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J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 17:28
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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 17:10
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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 16:55
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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 12:58

Plus d'hyperphagie que de boulimie et d'anorexie aux USA

 

source : Associated Press le 01/02/2007 16:36 auteur : --par Jesse Harlan Alderman—

 

 

Aux Etats-Unis, l'hyperphagie alimentaire, qui consiste à ingérer des quantités déraisonnables de nourriture sans chercher à l'éliminer en vomissant par exemple, représente le trouble alimentaire le plus fréquent, loin devant l'anorexie et la boulimie, selon une étude officielle américaine publiée jeudi dans le journal médical "Psychiatrie biologique".

 

Elle souligne que 3,5% des femmes et que 2% des hommes souffrent de ce trouble, caractérisé comme une ingestion incontrôlée de nourriture, recherchée bien au-delà de la sensation de satiété, et qui survient au moins deux fois par semaine.

 

En revanche, moins de 1% de femmes et 0,3% d'hommes se voient diagnostiquer une anorexie, désordre où la peur excessive de prendre du poids entraîne sous-alimentation et malnutrition parfois mortelle. Et pour la boulimie, qui se traduit par une suralimentation immédiatement suivie de vomissements, la proportion est de 1,5% chez les femmes et 0,5% chez les hommes.

 

Le Dr Harrison Pope, de l'hôpital McLean, un des auteurs de l'étude, affirme que les hyperphages présentent des risques importants d'obésité et de maladies apparentées, notamment de diabète, de maladies cardio-vasculaires, d'accident vasculaire cérébral et de certains cancers.

 

Un hyperphage, par exemple, peut très bien prendre un repas complet, suivi d'une part de glace en dessert, suivi d'un paquet de chips, sans être capable de s'arrêter, explique Harrison Pope. "C'est un peu comparable à ce que vous pourriez entendre chez un alcoolique, quand il vous dit 'je ne voulais boire qu'un verre' et qu'il en a avalé 12, jusqu'à tomber par terre", poursuit-il. "Même si ils se sentent rassasiés, même s'ils sont dégoûtés d'eux-mêmes et qu'ils se sentent coupables, ils ne peuvent pas s'arrêter."

 

Le Dr James Hudson, premier auteur de l'étude et professeur de psychiatrie à l'école de médecine de Harvard, appelle les professionnels de santé à s'intéresser davantage à ce comportement alimentaire. "Ces résultats soulignent que l'hyperphagie est fréquente. C'est un comportement alimentaire plus fréquent que les deux autres et très solidement associé à l'obésité", souligne-t-il. "Il s'agit d'un véritable trouble du comportement alimentaire qui devrait être traité comme tel."       

 

L'étude a été notamment financée par les Institut nationaux de santé, les laboratoires Eli Lilly & Co. et la Fondation Robert Wood Johnson. Plus de 9.000 personnes ont pu être interrogées entre 2001 et 2003 sur leurs habitudes alimentaires et leur profil psychologique. Mais selon James Hudson, cette étude sous-estime probablement le nombre réel de personnes atteintes de troubles des conduites alimentaires, les gens ayant souvent honte d'en parler.

 

L'hyperphagie alimentaire est longue à combattre. Les symptômes persistent pendant huit ans en moyenne, comme pour la boulimie non traitée. En revanche, les symptômes de l'anorexie durent moins de deux ans en moyenne et se rencontrent surtout chez des jeunes, qui guérissent en mûrissant.

 

Les hommes et les femmes de 18 à 29 ans sont les plus touchés par l'ensemble de ces troubles. Alors qu'après 60 ans, leur nombre baisse. Selon les médecins, ces trois maladies sont souvent associées à des troubles de l'humeur, dépression et anxiété notamment.

 

Les images que renvoient les mannequins trop maigres, la promotion de la restauration rapide et les prédispositions génétiques sont souvent à la source de ces désordres, souligne l'étude.

 

Selon le Dr Timothy Walsh, qui dirige l'unité de recherche sur les troubles du comportement alimentaire à l'hôpital psychiatrique de l'Etat de New York (centre médical de l'Université Columbia), l'étude confirme l'augmentation du nombre de personnes souffrant d'hyperphagie aux Etats-Unis. Il estime que si ce comportement constitue l'une des causes de l'obésité, les psychiatres pourraient traiter de façon plus efficace beaucoup de ces personnes obèses.

 

 

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 11:55

« J’ai envie de vivre »

 

 

En souvenir d’une camarade décédée à l’âge de 23 ans, la Nancéienne Virginie Machado, elle aussi anorexique pendant des années a créé l’Association Céline.

 

 

Virginie Machado a 29 ans. Diplômée d’un DEA d’histoire du Droit, elle prépare l’examen d’entrée à l’école régionale des avocats du Grand Est à Strasbourg. Pour accéder à son rêve « vieux » de 20 ans : devenir pénaliste. En attendant, et pour financer ses études, la jeune femme est hôtesse de caisse à la FNAC. Un parcours courageux qui sera, gageons-le, couronné de réussite, au vu de sa volonté. Un succès d’autant plus mérité que Virginie  a mené pendant des années un combat difficile. Contre l’anorexie. Définitivement gagné en 2004 « Maintenant, j’ai envie de vivre. J’ai un ami qui m’aide vraiment. J’ai longtemps refusé de saisir les mains tendues », chuchote celle qui a flirté avec la mort.

 

 

Par deux fois dans un état critique, elle a été hospitalisée, en 2000 et 2003. « J’étais capable de ne rien avaler, hormis du thé vert, pendant 15 jours ». Résultat elle a pesé jusqu’à 29 kg pour 1.58m. Elle avait 23 ans.

 

 

« Avec le recul, je sais désormais que mes premiers troubles alimentaires sont apparus des années avant ». L’adolescente, mal dans sa peau, explique avoir toujours souffert du regard des autres, à cause d’une malformation des hanches handicapantes. « Et puis, j’étais boulotte ». A 15 ans, elle enchaîne les régimes et les prises de poids. « Un vrai yoyo »

 

 

Son installation à Nancy dans le cadre de ses études en 1996, la fait basculer dans un sentiment de désespérance et de solitude plus grand encore. En 2000, la maladie est installée. « C’est comme une dualité dans vitre tête. Une part consciente du danger vous conjure de reprendre du poids. Tandis que la voix anorexique vous commande de résister. C’est épuisant. Une sorte de bataille acharnée de tous les instants. On se sent seul, on ne veut rien entendre des autres ». En tout cas de ceux qui ne sont pas concernés.

 

 

« Seule la parole d’une ex-anorexique m’aurait fait du bien à l’époque ». Raison pour laquelle, elle a crée en mai dernier une association sobrement intitulée Céline. D’un prénom d’une « camarade » rencontrée lors d’une hospitalisation, décédée il y a un an. « Ce projet nous tenait à cœur toutes les deux. Je suis finalement allée au bout, seule. Une façon de perpétuer son souvenir, mais aussi d’exprimer ma révolte contre la maladie ».

 

 

L’association Céline, a pour objet d’informer et d’orienter vers les services spécialisés les personnes malades, leurs familles et proches. De leur apporter du réconfort. « Pour la parole et mon expérience. Je suis en mesure de comprendre même si chaque cas est différent. Je peux aussi leur montrer qu’il est possible de s’en sortir. De guérir ».

 

 

Virginie visite les patients hospitalisés au service de l’hôpital central ou à domicile. Elle aimerait faire de la prévention dans les établissements scolaires. Monter des groupes de paroles. Elle est à la recherche de bénévoles susceptibles de l’épauler. Un local aussi, « pas trop cher ».

 

 

« Les parents doivent se montrer vigilants. Repérer au plus tôt les signes déclencheurs. Cela commence par les pesées régulières d’aliments puis des restrictions de plus en plus draconiennes et en parallèle, une hyperactivité. Les anorexiques ne se contentent pas de suivre des régimes rigoureux. Ils font énormément de sport, de la marche, des abdos pour perdre encore plus de poids. Moins la maladie a le temps de s’installer, plus les chances de guérison sont rapides ».

