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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

26 janvier 2006 4 26 /01 /janvier /2006 00:29

 

Quand la boulimie est devenue envahissante, la musique t’a procuré des moments de trêve au milieu de l’horreur dans laquelle tu te débattais. Lorsque tu as décidé de te faire hospitaliser à Saint-Anne pour enrayer l’engrenage dans lequel tu vivais, tes médecins t’ont accordé des permissions de sortie pour continuer à travailler ta voix.

Il n’était pas question de te lâche au milieu des tentations pâtissières qu’offre une traversée de Paris. Je venais donc délivrer ma prisonnière. Quel bonheur de nous retrouver ! En échange des nouvelles de la maison, tu commentais ta vie de recluse avec humour et tu savourais ces délicieuses bouffées de liberté. J’assistais parfois aux leçons, instants de sérieux et d’allégresse, quand tu interprétais au plus juste une mélodie de Jane Birkin ou de Marianne Faithful. Ton regard pétillait d’une immense satisfaction lorsque tu recevais des compliments.

Il fallait ensuite retourner à l’hôpital mais tu avais emmagasiné un peu de joie pour t’aider à mieux vivre cet internement dont tu espérais tant. Tu retrouvais tes compagnes d’infortune et toutes celles qui, avec une infinie patience, tentaient de vous conduire vers un comportement différent.

Véronique Poivre d'Arvoir A Solenn

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Published by eixerona - dans Extraits et citations
23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 23:09

 

Ce contrôle auquel tu t’es soumise a commencé bien insidieusement à ton retour des Etats-Unis. Dans le cadre des résolutions de rentrée, tu as décidé de ne plus dîner.

 

 

Cela m’a paru irréalisable, je te donnais quelques jours pour réintégrer le repas familial. Mais tu as tenu bon. Je ne me suis pas alarmée, je ne voyais qu’un régime comme ceux auxquels Dorothée s’était astreinte. Elle avait mené toute son adolescence un combat contre son trop bon appétit sans jamais aucun préjudice pour sa santé.

 

 

Tu t’affinais, ta silhouette devenait plus élancée, tu étais belle. Fidèle à tes habitudes, tu sortais beaucoup, tu cherchais à plaire et à séduire dans des tenues légèrement provocantes.

 

 

Ton premier trimestre de la classe de Première s’est déroulé normalement, tu restais l’élève dont les résultats tournaient autour d’une honnête moyenne. Tu n’avais jamais eu le goût du travail acharné et tu t’étais jusqu’alors contentée du petit train-train qui permettait de passer de classe en classe.

 

 

Mais, en trois mois, tu avais perdu dix kilos.

 

 

Inscrite dans un club de gymnastique, tu y étais très assidue.

 

 

Une vague inquiétude commençait à me gagner, et ma voix s’élevait pour te donner des conseils de prudence : l’image que tu renvoyais de toi était superbe, il fallait t’arrêter là.

 

 

Tes amies te complimentaient sur ta nouvelle ligne, tu te sentais forte et sûre de toi.

 

 

Quand je formulais quelque réserve à propos des efforts que tu t’imposais et du régime qui persistait, ton père me rassurait et me vantait ta force de caractère. Je me faisais sans doute des soucis pour rien, la raison n’avait rien à voir là-dedans, nous allions vire en faire l’expérience.

 

 

Tu ne mangeais alors plus grand-chose, tu disais ne plus aimer ce qui était gras ou farineux. Tu triais avec une extrême minutie tout ce qu’on mettait dans ton assiette, comme si tu craignais d’être empoisonnée ! Tu m’accompagnais au supermarché, tournant et retournant à la rechercher des produits les plus allégés. Quand nous allions au restaurant, tu hésitais indéfiniment avant de faire ton choix et tu arborais le sourire le plus enjôleur pour demander que ton plat te soit servi avec la sauce à part.

 

 

Ce que nous prenions pour des caprices commençait à mettre notre patience à rude épreuve. Mes conseils de modération ne servaient à rien. De mince, tu es devenue maigre, ton visage s’est émacié. Quand tu faisais des courses, tu étais ravie de pouvoir choisir les plus petites tailles qui bientôt allaient se révéler trop grandes.

