Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

Recherche

Citation

  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

Archives

°~°~° Bienvenue °~°~

un--55-.jpg

Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:28

Lien entre taux de cholestérol et suicide chez les anorexiques

Paris, le 13/08/04. LJS.com.

Plusieurs études ont déjà montré un lien entre cholestérol bas et taux de suicide élevé chez les personnes anorexiques. Celle du Dr Paolo Santonastaso (Université de Padua, Italie) est venue confirmer ces précédentes recherches. Le chercheur italien a également tenté de savoir pourquoi et comment le cholestérol pouvait jouer un rôle quelconque sur l’état psychologique des personnes qui souffrent d’anorexie.

74 patientes anorexiques se sont confiées aux chercheurs lors d’un entretien. Elles ont expliqué dans quel état psychologique elles se trouvaient. Au même moment, des prises de sang ont été faites afin de calculer leur taux de cholestérol.

Les résultats montrent que les personnes malades qui ont des pensées suicidaires ont des taux de cholestérol plus bas que les personnes qui n’envisagent pas de se suicider.

Pour expliquer ce phénomène, plusieurs hypothèses sont avancées : un faible taux de cholestérol pourrait ne plus influencer les hormones de l’humeur ou la dépression pourrait agir sur le taux de cholestérol (on retrouve donc ici le problème de l’œuf et de la poule : qui est arrivé en premier ?).

Le Dr Paolo Santonastaso a également remarqué que les symptômes dépressifs étaient moins sévères dès que le taux de cholestérol remontait… «Bien que nos résultats doivent être pris avec précaution, on voit qu’il sera nécessaire de mieux comprendre le rapport existant entre les lipides et les pathologies psychiatriques » conclut-il.

Clémence Lamirand

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:22

 

Une étude américaine vient de souligner des liens assez surprenants entre le végétarisme et les troubles du comportement alimentaire chez les adolescentes.

Ces travaux, menés sur 143 lycéennes ont montré que dans certains cas, l’exclusion de la viande n’était que la partie émergée de l’iceberg : plusieurs jeunes filles qui officiellement se déclaraient végétariennes, avaient en réalité tous les symptômes de l’anorexie ou de la boulimie.

Leur régime particulier leur servant alors de prétexte pour exclure tous les aliments qu’elles souhaitaient éviter. Certes, il faut souligner que cette étude porte sur un petit nombre de personnes. Aussi les auteurs s’avancent beaucoup lorsqu’ils déclarent qu’un tiers des végétariennes ont des risques de présenter des troubles du comportement alimentaire.

Gardons-nous de toutes généralités : les végétariennes ne sont obligatoirement pas anorexiques ou boulimiques ! Mais les résultats de cette étude pourra parfois aider les parents : si leur enfant choisit d’adopter un régime alimentaire particulier, il est important de veiller à ce qu’il ne tombe pas dans une spirale de contrôle irraisonné de son alimentation et qu’il ne s’expose pas à des carences. Mais si ses choix restent équilibrés et variés et qu’ils ne mettent pas sa santé en péril, inutile de s’inquiéter !

Source : Doctissimo

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:04

 

PARIS, 16 novembre (APM Santé) - En tentant de lutter contre l'obésité, le Plan national nutrition et santé (PNNS) risque au contraire d'aggraver ce phénomène, ont déclaré mercredi les psychiatres et nutritionnistes du Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids (Gros), lors d'une conférence de presse à Paris.

 

Entre autres objectifs, le PNNS, mis en place en 2001, vise à diminuer de 20% le nombre d'adultes atteints d'obésité ou de surpoids et à stopper l'augmentation du nombre d'enfants atteints. Plusieurs campagnes de sensibilisation, mises au point par l'Institut national de prévention et d'éducation à la santé (Inpes), ont été lancées, pour inciter les Français à consommer plus de fruits et légumes, à augmenter le temps consacré chaque jour à la pratique d'une activité physique et à diminuer la consommation des produits gras et sucrés.

 

"L'heure est aujourd'hui à la réglementation : suppression des distributeurs de boissons et de produits sucrés, obligation d'inscrire des messages d'alerte sur les produits sucrés [...] Toutefois réglementer l'alimentation peut conduire à une augmentation des troubles du comportement alimentaire", considèrent les membres du Gros.

 

"Les mesures prises aujourd'hui par le gouvernement reviennent à jeter de l'huile sur le feu", a déclaré le Dr Gérard Apfeldorfer, psychiatre à Paris et vice-président du Gros. "Toutes ces mesures risquent de stigmatiser certains aliments (les produits gras et sucrés) comme responsables de l'obésité. Or aucune étude scientifique n'a pu prouver jusqu'à présent le lien entre ces aliments et l'obésité", a ajouté le Dr Jean-Philippe Zermati, nutritionniste à Paris et président du Gros.

 

Selon le Gros, les recommandations nutritionnelles diffusées à l'ensemble de la population dans le cadre du PNNS sont similaires à celles du régime "équilibré" -un régime amaigrissant- prescrit aux obèses, dont le taux d'échec observé par les professionnels s'élève entre 90 et 95% après cinq ans.

 

"Le PNNS repose sur l'importation du modèle alimentaire américain de la diététique fondée sur la raison et les connaissances scientifiques", a précisé le nutritionniste. Or, en France, le modèle alimentaire s'est très longtemps appuyé sur une approche principalement inspirée par la sensorialité de l'alimentation. "Notre modèle est aussi en danger face à la diététisation à l'américaine", a jugé le spécialiste.

 

"Aucun des pays ayant mis en oeuvre cette méthode n'a constaté des résultats positifs", note le Dr Jean-Philippe Zermati. "Aux Etats-Unis, les campagnes anti-obésité ont conduit à une diminution de la consommation des produits gras sans toutefois permettre de stopper l'augmentation du nombre de personnes obèses", a-t-il expliqué.

 

Les régimes amaigrissants induisent une obsession alimentaire

 

L'explication de cet échec repose, selon les experts du Gros, sur un phénomène psychologique identifié depuis 1975 : la restriction cognitive. Il s'agit d'un contrôle mental du régime alimentaire dans le but de maigrir ou de ne pas grossir. L'alimentation n'étant alors plus fondée sur les sensations de "faim" ou de "rassasiement", ce comportement génère un sentiment de frustration en même temps qu'il induit une véritable obsession alimentaire.

 

"La moitié des personnes obèses souffriraient de troubles alimentaires du comportement (TCA) et 20% des Français" seraient atteints de ce type de troubles, principalement "des personnes cherchant à maigrir dont quatre sur cinq ne sont pas grosses", a précisé le Dr Bernard Waysfeld, psychiatre à Paris.

 

La prise en charge des patients atteints de TCA par les psychiatres, parfois en partenariat avec des nutritionnistes, repose sur trois axes : réconcilier la personne avec l'alimentation "afin qu'elle puisse manger de tout sans culpabiliser", rétablir une relation positive au corps et travailler autour de problèmes psychologiques à l'origine du trouble.

 

Les membres du Gros vont débattre le 4 décembre prochain afin d'établir des propositions alternatives de prévention et de traitement de l'obésité. Ces mesures devraient être présentées aux autorités publiques en 2006. "Quatre pistes se dégagent : combattre la stigmatisation de l'obésité et la 'chasse à l'obèse' en particulier chez les enfants, réhabiliter le modèle culturel français centré sur la convivialité des repas, replacer l'alimentation dans une problématique plus vaste et éviter d'aggraver le phénomène d'obésité en tentant d'y remédier", indiquent les spécialistes du Gros.

 

"Les mesures du PNNS apparaissent simplistes voire dangereuses. Au lieu d'encourager la dépense physique, par exemple, il serait important de favoriser un mode de vie actif et passionné. Ainsi, collectionner de timbres peut procurer autant de satisfaction et de plaisir que de jouer au foot", rappelle Dr Gérard Apfeldorfer.

 

Les troisièmes rencontres du Gros se tiendront à Paris le 1er et 2 décembre prochain. Des professionnels de différentes disciplines (psychiatres, endocrinologues, nutritionnistes, ethnologues) interviendront autour de deux thèmes centraux : "Les relations entre les obésités et les troubles du comportement alimentaire (TCA)" et "Les TCA sont-ils des maladies de société ?". La journée du jeudi 1er décembre sera consacrée à des ateliers pratiques dédiés aux professionnels de santé.

 

Source : Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés

 

 

 

 

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:02

Une étude sur 10 mannequins parisiens montre que ces jeunes femmes (19-26 ans) sont toutes en dessous du seuil de la maigreur.

 

Trop maigres (55 kg en moyenne) par rapport à leur taille (environ 1m78), elles ont des apports énergétiques très inférieurs à leurs besoins : elles mangent entre 500 et 1700 kcal alors qu'il leur en faudrait environ 2200 !

 

De plus, elles sautent au moins 1 repas par jour et se nourrissent mal : pas assez de protéines, de glucides, de lipides, de fibres, de vitamines, de fer, de magnésium, ni encore de calcium (certaines en consomment à peine 250 mg/j alors qu'elles devraient atteindre les 900 mg..) !

 

Six sur dix ont des règles irrégulières, voire inexistantes, et la plupart ignorent totalement les risques qu'elles encourent: carences, stérilité, troubles du comportement alimentaire...

 

Ces résultats, loin d'être anecdotiques, reflètent bien les comportements de bon nombre de jeunes femmes qui rêvent d'avoir ou de garder la taille mannequin. Si tel est votre cas, un conseil: prenez rapidement rendez-vous avec un diététicien.

 

(Information diététique 2005; 3: 38- 43)

 

 

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:00

 

PARIS, 8 février (APM Santé) - Les adolescents qui subissent des moqueries sur leur poids essayent par la suite de perdre des kilos par différents moyens malsains qui engendrent des troubles du comportement alimentaire, suggère une étude publiée dans la revue « Pediatrics ».

 

Jess Haines, de l'université du Minnesota et ses collègues ont conduit une étude auprès de 2.516 adolescents suivis entre 1998 et 2004, afin d'évaluer si les critiques relatives au poids prédisent le développement de troubles du comportement alimentaire tels qu'une alimentation excessive, un contrôle du poids par le vomissement, la prise de pilules amaigrissantes, de laxatifs ou la pratique répétée de régimes.

 

Au départ de l'étude, environ 25% des participants ont rapporté subir des remarques critiques ou des moqueries sur leur poids au moins plusieurs fois par an.

 

Parmi les filles ayant subi ces moqueries, 18% ont affirmé pratiquer, cinq ans après, des régimes fréquents contre 11% chez les autres filles de l'étude.

 

Toutefois, après ajustement des résultats, le lien entre les moqueries et les troubles du comportement alimentaire a été confirmé seulement chez les garçons et non chez les filles. Les auteurs émettent l'hypothèse selon laquelle les filles sont confrontées à de nombreux autres facteurs tels que les images de "top model" dans les média qui affectent la relation à leur corps.

 

Les garçons ayant subi des critiques sur leur poids présentent, cinq ans plus tard, un risque accrû de développer des troubles du comportement alimentaire tel qu'une prise alimentaire excessive, comparé à leurs camarades (4,1% versus 1,4%) ainsi que des contrôles du poids malsains (27,5% versus 19,3%).

 

"La population doit être informée des conséquences engendrées par les moqueries sur le poids, même si elles peuvent apparaître comme de simples plaisanteries inoffensives au départ", expliquent les auteurs de l'étude.

 

(Pediatrics, février 2006, vol. 117, n°2 : p. 209-215)

 

Source : Copyright © APM-Santé - Tous droits réservés

 

 

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 18:58

 

Sélectionnés par Nutrinews, quelques chiffres issus d'une enquête réalisée chez plus de 8000 adolescents français âgés de 11 à 15 ans...

  • Un ado sur trois saute le petit-déjeuner (plus chez les filles et moins chez les plus jeunes).

     

  • A peine 20 % des ados mangent des fruits & légumes tous les jours.

     

  • Près de 30 % grignotent quotidiennement des sucreries et consomment des boissons sucrées...

     

  • 20 % des garçons se trouvent trop gros, quel que soit leur âge.

     

  • A 11 ans, près de 40 % des filles déclarent faire un régime ou en avoir besoin et, à 15 ans, une sur deux se trouve trop grosse.

     

  • 3 heures 30 minutes d'activité physique par semaine chez les garçons contre moins de 3 heures chez les filles : les garçons bougent davantage...

     

  • 16 % des jeunes de 11 ans regardent la télé plus de 4 heures par jour...

     

(INPES)

Repost 0
Published by eixerona - dans Revue de presse
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 13:25

 

 

Dedans/dehors : soi et les autres.

De la culpabilité à la clandestinité 

Il est honteux de manger en public. En tout vas c’est ce que pensent la plupart des personnes qui se cachent pour le faire. Notamment quand la nourriture sort d’un cadre bien codifié et reconnu. Il faut prendre garde au lieu, à l’heure et à la quantité consommée.

[…]

La crise est un moment profondément narcissique où le mangeur vit un instant en vase clos, suspendu entre l’autodestruction et l’onanisme. La crise ne souffre pas d’autre regard que le sien. Et encore, ce regard est chargé d’une telle culpabilité qu’il se mêle aux discours normatifs de l’enfance et tend à s’oublier lui-même.

[…]

En boulimie manger n’est pas un plaisir, c’est une nécessité.

 

 

La dépendance 

 

1)      la relation à la nourriture

Les compulsions alimentaires se produisent de préférence en des lieux, à des heures ou des périodes de la vie où cette relation au monde devient floue. Notamment chaque fois que nous transformons plus ou moins consciemment notre identité sociale (quand nous avons le sentiment de ne pas être totalement « vrais »), et chaque fois que nous changeons de position face aux autres (lorsqu’une activité où nous avions le sentiment d’exister s’achève). Nous craquons plus facilement le soir, après une journée de travail ou en fin de semaine, pendant les périodes de vacances ou de chômage. Il existe un jeu de va-et-vient entre la nourriture et note état social.

[…]

A force de manger du vide, il faut d’énormes quantités pour se remplir.

 

 

2)      les choix alimentaires

Les mangeurs compulsifs sont des mangeurs divisés. Ce déchirement est ressenti comme deux états autonomes du moi : l’un veut mincir et l’autre résiste en poussant le premier à manger. Mais ces deux êtres vivent réellement sur des planètes différentes, dotées d’une culture, d’une vie sociale, de comportements et surtout de styles alimentaires distincts.

[…]

Sur la période régime, nous ne mangeons que certaines substances à connotation « pure », sur la planète « bonne chère », nous engloutissons avidement tout ce qui est gras et (ou) sucré. Sans comprendre ni pourquoi ni comment, nous passons sans mélange d’une disposition à l’autre. Nous pouvons nous lever le matin fermement décidés à nous reprendre en main, mais au cours de la journée, souvent le soir ou l’après-midi, cette autre part de nous ressort et nous possède. Parfois le rythme de cette alternance est plus lent et nous nous prolongeons pour un temps la course folle après la sainte perfection avant de revenir déconfits à notre première condition.

Le chois des aliments que nous faisons dans l’un ou l’autre monde trahit et renforce notre cassure.

[…]

Lorsque nous sommes en phases « boulimique », il est nécessaire, pour que nous ayons le sentiment d’avoir mangé, soit que nous nous sentions pleins à craquer, soit que le goût des aliments se fasse particulièrement intense et durable. La température, la consistance, la forme, la couleur et l’odeur des aliments exaltent ou inhibent nos possibilités d’appréciation.

 

 

3)      les aliments déclencheurs

Il existe des aliments déclencheurs. Dès que nous y goûtons, il se produit un enchaînement inexorable qui nous conduit à une perte de contrôle plous ou moins importante.

[…]

Si nous commençons « mal » la journée, il nous est pratiquement impossible de réfréner nos intempérances le soir.

[…]

Pour chacun des aliments déclencheurs, il existe une quantité minimale qui provoque la perte de contrôle, c’est ce que j’appellerai la dose de déclenchement. Cette quantité est variable d’un individu à l’autre, et pour une même personne, elle peut passer, suivant les aliments de quelques miettes à quelques bouchées. En dessous de cette dose tout se passe comme si ça ne comptait pas.

 

 

4)      les aliments inhibiteurs

Il existe également des aliments inhibiteurs dont la fonction passe souvent inaperçue. Si par exemple recevant des amis à dîner, et après avoir copieusement mangé, nous terminons par un gâteau au chocolat, nous sommes parfaitement capables de finir les restes après leur départ ou de faire un tour au réfrigérateur avant de nous coucher. En revanche, si nous clôturons ce même repas par une pomme, il est possible que nos capacités de contrôler s’en trouvent renforcées et que nous allions au lit sans rien grignoter d’autre. La pomme aura joué le rôle d’aliment inhibiteur.

Comme il existe une dose de déclenchement, il existe également une dose d’inhibition en dessous de laquelle ces aliments ne sont pas efficaces. S’il  nous venait à l’idée de croquer deux tomates après une tablette de chocolat, il y a de fortes chances pour que nous maîtrisions mieux la suite des événements. Mais généralement nous ne sommes pas alors en « phase tomate ».

Les raisons de ce pouvoir qu’exercent sur nous les aliments, ou plutôt le pouvoir que nous leur conférons, semblent être liées à la fois à des activités cognitives –« au point où j’en suis, je continue. Puisque je suis un incapable, autant l’être complètement, etc. »-, à la conscience de manger et à la valeur symbolique que nous attribuons à ces aliments. Ils modifient pour un temps notre position face au monde. Les nourritures qui viennent du dehors entrent en nous et nous donnent le sentiment de combler un vide. Nous devenons un peu ce que nous mangeons : pureté, impureté, avilissement et apaisement intimement mêlés.

 

5)      les aliments neutres

Les aliments neutres n’ont aucun pouvoir. Ce sont parfois certains fruits comme les mangues, ou encore des plats où sont associés « pur » et « impur » : des tomates avec de la mozzarella, de l’origan et un filet d’huile d’olive, etc.

Les aliments neutres sont les cousins pauvres de la famille, ils ne sont pas nombreux. Il suffit parfois que nous mettions 20 g de fromage râpé sur d’innocentes endives au jambon dégraissé pour les faire changer de statut et les affubler d’un pouvoir déclenchant.

 

Extrait du livre La faim en soi

Repost 0
Published by eixerona - dans Boulimie & compulsions
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 11:00

A un moment, je me suis retrouvée seule dans la cuisine. La panique m’a envahie. Il fallait que je me calme, que je fasse taire mon chagrin, n’importe comment. J’ai couru au frigo. J’ai avalé des cornichons, du chocolat, de la mayonnaise, du fromage, du jambon, les restes du repas, tout ce qui me passait à portée de main. J’ai englouti. C’est la seule chose dont j’étais capable, j’avais épuisé mon stock de larmes.

Bientôt, j’ai dû m’arrêter au bord de l’explosion. Plus rien ne se passait. J’ai senti une nausée irrépressible monter, monter, monter. Le monde tanguait. J’avais le cœur au bord des lèvres, un goût aigre dans la bouche. Mon front s’est couvert de sueur. Tout tournait autour de moi. J’ai couru aux toilettes. J’ai voulu vomir, sans résultat. Alors, j’ai introduit deux doigts dans ma gorge, le plus loin possible et j’ai poussé fort.

Je me suis libérée. La nourriture à peine mâchée, mêlée de salive a giclé sur la porcelaine immaculée. J’ai regardé ce magma grumeleux dégouliner paresseusement sur la surface lisse et descendre en lents tourbillons jusqu’au fond de la cuvette.

Ca avait été si facile ! Je me sentais bien, légère, un peu essoufflée mais tellement soulagée

[…] Une découverte fortuite venait de m’ouvrir de nouveaux horizons. J’avais trouvé le moyen de me délivrer de mes craintes, de mes angoisses. J’avais trouvé le moyen d’exercer un contrôler absolu sur moi-même. J’avais trouvé le moyen de maîtriser ce qui entrait et sortait de moi. J’étais libre : mon corps m’obéirait désormais.

Jean Molla Sobibor

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 10:57

 

Je n’avais évidemment pas conscience que la situation m’échappait…Je n’ai pas su m’arrêter. Mon poids ne s’est pas stabilisé et j’ai continué à fondre. En quelques semaines, mes seins se sont effacés, mon visage s’est creusé, mes désirs se sont affadis.

Jean Molla Sobibor

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 10:55

 

J’éprouvais un plaisir indicible à maîtriser mon appétit et, à mon grand étonnement, j’expérimentais des sensations novelles, inhabituelles, clandestines.

Ce tiraillement constant du côté de mon estomac était devenu une véritable présence, un vide consenti, une brèche que j’ouvrais dans mon corps, avec le sentiment aigu de tout dominer, de savoir exactement ce que je faisais et où j’allais. Ne plus manger ou manger moins me procurait une brûlure exquise au ventre, comme une attente que je savais pouvoir combler quand j’en aurais le désir. Bientôt, la brûlure m’est devenue plus délicieuse que la satisfaction. J’avais le sentiment d’être habitée. Je n’étais plus du plein recouvert de peau. Je découvrais en moi des abîmes inexplorés, tout un monde d’attentes, d’espaces infinis qui ne m’effrayaient pas le moins du monde, peuplés qu’ils étaient par d’obscurs gargouillis, des protestations de viscères à qui j’apprenais ma loi.

Rapidement, c’est devenu ma drogue : j’avais besoin de manger rien. Un rien qui devenait la chose la plus essentielle à consommer. Un rien désirable. Et j’éprouvais une jouissance démesurée à me laisser remplir de cette absence. Mon estomac vide était le signe de ma liberté. Je n’étais plus asservie à cette dépendance animale qui me faisait horreur.

 

Jean Molla Sobibor

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations