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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 20:10

Peut-on inciter à l’anorexie ?

J’ai du mal d’y croire. L’anorexie existait avant la télévision et internet.

Il est certain que l’apologie de la maigreur est une chose qui ne doit pas être faite. Mais de là à légiférer dessus. Le bon sens devrait suffire.

Je trouve que les peines  qui seront prévues contre les sites pro-ana complètement dénués de sens, sachant que la plupart des personnes les tenant sont des anorexiques dans le déni, c’est s’attaquer à des malades….

Oui c’est un sujet compliqué. Car oui il faut protéger les enfants, les adolescentes de mauvaises influences et d’idées stupides.  Il faut penser aussi aux malades. Et là l’enfer commence avec tous les régimes qu’on nous pond pour l’été. Comment essayer de ne pas penser à maigrir en ce moment, le mot régime fleurit partout…et  puis il suffit de suivre la télé…et hop à la pub « ne manger pas trop salé, trop sucré, trop gras… »

Je ne suis pas devenue anorexique à cause de l’apologie de la maigreur. Ce n’est pas une maladie qui s’attrape. C’est une partie du psychisme qui se détraque, et finalement si les symptômes se traduisent par la nourriture et le poids, le poids et la nourriture ne sont pas le problème.

Faire une charte est une bonne idée dans le sens qu’actuellement 70%  des femmes sont complexées  par leur corps parce qu’on nous présente une image utopique de la femme. Mais bon les publicitaires vous le diront, les pubs c’est fait pour rêver pas pour montrer le normal qui est si banal et inintéressant.

Moi j’attends que ça bouge autrement, j’attends une meilleure prise en charge médicale. La prévention c’est bien, oui, c’est louable mais comme on nous le répète il y 30 000 malades d’anorexie en France. J’attends qu’on aide aussi les adultes anorexiques et boulimiques car plupart des ados qui souffrent de TCA ne guérissent pas et la maladie continue à l’âge adulte. Et là il y a un énorme manque au niveau de la prise en charge.

Je comprends la démarche de la député Valérie Boyer.  C’est certain qu’i faut agir, on a vu des mannequins mourir d’anorexie. D’ailleurs les danseuses et les gymnastes ont aussi une activité qui favorise les troubles alimentaires. Mais rejeter la faute sur les médias c’est trop simple et trop facile. C’est nier la souffrance qu’engendre la maladie. Parce que l’anorexie c’est avant tout 100% de dépression et de mal être.

Et si on dit anorexie mentale, ce n’est pas pour rien.

Je pense qu’on ne règle pas les soucis de santé par la législation.

 

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Published by Angélique - dans Mes écrits
15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:18

L’émission « Ca vous Regarde » est présentée par Arnaud Ardoin, en direct sur internet entre 19h00 et 20h00 (www.lcpan.fr) et retransmise entre 21h et 22h sur LCP Assemblée Nationale.

 

15/04/08 - Anorexie : l’incitation punit par la loi

La mort en six mois, de trois jeunes mannequins sud-américaines à la suite de complications dues à leur extrême maigreur, ont encouragé des dizaines de médecins, publicitaires et professionnels de la mode à travailler à l’élaboration d’ « une charte d’engagement volontaire sur l’image du corps ». Cette charte signée le 9 avril, « permet d’ouvrir la voie d’une approche globale de la prévention de l’anorexie, qui figure parmi les plus mortelles des maladies du psychismes » selon le ministère de la Santé.
Car certaines personnes incitent au travers de magazines et de blogs, à vanter les mérites de la maigreur excessive. Comment combattre ces dérives ? Faut-il que la France, l’instar de certains pays européens comme l’Espagne, légifère sur ce sujet ?

Députés :

  1. Valérie Boyer, députée UMP des Bouches du Rhône
    auteur et rapporteur de la loi
  2. Serge Blisko, député PS de Paris

Experts :

Nathalie Macial - Association Autrement
Joseph Besnaim – DG BVP

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Published by Angélique - dans Emissions télé - reportages - films
13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 13:47

Le monde moderne est malsain, et n’est commandé que par l’argent. Hier par curiosité, je suis allée voir à la fnac le rayon des troubles alimentaires. Encore deux nouvelles parutions de romans/témoignages. Non ne me dites pas que c’est une volonté de faire partager sa souffrance aux autres. C’est surtout que depuis deux ans les maisons d’éditions savent que l’anorexie est un sujet vendeur, et ils vont pêcher pour cela sur le net. Idem pour les émissions télévisées ou encore les témoignages dans les magazines.

La société actuelle est tellement tordue que d’un côté le gouvernement veut prendre des mesures préventives pour empêcher l’anorexie, et de l’autre les magazines people ne cessent de faire des dossiers sur la maigreur des stars.

Cette semaine sur M6, le docteur Pommereau disait que lorsqu’on adule déjà la maigreur c’est que l’anorexie mentale est déjà là. Et il précisait que l’anorexie mentale ne s’attrapait pas. Oui vous aurez beau supprimer toutes les images de maigreur et de régime l’anorexie elle restera. L’anorexie existait au temps de la mode des femmes bien en chair il y a quelque siècle.


La seule chose sur les régimes et les images de maigreur, c’est que tout ça fait qu’on n’arrive pas à se sortir de la tête cette envie de maigrir. Parce que lorsqu’on fait tout pour aller mieux et qu’on entend le mot régime partout, ce n’est pas gérable.


Bien entendu avec le projet de Mme Bachelot, France 2 a interviewé Isabelle, vous savez celle de la pub Beneton, toujours aussi maigreur d’ailleurs. Son fond de commerce à elle c’est l’anorexie. Elle prétend dénonce la maladie mais poste à longueur de temps des photos d’elle maigrissime sur son blog. Non on ne dénonce pas cette maladie par une multitude de photo sachant que ça nourrit l’anorexie de milliers de filles.  On ne dénonce pas la maladie en voyageant au quatre coin du monde pour témoigner sur la maladie. Avec mes paroles on va crier à la jalousie.  Non je n’ai pas envie de vivre de l’anorexie, d’écrire un bouquin dessus ou de passer à la télévision. Je ne veux pas me résumer à une maladie et à en mourir.


Et puis franchement l’amendement des députés il me fait bien rire. Si d’abord on mettait des moyens pour soigner correctement les troubles alimentaires. Si on se mettait à jour au niveau des thérapies au lieu de faire toujours ce foutu chantage à l’hôpital : tu grossis et tu sors. Si on pouvait consulter des bons thérapeutes sans en mettre de notre poche.


Actuellement lorsqu’on est atteinte de troubles alimentaires et que l’on n’est pas en danger niveau poids, il faut au moins quatre mois pour avoir rendez vous avec un psychiatre correct, et en général il prendra un surplus d’argent prétendant que c’est un moyen de s’investir dans sa thérapie. La guérison ça s’achète donc ?


J’avoue que je sais pas comment on peut guérir de cette saloperie d’anorexie. Je ne crois pas qu’on en guérit totalement. Comme toute addiction, on est abstinent.


Voilà c’était le petit coup de gueule du jour d’Angélique la mal pensante.

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Published by Angélique - dans Mes écrits
13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 13:30
Contre l’apologie de l’anorexie, une loi et de bonnes intentions



Santé. Une députée propose de punir d’emprisonnement la valorisation de la maigreur.
Françoise-Marie Santucci

QUOTIDIEN : mercredi 9 avril 2008, libération.fr


’Dun côté une proposition de loi et une charte de bonne conduite, de l’autre un milieu de la mode ultraglamour, et au milieu, l’anorexie. Voilà la très médiatique équation proposée aujourd’hui par le ministère de la Santé, qui tient conférence de presse pour (re)mettre sur la table un sujet aussi grave que difficilement abordable par le code pénal : la maladie mentale qu’est l’anorexie, et dont 30 000 à 40 000 personnes, essentiellement des jeunes femmes, souffriraient en France.

Depuis plus d’un an et la mort, en six mois, de trois jeunes mannequins sud-américaines à la suite de complications dues à leur extrême maigreur, des dizaines de médecins, publicitaires et professionnels de la mode travaillaient, sous l’égide des professeurs Marcel Rufo et Jean-Pierre Poulain, à l’élaboration d’une «charte d’engagement volontaire sur l’image du corps».

 

«Diversité». Cette charte, rendue publique aujourd’hui et qui satisfait Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture, préconise des choses simples - tout en n’ayant pas valeur d’obligation. Il s’agit de «sensibiliser le public à l’acceptation de la diversité corporelle», ou encore «d’informer la médecine du travail sur les risques liés à l’extrême maigreur». Un catalogue de bonnes intentions à l’image de ce qui a été annoncé en Italie, en Angleterre et aux Etats-Unis ces derniers mois.

 

Mais peut-on faire mieux ? Peut-on, comme s’inquiète Didier Grumbach, se mettre à légiférer sur «ce que doivent être la beauté et les canons esthétiques ?» Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, en est persuadée. Sa proposition de loi, présentée aujourd’hui en même temps que la charte, vise à punir «l’incitation à la maigreur excessive» de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Son texte, qui sera débattu mardi à l’Assemblée nationale, serait inséré dans le code pénal. Il vise spécifiquement des sites Internet et des blogs, baptisés «pro-ana», où l’on trouve des photos de stars rendues squelettiques au moyen de logiciels de déformation d’images, où l’on lit les journaux intimes de jeunes filles expliquant que c’est supercool d’être maigrissime, et que l’ultraminceur est plus valorisante qu’une bonne santé. Ce sont ces sites-là que Valérie Boyer veut sanctionner. Mais elle écrit aussi : «On ne peut que s’alarmer de la maigreur excessive de certains mannequins défilant sur les podiums.»


Y a-t-il un lien entre les images de jeunes Russes «size zero» (soit une taille 30 ou 32) et l’anorexie ? Les psychiatres s’accordent à dire que non. Stéphane Clerget, un pédopsychiatre qui a soigné des mannequins, rappelle que l’anorexie «est une maladie mentale très ancienne qui existait bien avant l’imprimé, les blogs et les défilés de mode ; l’époque valorise le fait d’être mince et les femmes suivent de plus de plus de régimes, soit ; mais jamais je n’ai vu d’anorexique l’être devenu par imitation. Les causes sont plus complexes : analytiques, neurobiologiques, peut-être même génétiques.» Une étude publiée en décembre par l’American Journal of Psychiatry, avançait que l’anorexie serait liée à des différences physiologiques, les cerveaux des anorexiques répondant différemment que ceux des êtres «sains» aux notions de plaisir et de récompense.

 

Créateurs. Dans le monde de la mode, la circonspection prévaut. Selon le créateur Jean Paul Gaultier, «ce n’est pas avec des lois qu’on résout ce genre de problème, mais par la compréhension». Et si Didier Grumbach admet avoir été «choqué» par la publicité d’une marque italienne mettant en scène, à l’automne, Isabelle Caro, une anorexique (publicité interdite en France), il rappelle que la France dispose déjà, en matière de lois encadrant les professions de mode, de «tout ce qu’il faut».

 

In petto, beaucoup constatent que, si quelques créateurs continuent de promouvoir une esthétique maigrissime, les choses évoluent dans les médias féminins et les publicités. «Aujourd’hui, des marques comme L’Oréal ou Chanel ne se risqueraient plus à employer des ultramaigres», dit le patron de l’agence Viva, Cyril Brulé. «En vingt ans, ajoute-t-il, j’ai eu affaire à une seule mannequin anorexique. Et lorsque, dernièrement, une jeune Russe s’est mise à maigrir, on l’a convaincue de se remettre à manger.» La «compréhension» dont parlait Jean Paul Gaultier ?




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Published by Angélique - dans Revue de presse
13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 13:26

Les députés s'attaquent à l'anorexie



AP | 09.04.2008 | 10:45

La Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté mercredi une proposition de loi UMP qui sanctionne l'incitation à l'anorexie.

Le texte rédigé par la députée UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer punit de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende "le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé". Les peines encourues sont portées à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende en cas de décès de la victime.

Un amendement adopté en commission créée en outre un délit de propagande et de publicité en faveur des moyens de parvenir à une maigreur excessive, passible des mêmes peines. Ce délit inspiré de la provocation au suicide est destiné à lutter contre les articles de presse ou les reportages télévisés incitant à l'anorexie.

La proposition de loi vise les moyens de communication -magazines, sites Internet, blogs- qui poussent les personnes à se priver de nourriture pour maigrir ou font ouvertement l'apologie de l'anorexie, par une "valorisation à outrance d'une image filiforme de la femme". Le texte s'alarme tout particulièrement de la "maigreur excessive de certains mannequins".

L'anorexie mentale touche entre 30.000 et 40.000 personnes en France, essentiellement des jeunes filles. Elle apparaît majoritairement au cours de l'adolescence. Le taux de mortalité est évalué à 5,6% au bout de 10 ans.

Le problème de l'anorexie est d'actualité dans le monde de la mode depuis le décès en novembre 2006 d'une jeune Brésilienne, mannequin de 21 ans, Ana Carolina Reston, morte dans un hôpital de Sao Paulo alors que cette jeune femme d'1,72m pesait 40 kilos.

La proposition de loi Boyer, qui sera examiné mardi 15 avril dans l'hémicycle, complète l'action engagée en janvier 2007 par le gouvernement. Un groupe de travail pluridisciplinaire comprenant des médecins, des professionnels de la mode et des médias, présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo et le sociologue Jean-Pierre Poulain, a rédigé une "charte d'engagement volontaire sur l'image du corps". AP


http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/20080409.FAP7127/



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Published by Angélique - dans Revue de presse
11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 17:49

C’est les vacances de printemps ! Bon le printemps on ne le voit pas, en Lorraine il pleut averse…idéal pour ramener à la maison son projet d’art appliqué à terminer à la maison.

Je me suis surpassée en allant en cours jeudi et vendredi (Ironie bien sûr). J’ai stressé et angoissé comme une malade…sans commentaires. Il arrivera le jour où aller en cours ne me stressera pas ? Hum non j’y crois pas….

Bon à la base je n’avais pas la pêche aujourd’hui. Je me suis rendormie ce matin. Jusqu’au dernier moment j’ai failli faire demi tour en allant au lycée…c’est pour dire. Mais « il » m’a parlé, juste trois mots sur msn et me voilà avec une pêche d’enfer. De l’apathie la plus profonde je suis passée à l’excitation totale c'est-à-dire mettre la musique à fond et sauter comme une gamine sur mon lit au grand désespoir de mon chien.

Reste que je me sens énorme. Je mange trop en ce moment. Je ne fais plus assez de sport par manque de temps, à cause de la fatigue et de mes genoux qui me font mal.

Voilà donc pour les quelques news. Ce soir ça va. Pour le moment…

 

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Published by Angélique - dans Carnet de route
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 10:12

Je suis à bout de force que ce soit physique ou psychique. Impossibilité de se concentrer sur quelque chose. Rien que regarder la télé me demande un effort intense alors comment réviser ses cours et aller faire sereinement ses DS. Je ne suis pas allée en cours depuis vendredi. Trop de fatigue. Trop de stress. Trop d’angoisse. Ca ne m’empêche pas de culpabiliser. Souvent j’ai cette impression que les gens pensent que j’adore « sécher » les cours. Même si je n’ai jamais aimé l’école je n’aime pas louper moult journées de cours. Ne pas parvenir à prendre sur moi mes angoisses est un échec. Une fois de plus mon estime de moi en prend un bon coup dans la gueule. Mais personne autour de moi ne s’en rend compte. D’ailleurs est-ce qu’ils voient en ce moment ce mal-être qui m’étouffe, qui me tue à petit feu. Les années passent. Je n’avance pas. S’il n’y avait pas ce couple trouble alimentaire dépression j’aurais déjà fini mes études. Je me sens honteuse de rester bloquer dans les études, de ne pas être fichue de trouver sa voie. Les années passent, ça me fait peur. Etre adulte oui…mais bon j’aimerais malgré tout avec 4 ans de moins. Vingt ans ça me suffirait amplement surtout que je ne fais pas mon âge physiquement. Quand je dis mon âge les gens me regardent avec de grands yeux éberlués. Le temps passe trop vite. La maladie gâche ma vie année après année malgré mes efforts. Je n’en peux plus de me battre dans le vide pour arriver à rien. Non dix jours de bonheur par an ce n’est pas suffisant. On ne peut pas s’accrocher à si peu. On est en avril, normalement le moral devrait être meilleur. C’était toujours comme ça avant, fin mars début avril je me sentais mieux. En ce moment je me sens encore plus mal que durant mes périodes de spleen hivernal. Ca donne envie de tout arrêter. De se jeter par la fenêtre…mais bon du premier étage on a plus de chance de se rater et de se retrouver dans un fauteuil roulant. De rendre tous ses médocs…mais bon pour se retrouver à l’hosto avec un lavage d’estomac. Attendre. Attendre quoi ? Que par miracle la déprime s’envole. Que le désir de vivre revienne ? Que des désirs reviennent ? Actuellement je ne sais pas de quoi j’ai envie. Je n’ai plus de moteur à mon existence. J’étouffe. J’ai l’impression que ma cervelle se décolle comme dirait mon neveu. L’unique envie que j’ai c’est d’être dans ces bras à LUI, seul endroit où je me sens protégée et apaisée…
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Published by Angélique - dans Carnet de route
30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 19:58
Je suis une bonne élève qui ne parvient pas à aller en cours. Le comble ! Et puis ça fait rire jaune lorsqu'on dit qu'à 24 ans on a toujours cette phobie scolaire qui vous bouffe la vie. Je me sens honteuse et coupable. Je suis fatiguée de me battre contre mes angoisses. Je doute. Je culpabilise. De quoi ai-je envie ? Quels sont mes projets ? Tout cela est si trouble...

Je me sens seule.

J'en ai marre de devoir faire des efforts pour vivre jour après jour surtout que ça ne m'apporte rien. Rester en vie c'est finalement ne pas rendre malheureuse ma famille. Sinon qu'est-ce qui me retient franchement ?
Tout le monde finit toujours par partir...


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Published by Angélique - dans Carnet de route
22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 21:34

Vivre ?...Pour faire quoi ?

La grande déprime des 15-25 ans

Par Jacqueline Remy, Marianne n°570 du 22 au 28 mars 2008

 

76688661-copie-1.jpgAnorexies graves, phobies scolaires, fuites du réel dans l’alcool ou la drogue…Les jeunes Français vont mal, très mal. Un malaise touche autant les zones sensibles que les milieux favorisés.

Le titre pourrait passer pour une promesse : « Baccalauréat ». Réalisé à Paris dans le cadre du lycée Buffon par Morgan Gicquel, un élève de terminale S (option cinéma), ce moyen-métrage de cinquante minutes raconte l’histoire de cinq élèves s’apprêtant à essuyer l’épreuve reine de la scolarité française.

«  Le premier, en retard, se fait écraser en traversant la rue, détaille l’auteur. La deuxième, qui en a marre de ses parents, se scarifie pour les impressionner, mais elle se rate, se taille une veine, et meurt. Le troisième, pessimiste sur l’état du monde, boycotte une épreuve qu’il juge vaine et inutile. La quatrième fait une overdose s’antidépresseurs. » Et la cinquième ? « Une fois devant la salle, elle décide de ne pas entrer, par solidarité avec les quatre autres. »  Bref, le jour dit, aucun d’entre eux ne pénétrera dans la salle d’examen.

Sans le savoir, Morgan Gicquel a parfaitement résumé dans son film – projeté au lycée le 30 janvier dernier, jour de ses 18 ans – les conclusions effarantes d’une batterie de rapports et d’études qui, chacun à sa façon, dressent ces temps-ci un tableau plutôt sombre des jeunes Français. Certains vont mal, très mal. Et, selon une enquête de la Fondation pour l’innovation politique, menée dans 17 pays industrialisés - « Les jeunesses face à leur avenir »-, ils sont, avec les Japonais, les plus pessimistes des 15-29 ans interrogés à travers le monde. Ils voient l’avenir en noir. C’est la grande déprime.

10--30-.jpgConduites à risques

Le 20 novembre, Journée internationale des droits de l’enfant, la défenseure ad hoc, Dominique Versini, a donné le la en publiant son rapport annuel, exceptionnellement consacré aux postpubères sous le titre « Adolescents en souffrance, plaidoyer pour une véritable prise en charge ». Ils dorment mal, sèchent la classe, boivent trop, se défoncent, s’automutilent, prennent des psychotropes, ont des problèmes avec la nourriture, jouent avec la mort et, parfois, ce n’est pas un jeu. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. Les adolescents seraient de plus en plus nombreux à tenter de se suicider (40 000 tentatives annuelles). Ils sont, en revanche, plutôt moins nombreux à en mourir : 577 décès, chez les 15-24 ans en 3005, pour un millier vingt ans plus tôt. Dominique Versini, qui déplore qu’on s’occupe moins des ados que des SDF, insiste : « Ce n’est pas un problème de santé publique, mais un malaise sociétal. » La commission des Affaires sociales du Sénat a monté un groupe de travail sur le sujet, et une coordination interministérielle devait se mettre en place au début de l’année.

       10--41-.jpg     Que leur a-t-on fait, ou pas fait, pour qu’ils soient aussi malheureux ? Certes, seule une frange des adolescents est réellement concernée. Un sur quatre se plaint de troubles du sommeil, un sur 10 prend des médicaments pour lutter contre l’anxiété ou l’insomnie, un sur 10 souffre de troubles alimentaires (un sur 100 sous une forme très grave), un sur 20 a séché le collège ou le lycée plus de quatre demi-journées par mois. De 5 à 10% admettent s’être fait mal exprès, 11,3% des filles et 6,6% des garçons se sont scarifiés, 28% des 15-19 ans ont été ivres plus de quatre fois dans l’année, et les comas éthyliques se multiplient. Malgré leur inégale gravité, tous ces faits, additionnés, finissent par faire une masse.

            La souffrance a toujours été le prix du passeport pour l’âge adulte. Mains elle prend aujourd’hui des formes impressionnantes, tandis que ce fameux âge adulte, lui, se fait attendre. L’adolescence est devenue un temps de mutation qu’on étire comme un élastique, de plus en plus tôt, de plus en plus tar, dans une absurde cacophonie statistique. Plus personne ne sait à quel seuil fixer l’entrée dans le monde adulte. On est civilement majeur et on a le droit de vote à 18 ans. Mais, dans l’esprit des parents, l’enfant reste un enfant tant qu’il n’a décroché son premier emploi sérieux (à 22 ou 23 en moyenne) ; tant qu’il vit sous le toit familial (21 ans), ou même tant qu’il n’a pas eu son premier bébé (29 ans). Pour les mutuelles et les impôts, on peut rester enfant à charge jusqu’à 25 ans. Aux yeux de la justice, on est responsable pénalement dès 13 ans et, en cas de récidive, l’excuse de minorité –n’est plus automatique au dessus de 16 ans, depuis la loi Dati de l’été 2007. « Si nous sommes des adultes aux yeux de la justice, pourquoi sommes-nous toujours considérés comme des mineurs quand il s’agit de voter ? » s’indigne Morgan Gicquel qui n’est pas loin de penser que, si les ados constituaient une force électorale, on s’intéresserait plus, ou mieux, à eux.

           1285316946.jpg Quoi qu’il en soit, la souffrance adolescente ne s’éteint pas miraculeusement à la majorité, à en croire le passionnant essai que vient de publier la sociologue Monique Dagnaud – La Teuf, au Seuil- et qui raconte le festival d’autodestruction auquel se livrent compulsivement une partie des 18-25 ans. En partant d’un enquête sur les conduites à risques réalisée par le Credoc pour la sécurité routière, cette spécialiste des médias a décidé de se pencher sur les tendances culturelles de cette frange de jeunes (15%) qui, dit-elle, sortent, énormément. Première surprise : elle s’attendait à travailler sur la fièvre du samedi soir mais elle s’est aperçue que tous les teufeurs que ses enquêteurs avaient repérés sortaient en fait deux ou trois fois par semaine, quitte à ramer dans le brouillard le lendemain pour aller au travail ou en cours. Deuxième surprise : « Pour eux, comme pour une partie croissante de la jeunesse, la teuf ne constitue pas un moment de respiration, un loisir parmi d’autres, mais un véritable mode de vie. » Troisième surprise : on ne fait plus la fête, assène-t-elle, on part dans la « déjante »,  la « défonce » les bons et les mauvais « délires ». La teuf est une bulle où « des adolescents et postadolescents s’étourdissent de musique, d’alcool et de drogues dans d’interminables virées nocturnes om les chaos de la planète ne les atteignent pas, écrit Monique Dagnaud. Seuls les intéressent ces tempos qui font battre le sang » Bref, on s’éclate au risque d’imploser.

            Tous les jeunes ne s’adonnent pas sans frein aux vertiges collectifs : un sur six est vraiment accro. Mais assure la sociologue, ces fous de teufs sont des extrémistes qui traduisent un mal-être général et diffus dans leur classe d’âge. Bien que soucieuse de souligner que tous les ados ne vont pas mal, la défenseure des enfants renchéris : « Beaucoup ont du mal à se projeter dans l’avenir, ils ont l’impression qu’ils n’arriveront à rien. » D’où cette folle envie de se carapater.

Foui__my_love____by_TrixyPixie.jpguir la trivialité du réel.

Ils fuient les obstacles, et l’on voit se multiplier les cas de phobie scolaire, forme moderne du cancre, qui, hier coincé près du radiateur en attendant le miracle –comme le raconte tendrement Daniel Pennac dans Chagrin d’école (Gallimard)-, va désormais au plus simple : il reste à la maison. Ils fuient le réel, dans l’alcool, le hasch, ou le virtuel. « Ce sont des mutants ! » s’exclame Dominique Versini, dont le rapport épingle l’addiction contagieuse aux jeux vidéo, et qui, dans un registre moins alarmiste, souligne qu’il y a « presque autant de jeunes blogueurs sur Skyblog (10 millions) que de moins de 18 ans dans la population française (15 millions). » Au fond, ils se fuient eux-mêmes. Souvent dans l’espoir de mieux se retrouver, quitte à se prendre pour leur avatar dans Secondlife, le cyberespace à succès, ou pour un mirage, comme dans Into the Wild, le film de Sean Penn qui fait un tabac dans les salles de cinéma depuis le début de janvier.

Inspiré de l’histoire vraie de Christopher McCandless, un jeune américain promis à un bel avenir qui lâche tout pour se chercher dans la nature brute et sauvage de l’Alaska, le film annonce : Il y a des gens qui partent en quêtent d’aventure, Christopher McCandless était parti en quête de lui-même. » Un voyage initiatique loin de la société de consommation, une traversée mortelle du miroir des apparences : «  L’important dans la vie n’est pas d’être fort, dit la voix pff, mais de se sentir fort et de prendre sa propre mesure. » Un message formaté à l’intention des ados, reçu cinq sur cinq. L’histoire finit mal, la morale social est sauve : « Le bonheur ne vaut rien s’il n’est pas partagé. »

18835604_w434_h_q80-copie-1.jpgOn est donc prié de retourner à la civilisation. Et à la trivialité du réel, 23 janvier, Levallois-Perret. Une quarantaine d’étudiants en sciences de la communication, à qui l’on demande s’il se reconnaissant dans les conclusions françaises de l’enquête internationale sur le moral des jeunes, réagissent en chœur : « Evidemment, nous sommes pessimistes ! » C’est rare, une génération qui se reconnaît dans les stéréotypes qu’on file sur elle. Au fond de la salle, une fille, Sarah, finit par s’indigner solitairement, à voix haute : « Arrête de pleurer, on dirait qu’on va tous mourir ! J’en ai marre, de tous ces gens qui se plaignent, moi, je suis optimiste, c’est à nous de changer les choses, c’est à nous de changer le monde ! » Toute la classe se retourne et lui tombe dessus unanime : « Alice au pays des merveilles, tu te crois dans un film ? » daube l’un. « C’est pas ton optimisme qui va te donner du boulot et nourrir tes gosses », jette l’autre. « Peut-être qu’elle y arrivera, à son utopie énorme, mais c’est qu’elle aura du bol ! » conclut un troisième. Une utopie énorme, de « changer les choses » ?

Tout gémissent : « Regardez la télé, on ne nous parle que de guerres, des attentats, des morts, du chômage. On sait qu’on a très peu de chance de s’en sortir, à part ceux qui font des écoles de commerce, à qui les banques accordent des crédits pour payer leurs études et même leur loyer. »  Et de citer le livre « désespérant »  de cette journaliste qui s’est mise dans la peau d’un bac +3 à la recherche d’un emploi et a galéré pendant un an pour remplir son frigo.

Du béton, ce livre. Pour eux, c’est ça, le réel. Et ils expliquent qu’ils vivent dans un monde hostile, avec pour tout bagage les souvenirs merveilleux et festifs de leurs parents : « C’est d’autant plus dur pour nous qu’on nous parle tout le temps de 68. Leur génération, c’était la liberté. Ils n’avaient pas de diplômes et ils avaient du travail. On a idéalisé cette période, elle nous fait rêver. »  Ne sont-ils pas fatigués, justement, d’entendre exalter la jeunesse de leur parents, qu’on va à nouveau célébrer au printemps, en ce quarantième anniversaire ? « Au contraire, protestent-ils. Cela nous intéresse, de comprendre ce qu’on vécu nos parents. »  La réciproque n’est évoquée par personne. Ce n’est pas le sujet.

8a52aa20a474d7dd.jpgPessimistes et fatalistes.

Evidemment, la réalité leur donne en partie raison. L’avenir est incertain, d’autant moins balisé que la génération d’avant, très concentrée sur elle-même, a laissé pourrir un certain nombre de dossiers urgents, comme les retraites, l’environnement, les universités, la recherche, les quartiers ghettos. D’ailleurs, le pessimisme des moins de 30 ans est en partie le simple reflet générationnel du moral collectif de la population française, en berne comme chacun le sent. D’après l’enquête Kairos pour la Fondation de l’innovation politique, les Français de 16 à 29 ans sont peu nombreux à penser que leur avenir est prometteur (26%), celui de la société encore moins (4,2%) et à se convaincre qu’ils auront un bon travail (27%), alors que les Danois et les Américains, par exemple, sont selon les deux questions de deux à quatre fois plus nombreux à le croire. Parallèlement, selon une récente étude du Centre d’analyse stratégique, les trois quarts des Français adultes pensent que l’avenir de leurs enfants sera plus difficile que l’a été le leur. Ils se méfient de tout le monde, des institutions, de leurs représentants, de la mondialisation, et même de leur voisin : 22% seulement pensent qu’on peut faire confiance à autrui. Deux économistes, Yann Algan et Pierre Cahuc, qui ont publié à l’automne un essai, la Société de défiance (éditions de la Rue-d’Ulm), y voient la clé de l’autodestruction du modèle français. Mais c’est d’abord une crise du « nous » : collectivement plus pessimistes (avec les Grecs) que les autres Européens, les Français adultes restent optimistes sur leur situation personnelle.

Pas les jeunes. Et ils s’étonnent qu’on s’étonne de leur fatalisme. « On nous martèle que, si on a pas le bac, on n’est rien, que le pays est paralysé et le monde pourri, explique Morgan. On  le choix entre rentrer dans des cases, ou se tirer une balle dans la tête. » Les cases, quelles cases ? Ils le disent tous, des collèges de banlieue aux lycées de l’élite, hors des grandes écoles, point de salut assuré. « On sait qu’on risque de ne pas s’en sortir, dit Olga, à l’exception de ceux qui font des écoles de commerce, et à qui les banques accordent des crédits pour payer leurs quatre années d’études et leur loyer. » Tous se targuent d’avoir les pieds sur terre, eux. Pas comme leurs parents, « qui pouvaient s’offrir le luxe d’être idéalistes, il n’y avait pas de chômage. »  Hélène soupire : « On a perdu nos illusions. »  D’ailleurs, soulignent-ils, les profs le ressassent : il n’y a pas de débouché, c’est la mauvaise filière, la précarité guette. «  En L, les profs ne cessent de nous décourager, renchérit Pauline, ça donne pas envie de s’envoler. »  D’où leur peur du changement. Qui les pousse à résister aux réformes, « par pur conservatisme » juge Paula. Qui, sauf phobie scolaire, les retient de lâcher les grilles de leur établissement scolaire. « Même quand ils n’on pas cours, ou quand ils sont exclus du collège, observe Hanifa Sadaoui, conseillère principale d’éducation à Clichy, les élèves restent souvent devant les portes. »

            Face à ce « réel » qui fait si peur, « soit on s’accroche, on a de l’ambition, dit Louise, soit on laisse tomber, je deviens rien, je fume des pet’ (pétards) toute la journée. » Et sa copine s’exclame : « c’est ce que fait mon frère, il a 19 ans, il est loin d’être con, pourtant il est scotché à un nouveau jeu sur la Toile qui consiste à se passer un joint virtuel d’un internaute à l’autre ! » Laurence Hansen-Love, professeur de philosophie dans deux lycées parisiens et animatrice de plusieurs blogs confirme : « Les élèves sont dans une angoisse inouïe quand il s’agit de décider de qu’ils vont faire l’an prochain. Mais, au-delà de ça, beaucoup souffrent de solitude. Les parents sont souvent absents, ils voyagent professionnellement, en particulier dans les milieux privilégiés. Les mères travaillent. Ceux qui ont leur mère à la maison ne sont pas dans ce désespoir. » Et elle raconte qu’elle voit arriver à ses cours des élèves dans les vapes, qui parfois s’endorment, ou qui, à l’heure du déjeuner, jouent tant dans les salles de jeux vidéo qu’ils ratent la reprise des cours.

47679_413764595_raleuz_H102601_L.jpgMal-être général

La surprise de Philippe Daumas, conseiller principal d’éducation, quand il est passé voilà dix ans des établissements de banlieue, où il a mené toute sa carrière, au lycée Buffon, où il la termine, fut de découvrir qu’il y avait autant de problème dans ces quartiers culturellement favorisés que dans les zones sensibles. « Je pensais me reposer, dans cet établissement sélectif, mais je me suis trouvé confronté à un grand nombre d’élèves à problèmes, des cas lourds : des anorexies graves, des dépressions, des phobies scolaires typiques des milieux haut de gamme. A la Courneuve aussi, on sèche les cours, mais par pour ces raisons-là. » Le CPE secoue la tête, soupire, compte : « sur 500 terminales et prépas, j’ai une vingtaine d’anorexiques en cours de traitement. Cela peut paraître marginal. Je trouve que c’est beaucoup. » Et le mal-être est général. Le mélange vodka-joint-jeu vidéo est contagieux. « En dix ans, cela s’est aggravé, les phénomènes d’addictions, en particulier, les beuveries, les heures passées devant l’ordinateur, et puis, en fin de trimestre, les crises de nerfs, de tétanie ou d’épilepsie. Ils sont sous pression, ils pensent qu’ils sont fichus s’ils ne réussissent pas. «  Philippe Daumas incrimine moins les contradictions des parents -exigeants et laxistes à la fois- que l’individualisme généralisé : Face à un monde où règnent à leurs yeux magouilles et barbarie, ils n’envisagent pas de s’arrimer à un cadre collectif : c’est le culte de la démerde, de la solution individuelle. » D’ailleurs c’est le leitmotiv parental : « Bagarre-toi » Mais, précise le CPE, « il y a des élèves que ça stimule, et beaucoup que ça épouvante. »

sad--47-.jpgLe malaise des élèves du collège de Clichy, où Hanifa Sadaoui est CPE, s’exprime le plus souvent par la violence à l’égard d’autrui qu’au lycée de Philippe Daumas. Mais, comme à Paris, l’agressivité des élèves s’y retourne aussi contre eux-mêmes. « On voit des gamins déprimés qui parlent de suicide à leur famille ou aux trois médiateurs que nous avons mis en place. » Hanifa Sadaoui, instinctivement, affirme que les élèves les moins favorisés socialement sont aussi, souvent, les plus fragiles, mais elle précise que, dans tous les milieux, les élèves croulent sous les appareils sophistiqués, iPod, portable, etc. « Ils pensent qu’à consommer. Beaucoup de parents leur donnent énormément d’objets, puis disent "je ne comprends pas, je lui donne tout, et il se comporte mal" » Elle ajoute : « Pourquoi les ados fourniraient-ils le moindre effort ? Ils ont tout ! » Et elle affirme que les rôles sont souvent inversés dans les familles : « Les enfants sont des petits Bouddha, ils finissent par remettre en question la parole des parents, puis de tous les adultes. Même les profs sont systématiquement obligés de justifier leurs décisions. Il faudrait savoir parfois dire : "C’est comme ça parce que c’est comme ça" ».

Or, les parents sont aussi dépassés qu’incohérents, soulignent les psychiatres qui les rencontrent quand leurs enfants vont mal. « C’est un problème éducatif, qui commence tôt, déplore l’un d’entre eux, dans le Gard. Comment voulez-vous apprendre à un enfant à s’habiller, à se concentrer sur son travail, à se coucher à l’heure, quand on l’élève fans l’excitation avec des télés allumées en permanence, y compris dans sa chambre ? » Décourage, ce pédopsychiatre ajoute : Je ne suis pas en position de soigner les enfants. Je dois d’abord rééduquer les parents, qui se sentent coupables dire non à leurs enfants, quitte à crier sans arrêt contre eux sans jamais faire respecter les interdits. »  Tout est discutable, même les règles. Selon l’étude du Centre d’analyse stratégique, 39% des Français seulement ne trouvent jamais justifiable de toucher indûment des aides publiques, contre par exemple 83% des Danois. Alors les interdits…Quels interdits ?

sad.jpgEviter les contraintes

L’incohérence est générale, selon le psychiatre Sylvain Berdah, chef de service à l’hôpital d’Aulnay-Sous-Bois. « Très exigeante, la société ordonne aux jeunes de réussir à tout prix, sans les y préparer. »  La découverte de la démocratie a été un progrès, gâché par l’usage qu’on en a fait, en particulier à l’école, accuse-t-il. « Il y a eu une entreprise de démolition menée par les pédagogues, qui ont laissé tomber l’autorité, symbole à leur yeux du pouvoir capitalise. On a voulu que les jeunes soient des chercheurs, et découvrent par eux-mêmes ce qu’ils sont à apprendre. C’est une catastrophe. »  Parallèlement à la maison, dit-il, on les protège trop tout en couvant les pires ambitions pour eux. « Ils n’y arrivent pas, ils ne sont pas habitués à faire des efforts, et ils dépriment. Ils s’attaquent à leur corps, par des scarifications ou des tentatives de suicide. Cela fait mal, mais enfin ils savent pourquoi ils ont mal. »  Sylvain Berdah, dont l’action de prévention du suicide adolescent est assez efficace puisqu’elle est sanctionnée par un taux de récidive «  10 fois inférieur à la moyenne nationale », a mis en place, bien avant la loi de 2002 qui l’autorise, une consultation où les ados peuvent venir à l’insu de leurs parents : « Très utile pour récupérer les victimes de maltraitance ou d’inceste, de même que les amateurs de cannabis. »  Et il a monté des permanences psychologiques dans plusieurs collèges de Seine-Saint-Denis, où il reçoit enseignants et élèves.

A l’école des parents et des éducateurs d’Ile-de-France, qui a lancé en 1995, un numéro vert, Fil Santé Jeunes, la psychologue Marie-Catherine Chikh résume les plaintes : «  C’est tous des cons (mes parents, les profs). Mon père, je ne le vois jamais. Je n’arrive à que dalle. Je n’ai pas pris la bonne voie. Je n’ai envie de rien ? Je suis toujours dans ma chambre. C’est normal de penser qu’on pourrait passer par la fenêtre à 12 ans ? » Mais elle prévient : « Ils sont dépressifs comme les autres générations. La plupart des gens aujourd’hui, considèrent qu’ils ont droit au quatre--8-.jpgbonheur de 8 heures du matin à 8 heures du soir. Dès que ça s’arrête, ils se croient malheureux. »  Cette incapacité à affronter les difficultés est particulièrement aiguë chez les ados qui, comme l’explique le psychiatre Patrice Huerre (Les nouveaux ados, éditions Bayard), manquent de bouc émissaire : faute de régulations et de contraintes, « chacun est renvoyé à lui-même et ne peut plus en vouloir aussi facilement à une instance supérieur. » Laura, 17 ans, conclut : « Chacun doit contrôler sa vie mais on est perdu. »

Certes, la plupart des experts soulignent qu’il ne faut pas généraliser l’angoisse adolescente. Pourtant, en privé, pas un d’entre eux ne se dit serein sur le sujet ? Le sociologue Paul Yonnet, auteur d’un ouvrage remarquable sur la famille (le recul de la mort, l’avènement de l’individu contemporain, Gallimard) affirme que les ados sont placés dans des contradictions mortifères. « Ils sont élevés dans le fétichisme de l’autonomie. On les a amenés à prouver qu’ils étaient des enfants du désir. Ils sont dotés d’un moi surpuissant, reconnu très tôt. Mais leur entrée dans la vie active, problématique, ne cesse d’être retardée. Ils se réfugient dans des conduites d’épuisement de leur attente. » Yonnet parle de « pathologies » de la maîtrise du réel. Ils ont eu pour parents des adultes «  qui se sont octroyés le droit de se séparer dès que l’un ne peut plus supporter l’autre. »  Même s’ils ne séparent pas, c’est possible, et c’est angoissant. « Et on leur tient des discours apocalyptiques sur la planète. »  Que maîtrisent-ils, tant qu’ils ne travaillent pas ? A peine leur monde virtuel ? Sur Skyblog, Babybadgirl se présente : elle aime « fumer, sortir, tapé des bars, mé pote, ma fami » Elle déteste : « (se) priver, (se) prendre la tête. » Deux blogs plus loin, Elixianne : « Je sais pas trop quoi mettre si c’n’est qu’il y a interdiction de se prendre la tête. »

Pour les prises de tête, on a le temps, clament les mutants. Et quand on leur demande s’ils sont prêts à assumer par leurs impôts les retraites de la génération précédente, les jeunes Français sont les derniers (11%) à dire oui, contre 63% des Chinois, 35% des Danois, 32% des Américains. On les exhorte à devenir eux-mêmes, tout en leur assénant qu’ils ont à peine un avenir de variable d’ajustement dans un monde qui s’effondre. Comment peut-on leur demander en plus de soutenir les autres ?

 

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Published by Angélique - dans Revue de presse
20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 18:21

La faim sans fin...

Marie-Claude De Sève

Le Nouvelliste

Shawinigan

 

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Le mois de mars, qui est celui de l'alimentation, nous incitera sûrement à nous interroger de nouveau sur les troubles de l'alimentation, sur l'image de la femme telle que diffusée dans les médias, sur l'émergence de symptômes inquiétants chez une clientèle de plus en plus jeune.

 

Mais il existe aussi un autre visage de l'anorexie. Celui où la personne n'est plus considérée comme une adolescente lorsque les premiers symptômes surgissent, soit au début de la vingtaine ou de la trentaine par exemple. Je fais partie de cette catégorie. Mon trouble de l'alimentation a débuté aux alentours de mes 21 ans, la résultante d'une diète qui n'avait jamais su s'arrêter. À ce moment-là, l'aide que j'aurais dû recevoir ne m'était plus accessible, les soins de l'hôpital Sainte-Justine ne s'adressant qu'aux mineures. Je suis donc demeurée avec une problématique qu'on associait quasi-automatiquement à l'adolescence.

 

En 1983, une adulte ayant un diagnostic confirmant l'anorexie, était plus ou moins laissée à elle-même. Si le milieu hospitalier n'offrait pas de services particuliers aux personnes souffrantes et à leur entourage, comment imaginer que justement ces gens autour sauraient comment réagir face à un ensemble de comportements difficilement compréhensibles vu de l'extérieur. Personne ne savait vraiment.

 

J'ai compris ce dont je souffrais, à cause d'un article de l'Actualité qui relatait le décès subit de la chanteuse de 32 ans, Karen Carpenter, des suites de l'anorexie. J'ai vu, sous mes yeux, le détail de ce que je vivais. C'était comme si je venais de découvrir la lune! Je n'étais pas seule. Mes problèmes avaient un nom. Ce n'était pas une création de mon imagination trop fertile, comme certains avaient pu dire. Un bref moment de bonheur... Bref, parce que le fait de connaître le problème ne signifie nullement son règlement.

 

Entre 1983 et 1996, j'ai rebondi dans des cabinets de médecins généralistes et spécialistes, de psychologues, et j'en passe, sans que ne s'améliore ma condition. J'ai tenté les innombrables approches qu'on me suggérait, avec une réelle bonne volonté. Je devais faire face à mes difficultés et non plus me réfugier, telle une accro, à l'anorexie. Cette maladie avait envahi bon nombre de mes mécanismes de fonctionnement et je me voyais sombrer dans toutes ces règles qui s'imposent quand on désire être une "bonne anorexique" (restriction, calories, poids, etc.). Ma condition devenait de plus en plus chronique. Je ne souffrais pas d'anorexie: j'étais anorexique. La maladie était devenue mon identité.

 

En 1996, affaiblie, isolée, incapable de fonctionner tant physiquement que psychologiquement, je me suis retrouvée face à une équipe, tout à fait outillée, celle de la clinique des troubles de l'alimentation de l'hôpital Douglas. Douze années plus tard, je venais de trouver l'endroit où on savait quoi faire... De 1996 jusqu'à ce jour, j'ai suivi huit programmes en hôpital de jour, j'ai été hospitalisée deux fois (entre trois et quatre mois chaque fois) et j'ai eu d'innombrables sessions de thérapie. Et je n'inclus pas le nombre de fois où l'hospitalisation m'avait été conseillée et où j'avais refusée.

 

La maladie s'installe progressivement. Elle s'installe si bien que la guérison s'avère, alors que le temps coule, de plus en plus improbable... On tentera alors d'élaborer un nombre de règles pouvant potentiellement permettre de mieux cohabiter avec cette voisine si envahissante. Voilà l'autre visage de l'anorexie: celui dont on ne parle pas, celui qui ne prévoit aucune fin heureuse, en fait qui ne prévoit absolument rien.

 

Je suis toujours anorexique, avec des périodes parfois plus faciles et d'autres pires. Je ne parviens pas à concevoir une réalité sans elle... et durant toutes ces années, cette anorexie ne s'est pas nourrie d'images de magazines ou de télé: elle s'est nourrie de moi.

C'est ce visage-là que je voulais mettre en lumière. Actuellement, ce sont les femmes plus âgées qui sont les plus sujettes à développer un trouble alimentaire.

Marie-Claude De Sève
Shawinigan

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20080214/CPOPINIONS/802140922

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