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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 16:34

Halte à la tyrannie du XXS!

 

 

Depuis décembre 2005, une loi adoptée par la province de Buenos Aires, en Argentine, impose aux fabricants de vêtements comme aux détaillants de proposer toutes les tailles à leurs clients - et pas que les plus petites. Objectif affiché: dissuader les jeunes filles de s'infliger des régimes draconiens pour enfiler des robes riquiqui. L'Argentine est, après le Japon, le pays où les troubles alimentaires font le plus de ravages.

 

 

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Published by Lyla - dans Revue de presse
22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 16:29

 

Anorexie: les victimes de la mode

 

Anne Vidalie

 

LEXPRESS.fr du 19/01/2007

 

 

 

Depuis que deux mannequins sont morts de dénutrition, le monde des défilés commence à se préoccuper de la maigreur des filles des podiums. Et les médecins s'inquiètent pour la santé des adolescentes

 

 

Quand Sylvie Rouer-Saporta regarde un défilé de mode, elle ne prête guère attention au tombé des tissus ni à l'audace des coupes. L'œil de ce médecin spécialiste des troubles du comportement alimentaire décèle en revanche l'hypertrophie des glandes sous-maxillaires, "qui fait aux mannequins des petites joues de hamster", et les fissurations que dissimule le maquillage, à l'angle de leurs lèvres, "signes de vomissements à répétition". "Ces symptômes sont caractéristiques de l'anorexie", précise-t-elle.

 

 

Madrid donne le ton

 

Anorexie. Un mot entré par effraction dans l'univers ultra glamour de la mode. Un mot qui effraie, après les décès, l'an dernier, de l'Uruguayenne Luisel Ramos et de la Brésilienne Ana Carolina Reston, deux jeunes mannequins vaincus par la dénutrition. Un mot qui fâche, aussi, alors que le carrousel des défilés repart - haute couture à Paris du 22 au 25 janvier, puis prêt-à-porter féminin à New York, Londres, Milan et Paris, du 2 février au 5 mars.

 

Le premier coup de semonce est venu de Madrid. En septembre 2006, le gouvernement régional a pris à rebrousse-poil créateurs et agences de top-modèles en bannissant les filles trop maigres des podiums de la Pasarela Cibeles, le Salon ibérique de la mode. Motif: l'exemple est désastreux pour les adolescentes espagnoles.

 

Les responsables de la São Paulo Fashion Week, le plus grand événement de la mode sud-américaine, lui ont aussitôt emboîté le pas. Même le temple milanais de la mode a suivi le mouvement. Fin décembre 2006, les professionnels et le gouvernement ont signé un code de bonne conduite qui exige des mannequins un certificat médical. Le très redouté Conseil des designers de mode d'Amérique, s'il a refusé d'imiter les Italiens, a tout de même décidé, la semaine dernière, d'envoyer des recommandations à ses ouailles.

 

 

Paris et Londres font de la résistance.

 

"En réglementant le poids des mannequins, on se donnerait bonne conscience, mais on ne résoudrait pas un problème de santé publique aussi grave que l'anorexie, tranche Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture et du prêt-à-porter. A moins que le ministère de la Santé ne nous sollicite." Rien à craindre de ce côté-là. En septembre dernier, le gouvernement avait promis la création d'un groupe de travail sur "l'image du corps", censé, notamment, favoriser "le recours à des mannequins de corpulence ne promouvant pas la maigreur". Il est toujours dans les limbes.

 

Agences de mannequin et couturiers sont, pour la plupart, allergiques à toute réglementation. "Ne tuons pas la liberté dont se nourrit la création artistique, avertit la styliste Nathalie Rykiel. Et n'oublions pas que les critères de la beauté ont changé: l'époque est à la vitesse, si bien que, pour le fuselage des avions comme pour le corps des femmes, on gomme tout ce qui dépasse, tout ce qui ralentit." Cyril George-Jerusalmi, directeur de l'image de l'agence Ford, lui, montre du doigt les starlettes et autres jet-setteuses faméliques qui font la Une des magazines people. "Aujourd'hui, les mannequins en vogue sont inconnus dans les cours de récréation. C'est à Nicole Richie et à Victoria Beckham que les filles veulent ressembler."

 

Quelques voix discordantes s'élèvent pourtant. "C'est bien de poser des garde-fous, estime Pauline Hervey, directrice de l'agence City Model. Quelques filles s'infligent des régimes déraisonnables." Un point de vue partagé par l'Espagnole Irène Salvador, top et animatrice de télévision: "Parfois, les filles se sentent coincées, surtout les étrangères, qui envoient de l'argent à leur famille: elles sont prêtes à maigrir pour pouvoir travailler."

 

Croix de bois, croix de fer, il n'y a pas plus d'anorexiques sur les podiums que dans la vraie vie, jurent les professionnels. "La plupart des filles sont naturellement très minces parce qu'elles ont des ossatures très fines et qu'elles sont, c'est vrai, de plus en plus jeunes", avance la créatrice Chantal Thomass. Ce n'est pas l'avis de ce photographe de mode qui se confie sous couvert d'anonymat: "Les filles font peur tellement elles sont maigres. A croire qu'elles sont malades." C'est le cas, selon le Dr William Lowenstein, spécialiste des addictions: "Avec une alimentation normale, on ne peut pas avoir la silhouette des mannequins qui défilent sur les podiums. A moins d'avoir 14 ans, de prendre des laxatifs ou des diurétiques, de se faire vomir ou de souffrir d'hypermétabolisme!"

 

Les médecins sont inquiets. Pour les intéressées, bien sûr, mais aussi pour les adolescentes qui dévorent les magazines de mode. "Ces images les influencent, souligne le Dr Marie-France Le Heuzey, psychiatre à l'hôpital Robert-Debré, à Paris, et auteur de L'Enfant anorexique (Odile Jacob). Comment expliquer autrement la mondialisation des troubles du comportement alimentaire et le rajeunissement des malades, qui ont parfois 10 ou 11 ans?" Justine D., 17 ans, qui raconte sa descente dans l'enfer de l'anorexie dans Ce matin, j'ai décidé d'arrêter de manger (Oh! Editions), en témoigne: "J'adorais regarder la chaîne Fashion, lire les pages mode des journaux. Moi aussi, je voulais être belle et mince." Elle a perdu 35 kilos.

 

 

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 16:12

Models réduits

 

 

Toujours plus minces et plus jeunes, les filles des podiums exercent-elles un métier à risque ? Deux mois après la mort d'une Brésilienne et à trois jours des présentations haute couture, enquête sur le marché très opaque du mannequinat.

 

Par Françoise-Marie SANTUCCI

 

QUOTIDIEN : vendredi 19 janvier 2007

 

 

 

Un défilé, c'est «six mois de travail résumés en douze minutes de show», dit  Nathalie Rykiel, fille de Sonia et directrice artistique du groupe Sonia Rykiel. Donc, frapper fort. Marquer la rétine des centaines d'acheteurs et journalistes. «C'est un moment paroxystique qu'il faut prendre avec la même distance que lorsqu'on lit un livre», ajoute-t-elle. Sur les podiums, pourtant, la maigreur des mannequins les transforme en presque mutantes. «Le corps "mode" d'aujourd'hui, c'est une silhouette faite au moule, d'une étroitesse incroyable, avec des bras et des jambes interminables, un cou très long et une très petite tête», expliquait Karl Lagerfeld, directeur artistique de Chanel, dans un entretien à Libération (28 janvier 2005).

 

 

Qui monte sur les podiums ?
Quand hier s'épanouissaient des Linda Evangelista ou Naomi Campbell, grandes gueules et belles carrures, les mannequins de notre époque ont rétréci. Selon Maïda Grégory-Boïna, directrice de casting pour Calvin Klein et Jil Sander, la top doit mesurer au moins 1,78 m, avec 59 à 61 cm de tour de taille, 90 cm maximum de hanches et «surtout pas de poitrine». Gare à celles qui débordent. Avant, rappelle le directeur de casting d'une agence de mannequins, un créateur retouchait ses robes s'il voulait vraiment «booker» une fille un peu ronde, alors que le designer 2007 n'hésite pas à dire : «Elle n'est pas mal, mais pourrait perdre deux ou trois kilos» ­ la mannequin en question mesurait 1,77 m pour 52 kg. Sur les défilés se succèdent donc, dans une sorte de duplicata géant du format «planche à pain», des filles qui se ressemblent toutes. Etiques et anonymes. C'est l'autre différence qui nous sépare les années 80 et 90. Elles ne sont plus des stars. Qui connaît le nom de Mariacarla Boscono, d'Irina Lazareanu ou de même de Lily Cole ? Parmi les plus demandées ces dernières saisons, elles n'arrivent pourtant pas, sur le plan de la célébrité, à la cheville de Kate Moss, l'unique rescapée des années dorées. «Ce métier ne fait plus autant fantasmer, même si tant de gamins rêvent d'être des stars», dit Cyril Brulé, directeur de l'agence Viva et vice-président du Syndicat des agences de mannequins. Jadis assez mal vue, la mode attirait des filles rock'n'roll ou en rupture de ban, de Twiggy à Kate, de Naomi à l'aristocrate Stella Tennant. Aujourd'hui vulgarisée à outrance, la carrière de «portemanteau» séduit peu de Françaises et d'Occidentales, mais surtout des filles du «deuxième monde» , dit Natalia Vodianova, la star du milieu. Et elles sont nombreuses à se presser au pied des podiums. Lors de la semaine du prêt-à-porter, début octobre à Paris, environ 1 500 cachets ont été versés par les maisons de couture ; sachant que les mannequins font jusqu'à 10 ou 15 défilés par fashion week, elles sont donc une centaine à briller. Avec des horaires démentiels (jusqu'à trois heures du matin pendant les essayages ­ «fittings» ) et des cachets variant de 800 à 12 000 euros par défilé.

 

 

Pourquoi sont-elles si maigres ?
Ça paraît couler de source mais rappelons-le : «Une femme très mince porte mieux le vêtement», dit Nathalie Rykiel. Et pour un Jean Paul Gaultier qui a souvent choisi, en sus des mannequins «classiques» (donc maigres), des corps différents ; pour un John Galliano attiré par des physiques hors normes, combien, y compris parmi les chantres des rondeurs, font le choix de la maigreur ? Ainsi, Christian Lacroix et ses formes généreuses, à la Maillol. «J'ai été marqué dans ma jeunesse par les images des rescapés des camps de concentration, nous dit-il ; pour moi la maigreur n'est pas un signe de bonne santé.» Pourtant, selon le directeur de casting d'une agence de mannequins, Lacroix sélectionne peu ou prou «la même cabine que Chanel» (la «cabine», ou coulisse du défilé, désigne aussi l'ensemble des mannequins choisi par telle maison). Soit : des fils de fer. Selon Maïda Grégory-Boïna, «depuis que j'ai commencé ce métier, ça ne fait que rétrécir ; moi qui cherche des new faces, je ne trouve que des squelettes dans les agences de mannequins. Alors oui, c'est frais et jeune, mais d'un transparent !». 

 

Y aurait-il, comme l'avance l'un de nos interlocuteurs, «une alchimie subtile de dix à quinze designers pour promouvoir les maigres» ? Oui et non. Si l'on ne croit guère à la thèse, parfois avancée, du «complot» ourdi par des designers homosexuels qui «n'aimeraient pas les femmes», et conseillés par des rédactrices de mode «fanées, obsessionnelles de leur poids et jalouses», il est exact de voir, dans cette fixette pour les allures de passe-lacet, l'empreinte de plus en plus grande, au sein des maisons de couture, de décideurs «prêts à tout pour créer une image qui marque», dit Etienne des Roys, directeur de l'agence Karin . Et dans cette escalade du «look qui tue», «la gamine maigrichonne» tient la corde, loin devant «la fille épanouie de 19 ans». Si l'on ajoute l'influence, énorme dans ce milieu, d'un Hedi Slimane (Dior Homme) ou d'un Nicolas Ghesquière (Balenciaga), chantres des corps étriqués, rock et androgynes à la manière de Patti Smith ou de Mick Jagger, se dessine alors une morphologie «tendance», qui frôle plus la taille 34 que le «normal» 38 ou 40 (contacté par Libération, Nicolas Ghesquière «ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet» ). Doit-on y voir une sorte d'encouragement à l'anorexie ? Pas vraiment. Car une «vraie» mannequin, tout le monde s'accorde à le dire, est avant tout une fille qui «bouffe ce qu'elle veut sans prendre un gramme, comme Gisèle Bündchen ou Natalia Vodianova», affirme Maïda Grégory-Boïna: le risque de désordre alimentaire concernerait plutôt la jeune fille lambda qui, n'ayant pas le métabolisme idoine, «forcerait quand même son destin» .

 

 

Pourquoi sont-elles si jeunes ?
Comme le dit Lionel Vermeil, attaché de presse de Jean Paul Gaultier, «l'anorexie est une vraie question, mais qui cache un problème plus grave encore : les mannequins sont bien trop jeunes». C'est l'une des clés de la morphologie actuelle (1) : ces filles maigres comme des clous ne sont pas encore formées. Est-ce pour cela qu'on les recrute si jeunes ? En partie. Ces grandes tiges entrent à merveille dans les pantalons taille 34. Mais attention aux formes : combien de fois, raconte Maïda Grégory-Boïna, la phrase «She's too busty» (elle a trop de seins) fuse lors de castings où ne se pressent pourtant que des limandes. L'abaissement de la moyenne d'âge, depuis environ deux ans, découle aussi du fait que «nos clients voulant des mannequins chaque fois nouveaux, on les cherche de plus en plus jeunes», dit Chantal Sellati, directrice de l'agence Marilyn. Soit 16 ou 17 ans. Parfois 14 ou 15 ans. Ce sont elles qui se bousculent aux portes des agences. «Quand je dis à une fille de 14 ans et demi: "Tu es trop jeune", explique Véronique Rampazzo, de Marilyn, elle me répond: "Oui mais machine, qui a 15 ans, travaille beaucoup." Le rapport de forces change, parce qu'il y a des salopards qui font venir des filles très jeunes et des agences qui les font travailler : en tant que femme, je trouve ça choquant.» 

 

Ainsi va le marché du casting, sorte de miroir à peine déformant de l'offre et de la demande capitaliste : des filles de plus en plus jeunes, toujours nouvelles, commençant des carrières à 15 ans et étant «finies» à 17. Evidemment, les requêtes sont assez floues, personne ne dira jamais : «Envoyez-moi la dernière anorexique de 13 ans et demi.» Les maisons de couture parleront plutôt de «la fille du moment» et les agences ­ même si les dirigeant(e)s de plusieurs d'entre elles se disent écoeurés par cette inflation prépubère ­ sauront anticiper. «Si vous faites bien votre travail, vous connaissez la tendance ; vous savez que si vous envoyez une fille de 20 ans légèrement potelée à un casting, elle n'a aucune chance», dit Etienne des Roys, de Karin.

 

 

Y a-t-il de drôles de combines ?
Cette traque de «la» fille du moment touche la profession entière, les grands groupes comme les indépendants. Ainsi, Edouard Schneider, attaché de presse chez Sonia Rykiel, confirme que la maison, s'adressant pourtant aux «vraies femmes», est très attentive aux new faces : la prochaine campagne de pub Rykiel aura d'ailleurs le visage d'Anna-Mariya Urazhevskaya, une Russe de 15 ans qui a fait un malheur cet automne à Milan et à Paris, défilant une dizaine de fois dans chaque ville, bookée par les plus grands... Pourtant, si l'on veut faire travailler une mineure de moins de 16 ans, la loi française est très stricte. Nombre d'heures maximum, autorisations en tout genre et surtout, pour les agences, nécessité de disposer d'un «agrément enfants», renouvelable tous les ans et soumis à un contrôle drastique (dont une enquête de moralité menée par la brigade des mineurs de Paris). Or certaines acrobaties ont cours. Etranges. Des agences comme IMG, ne disposant pas de cet agrément, emploient quand même des mineures. Comment ? En s'arrangeant avec une deuxième agence (agréée «enfants» celle-là) qui facture les prestations délivrées par IMG. (Sollicité par téléphone et par mail, le responsable d'IMG ne «peut pas donner suite» à nos questions.)

 

Ces pratiques irritent nombre d'acteurs de la mode, qui rêvent que l'inspection du travail éclaircisse le paysage. Ça tombe bien : durant la semaine du prêt-à-porter, début octobre, l'inspectrice du travail en charge, à Paris, des agences de mannequins a effectué des contrôles chez Chanel et Sonia Rykiel ­ et par ricochet dans les agences. Objectif de l'inspectrice Astrid Barthélémy ? Vérifier que l'emploi des top-models, notamment mineures, respectait le cadre de la loi. Justement : ces facturations d'une agence par une autre, est-ce légal ? Elle reste assez évasive, précisant toutefois qu'un «contrat commercial est possible entre deux agences». A-t-elle remarqué des irrégularités ? Tenue à la réserve, puisque le dossier est en cours, elle explique malgré tout que «beaucoup de jeunes filles d'origine étrangère échappent à la visite médicale, obligatoire pour les mineures» . Ces gamines vont et viennent, peut-être au sein d'agences surbookées, et Astrid Barthélémy, seule à Paris pour s'occuper de toutes les agences de mannequins (en sus des «enfants du spectacle» qu'elle a aussi en charge), avoue ne «pas pouvoir tout contrôler». Ainsi, même si elle estime, pour se rendre souvent dans les «cabines» des grands couturiers, que la maigreur y est «problématique», impossible qu'elle y effectue des visites avec un médecin du travail. Ce n'est pas prévu ainsi ; et les moyens manquent.

 

 

Pourquoi sont-elles prêtes à tout ?
«Quelqu'un de normalement constitué dans un pays développé n'enverrait pas sa fille de 14 ans à l'autre bout du monde pour être mannequin ­ enfin, moi je ne le ferais pas», dit Véronique Rampazzo, de Marilyn. Un point de vue partagé par la plupart de nos interlocuteurs. Elles sont pourtant légion, ces gamines, à rêver d'enfiler des talons aiguilles, de parader sur des podiums glissants. Dans l'ex-URSS prolifèrent des chasseurs de jolies têtes, qui louent des hangars en rase campagne et reçoivent les centaines d'adolescentes alentour qui se pressent aux castings, impatientes d'échapper à leur sort, «de décrocher un contrat L'Oréal, sorte de Graal des pays pauvres», dit Cyril Brulé. Il nous montre ces DVD compilant des images de gamines blondes, maigres dans leurs maillots de bain, tenant leur petite pancarte: «J'en reçois des dizaines par mois», dit-il. Sa collègue de Marilyn, Chantal Sellati, raconte «l'énorme pression des jeunes filles, des agents, des parents, pour travailler tout de suite». Et de raconter l'histoire de cette mannequin tombant gravement malade; Chantal téléphone à la maman au Brésil pour l'informer du rapatriement de sa fille et de son traitement: de la cortisone. Réaction outrée de la mère : «Mais ça va la faire grossir !» 

 

Ce n'est pas une exception; les parents nous sont décrits, par l'inspectrice du travail jusqu'à Nathalie Rykiel, comme «souvent diaboliques», «prêts à tout pour que leurs enfants défilent». Et ne comprenant pas, puisque venant de pays où la scolarité n'est pas obligatoire et le travail des enfants non réglementé, qu'on restreigne leurs ambitions. Comment s'étonner, après, que ces gamines qui portent l'espoir de toute une famille ne s'astreignent pas à des vies obsessionnelles ? Gardent l'équilibre alors que rythme de travail s'emballe, que les sollicitations, de fêtes en cocktails, sont constantes ? Fernanda, une Brésilienne de 14 ans, n'en est pas encore là : «Quand j'ai commencé, il y a quelques mois, je jouais à la poupée et lorsque je marchais une heure sous la pluie pour aller au sport, je rêvais d'être au fond du canapé avec maman. Mais mes parents sont pauvres, je me dis que ce métier, c'est l'occasion de les aider.» 

 

 

(1) Dans un croisement androgyne, les mannequins garçons, tous graciles, sont également plus jeunes qu'avant.

 

 

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 22:01

Dimanche 21 janvier

 

 

On pourrait penser qu’un lendemain de crise on pète la forme vu l’apport énergétique phénoménal. Même pas.  Le psychique est déprimé, on s’en veut encore d’avoir mangé, on se traite de grosse vache, on se dit que c’était la dernière crise. Le physique n’est pas dans un meilleur état : le corps a du mal à prendre en charge toute cette nourriture grasse et sucrée. Résultat extrême fatigue. 

 

 

Conséquence traînage au fond de son lit avant de squatter encore en pyjama l’ordinateur. Envie de voir personne car impression d’avoir doublée de volume.

 

 

Petite sortie en fin d’après-midi avec ma mère pour aller acheter des cadres dans une sorte de bazar. Trop de monde, l’angoisse monte, j’étouffe. Une seule envie rentrer.

 

 

Retour à la maison, machinalement j’ouvre le frigo est mange pour calmer ces fichues d’angoisses. Petite crise qui reste trop grosse. Crise que je garde car ma mère est là aujourd’hui. Et puis j’avoue que je suis trop fatiguée pour tout rejeter.