 

 

La fille forte qui savait ce qu’elle voulait, qui conduisait énergiquement sa vie, commençait à ne plus très bien comprendre où elle en était et se refermait sur elle-même.

 

 

 

 

Voilà ce que écrivais à ta cousine Marina :

 

 

« Le problème est que vers le mois de juin 1991, je ne me sentais pas bien dans ma peau et me trouvait un peu bouboule, je pensais qu’avec quelques kilos en moins, cela irait beaucoup mieux. J’ai donc essayé de maigrir, au début sans succès puis j’ai réussi. Mais je me rends compte que moralement rien n’a changé et que ce n’est pas parce que je suis mince que j’ai la pêche. Alors qu’est-ce qui ne va pas ? C’est peut-être juste la mutation de l’adolescence. »

 

 

 

 

Tu devenais exaspérante avec toutes ces nouvelles manies qui, peu à peu, envahissaient tes repas ou leur préparation. Parallèlement, on se te sentait vulnérable et on avait envie de t’entourer davantage, de te protéger comme on l’avait fait jadis pour Solenn petite fille.

 

 

Véronique Poivre d'Arvor A Solenn

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Published by eixerona - dans Extraits et citations
22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 23:17

 

Dès le retour à la maison, tu as disparu, nous pensions que tu étais partie faire un tour. Tu es revenue en larmes quelques temps plus tard, tu semblais désespérée. Nous avons, tes sœurs et moi, essayé de te consoler, de savoir les raisons d’un tel chagrin. Tu as fini par nous avouer, entre deux sanglots, que tu regrettais de ne pas avoir su résister à une assiette de frites.

 

Tout le monde s’est moqué gentiment de toi. J’étais soulagée par la minceur de l’argument, j’avais craint un gros chagrin d’amour. Je me souviens t’avoir conseillé de garder tes larmes pour des motifs plus sérieux.

 

A ce moment-là, pas un seul petit signal ne s’est allumé dans ma tête, et pourtant cette soirée de septembre était le début d’une dégringolade vertigineuse, une spirale infernale, celle de l’anorexie mentale.

 

Quand je te revois à cette époque, tu avais un joli visage un peu rond mais personne n’aurait songé à te conseiller un régime.

 

Comme beaucoup de filles de ton âge, tu souhaitais perdre quelques kilos et tu étais d’ailleurs fière d’avoir commencé à le faire pendant un séjour en Floride au mois de juillet.

 

Là-bas, tout s’était bien passé, tu avais comme dans les feuilletons américains, une chambre avec une télévision pour toi seule et une superbe salle de bains personnelle. Tu t’entendais mieux avec la mère qu’avec la fille de ton âge et tu es restée longtemps en correspondance avec elle.

 

Dans cette famille, chacun se nourrissait comme il en avait envie, pendant un mois tu n’as mangé que des légumes et des fruits.

 

A ton retour tu avais minci, tu étais ravie de ton séjour et des progrès que tu avais faits. Tu étais gaie et épanouie.

 

 

Veronique Poivre d'Arvor A Solenn

 

 

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22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 23:05

 

Très vite, à notre retour, tu réintégrais ta chambre à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, mais, cette fois, sans la contrainte de l’isolement. Je pouvais venir te voir chaque jour et nous avons beaucoup parlé toutes les deux.

Parfois tu allais bien, tu faisais des projets, tu brodais, tu supportais allégrement la sonde gastrique, tu jacassais.

Mais souvent, je ne savais plus comment te convaincre que la vie t’avait donné bien des atouts, que tu étais belle, intelligente et qu’une fois guérie tout s’éclairerait [...]

 

 

Comme tout au long de ma grossesse, j’avais dû te communiquer mon inquiétude diffuse et que tu las ressentais, j’en suis sûre, tu as commencé à te venger sur la nourriture. Chaque biberon devenait une épreuve. Sitôt recouchée, tu avais une drôle de petite toux et un flot de lait inondait les draps.

Veronique Poivre d'Arvor A Solenn

 

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Published by eixerona - dans Extraits et citations
22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 22:57

 

 

A la sortie de ta première hospitalisation, en décembre 1992, nous avons toutes les deux arpenté les boutiques de décoration pour choisir tentures, rideaux et coussins.

 

Tu n’étais pas très solide, les vendeuses te regardaient avec un drôle d’air, se posant sûrement mille questions sur ta maigreur.

 

Depuis le début de ton anorexie, tu ne savais plus te décider, tu hésitais sur tout mais, pour une fois, tu as jeté assez vite ton dévolu sur une toile d’un jaune très lumineux. A t’entendre, avec une telle couleur, on ne pouvait plus avec des idées noires.

 

Et c’est la veille de Noël qu’on posait la moquette pour que tu puisses enfin t’installer.

 

La présence des ouvriers et la préparation du réveillon m’avaient empêchée, pour la première fois, de t’accompagner à l’hôpital. Tu devais t’y rendre chaque semaine pour une visite de contrôle. Ton médecin était en vacances ; tu allais voir l’interne.

 

Ces visites étaient devenues pure routine, je n’étais pas trop inquiète quand tout à coup le téléphoné a sonné. Au bout du fil, le chef de service me faisait savoir qu’il te gardait, ton poids avait redégringolé, tu étais en hypothermie. Nous t’avions promis depuis longtemps des vacances aux Antilles. J’étais effondrée, je suppliais qu’on te laisse sortir au moins pour la soirée de Noël. Le médecin, inflexible, me demandait de venir t’apporter des affaires et d’accomplir les formalités d’admission.

 

La mort dans l’âme, je me préparais à obtempérer quand tu es arrivée en taxi comme une fleur, très contente de ton coup. Tu t’étais sauvée. Tu as su convaincre Patrick de décharger l’hôpital de sa responsabilité. Votre volonté à tous les deux a été plus forte que la raison que je prônais et l’inquiétude qui me rongeait.

 

C’était la première fois que tu t’enfuyais d’un hôpital, ce ne serait pas la dernière ; en deux ans, tu es devenue une spécialiste de ces performances.

 

Nous avons donc fêté ce Noël en compagnie de grands-parents qui ignoraient tout de ton état et à qui j’essayais de cacher mon angoisse.

 

Nous avons pris l’avion le lendemain pour une île belle et ensoleillée dans laquelle l’assistance médicale était des plus réduites.

 

Tu as continué à chipoter dans ton assiette, tu as exhibé sur la plage avec fierté ce corps squelettique que je ne pouvais regarder sans effroi ni souffrance, tu as partagé avec Morgane des secrets et des rires.

 

Nous avons fait de grandes promenades par des sentiers escarpés sous un soleil torride, tu allais de l’avant comme une petite chèvre courageuse.

 

Tu ne tenais que par un souffre, mais tu avais une énergie terrible. Je sais maintenant que nous avons frôlé la catastrophe, tu pesais à peine trente kilos. Pendant ces quelques jours, tu as été heureuse, tu as profité de la liberté dont on avait essayé de te priver et aujourd’hui encore je me réjouis de ces instants fragiles de bonheur.

 

 

Véronique Poivre d'Arvor A Solenn

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Published by eixerona - dans Extraits et citations
21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 18:45
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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 18:37

 

Jean-Philippe de Tonnac : Anorexia – enquête sur l’expérience de la faim (Albin-Michel).

Jean-Philippe de Tonnac
, journaliste au Nouvel Observateur, écrivain, auteur de nombreux essais dont René Daumal, l’archange (Grasset, 1998) et d’un roman Père des brouillards (Fayard, 2002) est lui-même un ancien grand anorexique.

Au commencement de ce livre, Jean-Philippe de Tonnac, entraîne le lecteur dans une société secrète où des jeunes filles, et quelques jeunes hommes, se livrent à des rituels complexes et insensés. Il dessine très fidèlement la « courbe de la faim », de l’euphorique toute-puissance ressentie par le jeûneur qui lui fait penser qu’il a pris, avec succès, sa vie en main, aux premiers troubles physiologiques qui fondent, à son insu, une chronicité qui n’est plus le fruit de sa seule volonté et vient renforcer le cercle vicieux de la faim – jusqu’à la mise en jeu du pronostic vital. Mais loin d’être dans la complaisance, ce livre est aussi une chasse aux « coupables » : mère intrusive, père incestueux, psychiatres qui recourent à la violence psychique là où ils devraient tendre la main, société qui chante les vertus du corps non plus mince mais maigre. C’est enfin une approche des différentes interprétations des troubles du comportement alimentaire (psychiatriques, psychanalytiques, sociologiques). Et l’auteur présente pour finir des voies thérapeutiques.
L’auteur a rencontré nombre d’anorexiques, et tous les spécialistes à un titre ou un autre de cette pathologie. Il est aussi allé en rechercher des témoignages dans l’histoire et sous les autres latitudes. Il offre ainsi une véritable exploration de l’anorexie sous la très belle plume d’un écrivain concerné à titre personnel.

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 19:03

Comment on nous trompe???

Beyoncé, avant et après

 

Hall Berry, avant après

Une autre,avant après

 

Couverture de Magazine

 

Quelques liens intéressants (Merci à Pascal)!

http://demo.fb.se/e/girlpower/ad/

http://www.glennferon.com/portfolio1/index.html

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 01:22

Peu à peu elle avait pris conscience de son enfermement, attenant vainement un événement cathartique tout en sachant dans son for intérieur qu’il ne viendrait pas ou plus exactement qu’il ne pouvait pas se produire […]. Son propre discours tournait en rond sans trouver de résonance et c’était comme si elle voyait les mots rebondir sur la ligne invisible qui peu à peu l’emmurait.

 

 

[…]

 

 

L’anorexie s’était d’ailleurs stabilisée le jour où elle avait renoncé à se peser et à se forcer à manger. Elle avait une fois pour toute accepté de vivre ainsi ou plutôt de survivre dans l’attente d’un événement qui viendrait la tirer de là, telle la Belle au bois dormant, incapable de sortir de sa nuit inextricable.

 

 

Linda Gandolfi Petites Histoires Analytiques

 

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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 23:44

Elle avait alors ralenti son pas puis s’était immobilisée face à la place très animée en ce jour de marché. De sa position, elle avait observé le mouvement des gens qui s’affaireraient autour des étalages, puis elle avait écouté les bruits diffus d’où émergeait de temps à autre un son strident. Le monde lui apparaissait alors comme un bloc compact, grouillant de vie, une vie dont elle était exclue.  Une ligne invisible, qui l’entourait et de se déplaçait avec elle, marquait cette exclusion. Elle savait qu’elle pouvait s’avancer et s’enfoncer dans la place du marché et que cela ne changerait rien à cette impression d’étrangeté qu’elle éprouvait vis-à-vis du monde. Elle ne ferait que déplacer avec elle cette ligne qui la coupait de manière infaillible de tout ce qui l’entourait.

Elle aurait pu aller acheter quelques pommes et quelques oranges, les suspendre à ses mains par la lanière d’un sac et créer ainsi une apparence de normalité. Mais elle savait que tout cela était illusoire. Elle n’avait plus la force de tricher, plus la force de « faire semblant ». Elle en était arrivée à un point où il lui était impossible de mordre ou avaler le moindre fruit. Elle ne parvenait plus du tout à se laisser pénétrer de ce monde pourtant si vivant qui l’entourait. Elle n’arrivait plus à faire corps avec lui et elle ne se souvenait même plus du temps où elle faisait encore partie de cet ensemble humain dont elle ne trouvait plus l’entrée. Le simple geste de faire « comme si », de se mêler aux autres en promenant un sac rempli de provisions, était au-dessus de ses forces. Elle préférait encore accepter cette solitude que de se duper elle-même.

 

Linda Gandolfi, Petites Histoires analytiques

 

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