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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

...

 

Je me posais une question: pourquoi devrait-on être toujours heureux? Pourquoi devrait-on se sentir coupable de ne pas être heureux?

C'est vrai on est dans une société du bonheur à tout prix, mais on ne peut pas aller toujours bien. D'ailleurs c'est grâce aux moments difficiles et éprouvant qu'on profite des bons moments.

En je crois qu'on a le droit d'être malheureux aussi, d'être triste, d'être déprimé et de le dire à haute et intelligible voix. Aller mal n'est pas une honte ou une tare. On ne pas toujours aller bien c'est tout..

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Published by eixerona - dans Mes écrits
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

Avec la création de ce blog, et me promenant sur de nombreux blogs parlant des TCA ou des régimes, j'ai pu observé comme les gens sont remplis de préjugés. Pour beaucoup l'anorexique ou la boulimique est une gamine capricieuse qui n'a rien de mieux à faire dans la vie que de faire chier le monde et dont les parents sont des incapables et des incompetants!

Ces jugements vite rendus, ça m'énerve, on ne cherche pas à comprendre, et si on ne veut pas comprendre c'est pas la peine de venir parcourir nos blogs.
C'est comme si on aimait pas le tennis et qu'on allait insulter les gens sur des blogs consacrés à ce sport, du n'importe quoi!!!

Enfin ce qui me révolte le plus je crois, c'est la méchanceté et le mépris que certains et certaines peuvent avoir auprès des gros et des grosses, enfin pour être politiquement correcte auprès des personnes "rondes".
Oui j'avoue que les rondeurs je ne trouve pas ça particulièrement beau, je ne me vois pas avec 10 kg de trop. Mais je sais que l'obésité est aussi une maladie complexe, et on n'est pas gros parce qu'on le veut ou qu'on manque de volonté. Je pense que les gens "ronds" ont eux aussi leurs problèmes, et on ne va pas leur jeter pierre parce qu'on trouve ça inesthétique!

Alors moi la gueguerre entre les maigres et les gros non merci, c'est quoi ça? Du foutage de gueule??
C'est quoi le mieux, quelqu'un qui assume ses kilos et mange une glace...là on a tendance à se dire "tiens il mange encore celui-là". Ou la nenette super mince qui va vomir ça glace dans les toilettes...et là on se dit "waouh elle a de la chance, elle peut manger ce qu'elle veut".

Oui on va me dire qu'il y a des personnes qui peuvent manger n'imp sans grossir...en tout cas ça concerne pas grand monde, et une nana pour être mince doit bien souvent faire super attention à sa ligne. Ces messieurs ne sont pas les derniers à nous dire qu'on a quelques kilos à perdre...pourtant il parait qu'ils aiment les rondeurs???

Enfin aujourd'hui toute notre société tourne autour de l'apparence et du poids, et après on nous reproche nos problèmes relationnels avec la bouffe, mais à qui la faute??

Moi dans l'histoire je vivais bien avec mes kilos et je ne sais pas pourquoi un jour j'ai fait un régime. Pourquoi? j'en sais rien, tout le monde en fait un non? il parait qu'après on se sent mieux dans sa peau...
A part que moi, avec mon passé et ma sensibilité j'étais une candidate parfaite aux TCA...donc un petit truc en plus...et pouff je suis tombée.

Et maintenant on me le reproche...C'est vrai m'affamer est un jeu qui m'amuse, j'adore bousiller ma santé, rater ma vie, déprimer tous les hivers...Mais voyons je manque de volonté pour guérir, c'est tout!!
J'ai arrêté mes études deux ans pour me soigner, comme je n'étais pas à un sous poids dangereux, malgré mes demandes on a pas voulu m'admettre à l'hosto ni m'orienter vers un psy spécialiste dans les TCA...

A cette heure ci j'en ai marre des TCA, mais je n'arrive pas à vivre sans, je n'arrive pas à m'en débarasser et la médecine sans fout, tant que je suis pas en danger de mort la médecine sans moque royalement. Et après on blame qui? MOI. Moi j'ai rien demandé dans l'histoire, alors les jugements à 50 centimes d'euros ras le bol!!!

M'accepter je ne demande pas mieux, guérir je ne demande pas mieux. Mais les TCA c pas comme une grippe y a pas de médicaments pour les guérir.
On apprend à se débrouiller avec pour tenter de mener une vie "normale" pour se meler aux gens qui nous méprisent, pour se meler aux gens qui nous envient (oui j'en ai croisé des nenettes qui m'envient de pas bouffer et c'était pas des ados!!!).

En fait ce post doit être assez fouilli...Mais y a des jours comme ça où j'en ai marre...marre de tout...

Avec l'anorexie j'ai appris plusieurs choses: la compréhension, la compassion et de pas avoir des idées préconsues.

Voilà me vider de tous ces ressentiments m'a soulagé, si ça ne plait pas à certains, tant pis. On ne peut pas être d'accord avec tout le monde, et c'est ça qui fait que le monde est attrayant! Si on pensait tous la meme chose on s'emmerderait grave! Mais bon ici je ne cherche pas de polémique, alors si vous me lisez que vous ne calez rien aux TCA, que ça vous saoule, alors passez votre chemin et laissez nous dans notre tragique desepoir et notre entreprise de destruction....

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Published by eixerona - dans Idées fausses et préjugés
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

La boulimie, une toxicomanie qui s'ignore


Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie

« Cette pathologie n'est en rien un caprice d'enfants gâtés »

 



le monde Article paru dans l'édition du 30.01.00


Au terme de votre étude, vous concluez à l'existence de liens étroits entre certaines formes mineures de la boulimie et certains dérèglements, beaucoup moins graves, des comportements alimentaires. S'agit-il là d'une donnée nouvelle ? - Oui. Certains cliniciens avaient sans doute déjà pu observer ce phénomène. La classification officielle des pathologies mentales a eu jusqu'à présent tendance à ne retenir que des définitions très strictes fondées sur des critères de gravité certaine. Nous montrons effectivement qu'il n'existe pas de rupture entre les diverses expressions de la maladie et que l'on peut passer d'une boulimie "subclinique" à une boulimie sévère. Il faut aussi compter avec une autre entité pathologique, l'hyperphagie boulimique (ou binge eating disorder), tout aussi préoccupante. Nous montrons aussi que tous ces cas correspondent à des situations de souffrance, à des déséquilibres psychologiques parfois très importants. Avant cette étude nous n'imaginions pas l'association de la boulimie à des traits dépressifs et anxieux. Les conclusions objectives auxquelles nous sommes parvenus vont être prises en compte par les spécialistes chargés de la rédaction des prochaines définitions internationales de cette pathologie. - Quels sont les liens pouvant exister entre l'anorexie et la boulimie ? Sont-elles les deux variantes d'une même pathologie ? - Il s'agit, pour nous, d'une question centrale. Nous estimons qu'il s'agit dans les deux cas de la même problématique psychologique ou psychiatrique. Il n'y a pas d'anorexique qui n'ait la hantise de devenir boulimique et plus d'une personne anorexique sur deux va, à un moment où à un autre, souffrir d'un épisode de boulimie. A l'inverse nous observons que plus d'un tiers des boulimiques n'ont jamais souffert d'anorexie et que très peu d'entre eux évoluent vers cette pathologie. Il s'agit, dans tous les cas, d'un ensemble psychopathologique qui renvoit à une même problématique, celle de la dépendance, de l'addiction ; problématique que l'on retrouve dans l'acoolisme ou la toxicomanie. - Pensez-vous apporter la preuve scientifique que la boulimie doit être dorénavant perçue et traitée comme une maladie de la dépendance ? - C'est notre conclusion. Elle sera peut-être contestée mais nous avons des éléments solides pour défendre cette hypothèse. Menée sur 1 200 personnes, une autre étude sur ce thème est en cours à partir, là aussi, d'un réseau Inserm. Elle vise à comparer au plan psychologique les conduites de dépendance - toxicomanie, alcoolisme, troubles alimentaires - et à analyser ce qu'il y a de commun dans toutes ces conduites. - La boulimie est-elle une pathologie spécifique des pays industrialisés ? - Oui. Plus précisément, c'est une pathologie des sociétés libérales, ces sociétés qui se caractérisent notamment par des processus de promotion sociale et dans lesquelles on est constamment "mis en appétit" de choses matérielles, de nourriture, de stimulants extérieurs, de sensations fortes. - Quels conseils thérapeutiques peut-on donner aux personnes souffrant de boulimie ou à leurs proches ? - Il n'existe pas un traitement unique de la boulimie et il est important de pouvoir jouer entre différentes possibilités. Si l'on proposait une thérapeutique totalitaire, univoque, beaucoup des malades la refuseraient. Il faut donc profiter de la complémentarité des approches, qui peuvent soit être compréhensives des difficultés du patient de type plus ou moins psychanalytique, soit être de nature comportementaliste. L'une des grandes caractéristiques de la prise en charge des patientes boulimiques est la fréquence des relations thérapeutiques. Tout se passe comme s'il y avait une analogie entre le comportement pathologique et le comportement relationnel : les patientes se jettent sur une relation comme sur la nourriture et la vomissent aussitôt. C'est pourquoi elles font une grande consommation de thérapeutes de tous ordres. On pourrait d'autre part imaginer tirer des bénéfices d'une réduction de la période de plusieurs années entre l'apparition des premiers troubles et la première demande d'une aide médicale. » En fait, il semble que l'on ne puisse pas faire l'économie d'une certaine durée, la boulimie pouvant être regardée comme un comportement visant à faire réagir le monde des adultes mais aussi, comme d'autres dépendances, comme une autothérapie que l'on ne cherchera à abandonner qu'après avoir jugé que l'on paie trop cher le bénéfice recherché. Et le boulimique paye très cher, en termes de dévalorisation de soi, de souffrance psychique, de solitude, de misère affective ou de tentatives de suicide. Cette pathologie n'est en rien l'expression d'un caprice d'enfant gâté. »

