Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

Recherche

Citation

  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

Archives

°~°~° Bienvenue °~°~

un--55-.jpg

Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

Etes-vous une "overthinker"?


Qui suis-je? Qu'ai-je fait de ma vie? Qu'est ce que les autres pensent de moi? Si vous êtes régulièrement en proie à ces interrogations, vous êtes probablement une victime de "l'overthinking".

Les psys nous ont encouragés à analyser nos sentiments et à exprimer nos émotions. Pour Susan Nolen-Hoeksema, professeur en psychologie et psychiatre à l'Université du Michigan, auteur de Pourquoi les femmes ruminent (Lattes), cette "mode" a poussé nombre de femmes à sombrer dans une rumination destructrice, "l'overthinking", le trop penser.

Il ne s'agit pas à proprement parler d'un état dépressif, mais ne pas y rémedier peut avoir des conséquences graves: tendance à l'anxiété, voire développement de problèmes de santé (dérèglement du système immunitaire, hypertension, troubles cardio-vasculaires).

Le mécanisme de base de "l'overthinking", c'est que toute pensée négative entraîne une réaction en chaîne de pensées négatives: je mange mal, ça m'enlaidit, je ne m'aime pas, les autres ne m'aiment pas, je suis seule, la vie est trop dure...
Le présent, vécu comme une accumulation de tâches ingrates et pesantes, perd sa saveur. On déteste son passé, on appréhende l'avenir. A un certain stade, seules les pensées négatives surnagent et le doute radical s'installe. D'où les effets dévastateurs d'une remarque anodine, qu'elle vienne d'un supérieur du boulot, d'une amie ou d'un compagnon.

"L'overthinking" ne concerne pratiquement que les femmes. A la différence des hommes, elles entretiennent une relation aux autres plus profonde, et donc plus susceptible d'être affectée. Le Pr Nolen-Hoeksema a identifié une "overthinking Generation": les femmes jeunes et d'âge moyen. Des études montrent que 40% des gens nés après 1955 risquent de développer un épisode dépressif. Il y aurait même une tendance au rajeunissement de "l'overthinking": les interrogations sur l'apparence physique concernent aujourd'hui les moins de 15 ans. Les troubles alimentaires de certaines adolescentes, liés à la conviction de l'existence d'un surpoids imaginaire, sont le produit type de "l'overthinking"


QUIZZ: Si au moins quatre de ces assertions vous concernent, vous manifestez une tendance à trop penser (et mal)

-Je me sens seule
-Je suis souvent fatiguée
-J'ai du mal de me concentrer
-Je me demande ce que je vais devenir (projet, santé, etc)
-Je rumine une situation passée
-Je suis souvent inquiète
-Je suis obsédée par certains de mes défauts (physiques, psys)
-Je n'ai envie de rien
-Je me sens incapable d'améliorer ma situation dans l'immédiat



Article du magazine Isa, octobre 2005

 

Repost 0
Published by eixerona - dans Psychologie & cie
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

Repost 0
Published by eixerona - dans Célébrités et TCA
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

Repost 0
Published by eixerona - dans Célébrités et TCA
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

Repost 0
Published by eixerona - dans Célébrités et TCA
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

"C'était un lundi soir, et depuis trois jours, Elise avait 15 ans.
Comme chaque année, son père lui avait demandé quel était, pour ce soir-là, le menu de ses rêves. Il lui avait fait d'alléchantes propositions à base de foie gras sur échevellements de salade verte, mais elle avait répondu qu'elle était végétarienne; puis il lui avait soumis des noix de Saint-Jacques aux petits légumes, qu'elle avait refusées pareillement.
Elle s'était finalement décidée pour une terrine aux champignons, suivie d'un loup au fenouil et d'un fraisier.
- Un fraisier? s'était étonné son père, tu ne veux pas de la forêt-noire traditionnelle?
Mais Elise avait tenu bon, arguant qu'elle supportait de plus en plus mal le chocolat.
- Mais "mon" chocolat, s'était obstiné le cuisinier vexé, tu ne peux pas ne pas le supporter! Il est d'une qualité exceptionnelle, tu le sais bien! Alors...je la fais cette forêt-noire?
- Non, vraiment, je n'y tiens pas, prépare-moi un fraisier."



***** ***** ***** *****


"Le fraisier était là et Elise ne puvait s'empêcher de regarder avec inquiétude son décor de chantilly et de fraises fraîches et de comptabiliser le nombre de calories que représentait le gâteau. (...)

Le couteau levé s'abattit dans les guirlandes de chantilly, fendit en deux une grosse fraise, écarta les bords de la génoise, heurta le plat à dessert avec un bruit de menue guillotine.

