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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 18:46

7 à 8, TF1, le 07/10/07

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Sachant que l’émission parlerait de l’anorexie, j’ai regardé par curiosité voir comment les médias dépeignaient une fois de plus cette maladie.

 Pour une fois, rien de trash, mais rien de constructif non plus. On nous présente Elise, une anorexique de 1 .70m pour une quarantaine de kilos. Elle n’a plus de vie sociale, et mange juste ce qu’il faut pour ne pas mourir. La caméra la suit lors de la préparation de son repas. Elise pèse 25g de blé. Gros plan sur la balance. Ca me fait penser que j’ai exactement la même, mais je n’ai plus le plateau.

Là dessus, je ne me suis jamais « amusée » à peser mes aliments. Enfin si lors de mes tentatives de guérison parce que j’avais tellement peur de grossir qu’il fallait que je fasse le bilan calorique journalier de manière exacte.

On ne verra qu’Elise en pull et pantalon. Ravie de voir que pour une fois on respecte la malade. On voit sa famille qui la soutient mais plutôt désemparée.  Elise nous parle de la dualité qui coexiste dans sa tête…le côté puissant de la maladie qui empêche de manger, et la partie saine qui aimerait reprendre le dessus.

Le reportage a-t-il été utile ou constructif ? NON. Une fois de plus la télé s’est contentée de filmer le quotidien peu palpitant d’une malade. Oui les anorexiques ont rarement une vie trépidante.

On nous a réduit l’anorexique à une grande maigre. Merci de penser aux anorexique de 1,55m…mais c’est vrai que 40 kilos pour 1,55m c’est moins intéressant.

Une fois de plus le côté psychologique a été mis de côté. C’est ça qu’il faudrait songer à évoquer, le psychisme. Les pensées tordues et subjectives de la malade. La peur des autres, les multiples angoisses…M’enfin c’est pas demain la veille, et je doute que les médias en soi capable.

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Published by Angélique - dans Mes écrits
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 14:27

75042943.jpgVoilà maintenant un mois que j’ai repris les cours. Mon BTS Economie Sociale Familiale me convient, c’est intéressant et surtout c’est une formation porteuse d’emplois. A 24 ans c’est vrai que je cherche avant tout une formation qui me permettra d’avoir un bon boulot. J’ai beau être malade, j’ai beau trop souvent détester la vie, une partie de moi à malgré tout envie d’avancer, d’avoir mon chez-moi et une petite famille.

Les cours ne sont pas de tout repos….presque 36h par semaine faut les digérer et les supporters. C’est souvent que je sens les larmes monter en cours, dans ces moments là je n’ai qu’une seule envie rentrer chez moi. Mais non je me force, malgré les coups de blues je m’accroche comme je peux.

Dès le lundi je ne vis que pour le week-end qui arrive…

Les premiers DS sont tombés, j’ai eu un 13,5/20 en physique. Je suis surprise d’avoir au dessus de la moyenne, j’étais persuadée d’un plantage total. Et puis seconde impression : j’aurais pu faire mieux.

73325318.jpgNiveau relationnel, je traîne un peu avec tout le monde dans ma classe. Je me suis un peu écartée de mon groupe de copines du début parce que je suis en décalage par rapport à elles. Elles vont la vie majoritairement en rose, et quand on se bat au jour le jour pour survivre ça devient lassant.

Ca fait 15 jours que je zappe la cantine. Je ne supporte pas y manger. Il n’y a pas toujours des légumes, et puis je vois du gras partout. Ensuite je ne m’y sens pas en confiance, j’ai l’impression d’être observée et jugée. Bref je crois que la semaine prochaine je vais simplement me désinscrire de la cantine.

Le poids a chuté en ne mangeant plus le midi, surtout que je ne prends même pas de pommes dans mon sac. Ma philosophie actuelle est de manger le moins possible. Je me rends bien compte que c’est totalement stupide mais c’est plus fort que moi. En plus le jeûn provoque une euphorie, donc ça entretient cette relation malsaine.

Bien sur le revers de la médaille, ce sont des crises de compulsions ou de boulimie. La culpabilité qui en découle est plus qu’énorme. Hier je ne fais que manger toute la journée. Tout ce que je pouvais trouver sur mon passage. J’ai cherché dans toute la maison où ma mère avait pu cacher les pops corn et les gâteaux. Je tuerais père et mère dans ces moments de folie pour avoir à manger. Rien ne peut m’arrêter. Je me fais peur et je me dégoute.