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-YVES NAU
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Published by eixerona - dans Boulimie & compulsions
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 



Au pays de Candy, il y a les méchants et les gentils. Au pays du light aussi.


Le bon élève Le fromage

L'avis de Claire Brosse, diététicienne: «Le seul produit vraiment intéressant dans la gamme des allégés. Quand on enlève la matière grasse du fromage, il ne reste que du bon. Et rien n'est ajouté.»

Le goût: bon, mais consistance un peu caoutchouteuse.

L'allégement: important. La matière grasse est réduite de 50 à 65 % (275 kcal/100 g au lieu de 373 kcal).

La méthode: l'écrémage. On remplace du lait entier par du lait écrémé.

Les nouveautés: Salakis, emmental et Entremont allégés.



De temps en temps La charcuterie, les glaces

L'avis de la spécialiste: «Même allégés, ces produits restent caloriques. Il faut donc les considérer comme des extras.»



La charcuterie

Le goût: moins gras donc plutôt meilleurs que les produits classiques.

L'allégement: variable. Sur le jambon, il n'y a que 10 à 20 % de calories en moins. Sur le saucisson, elles sont réduites d'un quart, et les lipides, d'environ 40 %.

Les méthodes: le pourcentage de viande par rapport à celui du gras est augmenté. Une partie du gras est aussi remplacée par des amidons, fibres ou protéines végétales.

Les nouveautés: le saucisson et le jambon cru allégés de Justin Bridou.



Les glaces

Le goût: très bon, texture onctueuse.

L'allégement: si les matières grasses sont en général réduites d'un tiers, la teneur en sucre, elle, ne bouge pas ou presque.

Les méthodes: le foisonnement. En clair, on ajoute de l'air pour réduire la teneur calorique.

Autre truc: diminuer la taille des glaces et donner les calories par unité – un petit cône est moins calorique qu'un gros...

Les nouveautés: cônes crème brûlée et cappuccino, bâtonnets rhum-raisins Sveltesse.