 

 

Valérie RICHARD, L’Est Républicain, mercredi 31 janvier 2007-02-02

 

www.associationceline.org

 

 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 15:45

Déjà un kilo en moins, j’espère sincèrement que les autres vont suivre.

 

Les maux de ventre persistent, vive les règles douloureuses. Il y a fallu que j’hérite de ça…comme ma mère et ma sœur. Malgré les cachets ça ne passe pas. J’ai cru que je ne pourrais jamais réussir à rentrer à la maison tout à l’heure, j’étais pliée en deux. Envie de m’écrouler dans la rue et de pleurer.

 

 

8h35 du matin je prends mon train. Trop de monde à mon goût. Je me sens observée (me voilà à jouer les paranoïaques.) J’arrive trop tôt à Nancy alors je marche.

 

 

Ma psychiatre est un peu en retard.. Une fois de plus devant elle je ne sais plus quoi dire. J’évoque mes compulsions, l’anorexie…mais impossible de trouver la fluidité que j’ai à l’écrit. Je bafouille, je ne sais plus quoi dire. Je me répète en disant que je ne supporte plus les compulsions, que la plupart sont dues à des émotions mal gérées mais que le week-end dernier j’en ai fait sans raisons particulières. Une vraie toxico de la bouffe. Manger me tue, les idées noires sont là, le corps n’est même plus capable de suivre mon rythme de vie, je me punie par la lame pour ne pas oublier que chaque crise est une honte. Voilà ce que j’aurais du dire à ma psy…

 

 

Ma psychiatre m’a parlé d’une thérapie familiale, que ce serait intéressant d’en entreprendre une en parallèle du travail que je fais avec elle. Je lui réponds que ça ne me pose pas de problèmes, que ma mère sera d’accord mais quant à ma sœur j’en doute.

 

 

Le rdv est terminé, je vais flâner dans les boutiques pour me changer les idées. C’est la fin des soldes, il n’y a rien de terrible. Il  n’y a plus ces super offres comme lorsque j’étais au lycée. J’essaie un beau haut, nickel, je me plaisais bien dedans. Mais c’est des salauds dans les magasins ils mélangent discrètement la nouvelle collection avec les soldes.

 

Non pour la nouvelle collection j’attendrais que je sois moins boulotte à mon goût.

 

 

Avant de prendre mon train du retour j’achète un café crème car je suis gelée, ce sera mon repas.

 

A la maison j’avale quelques clémentines en regardant un téléfilm sympa et je fais aussi quelques Windows Colors. Je suis complètement frigorifiée mais pour mon café au lait il faut attendre 16h. Pas avant. C’est stupide quand on y pense.

 

 

J’ai réfléchi à pourquoi un beau jour j’ai voulu perdre un kilo. Je pensais sincèrement que c’était pour être plus jolie sur la plage. Mais  non finalement ce régime a juste servi à combler  mon vide intérieur. La suite on connaît, d’un régime on tombe sous les griffes de l’anorexie.

 

 

 

 

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Published by Lyla - dans Carnet de route
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 21:59

 

On parle trop rarement des 10% de décès de l’anorexie mentale, pourtant ils existent malheureusement. L’anorexie est une maladie qui tue, le corps affaibli lâche ou l’esprit torturé décide d’en finir pour de bon.

 

 

 

Le 09 janvier 2007, Nicole nous quittait.

Sa maman a décidé de créer un blog en sa mémoire pour montrer que guérir de l’anorexie n’est pas une histoire de volonté et qu’on ne doit pas avoir un comportement qui enfoncerait encore plus le malade dans sa détresse.

 

 

 

Repose en paix Nicole, et courage à toute sa famille

http://ninou-pour-toujours.blogspot.com/

 

 

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Published by Lyla - dans Témoignages -articles - commentaires
30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 10:14

Évolution difficile de l'anorexie sévère traitée à l'âge adulte.

Le rétablissement complet de l'anorexie sévère traitée à l'âge adulte est lent et les femmes qui en souffrent ont un risque de mortalité neuf fois plus élevé selon une recherche ayant suivi 111 femmes sévèrement atteintes pendant 12 ans.

L'évolution à long terme de l'anorexie sévère n'est pas très favorable rapportent les auteurs. Beaucoup reste à faire, jugent-ils, pour améliorer les traitements existants et les rendre plus accessibles à ceux qui sont réticents à chercher de l'aide.

Les femmes suivies avaient été hospitalisées pour anorexie à l'âge de 25 ans en moyenne. Les chercheurs mentionnent que les patientes traitées à l'adolescence s'en sortent beaucoup mieux que celles, comme dans cette recherche, traitées à l'âge adulte. Les femmes suivies dans cette recherche présentaient une anorexie inhabituellement sévère et des résistances au traitement. La plupart d'entre elles avaient déjà essayé des traitements auparavant.

Elles ont généralement fait peu de progrès dans les deux ans qui ont suivi le traitement et en ont graduellement fait davantage dans les dix ans qui ont suivi.

Douze ans après l'hospitalisation, presque 30% des participantes étaient encore anorexiques. Un peu plus de 50% n'avaient plus de trouble alimentaire majeur. Sept d'entre elles étaient décédées de diverses causes reliées à la maladie. D'autres recherches ont aussi obtenu des taux de mortalité aussi élevés chez les femmes traitées pour anorexie à l'âge adulte.

SOURCE: International Journal of Eating Disorders, March 2006.

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Published by Lyla - dans Anorexie
28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 20:23

 

Pr Jeammet: "La mode valorise l'anorexie"

Propos recueillis par MARTINE PEREZ

Publié le 24 janvier 2007

http://www.lefigaro.fr

 

Alors qu'un nombre croissant de pays envisagent de réglementer le poids des mannequins, Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université Paris-V, coauteur d'un ouvrage récent sur ce sujet (1), estime dans un entretien au « Figaro » que les mannequins maigres ne créent pas l'anorexie mais la facilitent.

LE FIGARO. - Faut-il réglementer le poids des mannequins ? 

 

 Philippe JEAMMET. - Il y a une dizaine d'années, j'aurais trouvé cela excessif. Ce n'est pas la mode qui crée l'anorexie. La mode contribue à faciliter cette forme d'expression chez des sujets vulnérables, à la justifier et à contribuer à son auto entretien, puisqu'elle est socialement valorisée. Si l'on ne choisit pas d'être anorexique, certains facteurs de l'environnement social en facilitent l'expression. Les mannequins représentent une image en miroir. C'est bien que l'on tape du poing sur la table et que l'on cesse de valoriser les mannequins qui ont une maigreur excessive. Cela permet de poser une limite au plan social. C'est une manière de dire qu'il est anormal et malsain d'être maigre. Mais l'anorexie n'est pas créée par la mode. Elle a d'ailleurs été identifiée dès 1874 par des médecins français et anglais (Lassègue et Gull), alors que les canons de la beauté étaient plutôt les femmes enveloppées. L'anorexie n'est pas un choix, c'est la peur de ne plus pouvoir s'arrêter de manger.

Y a-t-il de plus en plus d'anorexiques aujourd'hui ?

 

Les grandes anorexies qui concernent environ 0,5 % des adolescentes restent stables. Ce qui a augmenté au cours des vingt dernières années, ce sont les formes associées à la boulimie, dans lesquelles les facteurs de vulnérabilité biologico-génétiques sont plus faibles. De plus en plus de jeunes filles sont concernées - environ 5 à 6 %. En réalité, elles supportent mal l'anorexie et basculent vers la boulimie, avec prises alimentaires excessives suivies de vomissements. Elles souffrent aussi souvent de troubles obsessionnels compulsifs et de syndromes dépressifs. Il est très difficile de prédire au départ, face à un début d'anorexie, celles qui vont s'enfermer dans des comportements anorexiques graves. Il faut être très vigilant d'emblée.

 Pourquoi y en a-t-il de plus en plus ?