56590073.jpgPas de vomissements, pas de laxatifs. J’ai arrêté tout ça. J’ai essayé de compenser par du vélo mais avec la perte de poids mes genoux sont à nouveaux douloureux. J’ai donc fini par attraper une lame de rasoir…rien de catastrophique, juste une petite coupure…un peu de sang pour me soulager. Mais c’est pas normal de devoir faire ça.

Hier mon obsession pour la nourriture m’a empêché de faire quoi que ce soit dans la journée. Impossible de se concentrer pour travailler. Besoin de se poser dans mon lit pour digérer. Et culpabilité plus qu’intense.

Aujourd’hui je me sens toujours honteuse d’avoir manger comme une « truie » hier. J’ai l’impression que c’est écrit en gros sur mon front et j’ai cette impression aussi d’avoir pris 10 kilos d’un seul coup. J’ai beau savoir que c’est impossible, cette sensation ne veut pas s’en aller.

La restriction du début de l’anorexie sans un accroc ne dure pas. Cette restriction cognitive reste jusqu’à qu’on sorte du déni. Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on ne mange pas. Ensuite les pulsions boulimiques de compensation arrivent. Avec les années les TCA sont mixtes, on alterne anorexie et boulimie, c’est tout simplement physiologiques parce qu’on ne peut pas vivre sans manger. Reste que lorsqu’on a connu la pure anorexie restrictive, les pertes de contrôle face à la nourriture sont plus que destructrices.  

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Published by Angélique - dans Carnet de route
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 13:17

196709-534019112-146616-809180854-10062-2677559-ben-toutprixg-h101440-l-h-H082432-L.jpgMardi (02/10/O7)  je travaillais tranquillement au CDI du lycée quand mon téléphone portable sonne. Je décroche, c’est une femme, elle travaille pour TF1.Elle a eu mon numéro par un journaliste qui m’avait téléphoné pour le droit de savoir. Je me demande pourquoi elle m’appelle étant donné que je rentre dans les anorexiques atypiques je n’ai rien d’intéressant à proposer : pas de maigreur extrême, pas de crises de boulimie gargantuesques suivies de vomissements, une vie retournée plutôt à la normale avec la reprise des cours, une ambiance familiale devenue calme…

Je sors du CDI pour parler à la journaliste. Elle me dit que suite à la campagne de pub de Toscani tf1 veut faire un reportage pour 7 à 8. Je commence par dire que je ne suis pas la caricature de l’anorexique, un poids quasi normal, beaucoup de restriction, du sport, rien de palpitant quoi. J’ajoute que j’en ai ras le bol des reportages trash sur les TCA, que si je participe je veux quelque chose de constructif.

On discute un peu. Elle me demande si ça ne me gêne pas d’être filmée. Non ça ne m’ennuie pas, moi je m’en fiche si je peux faire passer mon message que l’anorexie ne se résume pas à un poids de 30 kilos et que c’est une maladie donc qu’on ne la choisit pas. 

J’ai dû parler une vingtaine de minutes avec elle. Elle me dit qu’elle me rappellera ce soir.

Depuis pas de nouvelles. J’en conclus donc que les reportages télé cherchent toujours du trash et surtout une anorexique qu’ils peuvent bien manipuler pour faire de l’audience, c’est tellement mieux de battre de quelques millions de téléspectateurs D&Co le dimanche soir.

Ca m’énerve comment les médias profitent de maladies pour se faire du pognon. Et ils osent prétendre vouloir faire de la prévention et tout ? MON ŒIL !!!!

 

 

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Published by Angélique - dans Mes écrits
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 12:57

Isabelle Caro
L'ombre d'elle-même

 

Au bout du fil, une petite voix décidée explique qu'elle doit réfléchir à son «plan de com» avant de parler. «Tout le monde me veut», dit-elle, «Times», CBS, «El Mundo »... cent journalistes laissent jour et nuit des messages. Isabelle Caro savoure la lumière. Cette semaine, à la Fashion Week de Milan, c'est elle, enfin, que l'on regarde. Et tant pis si c'est pour son corps de cadavre, ses joues creuses, ses yeux délavés qui viennent vous hanter... Sur l'affiche d'Oliviero Toscani, elle «fait peur», c'est ce qu'elle voulait : «Montrer le vrai visage de l'anorexie.» Même son pays, la France, qui a interdit l'image, jugée «attentatoire à la dignité humaine», ne peut plus l'ignorer. «J'ai fait ça pour les milliers de filles qui souffrent», clame-t-elle. «Et surtout pour elle», ironise le photographe italien : «Cette jeune femme est, comme toutes les anorexiques : hyper- narcissique.» Le roi de la provoc, connu pour ses clichés à scandale, a trouvé en Isabelle la muse idéale. Elle a 25 ans, dont douze dans l'enfer de l'anorexie. La maladie est devenue toute sa vie, sa marque de fabrique. La comédienne, élève en troisième année au Cours Florent, a posé en culotte, les côtes saillantes, devant les caméras de TF1, créé un blog, tout déballé. Le méchant beau-père, la mère, ancienne instit, qui l'étouffait, violon, danse, patinage artistique, trop de pression, plus envie d'avancer. 29 kilos, l'hosto, les psys, la chirurgie esthétique... Isabelle a tout dit mais elle prépare un livre, un film. La thérapie par les médias.

 

Sophie des Deserts
Le Nouvel Observateur


--> Après le lancement fracassant de la fameuse publicité, on casse du sucre sur le dos d'Isabelle. C'était à prévoir. Mais à quoi Toscani s'attendait-il en mettant une anorexique sous les projecteurs, sachant que notamment Isabelle avait soif de célébrité. Oui les anorexiques ont cette tendance hyper-narcissique, mais pourquoi donc? Parce que l'anorexique se déteste, se hait, et se mésestime. Elle se sent rejetée. Elle attend de la reconnaissance et de l'amour, elle attend d'être rassurée. C'est donc une aberration de mettre une anorexique sous les projecteurs.

Cette pub et son tapage va faire une fois de plus du mal aux personnes souffrantes de troubles alimentaires. L'idée va se réduire à: les anorexiques sont maigres, fières de l'être et capricieuse.
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Published by Angélique - dans Revue de presse
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 12:50

DIVINE ANOREXIE

L'actualité analysée par le psychiatre Serge Hefez.

02/10/07

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Fascinante cette quatrième de couverture de Libération du 1er octobre: des yeux magnifiques pour un regard à la fois vide et accrocheur, un âge incertain… Isabelle Caro pourrait avoir douze ou cinquante-cinq ans. Son physique de jeune vieille est encore plus troublant sur la photo de Toscani qui embrase l’Italie et à laquelle elle doit son actuelle célébrité. Isabelle a 25 ans. Elle est anorexique depuis l’âge de 14 ans. Elle pèse environ 31 kg pour un mètre soixante-quinze…

Sur de grands panneaux qui s’affichent dans plusieurs villes de la péninsule, elle apparaît nue et décharnée, une vision d’horreur au message ambigu, censé détourner des milliers de jeunes filles de la tentation de la maigreur. Mais celles qui sont visées par ce message sont justement celles qui vont trouver cette photo divine, et tenter par tous les moyens de s’y conformer. Combien d’adolescentes squelettiques se contemplent aujourd’hui dans un miroir qui leur renvoie un message de rondeur ?

Je connais bien ces gamines : elles hantent par dizaines le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de la Pitié Salpétrière où je les reçois toutes les semaines avec leur famille. Elles sont toutes les jumelles d’Isabelle Caro: si chacune a une histoire singulière et un physique original, l’anorexie, comme la toxicomanie chronique aux drogues dures, abrase les différences et transforme toutes ces jeunes filles en clones obsédés et épuisants, en pantins égocentriques.

Eva, 33 kg pour 1,72 m parle avec horreur de ces «bourrelets dégoûtants» qui ne sont que des morceaux de peau qu’elle pince obstinément sur le haut de ses cuisses émaciées. Ils lui rappellent ce corps maternel qu’elle évoque avec mépris, toisant du regard une petite femme timide et effacée, de corpulence parfaitement normale, qui n’ose affronter le regard de sa fille.

Laure, 19 ans, ne peut plus marcher tant elle est affaiblie: c’est sur une chaise roulante, nourrie par une sonde gastrique qu’elle tente périodiquement d’arracher, que ses parents la conduisent à notre consultation. Sa sœur Adeline est une magnifique jeune fille: une année de moins, un sourire rayonnant et un corps pulpeux. Personne ne fait attention à elle face à Laure dont la maigreur et les sanglots attirent l’attention parentale comme un aimant.

Pourquoi tant de haine de soi, pourquoi  cette obstination à l’autodestruction? On aimerait des parents forcément coupables, à l’image de la maltraitance infligée par la mère d’Isabelle Caro. Des mères terrifiantes qui prennent possession du corps de leur fille jusqu’à construire avec elle un monstre à deux têtes. Ou des pères trop absents, trop incestuels ou trop rigides…

Ces situations existent. Mais aussi l’inverse: des parents effacés et à distance,  toujours déboussolés et honteux. Pour l’anorexie comme pour toute la vie psychique, il faut apprendre à se méfier des simples causalités, des «yakas» et des «c’est la faute à» (la société, la mode, la famille, la consommation)… Ces ados sont de fait souvent surinvesties par leurs parents et présentent de profondes angoisses de séparation, mais comment différencier la cause et la conséquence de leur mise en danger? La réalité psychique est bien complexe et emprunte des chemins plutôt tortueux.

Mais tout de même, si l’anorexie est décrite et répertoriée depuis des millénaires, les cas se sont multipliés par quatre ces vingt dernières années et 2% des jeunes filles sont aujourd’hui concernées. A côté de ce pourcentage, ce sont des millions de jeunes filles qui, sans être cliniquement anorexiques, entretiennent un rapport obsessionnel à leur corps et à leur alimentation.

À cette période de la puberté qui transforme obligatoirement leur corps par une augmentation du tissu adipeux, ces adolescentes veulent plaire et se conformer au modèle dominant de minceur, à cette femme grande et élancée dont l’image est surmultipliée par leurs magazines favoris. Un grand nombre d’entre elles entre dans une escalade infernale de régimes amaigrissants et joue au yoyo avec leur poids. Parfois, une déception sentimentale, un deuil ou un échec scolaire vont accentuer le processus. L’obsession pour l’image corporelle s’installe progressivement, permet d’éviter les tensions et les conflits, surtout au sein de la famille, repousse les questions existentielles liées à l’autonomie et à l’entrée dans la vie sexuelle… Mieux vaut contrôler son corps que tenter de contrôler sa vie.

Une étude réalisée par Keys dans les années 50 est intéressante: ce chercheur a étudié les effets d'une restriction alimentaire sur des volontaires sains. L'expérimentation portait sur 36 objecteurs de conscience qui furent soumis pendant six mois à une semi-diète. Au bout de plusieurs mois de restriction alimentaire, il constata une tendance significative à l’augmentation de l'exercice physique, la présence de pensées obsessionnelles, la tendance à la compulsion et des perturbations du schéma corporel. Ces pensées et ces comportements se retrouvent dans les troubles anorexiques et boulimiques.  Ceci souligne que quelles que soient les causes de départ, la restriction alimentaire entraîne une série d’enchaînements de comportements qui créent un cercle vicieux: toutes les autres pensées sont court-circuitées et les jeunes concernés semblent se vider de leur substance et de leurs réflexions.
On ne le répètera jamais assez, méfiez-vous des régimes, surtout à l’adolescence!

http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/2007/10/divine-anorexie.html

 

 

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Published by Angélique - dans Revue de presse
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 12:41

 

Isabelle Caro, 25 ans, anorexique. Sa photo nue par Oliviero Toscani fait scandale. Elle, qui pèse 32 kilos, assume, dit juste vouloir faire passer son message contre la maladie.

 

Par SABRINA CHAMPENOIS, photo JéROME BONNET

Libération: lundi 1 octobre 2007

 

 

 

Joint au téléphone, Oliviero Toscani soupire : «C’est terrible, ce qui est en train de se passer. Isabelle est en train de devenir une starlette. Les médias sont en train de la glorifier, donc, indirectement, de glorifier l’anorexie. Exactement le contraire que ce que je voulais faire avec cette campagne…» Il y a pile une semaine, le photographe italien, as en coups médiatiques, notamment pour Benetton, fait sensation avec cette photo : Isabelle Caro nue, 1,65 m, 32 kilos. Et l’image n’enrobe rien : cage thoracique qui perce, seins flétris, traces d’esquarres aux fesses… Un zombie, un spectre, une morte vivante. Flanquée du slogan «Anorexia/No», la campagne parrainée par la marque de vêtements No-l-ita et soutenue par le ministère italien de la Santé a fait l’effet d’une bombe. D’autant que le timing avait été choisi : en pleine fashion week milanaise, la mode étant censée favoriser les TCA (troubles du comportement alimentaire). La polémique a été immédiate et planétaire . En France, le Bureau de vérification de la publicité a «totalement déconseillé» aux afficheurs de placarder une image figurant une personne «souffrant manifestement d’une pathologie».

 

Malade, Isabelle Caro ne nie absolument pas qu’elle l’est. Qu’elle l’est encore, pour être précis. Elle dit: «Si j’avais à me décrire ? Je dirais que je suis un cadavre en voie de guérison.» Et que la photo de Toscani choque, elle comprend parfaitement : «Mais pour moi aussi, ça a été dur ! A la fois de poser nue, et ensuite de me voir. En plus, je me suis dit que ça allait me desservir dans mon travail de comédienne, déjà que ça n’est pas facile, que je me retrouve généralement à jouer les malades ou les toxicomanes. Mais je tenais à faire passer mon message, comme quoi l’anorexie est une maladie de merde, qui peut justement aboutir à ça, à cette horreur, et même à la mort.» C’est par le biais d’une agence de comédiens qu’Isabelle Caro, qui vit de petits boulots comme hôtesse d’accueil, s’est retrouvée à travailler avec Toscani. Le photographe cherchait une anorexique pour une campagne contre cette maladie qui, explique-t-il, l’intéresse comme phénomène de société depuis de nombreuses années. La séance a eu lieu en avril, deux heures dans le studio parisien du photographe, 700 euros net pour Isabelle. Depuis, elle n’a eu aucun contact avec le maestro, même si elle s’est rendue à Milan la semaine dernière, après avoir découvert dans Elle le visuel de la campagne. Toscani : «Elle débarque à Milan comme ça, sans avertir personne, mais s’attend à ce que tout le monde l’attende… Isabelle, elle est très bien dans son rôle, très égocentrique, égoïste, et maintenant elle veut être une star. Moi, ce que je recherchais, c’était un corps, un symbole. Sachant qu’elle a cette chose en plus, ce regard extrême, qui essaie de séduire. C’est un élément très important, parce qu’on retrouve souvent ça, chez les anorexiques, ce désir de séduire malgré ces corps terribles… C’est parce que ces corps les séduisent, elles.» Il confirme cette anecdote qu’elle nous avait rapportée : à Milan, elle a contacté la marque No-l-ita pour se faire prêter des vêtements… Elle s’est vu envoyer des fringues de taille 40. «C’est moi qui leur ai dit de faire ça : elle veut faire le mannequin, eh bien le message est non, un mannequin ne doit pas être anorexique mais avoir une taille normale, et 40, voilà une taille normale.» C’est logique, mais pas dénué de cruauté. Et il n’est pas interdit de penser que Toscani, aussi, digère mal que l’affaire lui échappe.

Mannequin, Isabelle Caro ne formule à aucun moment l’envie de l’être, même si cette coquette aime être prise en photo, ce qu’atteste son blog où elle se montre jusque dans son bain. Et de diva on n’a pas vu, même si Gwenaëlle Trillat, rédactrice en chef de l’agence Gamma, qui l’a suivie à Milan, la dit «passionnante, intelligente, très cultivée mais épuisante». Celle qu’on a rencontrée s’est révélée certes effrayante physiquement, mais douce, attentive, et cohérente quoique stupéfiante.

 

Isabelle Caro le dit tout de go, elle a quitté Paris pour Marseille pour mettre le plus de distance possible entre elle et sa famille. Sa mère, plus exactement. Jusque-là, rien que de très classique. Et puis cela correspond aussi, comme elle le souligne , au schéma qui veut qu’en matière d’anorexie «il y [ait] souvent un problème de relation à la mère». Sauf que ce qu ’elle raconte est sidérant, au point qu’on puisse soupçonner l’affabulation. Elle dit d’ailleurs : «Je sais, c’est énorme.»

 

Soit une mère (qu’elle refuse qu’on puisse identifier) qui ne se remet pas de la rupture avec le père de sa fille («Un homme connu, un artiste, je ne peux pas en dire plus, il ne m’a pas reconnue») au point de souhaiter que leur enfant ne grandisse pas trop, en taille s’entend, pour lui ressembler à lui, qui est plutôt petit. Et de décider, après une visite chez le pédiatre qui la préfigure grande, que désormais elle ne sortira plus… car «le grand air fait grandir». Isabelle a 4 ans. Dès lors l’école se fera par correspondance, à la maison (isolée dans les bois, en banlieue parisienne), l’apprentissage du violon par cours particuliers. Zéro sortie, ne serait-ce que dans le jardin, mais avalanche de jouets. «C’est de là que me vient le goût du théâtre : je me déguisais souvent, je me glissais dans la vie de personnages, je sortais, en fait.» A la maison, en dehors du duo mère-fille, il y a un beau-père qui perpétue le confinement quand la mère sort, «pour avoir la paix». «De toute façon, il n’en avait rien à foutre de nous.» Il n’y a qu’une tante maternelle pour s’inquiéter, pour suggérer l’anorexie . Alors la mère, par ailleurs profondément croyante, qui fait carême et fait jeûner sa fille le vendredi saint, entrouvre le verrou, autorise le violon au conservatoire puis le patin à glace : la gamine se forcera à manger pour ça, jusqu’à la rechute, jusqu’aux multiples hospitalisations. Jusqu’à ce coma, l’été dernier, où elle dit «avoir entrevu le tunnel» et avoir décidé «une fois pour toutes d’arrêter [ses] conneries».

Aujourd’hui, Isabelle Caro répète à l’envi et dans un grand sourire, que «la vie est belle et vaut vraiment le coup». Elle a trois passions : le théâtre, qu’elle pratique au cours Florent, à Paris, trois jours par semaine, la nature en Provence, et Isabelle Huppert. Elle a d’ailleurs consacré son mémoire de maîtrise de théâtre au Médée de Lassalle joué par Huppert, et ne cache pas que les taches de rousseur qu’elle s’est fait tatouer constituent une sorte d’hommage. Elle aime aussi Bach, Elfriede Jelinek et Rilke. Les apparitions télé lui ont fait connaître ses voisins, les relations sentimentales sont compliquées mais pas inexistantes, et elle rêve d’avoir un jour un enfant. Elle vote, «bien sûr, mais pas Sarkozy !».

 

Au plan thérapeutique, elle est suivie par un pédopsychiatre, doit faire des prises de sang hebdomadaires, un bilan cardiaque mensuel. Sur le plan médicamenteux, c’est potassium, Xanax (anxiolytique), et aspirine pour empêcher le sang de trop coaguler. Elle dit désormais manger avec plaisir, «surtout les petits déjeuners et les sushis». Plus précisément les sashimis sans riz : «Les féculents, ça a encore du mal à passer.» Son œsophage reste douloureux, séquelle de l’époque où elle vomissait.

 

Elle situe son poids de forme «autour de 40 kilos». El le stagne pourtant aux alentours de 30, est descendue à 25. Et elle rapporte cette anecdote d’adolescence. Sa mère peine à trimballer une bouteille de gaz, et s’écrie : «Regarde ce que je dois porter toute seule, 35 kilos ! Mais tu te rends compte, c’est insupportable ce poids !» La coïncidence est évidemment énorme. Qu’en pense la jeune femme ? «Je lui en ai beaucoup voulu, mais en même temps elle était profondément dépressive et elle souffrait terriblement.» Et soudain, on se fait cette réflexion : Isabelle Caro ne se plaint guère.

 

Isabelle Caro en 5 dates

Septembre 1982

Naissance à Paris.

1992

Sa tante suggère l’anorexie.

1995

Sombre dans l’anorexie.

2006

 

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Published by Angélique - dans Revue de presse
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:28

 

L’horreur de la cellulite

 

 

72301835.jpgComment la femme est-elle amenée à consommer autant ? Parmi les pressions imposées par la société, celle de la minceur n’est pas la moindre. Tous les printemps, on explique à la femme comment chasser la cellulite, le « capiton ». La cellulite est la cible d’une véritable croisade.

L’idéal de beauté est aujourd’hui lié à un travail sur le corps : on veut nous faire croire que la cellulite est liée à une « mauvaise hygiène de vie », au stress, au laisser-aller, ainsi qu’à l’ingestion de matières grasses et de sucres…La cellulite, qui n’est pas spécifique aux femmes en surcharge pondérale, résulte d’un processus complexe qui implique le système micro-circulatoire  et le système lymphatique. Elle est décrite par les scientifiques comme un état normal qui maximise la rétention de graisse sous-cutanée pour assurer une disponibilité calorique adéquate à la grossesse et la lactation. En effet, la femme stocke naturellement les graisses en vue de la grossesse, afin de pouvoir nourrir son bébé. Autrement dit, la cellulite, c’est la femme. Vouloir éliminer la cellulite, partir à la chasse impitoyable au capiton, c’est chercher à enlever les seins, l’utérus ou les cheveux à une femme. C’est comme lui enlever sa féminité.

Plus encore, la présence de la graisse localisée au niveau des cuisses et des fesses, appelée lipomérie, est constitutionnelle chez la femme et représente pour elle une réserve d’énergie. Ces graisses localisées  –dont la culotte de cheval fait partie- persistent même après un régime bien conduit. Les causes de la cellulite sont d’ordre génétique, hormonal, vasculaire, alimentaire et neurologique. Ses mécanismes mettent en jeu la rétention d’eau, la fibrose et l’adipose (augmentation du nombre et du volume des adipocytes). La graisse cellulitique n’est pas la même que celle de l’obèse. Compactée par le phénomène de fibrose, elle est beaucoup plus difficile à déloger : le régime hypocalorique induit une fonte graisseuse et musculaire de la partie haute du corps, des joues, des épaules, de la poitrine, mais elle ne s’attaque qu’en dernier à la cellulite. Autrement dit, si on est obèse, on peut s’en débarrasser. Si on ne l’est pas, c’est pratiquement une mission impossible. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Cincinnati a montré que les traitements contre la cellulite et la perte de poids ont des effets variables. Si, dans certains cas, ils améliorent, dans d’autres, ils sont responsables de l’augmentation de la présence de cellulite. Dans la revue International Journal of Cosmetic Science, A. Rowling décrit les régimes comme étant des facteurs aggravants pour la cellulite, sauf dans le cas de l’obésité. Quant aux crèmes, anticellulite ou percutacaféine, au laser ou à la cosmétologie, leur efficacité à terme n’a pas été démontrée. Et pour cause, les théories de l’étiopathogenèse de la peau d’orange tendent à montrer qu’elle serait une spécificité anatomique du tissu sous-cutané de la femme. D’après les recherches du laboratoire de dermatologie de la Rockefeller University à New York, l’organe adipeux a pour fonction de réguler le système d’équilibre énergétique, de moduler l’ingestion alimentaire et le métabolisme d’autres substrats tissulaires grâce à une sécrétion glandulaire d’hormones et de parahormones. La cellulite serait donc bénéfique et positive. S’en débarrasser n’est pas seulement impossible, c’est une aberration.

 

Le corset Invisible, Eliette Abécassis, Caroline Bongrand

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Published by Angélique - dans Bibliothèque
4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 22:00

200010448-001.jpgLes femmes dans la société postmoderne sont maintenues dans un état d’affolement. On leur répète à longueur de journées qu’elles doivent se conformer à un modèle, sous peine d’être exclues. Ce modèle, c’est celui de la femme mince, celui de la femme sans rides. Les femmes font constamment des efforts, elles se privent, sans parvenir à réaliser ce que la société réclame d’elles : transformer leur corps. Comme si le corps était une sorte de pâte à modeler, prête à se plier à n’importe quelles exigences. Ces exigences (perdre 5 kilos avant l’été pour citer un exemple banal) ont pour conséquence, lorsque les femmes n’y parviennent pas, de les précipiter dans la dévalorisation d’elles-mêmes. Elles se vouent tout à coup comme inaptes, sans volonté, incapables d’atteindre ces modèles de vie érigés en dogmes.

Ne pas y parvenir les désespère, rabaisse leur propre estime, ce qui les plonge plus loin encore dans la quête de la perfection ; et si elles ne parviennent pas, au cinquième régime de l’année, à perdre de la graisse, là, sur la cuisse, certaines envisageront la chirurgie. Au nom de quel idéal condamne-t-on ainsi les signes de la féminité ?

Dans ce domaine, tout est scandale. En particulier la manière dont chacun se rend complice de cet asservissement, de cette brutalité exercée à l’encontre de la femme : la mode et ses créateurs, parfois irresponsables, la publicité qui prétend n’être que le reflet de la société mais qui en crée les modèles, la presse féminine qui, malgré sa volonté de protéger la femme, ne sait pas toujours se démarquer de cette tyrannie. Les femmes aussi sont compliques, puisqu’elles l’acceptent.  Mais ont-elles véritablement le choix ? Trop grosses, trop ridées, trop vieilles, on ne leur laisse aucun espace de vie.

Un certain nombre d’industries bénéficient de ce culte du corps parfait. L’agro-alimentaire, avec le secteur des produits allégés, des substituts de repas, l’industrie cosmétique, les laboratoires pharmaceutiques, la chirurgie esthétique, les spas, ces endroits merveilleux où les femmes vont s’échouer, telle des baleines ayant perdu leur sens de l’orientation à cause des sonars de sous-marins. Et paradoxe suprême, toute la nouvelle industrie du « bien-être ».

La condition de la femme moderne, qui vit dans la terreur de dépasser 40 ans et de prendre 3 kilos, est indigne de notre société. Une femme maintenue dans la peur, voilà ce qu’elle construit, jour après jour, semaine après semaine. Or une personne qui a peur ne fait pas les bons choix. En infligeant à la femme la peur permanente de ne pas être comme elle le devrait, on lui enlève son libre arbitre.

 

Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, le Corset invisible, Albin Michel

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Published by Angélique - dans Bibliothèque
3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 18:14

La gravité de l’anorexie est très variable d’un cas à un autre et elle n’est pas directement liée au degré d’amaigrissement.

(…)

L’un des risques majeurs de la maladie est que, alors qu’elle dure habituellement de 2 à 4 ans, elle ne se prolonge en s’installant en quelque sorte dans une alternance d’anorexie et de boulimies dans des préoccupations alimentaires et corporelles qui envahissent la vie du sujet à la manière d’une toxicomanie.

(…)

Alors qu’on s’accorde généralement pour reconnaître dans l’anorexie une affection mentale, le pronostic ne prend souvent en considération que la reprise pondérale et la disparition de l’aménorrhée. Ce but, qui ne saurait être négligé ne peut suffire, car la reprise pondérale risque de n’être que provisoire et de se faire de façon dommageable pour l’évolution psychologique de la malade.

Bernard Brusset, Dictionnaire de la Psychanalyse, Encyclopaedia Universalis


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Published by Angélique - dans Anorexie
2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 17:48

10--38-.jpgCa faisait quelques années que je parvenais à vivre plus ou moins bien avec l’anorexie…entre petites restrictions, régimes légers et moments de compulsions. C’est vrai l’anorexie était moins forte à un moment, j’avais toujours cette envie de légèreté mais sans plus, je parvenais malgré tout à me nourrir un peu.

 

Là ça fait presque deux semaines que j’ai perdu le contrôle. Je le vois bien que je ne mange pas, mais je trouve ça quasiment normal. Le moindre aliment me faire peur. Si j’avale quelque chose de solide c’est le soir, point barre. Le point chute, de combien je ne sais pas exactement j’évite la balance, je ne veux pas retomber dans cette addiction mais je vois bien la place dans mes fringues. Malgré tout, même si je sais que j’ai maigri je me sens encore plus grosse d’avant.  Manger me semble un acte totalement superflu.

 

Le pire je crois c’est de se rendre compte de tout. On dit toujours aux autres que c’est facile de manger rien qu’une pomme….ben non en ce moment je fais un beau blocage vis-à-vis de la nourriture, et j’ai beau savoir que ne pas manger ne me mènera nulle part impossible de changer la tendance.

 

Cercle vicieux comme j’ai moins de temps avec les cours pour faire du sport, je mange moins.

 

Non je ne me plains pas de maigrir, c’est le rêve de toute malade souffrant de troubles alimentaires. Mais je sais que je vais surtout finir par tomber….pouf évanouie dans la cours parce que j’aurais encore zappé la cantine.

 

Mais pourquoi d’un coup on retrouve le parfait mode d’emploi de l’anorexie restrictive ?? Le stress, l’angoisse, le moral en berne…contrôler la nourriture, son poids pour décompresser.

 

Elle est quand même tordue cette maladie.  

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Published by Angélique - dans Carnet de route