Méfiance... Les biscuits, les yaourts

L'avis de la spécialiste: «Voir sur un paquet de biscuits allégés 13 % de matière grasse, c'est bien. Mais qui connaît le taux de lipides d'un biscuit classique? Un BN aux fraises est moins calorique! Pour les yaourts, ne compter que sur les 0% de matière grasse ET sans sucre ajouté.»

Les biscuits

Le goût, l'allégement: très variables.

Les nouveautés: Taillefine délice aux framboises.



Les yaourts

Le goût: un peu artificiel, souvent à cause des édulcorants.

L'allégement: important pour les produits affichant 0 % de matière grasse et sans sucre. Le sucre est moitié moins présent et la matière grasse quasi inexistante.

La méthode: l'écrémage. On réduit aussi le sucre ajouté.

Les nouveautés: Taillefine kiwi, Sveltesse ananas, mangue, fraise...



Karine Le Loët

http://www.glamourparis.com
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Published by eixerona - dans Nutrition
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

 

Et je voulais tenir bon. Avoir l'air forte. Être forte. Comme toujours, me disais-je, mais je ne m'étais jamais sentie aussi faible de toute ma vie. Et j'ai craqué. Devant toi, maman! Je t'ai demandé pourquoi tu avais une fille aussi mal foutue à seulement quatorze ans, qui se déteste déjà autant pour rien. Par folie.

Dans sa préface, le docteur Jean Wilkins, professeur de pédiatrie à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, et responsable de la clinique des troubles de la conduite alimentaire à l'Hôpital Sainte-Justine, écrit: Ce livre d'Anne-Marie Hénault trace une voie à suivre pour ceux et celles qui décident d'accompagner ces jeunes adolescentes prises dans le piège de l'anorexie mentale, une conduite d'auto sabotage avec ses risques à court, moyen et long terme.

Plume, un jour je volerai... un “must” pour jeunes filles, parents et éducateurs qui veulent mieux comprendre toute la complexité de cette maladie qu'est l'anorexie mentale lorsqu'elle rencontre l'adolescence.

Pour en savoir plus, cliquez ici

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Published by eixerona - dans Bibliothèque
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

"Ce jour-là marqua le début d'une surveillance accrue durant chacun de ses repas: désormais, une aide soignante restait au pied de son lit, l'oeil rivé sur chacune des bouchées enfournées. Elle ne disait pas un mot, mais si par malheur Dina s'avisait de ne pas terminer son assiette, alors elle se levait et faisait mine de s'emparer de la cuillère:
- Puisque tu t'obstines à ne rien avaler, puisque tu ne grossis pas, je vais être obligée de te forcer. Tu étais prévenue! [...]
Quand la séance était terminée, que son bourreau avait quitté la pièce, Dina se tournait vers la fenêtre qui était bloquée, à l'extérieur, par une rangée de barreaux. Elle était vraiment prisonnière.
Alors les larmes coulaient enfin sur ses joues. Car en dépit de son enfermement, elle était toujours vivante."



" Par une opération miraculeuse, sans doute à cause de l'intervention de sa mère, Dina sortit de l'hôpital pour la rentrée de janvier. Elle avait atteint péniblement le seuil de 41 kg et passé Noël étendue sur son lit, les yeux rivés sur le plafond craquelé, indifférente et désoeuvrée. Pas de cadeaux. Sa mère trouvait cela sordide dans un tel contexte, et s'était réservée le choix de gâter sa fille une fois qu'elle serait de retour à la maison. De toute façon, Dina s'en fichait. Noël n'était plus qu'un jour comme un autre, dénué de sens, vide et gris comme ceux qui l'avaient précédé, comme ceux qui suivraient."


"Quelques jours après la rentrée, sitôt le dîner terminé, Dina se risqua enfin nue devant le miroir de la salle de bain. Depuis son retour, elle s'était contentée de se laver, de se vêtir ou de se dévêtir en évitant de se regarder. Elle pressentait le choc mais la rudesse de celui-ci fut telle qu'elle sentit des gouttes de sueur se former à la racine de ses cheveux.
Son visage n'avait pas changé, mais ses seins étaient pareils à deux masses gélatineuses. Son regard descendit jusqu'à sa taille et tomba sur le fin bourrelet de graisse, dû, sans doute, à tous les petits suppléments avalés pour monnayer sa sortie.
Elle reste un bon moment debout devant la glace, le visage crispé, les mains moites, les bras ballants. Elle ressemblait à une grosse dondon, voilà ce qu'ils avaient fait d'elle! Elle eut envie de pleurer, de crier sa rage, de se rouler sur le carrelage en hurlant à pleins poumons jusqu'à ce qu'elle éclate. Elle voulait mourir, là, tout de suite. [...]
Ce fut comme un déclic. Vite, elle renfila ses vêtements, jean et chandail, et sortir de la salle de bain. Dans le couloir, elle se glissa silencieusement le long du mur et gagna les toilettes où elle se boucla.
Puis, sans plus attendre, elle plaça un doigt dans sa gorge et attendit le premier spasme."



"De nouveau, les kilos qu'elle jugeait superflus allaient s'envoler. De nouveau, elle flotterait dans ses vêtements, se sentirait comme un bouchon sur la crête des vagues. Elle n'avalait plus que du thé, rejetant tous les solides que sa mère veillait à lui faire absorber. Mais quelqu'un, à l'hôpital, avait dû mettre en garde Gabrielle contre les passages répétés aux toilettes sitôt Dina sortie de table et, un jour, la jeune fille trouva la porte close. Sa mère l'attendait juste devant, le regard inquisiteur.
Il n'y eut ni cri de réprobation, ni menace, ni chantage.
Gabrielle prit sa fille dans ses bras, l'étreignit avec tendresse puis parla.
Elle avait obtenu les coordonnées d'une psychiatre, en vill, réputée pour son contact avec les jeunes filles en difficulté."

Pouvoir se taire, et encore Marie-Sophie Vermot
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Published by eixerona - dans Extraits et citations
25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

"Une infirmière entra, porteuse d'une grosse balance en métal. Elle demande à Dina de se mettre en culotte et de grimper sur la balance [...] Dina ôta la chemise d'hôpital qu'on lui avait passé à son arrivée, et elle manta sur la balance. L'aiguille indiquait 38 kilos, ce qui devait être une erreur, car pas plus tard que la veille, elle en pesait encore 41!"



"Le médecin en question était une femme, plus âgée que l'interne, mais plus jeune que Gabrielle. Elle d'assit au bord du lit et expliqua à Dina qu'elle souffrait d'anorexie, et qu'à cause de cela, on allait la garder plusieurs jours à l'hôpital pour la soigner.

- Combien de temps? voulut savoir Dina.
- Cela va dépendre de toi, dit la femme, du poids que tu vas reprendre.
- Je crois qu'il y a une erreur avec votre balance, lui indiqua Dina. Parce que, chez moi, je pèse plus de 38 kg.
- Combien pèses-tu?
- 42
- Ce n'est pas beaucoup.

Dina garda le silence. Que dire à ça? "Si vous avez envie de ressembler à un boudin, libre à vous!" songea-t-elle. La femme demeurait impassible. Elle expliqua à Dina le système des plateaux et celui de la pesée. Dina avait tout intérêt à manger si elle voulait sortir au plus vite. Et ne pas tricher, si elle ne voulait pas qu'on l'enferme.
Des menances, maintenant!
Dina ferma les yeux.

- Je suis fatiguée.

La femme se leva et lui dit au revoir d'une voix très douce. Puis elle sortir de la chambre sans claquer la porte.

Dina rouvrit les yeux, écarquilla, et examina sa prison. Les couleurs étaient ternes malgré la lumière allumée. Des couleurs fades. Comme leurs intentions. De quel droit décidaient-ils donc ce qui leur semblait bon pour elle? Elle seule savait. Et quant à bouffer leurs sales trucs, ils pouvaient toujours courir."



"Le chef de service était cette femme qui lui avait eposé le règlement concernant les anorexiques. En fait de sortie, on attendait de Dina qu'elle se gave!
Et bientôt, elle n'eut plus vraiment le choix. Se nourrir, c'est-à-dire accepter simplement d'avaler ce que son plateau-repas lui offrait, ne donnait pas de résultats favorables. L'aiguille de la balance oscillait à peine vers la droite. Centièmes de grammes. Parfois tout juste quelques dixièmes. Et le poids qu'on lui avait fixé pour sortir de la prison était de 42 kilos. Elle n'y arriverait jamais!

Des odeurs rances de faufilaient dans le couloir, jusqu'à sa chambre. Puis la porte s'ouvrait et, dans un bruit terrifiant, le chariot des repas apparaissait. Gavée, Dina ne pensait plus qu'à une chose, s'échapper de l'hôpital, rentrer chez elle et retrouver sa chambre. Le plancher de sa chambre où elle pourrait s'allonger et faire glisser ses doigts le long des os de ses hanches.
toute cette bouffe infâme qu'ils lui fourguaient!

- Tu ne voudrais pas un petit supplément, par hasard? Une bouchée en chocolat? Vraiment? Ca ne te dit rien?

Peut être que la clé de sa sortir passait par les petits suppléments? Dina aurait aimé s'en convaincre et pouvoir ouvrir la bouche sur cette montagne noire enrobée de sucre et de graisse. Mais sa seule vue provoquait en elle une si violentre répulsion que, du coup, elle n'arrivait même plus à avaler ce qu'il y avait sur son plateau. Elle ne grossirait pas d'un gramme aujourd'huo. Et à ce rythme, inutile de penser à sortir."




Pouvoir se taire, et encore
Marie-Sophie Vermot

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25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

 

"Maigrir, venir à bout de sa graisse requérait toute son énergie. Car après la victoire des premiers kilos envolés, la balance semblat de nouveau endormie. Plus rien ne bougeait.

Alors, Dina, décida de noter sur un carnet les aliments qu'elle s'accordait encore: des laitages, du pain, du thé non sucré, des fruits.

Elle élimina le pain et reprit confiance en sentant son estomac gargouiller d'impatience. Le processus semblait remis en route.

Dès ce jour, elle s'employa à décomposer les aliment chaque fois qu'ils s'imposaient à son esprit dans un dessein tentateur. Du gras et du sucre, voilà ce que contenaient la plupart des trucs. Très mauvais pour elle."





"De jour en jour, ses vêtements devenaient trop grands pour elle. ENFIN!
Un soir, en rentrant du lycée, Dina s'allongea à même le plancher de sa chambre et passa sa main sur la ligne saillante de ses hanches. La journée avait été fatigante, avec une série de contrôles en maths, en physique, en bio. A un moment, elle avait cru qu'elle allait s'évanouir. Laure, sa voisine, lui avait demandé ce qui se passait.

- Rien, avait soufflé Dina, courbée en deux sur son bureau.

Des chapes de brume noire dansaient devant ses yeux. Le vide total. Elle avait enserré ses tempes entre ses mains et, peu à peu, la concentration était revenue."



"Dina jubilait chaque fois qu'elle croisait le reflet de sa silhouette dans une porte vitrée ou bien un miroir. La graisse avait cédé le pas à la charpente osseuse. Quarante-deux kilos pour un mètre soixante-cinq! Presque une victoire."



" Une fois en sécurité à l'étage, elle se déshabillait et, armée d'un mètre de couturière, elle mesurait soigneusement le tour de ses poignets, de ses cuisses, de la sa taille, de ses hanches. Tout était répertorié dans un carnet qu'elle gardait caché au milieu d'une pile de vieux cahiers du primaire.
D'un jour à l'autre, les mesures ne variaient guère, la plongeant parfois dans un abîme de découragement. Que faire pour accélérer le processus? Elle revoyait en pensée le peu de choses aborbées au cours de la journée. Du thé en quantité, et puis quoi? Elle demeurait ainsi, la boucje entrouverte, le stylo à la main, en étt de réfléxion intense, mais rien ne venait, que le vide."



"Etudier lui était devenu indispensable pour supporter le vide de son existence. Désormais, son temps se découpaint en petites sections bien structurées, échappant aini à l'ennui. Les journées se succèdaient les unes aux autres, selon un emploi du temps bien net: le matin, Dina partait seule au lycée. Elle s'arrangeait pour arriver juste au moment de la première sonnerie, ce qui lui évitait de traîner au milieu des autres. Puis les cours démarraient. A midi, le supplice du self avait pris fin le jour où Dina avait réalisé qu'elle pouvait simplement faire le circuit habituel (dépose de sa carte magnétique de demi-pensionnaire dans l'appareil enregistreur , choix de quelques plats qu'elle lançait à l'aveuglette sur son plateau, brève halte sur une table, passage par les poubelles, et dépose du plateau en bout de circuit), puis sortir du self quelque dix minutes plus tard sans que personne ne l'intercepte.

Après le self, il restait un long moment à tuer, que Dina passait à lire sur un banc, à l'écart. Personne ne venait la déranger. Personne ne semblait en avoir ni l'idée, ni l'intention, ce qui tombait bien. Puis les cours reprenaient, et enfin, Dina rentrait chez elle. Elle s'enfermait dans sa chambre et se jetait sur on mètre pour vérifier si elle avait encore minci.

Ensuite, il y avait de nouveau sa mère à affronter, puis le dîner. Mais [ sa mère] ne lui demandait pratiquement plus rien, et le repas s'écoulait de la même façon que le sable d'un sablier passant d'une alvéole à l'autre: fluide et silencieuse."


Pouvoir se taire, et encore Marie-Sophie Vermot
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25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

 

4 eme de couverture:

Dina a arrêté de manger. De parler aussi. Elle voudrait disparâitre, s'effacer...Quel est le déclic qui l'a fait basculer dans l'anorexie?
Est-ce l'opération chirurgicale qui a transformé son visage qu'ellle ne reconnait plus? Sa première grande déception sentimentale? L'attitude de sa mère? Un peu tout cela?








Extraits

"Elle n'avait jamais connu de succès foudroyant auprès des garçons. Plutôt ronde, avec des seins charnus et des hanches, elle se sentait très ordinaire. Et tout à coup, la lumière s'était mise à tourner autour d'elle.

Les garçons s'avancaient, charmeurs. Des noms, Guillaume, Hugo, Paul, et puis, Vincent. L'inacessible Vincent que nombre de filles convoitaient. Elle l'avait eu, sans le moindre effort. Il était venu à elle.

Le jour où il lui avait demandé si elle voulait bien sortir avec lui, elle était rentrée chez elle surexcitée. Elle était montée directement à l'étage, et s'était plantée devant le miroir de la salle de bains, observant les traits de son visage, cherchant ce qui avait pu attirer Vincent."



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"Plus tard, sans la journée, au moment où elle sortait du self, elle avait surpris un commentaire de Guillaume qui détaillait à un autre garçon la rupture de Vincent et de Dina.
- Un visage pareil sur un jambonneau, c'est dommage, quand même! avait-il conclu."


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"Dina avait pris la résolution de remodeler son corps. Elle s'était observée, nue devant sa glace, sans aucune complaisancce, et avait tiré elle-même les conclusions à cet examen. Pour venir à bout des bourrelets de chair qui l'enlaidissaient, elle n'avait pas d'autre solution que d'arrêter de manger.

Les premiers jours se révélèrent plutôt faciles. Il suffisait à Dina de penser à la graisse qui habitait ses hanches et ses cuisses pour que tout appel à son estomac cesse. D'ailleurs, l'envolée rapide de ses premiers kilos la motivait à fond. Au bout d'une semaine, elle en avait perdu presque trois. Un record!

A la cantine, des tas de filles faisaient un régime et personne ne s'étonna qu'elle, si ronde, rejoigne les adeptes du grignotage.