 

Du fait d'une tolérance globale accrue, il y a de moins en moins besoin de transgresser les règles - notamment sexuelles - pour les adolescents. Nous vivons sous le règne du relativisme généralisé. Tout se vaut. Cette « absence » de règles à transgresser laisse un vide. Pour être visible, pour être vu, il faut être extravagant, aller plus loin, y compris dans la maigreur. L'anorexie, c'est une sorte de fuite en avant dans la mise en scène, pour être remarqué. Les difficultés de trouver des repères s'expriment de la même façon dans certaines formes de violences gratuites. L'excès pour l'excès.

 Que doivent faire les parents ?

 

On ne doit pas laisser un enfant s'enfermer dans un comportement autodestructeur. On doit se battre pour qu'il abandonne les attitudes nocives pour lui. À trop vouloir comprendre l'adolescent, on finit par l'abandonner à ses peurs et à ses émotions. Si on laisse l'anorexie s'installer, elle deviendra de plus en plus difficile à gérer, avec le risque de chronicité. Ce qui est en jeu n'est pas seulement le poids. Bien sûr, la jeune fille est maigre, avec la peau sur les os, mais il y a aussi un rétrécissement de l'ensemble des intérêts de la vie. Tout tourne autour de l'alimentation dans le cadre d'un vécu persécutif, souvent associé à une phobie sociale. Il y a là une fixation sur le poids qui n'est pas apparemment choisie et qui est triste par rapport aux potentialités. La mortalité des jeunes anorexiques est multipliée par trois par rapport à la population du même âge. Ce sont des jeunes filles qui ne sont jamais malades, hyperactives et qui dans quelques cas peuvent être foudroyées par des infections. Les parents sont en général désemparés. Une règle doit les guider : on ne doit pas laisser un enfant ne pas se nourrir, s'appauvrir socialement, se fermer aux échanges. On pose des limites, on essaye de comprendre, on prend rendez-vous avec des médecins, avec des spécialistes. L'enfermement dans l'anorexie a la même puissance que l'enfermement dans une drogue.

 

Comment prendre en charge, schématiquement, cette maladie déroutante ?

D'abord, traiter les symptômes, c'est-à-dire la perte de poids, afin de retrouver un poids normal. Des techniques comportementales, des conseils diététiques, des stratégies d'accompagnement existent. Un soutien psychologique est aussi nécessaire pour comprendre d'où vient cette peur de manger. Elle peut s'expliquer par le contraste entre une grande ambition et une dépendance face au regard des autres, un manque de confiance qui rend susceptible à la déception, à la critique... Il y a là le paradoxe d'une demande affective importante mais difficile à accepter par crainte de la dépendance. Il faut enfin travailler avec la famille qui doit être garante de la continuité du traitement. L'hospitalisation, nécessaire dans un tiers des cas, n'est pas forcément synonyme de gravité. La durée de la prise en charge varie, même si la maladie évolue en moyenne entre trois et cinq ans. Il faut bien redire que l'anorexie n'est pas un choix, mais une contrainte liée à la peur. La fermeté de la famille, celle des médecins sont rassurantes pour la jeune fille.

 

 

 Peut-on prévenir l'anorexie ?

 

Il n'y a pas de règles simples. Mais, par exemple, le fait de faire des repas familiaux partagés est un facteur important dans la vie des enfants, alors que la tendance actuelle, c'est d'avaler quelques bouchées rapidement. Certaines familles, lorsque l'anxiété et les contraintes dominent systématiquement sur le plaisir, peuvent constituer un environnement favorisant. Par ailleurs, on parle beaucoup des graisses, des sucres, mais réfléchissons aussi à la dimension psychologique de l'alimentation. Enfin, ce problème tourne aussi autour de l'inquiétude humaine qui s'interroge en permanence sur « comment être bien ? ». On se passe maintenant des repères religieux ancestraux du « bien ». On les a remplacés par ceux du paraître, de la performance physique ou scolaire. Mais l'homme a besoin de valeurs, car il a conscience de lui.

 (1) Soigner l'anorexie et la boulimie, des psychanalystes à l'hôpital, Élisabeth Birot, Catherine Chabert, Philippe Jeammet, PUF.

 

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