatifs). Ceci explique qu’en fonction des critères retenus en chiffres d’incidence et de prévalence varient sensiblement.

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 16:20

L’anorexie mentale : Interview de Maurice Corcos, Pédopsychiatre

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Qu’est-ce que l’anorexie ?

M. Corcos : ‘le mot’ anorexie ‘signifie ‘perte d’appétit’ ? Dans la réalité clinique, l’anorexie correspond à une conduite active de restriction alimentaire. Sa fréquence a augmenté depuis vingt ans dans les pays développés. Elle est estimée à 1% pour les formes avérées et 5% si l’on inclut les formes modérées subcliniques. L’anorexie touche, sans 9 cas sur 10, des jeunes filles, entre 13-14 ans et 16-17 ans.

 

Quels en sont les principaux symptômes.

M. Corcos : La classique triade des 3 A : Anorexie – Amaigrissement – Aménorrhée, regroupe les symptômes cliniques majeurs.

L’adolescente présente un refus actif, volontaire et impérieux de s’alimenter, sa perte de poids varie de 10% à 50% de son poids usuels et la disparition des règles est constante. Les critères associés, sont l’hyperinvestissement intellectuel, l’hyperactivité physique et le contre-investissement massif dans le domaine affectif et sexuel.

Les adolescentes anorexiques maîtrisent leur poids de différentes façons : vomissements provoqués, exercices physique et ingestion de médicaments : laxatifs, diurétiques, extraits thyroïdiens…Des crises de boulimie surviennent dans 50% des cas

 

Que recommander en terme de prévention et en quoi consiste la prise en charge thérapeutique ?

M. Corcos : Il n’existe pas de signes prédictifs spécifiques majeurs. Cependant une mère ayant souffert de troubles alimentaires peut avoir des relations affectives et alimentaires délicates avec son enfant, ce qui pourrait favoriser le risque d’anorexie future de l’enfant.

La prise en charge thérapeutique s’appuie sur un retour progressif à l’alimentation en vue d’une guérison nutritionnelle mais surtout sur une psychothérapie globale incluant le patient et sa famille. Il est courant d’établir un contrat de poids en ambulatoire ; une hospitalisation n’est envisagée qu’en cas de contrat difficile à respecter avec un risque vital.

Il s’agit en effet d’une pathologie grave. La mortalité est de 7 à 10% et 25% des patientes conservent des troubles psychologiques (dépression, phobie diverses, TOC, invalidité affective et sociale…)

 

Extrait de L’alimentation des adolescents, CERIN

 

 

 

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 18:14

La gravité de l’anorexie est très variable d’un cas à un autre et elle n’est pas directement liée au degré d’amaigrissement.

(…)

L’un des risques majeurs de la maladie est que, alors qu’elle dure habituellement de 2 à 4 ans, elle ne se prolonge en s’installant en quelque sorte dans une alternance d’anorexie et de boulimies dans des préoccupations alimentaires et corporelles qui envahissent la vie du sujet à la manière d’une toxicomanie.

(…)

Alors qu’on s’accorde généralement pour reconnaître dans l’anorexie une affection mentale, le pronostic ne prend souvent en considération que la reprise pondérale et la disparition de l’aménorrhée. Ce but, qui ne saurait être négligé ne peut suffire, car la reprise pondérale risque de n’être que provisoire et de se faire de façon dommageable pour l’évolution psychologique de la malade.

Bernard Brusset, Dictionnaire de la Psychanalyse, Encyclopaedia Universalis


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