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25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

Annabelle: entre ange et démon


Annabelle a 16 ans lorsqu'elle est hospitalisée dans un état de grande dénutrition: 22 kilos pour 1.45 mètre. Son anorexie a commencé alors qu'elle avait 10 ans. Elle n'avait encore aucune manifestation de puberté, elle a cessé de grandir avec la dénutrition, comme c'est habituellement le cas dans ces formes d'anorexie à début prépubère. Elle est obsédée par l'idée de prendre du poids, désire être le plus mince possible. Elle n'est rassurée que quand elle voit "ses os dans la glace". Toute trace de graisse, même infime, la panique. Elle passe un temps fou à trier tous les aliments, à les décortiquer dans son assiette et à les dégraisser, avant de les mettre dans sa bouche par morceaux minuscules qu'elle mâchonne pendant de longues minutes. La durée des repas n'en finit pas de s'allonger, mais elle mange de moins en moins.

Annabelle est triste, sans élan ni joie, et ritualise toute sa vie: les repas, bien sûr, mais aussi le lever, le coucher, l'habillement, la propreté et plus généralement, tout changement de situation. Seul le travail scolaire échappe à cette paralysie de l'activité, ainsi que la gymnastique qu'elle pratique dans sa chambre des heures durant et sans interruption, au point de se créer des plaies aux talons à force de sauter sans avoir l'air de ressentir la douleur.

Quelque temps après son hospitalisation, Annabelle dira qu'une sorte de voix sans sa tête lui ordonne de ne pas manger. Qu'elle se sent divisée entre un ange et un démon et que c'est la voix de ce dernier qui lui impose de se priver de nourriture. Il ne s'agit pas vraiment d'une voix, mais elle ne trouve pas comment exprimer autrement cette force quasi physique, comme une présence étrangère en elle, qui lui interdit de se laisser aller à manger. Elle reconnaît pourtant que, par moments, elle aurait très envie de succomber, en priorité à tout ce qu'elle s'interdit absolument, le chocolat et les sucreries. Elle peut d'ailleurs rester longtemps à contempler les vitrines de pâtisseries, jusqu'à en avoir des crampes d'estomac, envahie alors d'un plaisir indicible et du sentiment fascinant, sinon agréable, de pouvoir défaillir. [...]

Annabelle a beaucou pleuré pendant la première année de sa vie et a toujpurs eu des difficultés d'endormissement, qui ont culminé entre 18 mois et 2 ans. De nature plutôt triste, elle paraissait anxieuse, ne supportant pas de de séparer de sa mère pour se coucher ou aller à l'école. [...]

L'hospitalisation finalement décidée se passera beaucoup mieux que personne n'osait l'espérer. Annabelle se détend de façon spectaculaire et rapide, et reprend plusieurs kilos en quelques semaines. Ses rituels s'atténuent considérablement, ses repas retrouvent une durée normale et elle noue des liens avec d'autres jeunes. Au bout de trois mois, elle revoit ses parents et une thérapie familiale est entreprise, qui se révélera bénéfique à chacun. Annabelle restera onze mois dans le service, reprenant 12 kilos et grandissant de 8 centimètres. Elle est transformée physiquement, moralement et dans son contact, mais on perçoit à quel point elle demeure vulnérable, toujours tentée de se replier sur elle-même à la moindre déception. Sa sortir est suivie de grandes vacances. A la rentrée scolaire, la famille devait recontacter l'hôpital ne donne aucune nouvelle. Plusieurs années plus tard, nous apprendrons indirectement qu'Annabelle a rechuté deux ans arpès sa sortie. [...] Annabelle est morte.

Anorexie/boulimie : Les paradoxes de l'adolescence de Philippe Jeammet

Pourquoi cet extrait?? D'abord parce que je m'y retrouve...de ma naissance à environ 1 ans je pleurais environ 15h par jours...ensuite durant toute la maternelle je pleurais chaque matin ne supportant pas la séparation avec ma mère.

Cet extrait montre aussi la complexité de l'anorexie et montre que même "guéri" on reste malgré tout en sursis. Guérir des TCA est une chose longue et difficile que tout le monde ne peut pas réussir malheureusement...

Enfin je crois que cet extrait montre que l'anorexie est belle et bien une maladie, et non un caprice de jeune fille qui veut être mince.

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Published by eixerona - dans Extraits et citations