 

 

C’est triste, mon apparence extérieure n’a plus rien d’anorexique. Je suis normale, poids barre. Mais le corps lui subit : toutes les articulations sont douloureuses, grosse fatigue, moral à zéro.

 

 

Ce soir il faudra sourire malgré tout, cacher cette crise honteuse de fin d’après-midi.

 

 

Je crois que mardi je vais redire encore à ma psychiatre que je me sens plus que mal, que les crises vont finir par me faire la peau.

 

 

Envie de dormir, le plus longtemps possible, et se réveiller avec 10 kilos de moins.

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 18:35

Combien de calories, cet écran de pub ?

 

 

Nous avons pris, au hasard, un programme pour enfants sur tf1 et sur France 3. Sur chacun des deux chaînes, trois pages de pub en une heure.

 

Sur tf1, des spots pour 4 paquets de céréales, 1 barre de céréales, 3 laitages (1 fromage et 2 yaourts), 1 fast-food, 3 paquets de bonbons et 1 marque de chips.

 

Sur France 3, 4 paquets de céréales, 1 barre de céréales, 2 laitages, 1 fast-food et 3 paquets de bonbons.

 

A peu de chose près, dans les deux cas, les mêmes produits vantés. Nous avons additionné les calories de chaque produit, non pas dans leur intégralité, mais dans la dose conseillée par l’annonceur. Ainsi 35 g de céréales et 125 ml de lait écrémé sont toujours donnés à titre d’exemple sur les paquets de Kellogs et les produits Nestlé. Au finish, en une heure de pub, nous avons obtenu 2020 kcal sur tf1, contre 2255 pour France 3, soit à peu près l’apport calorique nécessaire chaque jour à un enfant entre 10 et 13 ans. Sans avoir ingurgité fruit, légume, viande ou poisson.

 

 

Stéphane Edelson. Marianne n°509 du 20 au 26 janvier 2007

 

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 12:59

Qui dort ne dîne pas

 

 

D’après des chercheurs américains, pour maigrir il suffirait peut-être de dormir…Une heure de sommeil consomme davantage de calories qu’une heure passée devant la télé, à l’ordinateur ou à ne rien faire…

 

Troquer soixante minutes d’inactivité contre une heure de sommeil : un moyen inattendu de faire pencher la balance du bon côté.

 

 

Source : Est magazine, 21 janvier 2007

 

 

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 22:36

Un samedi formidable (ironie bien sûr). Poids identique à celui d’hier. Matinée devant les séries jeunesses de France 2 jusqu’à ce que ma mère me mette en bas du lit pour emmener le chien faire ses besoins. Rien de mieux pour commencer la journée, j’en rage encore de ne pas avoir vu la fin de mon épisode.

 

 

Un bol de lait écrémé, deux clémentines et je retourne me réfugier au fond de mon lit. Finalement je n’y reste que cinq petites minutes. J’enfile mes fringues de travaux et je continue ma peinture. Je termine mon mur en teinte chocolat noir. Je suis fière de moi. Et puis c’est des calories en moins.

 

 

Déjeuner léger, déjeuner rituel : soupe, yaourt 0% et une pomme.

 

 

Début d’après midi je m’enferme dans la salle de bain pour me pomponner. Je tente d’oublier ce corps qui m’encombre, ce corps qui me répugne. Je profite du séchage de mon masque à l’argile pour écrire une longue lettre à l’une de mes amies hospitalisée actuellement pour anorexie.

 

 

15h je vais me promener avec mon chien sous le ciel gris. Par moment se lèvent des bourrasques de vent, mes cheveux volent.

 

 

Je rentre à la maison et je fais la chose que je n’aurais jamais dû faire : j’ouvre le frigo. Un reste de tarte flambée me fait les yeux doux. J’en prends un petit bout, puis un autre. Tout est avalé. Le processus de la crise est lancé. Je me prépare un café au lait bien chaud et sors les petites briochettes que personne ne veut. Je trempe et j’avale. Combien j’en avale ? Aucune idée. Je continue avec un sandwich composé d’une tranche de jambon et de deux tranches de pains de mie. J’ajoute un pain au chocolat. Je chauffe un chocolat chaud que je monte dans ma chambre avec des compotes.

 

 

Je mets en place mon vomitoire devant la télévision. J’attends un peu que l’estomac travaille puis je finis par mettre mes doigts au plus profond de la gorge et je vomis. J’en bave, je suis nulle dans cette discipline, en général je préfère ne pas manger. Mais voilà les crises j’en ai marre. Manger sans avoir faim et sans plaisir non merci. Ca fait grossir. Je ne veux pas. Vomir sa crise ne fait pas maigrir mais ça évite de grossir. Je mets un temps fou pour vomir. Mal aux dents, mal à la gorge. Je sais que c’est mauvais mais un kilo supplémentaire serait une véritable catastrophe. La chose terminée, je ferme le sac poubelle.

 

 

Pour plus de précaution j’avale des laxatifs. Ce samedi c’est la totale, c’est pathétique. Je ne peux m’en empêcher.

 

Je finirais par faire du vélo pour me dépenser le plus possible.

 

 

Soirée à nettoyer et à ranger ma chambre, tout doit être net.

 

Je ne veux qu’une chose oublier cette journée, perdre des kilos, oublier mon mal-être.

 

 

 

 

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Published by Lyla - dans Carnet de route
20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 22:33

 

Retour à un ersatz de journal.

 

Carnet de route sera une rubrique qui accueillera mes confidences, mes expériences, ma vie avec les TCA.

 

Ce ne sera pas un journal intime, lui est ailleurs, protégé des regards car on ne peut pas tous partager sur internet. Juste besoin d’évoquer ma vie avec mes troubles alimentaires pour montrer dans l’enfer qu’une malade d’anorexie peut vivre, pour montrer que même la volonté est là on ne guérit pas forcément.

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:19

 

La maigreur excessive des mannequins

L’Est Républicain jeudi 18 janvier 2007

 

 

L’association des couturiers américains a mis en place un comité chargé de s’attaquer au problème de la maigreur excessive des mannequins. Le groupe devrait publier une série de recommandation à l’intention des créateurs de mode, agences de mannequins et sociétés de production, avant que ne démarrent les castings pour la semaine des défilés de New York prévue du 2 au 9 février, a indiqué le Conseil des créateurs de mode d’Amérique (CFDA). Le débat sur le poids des mannequins agite le monde de la mode depuis la décision des autorités madrilènes en septembre d’exclure des défiles les jeunes femmes trop maigres, accusées de donner le mauvais exemple à la jeunesse. La polémique s’est intensifiée avec la mort d’un mannequin, Ana Caroline Reston, décédée, en novembre d’anorexie. Depuis la « Fashion Week » de Sao Paulo a annoncé le lancement d’une campagne d’information sur l’anorexie pour son édition de janvier.

 

 

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:16

 

Les mannequins trop maigres de nouveau proscrites des défilés madrilènes

Les mannequins trop maigres seront à nouveau écartés des défilés de mode madrilènes de février, ont annoncé les organisateurs, qui avaient créé un précédent en septembre en excluant les jeunes femmes trop squelettiques.
Lors des défilés de la saison automne-hiver 2007-08, organisé du 12 au 16 février dans la capitale espagnole, ne seront acceptées que les mannequins dont l'indice de masse corporelle (IMC, le poids en kilos divisé par la taille au carré) est supérieur à 18, a indiqué l'une des responsable de la Pasarela Cibeles, Cuca Solano à l'agence espagnole Europa Press.
Un IMC supérieur à 18 correspond à plus de 56 kg pour 1m75.
Les autorités régionales de Madrid ont décidé d'écarter les jeunes femmes trop maigres considérant qu'elles peuvent donner un mauvais exemple face à une augmentation des cas d'anorexie chez les jeunes femmes.
Cette mesure sans précédent avait été appliquée pour la première fois lors des défilés de septembre à madrid, générant un débat sur le poids des mannequins, qui agite depuis le monde de la mode.
La polémique s'est intensifiée avec la mort d'un mannequin brésilien, Ana Carolina Reston, décédée en novembre d'anorexie.
Les créateurs de mode américains ont adopté vendredi des recommandations pour répondre au problème préoccupant des mannequins trop maigres mais se sont abstenus de les proscrire des défilés, précisant qu'un mannequin très maigre n'est pas forcément anorexique.
En Espagne, un site internet qui incitait à l'anorexie à travers un concours pour perdre du poids a fermé cette semaine face aux protestations du gouvernement régional de Madrid et des autorités sanitaires espagnoles.
 
AFP - samedi 13 janvier 2007
 
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Published by Lyla - dans Revue de presse