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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 18:00

Nicole Richie, égérie du mouvement pro anorexie.

 

 

 

 

Elle dit n’avoir aucun problème alimentaire, son bracelet rouge prouve le contraire. C’est le signe de reconnaissance de ceux qui s’affament.

 Malgré ses 39 kilos pour son 1.55m, la jeune femme nie avec force d’être anorexique. « Je suis naturellement maigre, a-t-elle assurée début février et comme je suis petite ça me rend plus mince encore. » Ses côtes saillantes et ses joues creuses seraient donc « naturelles ». Difficile à croire…Autre explication donnée par Lionel, son célèbre père chanteur : « elle fait exactement comme moi quand je suis stressé : je ne mange rien. » Chacun y a va donc de sa petite phrase pour tenter de donner une explication à cette vertigineuse perte de poids. Mais, en silence, la demoiselle, qui pesait encore 56 kilos en octobre 2004, milite. Celle qui déclarait récemment : »je ne voudrais pas que certains pensent que je trouve que l’anorexie soit une bonne chose » revendique pourtant sa maladie…sans bruit.

 

Depuis ce début d’année, elle porte à son poignet droit un bracelet rouge. Bien que ce détail paraisse anodin, il ne l’est pas.

 

 

 

Ce bijou sans prétention est le signe distinctifs portés par les pro-anorexiques, ces filles qui considèrent que leurs troubles alimentaires son un mode de vie et donnent via des sites internent des conseils pour se faire vomir ou éviter de manger. Pour 3.5 euros, les anorexiques se l’achètent en rouge, les boulimiques en vert, les dépressifs en noir, les guéris en oranges. Pour ces filles qui ne voient plus la vie en rose, à chacune sa couleur…Une manière pour elles de se reconnaître et d’appartenir à une communauté. Ainsi la starlette de 24 ans vient-elle d’entrer dans ce club malheureusement de moins en moins fermé, celui des fans de silhouettes fantomatiques. Sa taille 32 fait pâlir de jalousie les plus squelettiques d’entres elles et lui a donc valu de devenir la figure de proue de ce mouvement des rachitiques.

Closer Cecile Fournier

 

Magazine CLOSER  du 6 mars - 12 mars 2006 n°38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by eixerona - dans Revue de presse
27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 16:55

Quand manger nous rend cinglés



par Sophie des Deserts Le Nouvel Observateur

Les régimes ? Inefficaces ! La diététique ? Des pseudo-règles qui n'ont aucune valeur scientifique ! Deux médecins partent en guerre contre l'obsession du bien manger

Le Nouvel Observateur. - D'où vous vient cette obsession, livre après livre, de pourfendre les régimes ?
Jean-Philippe Zermati. -
Il est temps que les gens comprennent qu'aucun régime, même équilibré, ne marche. Toutes les études montrent qu'ils perdent des kilos dans les six premiers mois, mais en reprennent ensuite davantage. Le taux d'échec est de 90% cinq ans plus tard. Nous voyons aujourd'hui des patients d'un genre nouveau qui souffrent d'une véritable névrose alimentaire. Manger est devenu une source d'inquiétude et de culpabilité. Ils ne savent plus s'alimenter. La nourriture, ils y pensent en permanence, ils la soupèsent et s'épuisent à se contrôler, à faire des régimes et à craquer jusqu'à en devenir boulimiques. Certains, épuisés par des années de lutte, nous demandent de les délivrer d'abord de leurs obsessions alimentaires, quitte à garder leurs kilos !

N. O. - Cela concerne-t-il vraiment tout le monde ?
J.-Ph. Zermati.
- Jeunes et vieux, pauvres et riches, hommes de plus en plus, beaucoup sont atteints ou menacés, et pas seulement les gens en surpoids et les anorexiques. Selon une récente étude internationale, près de 40% des filles de 11 ans auraient ou voudraient suivre un régime. Se surveiller devient la norme : 70% des Français disent « faire attention ». Nous sommes confrontés à une maladie de civilisation, où la névrose alimentaire tend à remplacer la névrose sexuelle d'antan. La morale dominante est aujourd'hui centrée sur les aliments et nos façons de les consommer. Le paradis, c'est la beauté et la minceur. Le péché, c'est manger des aliments défendus. L'enfer absolu, c'est être obèse. Jamais la société n'a eu un regard aussi dur sur les gros. L'obésité, c'est un manque de volonté, une tare, une faute de goût qui traduit le ratage de l'existence

N. O. - Comment en est-on arrivé là ?
Gérard Apfeldorfer.
- Nous vivons dans la société du gavage. On nous pousse à consommer toujours plus, en entretenant en permanence nos envies, et ça marche ! On se remplit de tout, sans rien désirer vraiment, à commencer par la nourriture. Nombre de patients nous racontent leur frénésie d'activités pendant la journée qui se prolonge par les pulsions alimentaires nocturnes. Manger est une façon de rester dans le tourbillon et de ne pas être livré au vide. Le mangeur contemporain se trouve pris entre deux feux. D'un côté, des incitations consuméristes subtiles, entretenues par la publicité et le marketing. De l'autre, sous couvert du nutritionnellement correct, une morale janséniste délivrée par le corps médical et les autorités publiques : une demi-heure tu marcheras, des légumes tu mangeras. De quoi rendre les gens fous.

N. O. - Il faut pourtant agir, l'obésité flambe.
J.-Ph. Zermati.
- Oui, elle touche désormais entre 8% et 10% de la population contre 6% au début des années 1990. De même, 30% des gens sont en surpoids. Il faut s'en préoccuper mais ne pas dramatiser les choses comme on le fait depuis des décennies au moyen de campagnes d'information inutiles. Elles ne font que renforcer un peu plus l'inquiétude de la population et sa quête de prescriptions.

N. O. - Mais dans une société de l'abondance, ne nous faut-il pas quelques bonnes règles : manger équilibré, à heures fixes, éviter le grignotage... ?
J.-Ph. Zermati.
- Ces pseudo-règles diététiques n'ont aucune valeur sur le plan scientifique, d'autant que ce qui est bon pour une population n'est pas forcément bon pour un individu. Le nombre de repas est sans influence sur la perte de poids. On peut manger dix-sept fois par jour pourvu qu'on ne dépasse pas ses besoins, préférer de bons dîners aux petits déjeuners copieux, et manger du chocolat sans complexe. Il ne doit pas y avoir d'aliments tabous. On peut même perdre du poids en continuant de manger du sucre et du gras pour peu qu'ils soient consommés avec faim. Il faut cesser d'écouter tous les conseils des spécialistes de l'alimentation... C'est une véritable cacophonie : les règles changent au fil d'études qui s'accumulent et finissent par se contredire. On dit qu'il ne faut pas mélanger les féculents et les graisses, qu'il faut boire de l'eau et avaler des fruits mais en dehors des repas, manger des crudités mais pas trop. Voilà la charcuterie, produit maléfique par excellence, aujourd'hui réhabilitée pour la prévention de certaines maladies cardio-vasculaires... Il faut absolument nous débarrasser de toutes ces règles.

N. O. - Mais n'est-ce pas illusoire ? On a toujours mangé selon des normes...
G. Apfeldorfer. -
C'est vrai, notre rapport à la nourriture a toujours été façonné par notre culture et nos valeurs. Mais dans ce cadre, on mangeait avec nos sens, sans trop y penser. On savait s'empiffrer, mais après on faisait maigre : après Noël, le carême... Au pays de la gastronomie, on savait écouter son corps. C'est d'ailleurs ce qui nous a longtemps protégés contre l'obésité.
J.-Ph. Zermati. - A contrario, les Etats-Unis ont, dès 1850, adopté une approche rationnelle de l'alimentation et de vastes programmes de nutrition. Au pays de la diététique triomphante, c'est l'esprit qui doit contrôler le corps. On en voit aujourd'hui les dégâts : malgré la multiplication des campagnes d'amaigrissement, malgré l'étiquetage généralisé et l'invasion de produits allégés, l'obésité est en constante progression. Plus on donne de l'information aux gens, plus ils sont désorientés. L'hypercontrôle entraîne irrémédiablement du relâchement et de la compulsion. Se priver fait grossir. Seule une toute petite minorité réussit à ne jamais lâcher, mais au prix, souvent, de dégâts importants sur la personnalité.

N. O. - Mais les Américains ne sont-ils pas plutôt malades des quantités de frites et de Coca qu'ils ingurgitent ?
G. Apfeldorfer. -
On peut très bien déjeuner d'un hamburger et de frites. Le problème, c'est qu'on n'arrive plus à manger ces produits avec modération parce qu'ils sont diabolisés. Même Coca et McDo l'avouent implicitement avec leurs campagnes de promotion pour la nutrition... Joli coup de marketing : plus c'est interdit, plus on a évidemment envie de transgresser. Les enfants américains ont beau connaître, dès l'âge de 5 ans, les aliments mauvais pour leur santé, ils s'en gavent... On n'est pas loin de les considérer comme des délinquants alimentaires.

N. O. - Vous n'êtes pas un peu alarmiste ?
G. Apfeldorfer.
- Non, je fais le pari que, dans quelques années, manger un gâteau à la crème sera considéré comme un délit. En Grande-Bretagne, on envisage de ne plus soigner les gens obèses qui refusent de faire des régimes. Les Américains réfléchissent à des allègements d'impôts pour ceux qui acceptent de s'inscrire dans un club de sport. Les Pays-Bas ont déjà mis en place un étiquetage pour signaler les aliments dangereux et les aliments diététiquement corrects. Dans cette société matriarcale où l'Etat est la grande maman de tout le monde, les citoyens, innocents irresponsables, perdus, finissent par demander qu'on les prenne en charge. La répression est en marche, y compris en France.

N. O. - Vous voulez parler du Programme national Nutrition-Santé (PNNS), que vous fustigez tout au long de votre livre. Il ne s'agit tout de même pas d'un programme totalitaire...
J.-Ph. Zermati.
- En apparence, le PNNS est anodin, d'ailleurs personne ne connaît son existence. Mais tout le monde l'applique sans le savoir : on est censé manger cinq fruits et légumes par jour, limiter la consommation de gras et de sucre... Les intentions sont louables, mais ces règles sont inefficaces - l'objectif de réduire en cinq ans l'obésité de 20% n'a pas été atteint - et même contre-productives. Manger équilibré est un leurre, c'est un régime qui ne dit pas son nom. De telles normes sèment l'inquiétude, y compris chez ceux qui n'ont pas de problèmes de poids.

N. O. - Mais alors que préconiseriez-vous ?
G. Apfeldorfer. -
Quand on veut dormir, on se met en condition pour bien dormir. Pour se nourrir, c'est la même chose. Il faut prendre son temps, partager des repas avec d'autres et choisir des nourritures dont on pense du bien. Manger à sa faim ce qui nous tente, et s'arrêter quand on est rassasié. Arrêtez de manger avec votre tête, fiez-vous à vos sensations.


« La Dictature des régimes : attention ! », par Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati, Odile Jacob, à paraître le 2 mars, 21 euros.


Jean-Philippe Zermati, psychothérapeute et nutritionniste, est l'auteur de « Maigrir sans régime ». Il préside le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids.
Gérard Apfeldorfer , psychiatre, a déjà publié chez Odile Jacob « Maigrir, c'est fou » et « Maigrir, c'est dans la tête ».

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Published by eixerona - dans Revue de presse
27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 16:09

Voilà un message de Luc, un visiteur de mon blog, que je viens de recevoir. Tout d'abord je le remercie pour ce beau message. Je tiens à le faire partager car  je pense que ces quelques mots peuvent aider de nombreuses personnes.

 

Bonjour,
 
 
J'ai découvert ton blog il y a peu, et ce que tu y écris me touche beaucoup.

Je voulais te dire une petite chose, toute simple. Une de mes amies est anorexique. Comme toi, elle en souffre, elle culpabilise, mange, se jette sur la nourriture ou la rejette, se fait vomir, et y pense, y pense, y pense. 
 
Mais avant tout celà c'est une amie, et ce que je vois d'elle lorsque nous passons un moment ensemble, c'est son sourire, ses beaux yeux bleus, son humour, sa douceur, sa souffrance aussi quand parfois elle veut bien me la montrer.
 
Alors à toi, je dirais que ce qui compte c'est ta personne, ta personnalité, ta vie, ton rire, tes larmes aussi.
 
Tu as certainement aussi un sourire, et c'est lui qui compte.

Je ne connais pas ton prénom, peut-être est-il quelque part dans ton blog mais je n'ai pas pu tout lire. 
Mais qui que tu sois, prends soin de toi.
 
 Luc

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Published by eixerona - dans Témoignages -articles - commentaires
27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 13:55

 

En réalité, je mettais tout mon talent à abuser ceux que je côtoyais, psychiatre compris. Dès que mes angoisses se faisaient trop pressantes, je courais me goinfrer. Jusqu’à la nausée. Personne n’imaginait que l’intégralité de mon argent de poche finissait en nourritures vite avalées, vite vomies. Personne ne remarquait les restes qui disparaissaient, les boîtes de conserves qui s’évaporaient, les paquets de gâteaux qui se volatilisaient. Dans le même temps, je maigrissais et mes vêtements amples dissimulaient à la perfection mes membres et mon corps décharnés.

Jean Molla Sobibor

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Published by eixerona - dans Extraits et citations
26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 18:51

Nicole Richie inquiète Hollywood par sa maigreur !

Par public.fr


Victime d'anorexie ?

 

Tout le monde en parle à Hollywood. Ce n´est ni son amitié houleuse avec l´héritière Paris Hilton, ni ses amours qui mettent Nicole Richie au centre de l'attention. Cette fois-ci, c´est son incroyable maigreur qui inquiète. Une photo la montrant flottant dans un bikini suscite beaucoup d´interrogations. Paula Abdul, qui a souffert de désordres alimentaires, déclare à People Magazine : "Elle a disparu devant nos yeux. Je suis très inquiète"." Tous ses proches avouent que sa rupture avec Adam Goldstein "DJ AM" en décembre a affecté son poids. Un ami déclare : "Lorsqu´elle est vraiment angoissée et stressée, elle ne s´alimente pas correctement." Mais la fille adoptive de Lionel Richie dément toutes les rumeurs d'anorexie la concernant : "Je ne voudrais pas que l´on pense que pour moi c´est normal d´avoir un désordre alimentaire. Bien sûr, ce n´est pas le cas. Je suis fatiguée de tout ça. Je pense que lorsqu´on me voit en vrai, vous pouvez voir que je suis menue. Quand j´étais plus grosse, tout le monde me disait que j´étais trop grosse. Impossible de trouver grâce aux yeux des gens, et je trouve que c'est très dur." Nicole était devenue un clone de Paris, mais maintenant, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même !

 

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Published by eixerona - dans Célébrités et TCA
26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 18:46

"zone interdite" (M6) a suivi, pendant plusieurs mois, une jeune anorexique de 20 ans, Chloé. Une étudiante intelligente et aisée, qui vit avec cette incompréhensible maladie, ce démon logé dans sa tête et qui lui interdit de manger, de grossir, de vivre. Et pour la première fois, grâce à l'exceptionnelle complicité entre la journaliste, Céline Hue, et la jeune malade, on a l'impression de mieux comprendre l'anorexie.

 

 

Chloé reste quatre jours sans rien pouvoir avaler, puis se rue sur les provisions de gâteaux maniaquement accumulées jusqu'à s'en faire vomir. Elle sait tout des cycles immuables de sa maladie : à quel moment elle devra vomir toute cette nourriture dans son ventre, et combien de temps prendra le nettoyage de la cuisine. Elle vit avec ce double, cette ennemie intime. L'hostilité de ses sœurs, le désespoir silencieux de ses parents, l'incompréhension de ses amies, tout est montré, rien n'est caché, mais jamais on n'a l'impression d'être voyeurs, c'est Chloé qui a voulu tout montrer, absolument tout, même ses crises nocturnes qu'elle filme elle-même, on est alliés, Chloé et nous, alliés contre le monstre, tout va bien.

Mais la présence de la caméra modifie doucement les habitudes de Chloé. Pour la première fois depuis longtemps, elle accepte une invitation à dîner avec une copine. Soigneusement, elles choisissent une pizzeria. A deux pas de chez Chloé, précise le commentaire, mine de rien. On sent pointer l'orage. Chloé nous prévient d'ailleurs : c'est à la première bouchée que la crise va commencer. Elle lit la carte, passe la commande, le plat arrive. Elle avale "la" fameuse première bouchée. Elle a pris soin de régler auparavant. Et comme prévu elle se lève, s'empare d'un morceau de pain pour la route, quitte précipitamment le

commentaire, pour renforcer encore le suspense. Et ils ont pensé que leur public les suivrait. Ils ont dû faire des études sur les 15-35 ans, d'où il ressort sans doute que l'estomac bien accroché des 15-35 ans digère parfaitement le suspense-dégueulis. Ou peut-être même ne se sont-ils pas posé la question. Peut-être même cette association irrésistible entre la nausée de Chloé et le dégueulis de spots sur l'écran de M6 ne les a-t-elle pas effleurés.

 

 


Evidemment, c'est la règle du jeu. Evidemment, sans l'argent de SFR, de NRJ, de TPS, de RTL2, de Narta-Hommes, de la compil Eddy Mitchell, de la Caisse d'épargne (pourquoi ne pas les citer ?), M6 n'aurait pas eu les moyens de financer cette enquête de longue durée, on n'aurait pas eu les moyens de mieux entrer dans la tête de Chloé. Mais il n'est pas interdit de trouver la règle du jeu... dégueulasse.

Par Daniel Schneidermann Article du Monde

 

 

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Published by eixerona - dans Revue de presse
19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 18:53

Un joli poème qu'@lexandre m'a écrit, et que j'ai envie de partager

Un soir d'hiver j'ai ouvert ton journal intime,

L'anagramme Eixerona était ton pseudonyme.

J'avais compris que c'était aussi ta maladie,

Et que manger sans remord t'était "interdit".

 

 

 

Tout d'abord, j'ai été ému par ta manière d'écrire,

Et ton style soigné, ne pouvait que me séduire.

Au fil de tes écrits, je n'avais qu'une seule envie,

T'aider jusqu'à ce tu reprennes goût à la vie.

 

 

 

J'aimerais tant savoir comment faire partir,

Ce mal sournois qui risque de te détruire.

J'aimerais tant pouvoir te persuader,

Qu'un jour tu en seras débarrassé à jamais.

 

 

 

Oublie ces femmes de magazines qui sont aussi des victimes

De cette société qui leurs impose ces régimes.

La beauté n'est qu'une promesse de bonheur,

Ce qui compte le plus est dans ton coeur.

 

 

 

Ne laisse plus ce passé douloureux assombrir ton avenir,

Tu as les moyens d'avancer et de guérir.

Etape par étape, tu peux retrouver confiance en toi,

Et surmonter les angoisses que tu as quelques fois.

 

 

 

Prends soin de toi, ça vaut la peine de t'accrocher.

Moi, je ne peux que t'encourager.

Continue de te libérer avec à cette envie d'écrire,

Et cette maladie ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

 

 

 

 

 

 

 


 

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Published by eixerona - dans Témoignages -articles - commentaires
11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 20:40

 

Comprendre l’anorexie…

 

Entre fusion et rejet : paradoxe de l’anorexie et désirs inconscients

 

Tout d’abord, je crois qu’il est important de souligner qu’il y a,

D’une part, divers degrés « d’anorexie ». Autant « d’anorexies » que d’anorexiques. Donc pas UNE façon de se soigner – et de guérir - mais autant de façons de prendre soin de soi – et d’appréhender la maladie - que de personnes.

D’autre part qu’il y a plusieurs étapes dans la guérison. Etre guéri pour le corps hospitalier ne correspond pas toujours à un sentiment personnel de guérison.
L’entourage n’est plus inquiété, mais le malaise persiste : au pire des cas,  après plusieurs « guérisons », c’est le drame final… le dénouement fatal.
On ne peut demander à un enfant de ne plus souffrir pour faire plaisir à ses parents.

Souffrir n’est pas une partie de plaisir.

La personne qui éprouve des difficultés à se nourrir souffre en général non seulement de faire souffrir. Mais aussi que sa souffrance lui soit en quelque sorte reprochée.

Enfin, la guérison doit être abordée différemment bien sûr selon les âges

Cependant, à travers une approche sensible, je vais essayer de poser des mots sur un mal qui peine à trouver les mots pour se dire.

Tout en m’appliquant à ne pas l’enfermer dans ces mots. Mais à comprendre ce qui se joue dans l’inconscient et essaie de se dire par la difficulté à se nourrir, et la sensation de ne pas en ressentir l’utilité.

Partant du principe que tout symptôme veut dire quelque chose qui ne sait se dire autrement…le symptôme anorexique est paradoxal puisque c’est à travers l’effacement que l’anorexie s’affirme : Et l’on doit voir en cette affirmation plus  un « programme de survie » et une stratégie de résistance à la souffrance, qu’une volonté de mourir ... 

On remarque que même squelettique, l’anorexique se trouve en générale « trop » (trop grosse) . Comme si elle ou il (Michaux, et Kafka l’auraient «été) gênait, comme si elle ou il dérangeait, comme si, à peine existante, elle ou il craignait encore de ne pas être aimable. Comme si ayant envie de s’aimer, pour exister, elle se supportait mal à travers l’image (ou des détails de l’image) que le miroir lui renvoie.

On remarque aussi que le premier « miroir » est le regard maternel, et le visage que renvoie ce regard.

Tantôt admiratif, tantôt possessif… Tantôt froid, tantôt indifférent, tantôt dévorant tantôt exterminant

Le second, à priori, étant celui du père : tantôt réconfortant tantôt absent tantôt friand

On peut penser qu’un enfant qui se supporte mal a peut-être senti que sa présence était mal supportée.

Que ce qui lui était demandé, ce qui était  attendu de lui, le troublait ou ne correspondait pas à ce qu’il croyait être.

La demande a pu être abusive (il paraîtrait, selon le site AIVI, que cinquante pour cent des anorexiques ont été victimes d’inceste1). Mais par demande abusive, j’entends une demande que l’on adresse à quelqu’un qui n’est pas en mesure de satisfaire à cette demande.

Ainsi l’enfant a pu ressentir une demande, directe ou indirecte, le plus souvent tacite, comme: « soit autre que tu es » « ou autre que ce que tu aspires à être » « soit l’objet de mon désir ». Et souvent trouble est le désir.  

Ainsi, l’enfant, chez qui se déclare le symptôme anorexique, est souvent un enfant écran sur qui  trop de projections parentales ont été portées.

Certains signes font prendre conscience que se trame dans l’inconscient quelque chose qui cherche à se faire entendre. La souffrance étant (d’un point de vue étymologique) ce qui est portée en dessous de la manifestation apparente, on peut se demander ce que souffrance  veut dire, ce qui cherche à se faire entendre à travers ce cri du corps qui s’efface

La maladie s’installe parfois à la faveur d’un régime amaigrissant. Le régime n’est pas la cause mais le déclencheur de ce qui couvait auparavant.

Lorsque l’on sait que des  nourrissons sont anorexiques, on peut penser qu’il ne s’agit pour eux de régimes amaigrissants ! Mais que c’est bien une mise en cause des soins (ou de l’absence de soins) reçus. Et une prière qui demande à être entendue.

Elle surgit le plus souvent à un moment où l’on ne peut plus s’aimer, où l’on ne se sent plus assez aimé, ou pas assez aimable. Comme s’il était impossible d’être à la place que l’on nous assignait. Comme si une souffrance, non reconnue, nous habitait, comme si les soins et l’attention qui nous étaient prodigués ne nous concernaient pas.

Difficulté à se nourrir « normalement ». Sensation de douleur et d’inassouvissement. Désir d’aimer et d’être aimable. Envie et peur de trouver plaisir. Besoin de bon.  Manger à peine - manger un peu. Juste de quoi se maintenir, mais que ce peu - fasse du bien et surtout pas de mal… Dégoût irrépressible pour certains aliments. Volonté de les éviter - pour éviter le sentiment de « basculer » de l’autre côté, éviter - surtout - le sentiment de dégoût. De l’impossible à vivre. D’une infinie douleur. Et l’amertume qui s’ensuit..

L’anorexie est ainsi une tactique d’évitements, de plus en plus nombreux, car rien ne supprime tout à fait ni la sensation d’excès ni la sensation de dégoût.

Elle ne naît pas par hasard, elle ne sort pas de nulle part.

Elle est le plus souvent révélateur d’un mal-être familial ou d’un dysfonctionnement généalogique (ou transgénérationnelle) . Et exprime la nécessité d’établir de plus justes, de plus équilibrantes, de plus saines  relations.

Soigner l’anorexique revient à prendre soin de la famille qui l’abrite  pour rétablir une communication brouillée par trop de drames ou de malentendus. Parfois trop de permissivité. Différentes approches peuvent permettre ce remaniement.

C’est en général quand celle-ci – la famille - refuse de se mettre en questions, de se soigner, que l’enfant disparaît.

Quand ce qui est reçu (ou ce dont on est privé) communique trop de douleur pour pouvoir être supporté sans trop faire souffrir à son tour et souffrir de se faire reprocher sa souffrance, il ne reste qu’à se fondre dans la nature faute d’avoir pu se dire autrement.

On ne peut prétendre « guérir » un enfant si l’on n’accepte de modifier la « nourriture » (affective et spirituelle) qu’on lui dispense en tenant compte - aussi - de ce qui nous parvient de sa volonté.

Le symptôme étant la difficulté et même l’impossibilité douloureuse de se nourrir. … il met en scène ce qui se passe et se transmet à travers l’alimentation : celle-ci, d’abord maternelle, met en cause la mère, mais surtout les dits et les non-dits, les consentements et les dénis transmis à travers l’alimentation. Ce qui s’y traduit des liens familiaux. Avec le consentement (tacite) du père. Il peut être entendu comme une contestation du « régime de vie proposé » et l’expression  d’une difficulté à avaler certaines nourritures affectives . Comme un appel au secours – pas à n’importe quel secours - pour dire un sentiment d’abandon et de trahison, réactualisé ou exacerbé par un événement, à un moment de l’histoire qui suscite « un retour en masse du refoulé  »… De l’impensé…

Il arrive que des orphelins soient anorexiques : on peut comprendre que ce n’est pas la mère - en tant que personne qui est visée par ce refus de la nourriture mais la vie qui à travers celle-ci se transmet ou ne parvient à se transmettre. Ce qui en elle porte atteinte à l’intégrité de l’enfant, ou entrave son développement et l’acquisition de son autonomie.

Disons que… c’est l’incarnation maternelle et maternante qui serait mise en cause ! (À travers la lignée maternelle et/ou paternelle)

La guérison passe d’abord par un détachement de la mère et de l’enfant, une modification en profondeur de la relation. Mais un père qui n’a su sauver l’enfant de la mère, un père qui n’a pu empêcher ce « mauvais traitement », est aussi responsable que la mère.

Ni l’un ni l’autre n’étant coupables, car eux aussi souffrants de leur empêchement…

Mais nul ne peut guérir sans retrouver en soi le GOUT de vivre. Et de quoi le soutenir. A travers un  réseau qu’il sent d’abord amical.

Maintenant, autour de quelques termes qui reviennent fréquemment pour décrire qui en souffre, je vais tenter d’approcher, à travers dits et non dits, quelques effets de transmission et de projections d’inconscient à inconscient … en matière de désir.

 

 

Refus de la féminité : je pense moins à un refus de la féminité, qu’à une difficulté à définir son identité pour devenir femme. À une difficulté à s’identifier à travers le désir maternel. La mère peinant  à laisser grandir son enfant, à le voir, le regarder, l’entendre autrement que s’il était son objet. Objet de culpabilité, de désir ou d’indifférence..

Autrement dit,  difficulté de grandir – de se développer - due à la crainte de se séparer - de « se dépareiller » d’une mère dont les « représailles » redoutables rendent la séparation d’autant plus dramatique, que des effets de trahison vécue et intériorisée compromettent l’avancée.  Le refus reste celui d’absorber « une certaine nourriture (en partie féminine, car maternelle) » et d’entrer en correspondance avec l’image sexuelle (et sexué) que mère  - et  père -  renvoient.

Il peut s’agir aussi, dans certains cas, d’une crainte de « reproduction » (par voie sexuelle) d’une faute  commise et qui a engendré ce trop de souffrance.

Mensonges et dissimulation : on parle de dissimulation et de mensonges. Mais l’un et l’autre sont des recours pour échapper à l’attention, à la pression qu’exerce un certain style d’attentions  (maternantes ou envoûtantes) quand on aurait besoin d’une autre attention (plus profonde et rassurante).

Imaginer quelqu’un de muet qui aurait une petite grippe et une hémorragie interne… Pour que l’on s’intéresse à son hémorragie interne, il peut faire semblant de ne pas avoir de grippe … Afin de détourner l’attention portée sur celle-ci.

Le mensonge voudrait « démentir » un autre mensonge… « Je t’aime mais je ne t’aime pas, je ne t’aime pas pour ce que tu es… Pourquoi n’es-tu pas un autre… pourquoi n’es-tu pas qui tu n’es pas? »

 Face à la complexité du désir maternel, entre sensation d’être mal aimé et crainte d’être dévoré, on ment, pour échapper à son emprise, tenter d’exister en dehors de son champ d’action, d’attraction ou de sensibilité. Tout en espérant l’attention paternelle.

 

Comment dire sans blesser sans mentir qu’un amour est empoisonné ?

 Comment dire sans courir le risque d’être encore plus mal aimé (mal mené) ?  

 

C’est un peu comme si le recours au mensonge n’était fait que pour attirer l’attention sur un mensonge plus essentiel et compromettant pour la vie.

Méfiance : Sensation d’avoir été trahie  et besoin de réassurance en sont à l’origine. Il s’agirait plutôt d’extrême vigilance. Pour éviter de succomber à des nourritures qui ne conviennent pas et qu’il est vital de ne pas avaler… Blanche Neige a succombé à la pomme. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle ne se réveille jamais…

L’hyper contrôle permet de parer à une hyper sensibilité constitutive, une fragilité émotionnelle, qui agit comme un handicap au niveau des rapports sociaux. L’hyper contrôle sert à parer la crainte de l’effondrement pour qui s’est senti insuffisamment étayé.

Rivalité et jalousie : L’enfant pour se sentir aimé essaie de correspondre au désir maternel complexe tout autant qu’il a besoin d’y échapper.

Souvent élevé dans le souvenir d’un être idéal, « un autre idéalisé »,  frère ou oncle survalorisé… défunt magnifié/jalousé, haï/aimé comparé et mis en balance (de façon inconsciente) avec cet idéal, l’enfant (qui devient anorexique) tend vers cet idéal. Et entre sous l’influence maternelle, en rivalité inconsciente avec lui. Comme pour être aussi aimable que celui qu’elle n’est pas. Qui la précède et dont elle occupe la place, et dont le souvenir hante l’esprit de celle qui lui prodigue ses soins.

La tentation de plaire, pour ne plus déplaire, pour ne plus avoir mal à travers les projections qu’il reçoit, met l’enfant en rivalité avec sa mère. Un effet de souffrance narcissique en miroir réveille en effet sa jalousie possessive, envers l’enfant devenu – pour d’autres - si aimable. Si charmant. Si attachant.

Le perfectionnisme serait là pour tenter de ne plus être un « objet reprochable » et de gagner en reconnaissance, pour se réconforter, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Tout en correspondant, par phénomènes d’imprégnation et d’identification, au regard, à l’attente maternelle

 

 

Têtu : Quand on a du supporter l’insupportable, il est difficile de renoncer à faire accepter l’inacceptable. Là où il y a entêtement il y aurait désir de vie.

 

 

Ambiguïté sexuelle On est d’abord porté par le désir de sa mère, ou troublé par son doute… L’ambiguïté et la complexité du désir maternel, dont l’enfant est l’objet l’encombre: « soit un mort, soit un garçon, pourquoi n’es-tu pas un mort, pourquoi n’es-tu pas un garçon, pourquoi n’es-tu autre que tu es »..

La mère semble oublier que l’enfant est le fruit de son désir (parfois teinté d’ambiguïté) … Et l’en laisse douter.

 

 

Agression sexuelle : L’enfant  se sent objet de désir mais non reconnu à travers lui.

La relation de proximité maternelle, entre fusion et confusion, peut-être vécue (à travers un excès de sollicitations) comme une agression incestueuse, non  chaste, encombrante, confusionnante. Et si il y a réelle agression sexuelle du père ou d’un membre de la famille, ou d’un étranger, il y a dégoût non pas tant du sexe que du mensonge familial et social qui dit je t’aime comme pour dire je te hais. Ou je te veux comme pour dire je te détruis. Je te garde pour te perdre. Et autorise ce qu’une société prétend interdire.  

Danger, se mettre en danger

L’enfant, qui souffre d’anorexie, tout en étant à la recherche de la différence entre ce qui lui fait du bien et ce qui lui fait du mal… a du mal à faire cette différence.

Quand on lui dit qu’il se met en danger en maigrissant, il répond « j’étais en danger avant de maigrir, c’est ma façon de vous le dire… » Je ne sais comment en sortir.

Distance et isolement Il arrive que la mère surprotège son enfant, et le tienne à distance du père, car elle a eu l’occasion d’en vouloir à une figure de père. Dont elle craint l’influence, tout en lui reprochant secrètement de ne pas être là, et de ne pas avoir été là, au moment où devenant 2. Il est difficile pour l’enfant de rompre l’isolement.


Ainsi, entre manque et excès,l ’anorexie serait quelque chose qui cherche à se dire comme un sentiment d’abandon et de trahison et un appel au secours du père… face à des parents souvent « impuissants », parfois permissifs , plus enfants que parents… faisant parfois l’enfant à la place de l’enfant…

Une relation maternelle abusive n’est en effet rendue possible que par l’absence de l’homme en temps que père3  et mari.

L’enfant faisant appel à lui pour échapper à l’influence d’une mère perçue, comme dangereuse, et vécu comme déliquescente, se sent troublé, lorsque, dans le regard paternel, se rencontre un séducteur. Ce regard est reçu comme un comme un excès, une nourriture affective déplacée.

La mélancolie maternelle a pu causer une fuite du père.

Mais les absences de celui-ci ont pu aussi provoquer la première, tout comme  sa présence réelle aurait pu en éviter la reviviscence. 

En matière d’anorexie on est au cœur d’une relation.

Un père qui laisse sa femme livrée à son sentiment d’abandon, la laisse attendre de l’enfant qu’il comble … ses propres manques.

L’enfant, qui répare la défection paternelle, tient auprès de la mère la place symbolique de l’amant, et doit être aussi bon pour elle que devrait être le père (absent). Ce que l’enfant ressent comme un excès, qu’il  n’est pas autorisé à dénoncer. Tout en ayant le sentiment de ne pas être à sa place, de manquer d’air ou d’espace.

Objet tantôt de jouissance, tantôt de convoitise, l’enfant se sent mal exister,

Entre sentiment d’abandon, permissivité et agression parfois sexuelle, trahie ou déboussolée, elle (il) résiste à sa mère et a du mal avaler ce qu’on lui tend.

Tout cela en grande partie se joue dans l’inconscient, et pas seulement à travers l’anorexie, mais souvent de façon plus aiguë et plus radicale à travers celle-ci.

L’anorexie serait l’expression tout à la fois d’un trop et d’un pas assez. Trop de désir, trop de plaisir. Trop de mère, pas assez de père.

L’impression de ne pas exister, ou d’avoir été laissé tombé4

Cependant, s’il y a excès de mère c’est qu’il y a  en parallèle une absence physique mais surtout symbolique du père. 5

C’est qu’il y a aussi père abandonnant, père séducteur ou père démissionnaire. 

Si le comportement de la mère exclut le père,  c’est que celui-ci se laisse faire.    

S’il y a absence vitale de mère

C’est que « mal portante »  est fragilisée et, quelque part, (en son enfance et en son désir d’enfant) menacée.

Mère enfant mère « ailleurs » mère absente, absorbée par la rivalité6 et envahissante, mère dévorante de douleur7 mère délaissée, non secondée, abandonnée à ses doutes à sa douleur … mère dévitalisante que l’enfant cherche à revitaliser, quand il sent qu’elle ne peut le porter seule.

D’ou mère à la fois possessive, hyper protectrice, craignant la résurgence du danger8 (prête à le reconvoquer) - permissive et rejetante. Tantôt accaparante tantôt indifférente. (Quand elle, mère à son tour, a l’impression, par exemple, de n’avoir su échapper au (retour du) danger. Ou lors de la naissance d’un autre enfant)

Face à la place laissée vacante hier par le père, aujourd’hui par le mari absent, quand la mère n’est pas là pour l’enfant, elle demande à l’enfant d’être là pour elle, d’où la difficulté de celle-ci à s’affirmer comme personnalité séparée de sa mère – C’est en cela que l’enfant peine à grandir, et la jeune fille à devenir.

La difficulté est ainsi aussi refus de  nourrir ce qui fait mal en soi. Ce qui a besoin de s’extirper pour se dire.

Il est rare que cela puisse se faire sans conflit. Dans des proportions raisonnables, celui-ci dément l’idéal et  sert l’affirmation de l’identité.

 

 

Anorexie et psychanalyse

L’expression de cette difficulté à vivre, de cette hypersensibilité, est irréductible à un quelconque Œdipe. L’hypersensibilité de l’anorexique résiste à tout discours qui l’enferme, elle a besoin d’être comprise, acceptée pour ce qu’elle est. Entendue en tant que sujet, et non prise en tant qu’objet (de diagnostique, de jouissance, d’étude clinique…).

Si Antigone, la fille d’Œdipe en est venu à lancer son cri à travers l’histoire, c’est peut-être pour que soit symbolisée la nécessité de la présence du père, aux côtés de la mère. En tant que « autre » et en tant que tiers. Ainsi que la nécessité de marquer une frontière entre ce qui signifie la vie et ce qui signifie la mort.

Être ou paraître, comment naître ?

L’anorexie dépasse les apparences, même si elle se joue sur l’apparence. C’est bien l’apparence de l’amour qu’elle met en questions. A travers ses jeux de miroir et de transparences. 

D’objet de plaisir (maternel), ou de désir (paternel), elle aspire à devenir sujet désirant qui a besoin de goûter le plaisir pour ce qu’il est, non envenimé…

Si volonté de « s’en sortir » ne passe pas par le « mieux manger » mais le « mieux se sentir » : dans sa peau, dans sa vie, dans sa famille, dans son cœur.... De (re)trouver goût à…

Il ne s’agit pas de stigmatiser les parents - nul n’est coupable de souffrir -   mais d’entendre que la maladie de leur enfant et celle de eux parents

Comment dire à une mère que ce n’est pas elle que l’on n’aime pas mais ce qu’elle nous transmet que l’on ne supporte pas ? Comment faire passer - si ce n’est par la nourriture que ce qui a été transmis a peut-être été empoisonnée ?

Souvent niée, la douleur est immense, quand anorexique, on a besoin de se protéger9 contre l’indicible abandon et une essentielle vulnérabilité.

Et tandis que la maigreur réveille bien des fantômes… que la naissance avait déjà reconvoqués, elle semble dire, certains jours « Aime-moi comme je suis et comme j’aimerais que tu m’aimes et non telle que je ne suis pas. Et crois moi, quand je te dis que j’ai mal, là, c‘est bien là que j’ai mal, ce n’est pas pour te faire mal »  

 

 

Certains parents parviennent à entendre.

Certains médecins ou psychanalystes parviennent à les aider s’ils parviennent à s’effacer derrière leur savoir pour entendre ce qui ne peut se voir.

Ainsi, l’anorexie pose le problème de la correspondance entre désirs et responsabilité face à la transmission.

Qui en porte le symptôme ne se sent pas toujours concerné par la façon dont on en pose le problème. 

J’espère, ayant été moi-même anorexique de longues années, y être un peu parvenue. 

Tout est affaire de relation et d’interaction, de « transferts enfantins et de contre transferts »  entre l’enfant et la mère, entre le père et l’enfant…

 

 

Pour conclure ;

Face à une stratégie de défense, une stratégie de survie… qui met son auteur en danger, il s’agit d’arriver à comprendre (entendre) la souffrance dont l’enfant est le dépositaire ; et pour lui, d’arriver à se déprendre, à ne plus dépendre de ce qui engendre cette souffrance. Mais à vivre avec des moyens qui ne se retourneront pas (comme certaines mères) contre lui.  C’est en cela qu’il faut l’aider.

Un enfant anorexique est souvent un enfant « mal aimé ». Ce qui est difficile à concevoir et exprimer dans une société qui privilégie la défense des parents et qui favorise l’apparence au détriment de l’essence.

Lorsque la famille n’a su se remettre en questions, il reste à se soustraire seul aux soins et aux nourritures mortifères. Et faute d’avoir pu faire entendre- le passé inaperçu - qui continue à gémir dans les chairs (et à travers la chair)  bien au-delà des mots, il ne reste qu’à opérer seule la séparation.

Pour parvenir à exister et aimer ailleurs.

S’affirmer autrement qu’à travers les fantômes et projections encombrants que sa présence dans une famille, dans une lignée, alimente.

Virgnie Megglé

Octobre 30, 2004

 

 

 

1 Et soixante quinze pour cent des boulimiques. Mais bien qu’il arrive plus que souvent que les deux symptômes se rejoignent, je m’appliquerai ici à ne pas les confondre. Des boulimiques se reconnaîtront peut-être dans les pistes que je propose. Mais je tente d’aborder ici ce qui se déclare par « l’impossibilité, la difficulté à avaler».  Même si la boulimie menace aussi l’anorexie, elle n’en est pas le simple pendant.

2Au moment où le bébé a disparu. Il peut aussi que l’anorexie saute une génération. (En cas de décès par exemple, le père fait alors figure de « redoutable » qui insinue le doute et la crainte). 

3 (Coureur ou Don juan, dans d’autres sphères ou sur les routes) En son absence la nécessité de la séparation ne peut être symbolisée.

4 Certaines mères sont apaisées à la naissance d’un nouvel enfant qui  comble l’effet de manque créé ou ravivé en elle à l’occasion de la naissance du précédent

 

5 Père dénié, père enfant, père voyeur, père violeur, père séducteur, persécuteur… mère qui fait barrage, doute sur la paternité… Père lui-même intimement blessé

 

6 Avec la figure du garçon ou celle du mort

 

7(habitée par un enfant mort, habitée par le désir et la peur de faire ou de ne pas faire un fils à son père et au père de l’enfant pour compenser la fille qu’elle a été…(effet de transfert par projection et identification)

 

8Traumatisée par la perte d’un enfant ou de l’enfance. Qu’elle craigne qu’une mort ne se reproduise, que le père soit une influence néfaste ou mortifère sur l’enfant… 

 

9 À défaut de se sentir protégé( e ) .

Avec une pensée émue pour Ginette Raimbault dont le merveilleux soutien psychanalytique a permis ce travail... et bien au-delà

Communication proposée lors du Salon du livre psy 2004

 

 

 

 

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Published by eixerona - dans Anorexie
11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 15:01

 

 

Pomme : à croquer sans modération

 

La pomme est certainement le mets santé par excellence. Car elle contient des fibres, des vitamines et autres minéraux indispensables à notre organisme. Quelles sont les vertus du fruit préféré des Français ? Fait-elle grossir ? Combien faut-il en manger pour préserver sa santé ? Est-il nécessaire de l’éplucher ? A lire avant de croquer !

 

Malgré la mauvaise image de la pomme dans la bible ou dans les contes pour enfant, ce fruit possède de nombreuses vertus !

 

Le fruit préféré des Français

 

Tout le monde aime les pommes ! Et c’est le fruit préféré dans l’hexagone : Un fruit sur cinq acheté est une pomme, devant les oranges et les bananes, qui sont eux aussi plébiscités. En moyenne, chaque ménage en achète 18 kg par an ! D’ailleurs, la France en produit 2 millions de tonnes chaque année, pour satisfaire la demande. La grande gagnante c’est bien sur la Golden : presque 40 % des pommes produites sont des golden. Ensuite viennent les Granny Smith et les Gala, suivies des braeburn.

En ce qui concerne la dégustation, les pommes sont principalement croquées natures. Ensuite, elle est savourée dans les tartes et autres desserts.

Que cache la pomme ?

 

Derrière la peau verte, jaune ou rouge se cache un concentré de bienfaits. Le principal bénéfice, c’est bien sur sa teneur en fibres. La pomme en contient en effet plus de 2,5 g pour 100 g. Soit pratiquement cinq grammes de fibres à chaque pomme que vous croquez. De quoi faciliter le transit en limitant les fringales ! Cette richesse en fibre limiterait même l’absorption du cholestérol et des lipides dans l’intestin.

La pomme contient également de nombreuses vitamines, à commencer par la vitamine C.Hé non, il n’y a pas que les oranges pour vous apporter ce précieux élément. On en trouve en moyenne 5 mg pour 100 g dans les pommes, mais certaines variétés en contiennent jusqu’à 5 fois plus (Boskoop ou reinette notamment). Mais attention, la majeure partie de la vitamine C se concentre dans la peau. Alors mieux vaut les laver que de les éplucher pour conserver les vertus. Autres vitamines présentes : celles du groupe B, indispensables au système nerveux et aux muscles.

Enfin, la pomme ne risque pas de vous faire grossir : avec 40 à 50 Kcal aux 100 g, vous pouvez croquer, ce n’est pas un péché…

Fini les pépins de santé

 

Les Anglo-saxons ont un dicton bien connu : une pomme par jour éloigne le médecin. Et ils n’ont pas tort. En effet, une consommation régulière de ce fruit semble être la garantie de conserver la santé. Cela est certainement du à l’action des fibres et des antioxydants contenus dans les pommes, qui limitent les risques cardiovasculaires et diminuent les risques de cancer. Certes, cet effet peut être obtenu en consommant de nombreux fruits. Mais les scientifiques ont également montré des actions spécifiques des pommes sur la santé. Ainsi, ils ont montré une action spécifique, liée aux flavonoides de la pomme, contre le cancer de la prostate, du colon et des poumons. Ce fruit permettrait également de diminuer les risques de Bronchite du fumeur (BCPO). Enfin, les pommes permettraient d’aider à la perte de poids…

Et n’oubliez pas de mangez cinq fruits et légumes par jour, pommes comprises !

Alain Sousa

Source : Agence fruits et légumes frais (Aprifel)

 

http://www.lapomme.org/

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Published by eixerona - dans Nutrition
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 23:45

 

Heidi Klum accusée d'encourager l'anorexie

 

LE MONDE | 08.02.06

 

Mannequin le plus réputé d'Allemagne, Heidi Klum assure que tout cela n'est que "divertissement". L'émission télévisée qu'elle présente depuis la fin janvier est pourtant au coeur d'une polémique sur un sujet sérieux : l'obsession de bien des adolescentes de correspondre aux canons de la beauté du moment, la course à la perfection plastique, le besoin de plaire aux autres pour se plaire à soi-même.

 

 

Lorsque la chaîne privée ProSieben a lancé un appel aux volontaires pour sa nouvelle émission "La prochaine top-model d'Allemagne", pas moins de 11 637 jeunes femmes ont envoyé photos et mensurations. Trente-deux d'entre elles ont été retenues pour la première émission, le 25 janvier, puis douze, puis dix. Fin mars, le jury, composé de spécialistes de la mode et du mannequinat, décidera de la gagnante. A la clé, un contrat dans une agence et une séance photo publiée dans l'édition allemande du magazine de mode Cosmopolitan.

 

Les quelque trois millions de téléspectateurs qui ont regardé la première émission, diffusée entre 20 h 15 et 21 h 15, ont pu voir comment l'une des concurrentes, Irina, a été éliminée sans ménagement, au motif, entre autres, qu'elle était "trop grosse". Filiforme dans son maillot de bain, l'intéressée n'en revenait pas. Elle pèse 52 kg pour 1,76 mètre. Même si ces mots définitifs n'ont pas été prononcés par Heidi Klum, mais par un autre membre du jury, la célèbre top-model a été accusée de favoriser l'anorexie. Le quotidien populaire Bild s'est emparé de l'affaire. Lu par un habitant du pays sur huit, ce journal s'est lancé dans une campagne contre "la folie de la minceur" que véhiculerait le show de ProSieben.

 

Interrogés par le quotidien, des médecins et des responsables politiques se sont relayés pour dénoncer les sous-entendus malsains de l'émission. "Elle suggère qu'on peut obtenir une silhouette de mannequin grâce à un régime et à un tourment permanents", a déploré le docteur Harald Imgart, spécialiste de médecine psychosomatique. Comme dans de nombreux pays européens, le phénomène est préoccupant en Allemagne. Environ 100 000 jeunes filles et jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans souffrent de maigreur endocrinienne. Elles sont six fois plus, au- dessous de 35 ans, à être atteintes de boulimie, selon des statistiques officielles. Une experte en politique familiale du Parti libéral, qui siège dans l'opposition, a demandé que l'émission soit supprimée.

 

Heidi Klum a jusqu'à présent tenu bon face à ces critiques. Connue pour ses courbes et ses formes généreuses, elle s'est servie de son exemple personnel pour tenter de démontrer qu'il n'est pas nécessaire d'être maigre pour réussir sur les podiums. Cela dit, a-t-elle admis dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel, le métier de mannequin, qu'elle exerce depuis 1992, est difficile et exigeant. "Qui décide des règles ? Ce n'est pas moi, c'est le monde de la mode", se défend-elle.

 

Alors que des professionnels l'ont accusée de susciter de faux espoirs de carrière chez les jeunes Allemandes, l'intéressée a répondu que son émission est destinée à placer les candidates dans les conditions réelles du métier. Non contents de maintenir le programme, les responsables de ProSieben ont décidé d'en doubler la durée à partir du 15 mars, afin de tirer profit de l'attention médiatique provoquée par la campagne de Bild.

 

Ce journal n'entend pas en rester là. Dans son édition du 7 février, il a publié un article destiné à rameuter les "vraies" top-models de demain : "Maigrelettes s'abstenir !" La lauréate gagnera une séance photo. Ce "coup" est réalisé en collaboration avec RTL, le groupe audiovisuel allemand rival de la maison mère de la chaîne diffusant l'émission de Heidi Klum. Cette entreprise, ProSiebenSat1, a été récemment convoitée par le propriétaire de Bild, Axel Springer. En vain. De là à ce que la campagne anti-Klum soit une vengeance...

 

Antoine Jacob

 

Article paru dans l'édition du 09.02.06

 

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Published by eixerona - dans Revue de presse