Elise soupira: maintenant que le gâteau était découpé, il allait falloir le manger.
- Donne ton assiette, chérie...
- Une petite par s'il te plaît, je n'ai plus très faim.
- Il est léger, il se mange sans faim!
- D'ailleurs, ce n'est pas pour ce que tu as mangé!
- C'est vrai: une part de terrine minuscule, un petit morceau de loup...Et tu n'as même pas pris de fromage!
- Tu sais bien q'elle s'est mise au régime.
- Au régime! Au régime! Pas le soir de son anniversaire, quand même!... voilà...Une jolie part...Et tu es priée de tout manger!

Elise regarda avec inquiétude son assiette sur laquelle se dressait, triomphant, le triangle de gâteau, coupé bin net.
Elle saisit d'un geste hésitant sa petite cuillère en argent, la tint un instant immobile au-dessus du mélange rouge et blanc puis, avec décision, l'abattit sur le gâteau.
Elle mangea comme on se noie, sans respirer, sans se délecter de la légèreté du biscuit avivée par la fraîcheur un peu acide des fraises.
Elle racle consciencieusement les miettes de génoise attachées à l'assiette et lécha sa cuillère.
- A la bonne heure! Voilà ce qui s'appelle faire honneur au dessert! s'écrira son père. En veux-tu une deuxième part?
- Non merci, ça ira...Je peux sortir de table un instant? Je reviens tout de suite..."




***** ***** ***** *****



" Sous les bougies, il y avait le fraisier, et quand je l'ai vu sur la table, j'ai eu l'eau à la bouche: j'avais une envie sauvage de le dévorer en entier...Et puis, immédiatement, je me suis souvenue de mon régime et de toutes les calories et les graisses que ce gâteau devait contenir...
J'ai essayé de dire que je n'en voulais qu'une petite part, mais papa a insisté...Alors...Alors, j'ai craqué! C'est ce que tu voulais que j'écrive? J'avoue, j'en ai mangé, un morceau imposant, comme une morfale, et je l'ai trouvé délicieux!
Mais, dès que j'ai eu terminé, j'ai eu affreusement mal à l'estomac, j'ai quitté la table et je me suis précipitée dans les toilettes. Pour vomir. C'était la première fois, mais j'étais obligée car je ne pouvais pas, vraiment pas, garder en moi toutes ces calories. Je n'avais pas le droit de gâcher des mois de privations et d'efforts à cause d'un bout de gâteau! Je n'avais pas d'autre solution...Après, je me suis sentie mieux, comme soulagée d'un gros poids.
Lorsque je suis revenue à table, maman m'a demandé si j'allais bien. Je ne lui ai pas menti en lui répondant que je ne m'étais jamais sentie aussi légère. Comme si je n'avais pas mangé."



Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin
Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

"Je suis trop en colère, trop dégoûtée, trop écoeurée...
C'est ma première journée au lycée et ce que je craignais, évidemment, s'est produit: un garçon de mon collège m'a appelée Boudin. Ils n'ont pas vu que j'avais maigri et changé. Comment ai-je pu être assez stupide pour croire que 5 kilos de moins changeraient les choses? Pour eux, je suis toujours la grosse, le boudin, et, quels que soient mes efforts, je le resterai.
Bien sûr, Caro et Sonia m'ont félicitée à propos de ma silhouette, mais je suis persuadée qu'elles m'ont dit ça que pour me faire plaisir. En réalité, elles ne devaient pas en penser un mot. Le pire, c'est que nous sommes tous dans la même classe de seconde, alors mon surnom va me coller à la peau pendant mes années de lycée...
C'est fichu, je ne pourrai jamais être quelqu'un d'autre...
Jusqu'où faudra-t-il aller pour qu'enfin les autres remarquent que j'ai changé? Faudra-t-il perdre dix kilos? Quinze? Si c'est ça, je suis prête à le faire!"




******** ******** ******** ******** ******** ********


" Je continue à perdre du poids: j'en suis à 56 kilos et cela...grâce au lycée.
Je m'explique: le matin, je pars assez tôt, je dis à ma mère que je n'ai pas faim et que je mangerai un petit pain à la récré. Bien entendu, je ne le fais pas! A midi, c'est très facile car je mange au self: je prends donc ce que je veux. J'ai mis au point un système d'échange avec Caroline et Sonia: elles me donnent leurs salades et les fruits et moi, je leur passe mes desserts, mes frites, mes pâtes, bref, les aliments caloriques. Elles sont très contentes. Moi aussi, car ce qu'elles mangent, c'est toujours ce que je ne prends pas. C'est comme si je leur "donnais" mes kilos...
Je me sens fière et forte de résister ainsi devant les pâtes ou les viances en sauce, devant les pizzas, devant les parts de tarte... Je me sens différente, à part; puisque moi au moins, je n'avale pas n'importe quoi! Je sais ce qui est bon pour la santé et je traque impitoyablement les graisses. D'ailleurs, je suis devenue végétarinne: fini les viandes pleines de lipides!
Pour le repas du soir, pas de problème, vu que je le prends seule, comme d'habitude, mes parents mangeant généralement à six heures, avant le service. J'en profite pour me préparer juste une soupe ou une salade et j'ajoute un yaourt allégé. Car désormais, je prends des laitages à 0% de matières grasses.
Finalement, quand on est lancé, ça va tout seul."




******** ******** ******** ******** ******** ********

"Elise regarda Benjamin. Le repas pris tous ensemble, il trouvait cela sympa et les autres, autour, approuvaient. Alors qu'elle était glacée de peur à la pensée d'entrer dans une pizzeria et de commander une pizza. Une pizza faite d'une pâte abominablement nourrissante recouverte de fromage fondu, de jambon, de sauce tomate...
Dans son esprit envahi par la panique, les calories défilèrent à toute allure, s'additionnèrent les unes aux autres. Une sueur froide lui coula dans le dos. Il était hors de question qu'elle avale un seul morceau de pizza..."



******** ******** ******** ******** ******** ********


"Jusque-là, tout allait bien, mais ça s'est gâté lorsque nous sommes arrivés à la pizzeria. Déjà, je m'en voulais de manger comme les autres mais je ne pouvais pas me désolidariser du groupe, alors j'ai commandé une pizza aux fruits de mer, la moins calorique. D'un autre côté, cela aurait pu être agréable de manger comme avant mon régime, avec mes amies, les copains et les copines de la classe, autour d'une table, de rigoler sans penser à la graisse et aux calories, sans me resteindre...Mais justement, je ne pouvais pas m'empêcher de penser. Aux calories contenues dans la pizza. Aux graisses que j'ingurgitais. Et l'écoeurement , peu à peu, me submergeait.
J'ai refusé de prendre un dessert. Déjà, la pizza pesait comme du plomb dans mon estomac et il me semble que, ce soir, encore, je ne l'ai pas digérée. Au moment du desser, j'ai vu arriver sur la table les coupes de glace nappées de chantilly, de chocolat chaud et d'amandes effilées! Tous se délectaient...sauf moi, moi, Elise, le gros tas, l'éternel boudin...Comme quoi, ce sentiment d'appartenir au groupe n'est qu'illusion, car je suis à l'écart, à part, je n'ai pas droit au plaisir, je dois me surveiller, toujours, tout le temps...J'en ai assez, tellement assez...Et pourtant, il faut tenir bon et me restreindre encore. Ne serait-ce que pour gommer l'écart que je me suis permis aujourd'hui"


******** ******** ******** ******** ******** ********

"Cher journal,
Retiens bien cette date car je pesais ce matin, sur la balance, 55 kilos. Sept de moins que lorsque j'ai commencé à t'écrire..."


Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin
Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

"- Ah non, tu ne vas pas recommencer! Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle idée qui consiste à se mettre à table pour ne rien manger?
- D'abord il n'est pas question de mode. Je ne suis pas une mode, mais ma propre volonté. J'ai décidé de ne pas faire de repas gastronomiques et de manger raisonnablement. J'en ai le droit, quand même! C'est de mon estomac qu'il s'agit! Ensuite, tu exagères lorsque tu dis que je ne mange rien: Je mange moins, c'est tout.
- Tu fais des repas ridicules, gronda le père d'Elise. J'ai honte quand je te vois commander trois feuilles de salade alors que des cartes somptueuses te sont proposées."




"Allongée sur un transat au bord de la piscine, Elise rêvassait. Au ciel, un nuage blanc dérivait, gonfél comme une cuillerée de chantilly."



"J'ai appris certaines choses à propos des régimes: en particulier qu'il faut beaucoup boire afin d'éliminer les graisses. Depuis, je me trimballe avec ma bouteille et, dès qu'elle est vide, je la remplis. Ensuite, il faut conjuguer surveillance alimentaire et effort physique. Alors je me surveille: je mange des fruits, des légumes et du poisson vapeur. Fini les sucreries, les desserts, les viandes en sauce.
A ce propos, j'ai trouvé un super bouquin à la librairie de Center Parcs: Le petit Guide de la minceur. Il répertorie les aliments et donne leur valeur calorique. Ainsi je sais exactement le nombre de calories que j'ingurgite chaque jour. Autant te dire que plus jamais je ne toucherai à la mayonnaise ou au Nutella! J'en suis à 1000 calories par jour et ça marche, ce matin je pesais 58 kg! Finalement, ce n'est pas si dur de perdre du poids...
Mais, à présent, il va falloir durer et consentir encore plus de sacrifices."




"- Dis donc Elise, tu n'as peut-etre pas trouvé à Center Parcs le garçon de tes rêves, mais tu as changé, déclara brusquement Sonia.
- Changé?
- Oui, tu es plus...Tu as minci, ton jean te va super bien, tu es...Tu es vraiment mieux! Tu ne trouves pas Caro?
- Ah si, tu as drôlement minci! Tu as perdu combien?
- Cinq kilos.
- Ouah! Bravo!
- C'était dur?
- Pas trop, et je compte bien continuer."


Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

 

"Maman et moi sommes allées dans les magasins: elle voulait absolument m'acheter des "tenues d'été", comme elle dit. Elle me reproche de ne jamais porter autre chose que mon jean et mon tee-shirt ample...Mais ce sont les seuls vêtements dans lesquels je me sens à peu près à l'aise!
Elle a tenu à ce que j'essaie des shorts et des débardeurs et, là, ça a été l'horreur. Tout d'abord, je ne rentrais pas dans le 38, alors il a fallu que je prenne du 40! Tu te rends compte? Je suis vraiment un gros tas...Dans la cabine d'essayage, je n'ai pas pu retenir mes larmes. Maman n'a pas compris pourquoi, elle a mis ça sur le compte du départ. Elle m'a dit de ne pas m'angoisser, que j'allais bien m'amuser et me faire des copines. Et moi, je pleurais encore davantage parce que je voyait bien qu'elle ne me comprenait pas.
Comment ne remarque-t-elle pas que je suis énorme? J'ai un gros ventre et de grosses cuisses, si bien que je n'oserai jamais porter la robe et les shorts qu'elle m'a forcée à prendre! Moi, j'aurais préféré un grand bermuda mais elle a tenu bon et, avec l'aide de la vendeuse, elle m'a convaincue que le petit short moulant me mettait en valeur. Alors là, pas de problème, en effet il me met en valeur! Il souligne mes fesses et accentue l'énormité de mes cuisses. Je ne ressemble à rien...Et que dire de la robe? Quand je la regarde, je la trouve jolie, mais dès qu'elle est sur moi elle ressemble à un sac: je suis vraiment dégoutée.
Pourtant, je me suis pesée et j'ai encore perdu du poids: je fais 60.5 kilos. Je suis donc sur la bonne voie. Mais je ne vois pas du tout les résultats sur mon corps. Alors quelle solution? Je surveille ce que je mange, je fais de l'exercice, et pourtant ça ne suffit pas. Je n'en peux plus d'être un boudin! La rentrée approche et je suis toujours aussi énorme. Pour que les choses changent, je vais passer à la vitesse supérieure. A partir d'aujourd'hui, je mets en place un régime draconien.
On verra bien qui est la plus fort!"


Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin

 


 

 

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

"Elle alla prendre, dans le deuxième tiroir de sa commode, son maillot de bain, se déshabilla afin de l'enfiler.
Devant la glace, elle détailla sans complaisance son buste épanoui, lissa le vêtement, du plat de la main, sur sa taille mince; elle fit un quart de tour pour regarder d'un oeil critique ses fesses rondes, ses jambes dodues et conclut:
- Ils ont raison, j'ai l'air d'un boudin."




" Restée seule, Elise enleva ses tennis de toile et commença à ôter lentement ses vêtements qu'elle plia soigneusement à côté de son sac. Elle attrapa son drap de bain qu'elle enroule autour de ses hanches façon paréo et, protégée par ce rempart de tissu éponge, se sentit moins vulnérable.
Il faudrait bien, pourtant, sortir de la serviette, traverser le pédiluve et passer sous la doucje obligatoire afin de rejoindre Caroline. Une fois dans l'eau, plus de problème, elle serait sauvée: personne ne verrait ses grosses cuisses et ses mollets de coureur cycliste."






" Cher journal,

Si je t'écris, c'est tout d'abord pour te raconter ma journée: aujourd'hui, je suis allée à la piscine avec Caroline, une copine de classe. C'est elle qui a eu l'idée. Au début, je n'avais pas envie de l'accompagner mais, finalement j'ai osé! Ca a été dur de me mettre en maillot et de m'exhiber ainsi devant tout le monde. D'autant plus dur que Carolie, elle, est vraiment bien: grande, mince, de longues jambes bronzées, le ventre plat...Moi, à côté, je faisais encore plus petit cochon boudiné dans son maillot. Et puis il y a le regard des autres: même s'ils ne disent rien, je sens parfaitement qu'ils se moquent de moi dans mon dos.

Mais je suis contente de m'être décidée, et ce pour deux raisons. La première, c'est que j'ai beaucoup nagé, sauté, et plongé, je me suis dépensée et je me sens bien dans mon corps. Je ne suis pas molle comme d'habitude; au contraire, je sens mes muscles qui tirent et qui travaillent.

La deuxième raison, c'est que j'ai su résister à la tentation. D'abord, je n'ai pas mangé entièrement le pique-nique que m'avait préparé ma mère. J'ai mangé une tomate avec du sel mais sans mayonnaise, je n'ai pas touché aux chips et je n'ai mangé que la moitié de mon sandwich jambon-beurre-cornichons. Comme dessert, maman m'avait mis des fruits et une part de tarte: je l'ai donné à Caro qui l'a trouvée délicieuse.

Et puis, vers trois heures, tout le monde (Caroline a joué au volley avec une bande de garçons et de filles et nous sommes restées avec eux) est allé au snack pour acheter des glaces. Moi, je ne voulais pas en prendre mais, d'un autre côté, je ne savais pas comment le dire, je ne voulais pas me singulariser. J'ai donc demandé exprès un parfum qu'ils n'avaient pas et, ainsi, j'ai eu une excuse pour ne pas manger de cône!

Et vois-tu, cher journal, quand on est vigilant ça porte ses fruits: aujourd'hui, pour la première fois, j'ai perdu du poids. Oh, pas grand-chose, cinq cents grammes. Mais c'est un début et, à présent, je ne sais comment m'y prendre: il faut bannir certains aliments et faire du sport!
Je vais enfin devenir mince et belle."


Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin
Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 23:00

 

 

"Je m'appelle Elise, j'ai quatorze ans et demi, je mesure 1m 60, enfin, soyons honnête, 1 m 59, et je pèse 62 kilos. Une silhouette très ordinaire, manquant de finesse, d'élégance.
Mon portrait ? Rien d'exceptionnel. J'ai le teint clair, les joues roses, des yeux noisette, des taches de rousseur, surtout l'été avec le soleil. La seule chose qui me plaise chez moi, ce sont mes cheveux. (...)
Je suis ce que les profs appellent une « bonne élève, et j'aime bien l'école. (...)
J'ai peu de copines et pas une seule amie. Ce que j'appelle une amie, c'est-à-dire quelqu'un de tellement proche qu'il serait comme un autre moi-même. (...)
Pour ce qui est de la danse classique, je l'ai pratiquée jusqu'à l'âge de douze ans et puis j'ai abandonné, car on m'a bien fait comprendre que je n'avais pas le gabarit. (...)
Est-ce parce que mes parents sont restaurateurs que je suis gourmande et grosse ? Et puisqu'il est question de rondeur, je vais enfin te dire, cher journal, pourquoi j'ai pris l'initiative de t'écrire : je me mets au régime. Pour que mon surnom de Boudin ne me suive pas au lycée comme mon ombre, il faut que j'aie changé d'ici septembre."





"J'ai très mal dormi et je me sens énorme. Tout ça à cause d'hier soir...(...)
Pour fêter ma réussite au brevet, papa m'avait préparé une surprise : une monstrueuse forêt-noire, comme je les aime avec plein de chantilly et de copeaux de chocolat noir. Sur le dessus, il y avait une belle plaque en pâte d'amandes pourtant l'inscription « Bravo pour le brevet ». Et moi, la pâte d'amandes, j'adore ça, surtout celle de papa.
J'ai essayé de résister, mais je n'ai pas réussi. Quand maman a coupé une part énorme et m'a demandé mon assiette, j'ai murmuré « Non merci, je n'ai plus faim ». Mais alors, papa s'est mis à rire en disant que c'était la première dois qu'il me voyait refuser sa forêt-noire et que de toute manière, ça se mangeait sans faim tellement la génoise était légère et la chantilly mousseuse. (...)
Je l'ai mangée, ma part.
J'en ai même repris.
Je suis vraiment nulle, je n'ai aucune volonté. Vraiment je me dégoûte...Je ne suis qu'une petite grosse qui craque à la première pâtisserie que l'on pose devant elle et n'a aucune force de caractère. Pourtant, je voudrais tant arriver à changer, à être belle, mince et forte. (...)
Non, je ne céderai plus à la tentation.
Ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais."


Journal sans faim, Marie Bertin et Roselyne Bertin

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations