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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 18:07

Lundi 23 février. Jour de rentrée des classes. Jour où je ne suis officiellement plus étudiante au lycée où je suivais mon BTS. J'ai reçu une lettre recommandée juste avant les vacances me disant qu'on me rayait des listes.


Lundi 23 février, et un rdv chez ma psy. Une semaine et demi que je ne l'avais pas vu. Chouette, la pause a été bénéfique. Je lui ai poliment demandé si on pouvait se limiter à une séance par semaine parce que sinon je sentais que j'allais lâcher la thérapie. Ca serait un peu bête après 4 mois quand même.


Aujourd'hui je n'avais rien à lui dire. On arrive fin février, alors le moral va mieux de lui-même. Vu le temps pourri et le froid, ça montre que mon cycle de dépression n'est pas influencé par les saisons. On a parlé de ma couleur de cheveux. Je suis passée de blonde à brune parce que voilà j'en avais marre de me faire aborder dans la rue par les kéké et les wesh wesh. Je déteste qu'on empiète sur  mon espace vital et encore moins qu'on m'aborde de manière brusque. Et puis je ne sais pas, j'avais un certain besoin de changement.


A la base, je suis châtain clair. J'ai commencé à éclaircir mes cheveux au début de l'anorexie. Puis à un moment donné je refonce tout. Des fois c'est parce que des garces de blondes m'ont fait chier. D'autre c'est parce que ça reflète seulement mon état d'esprit : sombre.


C'est bizarre une séance chez le psy parce qu'on commence à parler de la couleur de ses cheveux pour dériver sur un autre sujet. Sur ma première Terminale, celle où je me suis retrouvée loin de ma meilleure amie, celle où au mois d'octobre j'ai commencé à angoisser d'une manière inimaginable vis-à-vis du bac. C'est là que tout à vraiment basculé, où le poids a chuté sans m'en rendre compte, où la dépression a mis ses griffes sur moi.

On est bientôt en mars. Le temps passe si vite. J'ai cette impression pourtant que tout est figé. Enfin tout semble en mouvement sauf moi. Les deux dernières années d'effort pour retrouver une place dans le monde semblent s'être évaporées.


Je me suis retenue d'acheter des laxatifs bien que j'en avais envie.

Je me suis retenue d'acheter des pseudos médicaments pour maigrir.

J'ai envie de maigrir. J'ai envie de tout oublier.

Je m'imagine souvent avec une lame à la main tranchant ma chair et rendant ainsi ma douleur intérieure visible aux yeux de tous. Je me retiens. Je m'empêche de recommencer cela. Je vais tenir jusqu'à quand ?


J'ai envie d'oublier. J'ai envie d'être en 1999 avant l'anorexie, la dépression et tout cela. Je n'en peux plus d'être sans cesse angoissée pour tout : l'avenir, la nourriture, les sorties, les courses.



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Published by Angélique - dans Carnet de route
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 21:10

Alli : la pilule qui fait maigrir fait surtout aller aux toilettes

Par Colette Roos | Journaliste | 19/02/2009 | 11H41

source Rue 89

La commercialisation du nouveau médicament, prévue en mai, inquiète les nutritionnistes et les associations concernées.

Un nouvel allié pour la minceur? Le laboratoire GSK vient d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché d'"Alli" ("allié" en anglais) pour l'Union européenne. Débarquée aux Etats-Unis en juin 2007, la pilule était en rupture de stocks dès les premiers jours.

En France, les pharmaciens se frottent les mains depuis l'annonce de sa mise en vente libre -prévue pour le mois de mai. Alli a déjà généré 230 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel pour GSK.

Alli vous propose un contrat simple et radical à la fois: si vous mangez trop gras, il vous fait éliminer à coups de fortes diarrhées. GSK vise 150 000 clients, essentiellement des clientes, pour la première année.

Attention aux pièges, nombreux, que vous tend Alli

Sur le marché très lucratif de la minceur, aucun médicament n'avait jusque là soigné l'obésité sans effet secondaire grave: les coupe-faim, qui agissent sur des neuromédiateurs, ne marchent pas, disent les médecins. L'Acomplia, lancée par Sanofi-Aventis, a d'ailleurs été retiré du marché en octobre.

La chirurgie, notamment la pose d'un anneau gastrique pour diminuer le volume de l'estomac, est certes efficace mais lourde, contraignante et risquée.

Alli, qui consiste à s'infliger la punition de déféquer des graisses en cas d'excès, devrait donc faire un carton. Les forums féminins s'excitent déjà sur cette formule magique pour la ligne, vendue en contrebande sur Internet.

Mais attention aux pièges, nombreux, que vous tend Alli.

Punis-moi si je mange trop gras

Alli est réservé aux personnes en surpoids, c'est-à-dire dont l'indice de masse corporelle (IMC), que l'on calcule en divisant son poids par sa taille au carré, est supérieur à 25 (le chiffre est de 30 pour les obèses). Ce qui revient à peser environ 75 kilos pour 1,60 m, et concernait 29,2% de la population française en 2006 selon l'étude ObEpi

La voie explorée par Alli est la suivante: pour se débarrasser des graisses, le plus simple, c'est de ne pas les métaboliser. Concrètement, c'est un "inhibiteur de lipase", qui limite l'action de l'enzyme chargée de "casser" les lipides ingérées en petites briques facilement assimilables par l'organisme.

Il utilise l'orlistat, la molécule employée dans le Xenical, un médicament des laboratoires Roche à qui GSK l'a rachetée. Elle est demi-dosée (60 mg au lieu de 120) mais promet 80% de l'efficacité du Xenical.

Quand on ingère Alli, on est contraint d'être soit très discipliné (fini les craquages alimentaires), soit très disponible. Comprendre: jamais loin des toilettes, car manger des graisses malgré les préconisations entraîne des désagréments peu ragoûtants, façon "gastro" (flatulences grasses, voire diarrhées incontrôlables).

Alli est donc surtout une façon d'externaliser sa volonté de régime : "Oblige-moi à manger sainement. Et punis-moi si je le fais pas". Fais-moi mal, Alli, Alli, Alli...

Un régime imposé

Alli promet de vous faire perdre un kilo de plus pour deux de perdus par le régime qu'il impose. Car, comme l'explique Martine Frey, directrice médicale chez GSK, c'est une "récompense" qui accompagne un régime:

"Si l'on ne fait pas le régime qui va avec, on n'a que les inconvénients [la diarrhée, ndlr], mais on ne perd pas de poids. C'est un encouragement à avoir une alimentation saine et vertueuse: si on mange trop de gras, il tire le signal d'alarme. Alli permet de prendre conscience de ce qu'il faut faire.

Maigrir, ça passe par une alimentation saine et équilibrée, et une augmentation de l'activité physique. Ce n'est pas une pilule magique qui vous fait perdre trois kilos en trois jours, c'est une démarche sur le long terme, qui n'est pas efficace si on suit pas le régime."

Autre inconvénient, Alli provoque des carences en vitamines. D'ailleurs, le site américain d'Alli incite les candidats au régime à prendre un complément multivitaminé pour rétablir l'équilibre.

Les pharmaciens au poste de contrôle

Problème, en vente libre derrière le comptoir du pharmacien, il risque d'être largement détourné. Le rôle de conseil du pharmacien est largement mis en valeur par GSK, qui sortira un livret d'accompagnement à la prise du produit et formera les professionnels. Mais rien ne garantit que les commerçants vérifieront que le client est bien en surpoids.

En vente à deux euros par jour environ (le prix sera fixé librement par les pharmaciens), pour un traitement de trois mois, il sera abordable, et donc tentant, y compris pour les midinettes qui se trouvent trop rondes à l'approche de l'été.

Pourquoi s'infliger de tels désagréments, alors que suivre simplement le régime indiqué suffit à faire fondre les deux tiers du poids perdus avec une cure d'Alli? Si, comme promis, le traitement permet de perdre 5 à 10% de sa masse corporelle, ce n'est pas non plus un régime miracle.

La principale vertu d'Alli est donc de vous apprendre à repérer les "graisses cachées", celles qui sont incorporées dans les aliments, comme la graisse d'un steak, par exemple. Comme si on pouvait manger gras sans s'en rendre compte, et qu'il fallait aller aux toilettes pour vraiment le réaliser!


Si la sanction des toilettes s'éloigne, les mauvaises habitudes peuvent revenir

Jean-Philippe Zermati, nutritionniste comportementaliste président du Gros (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), craint qu'Alli "stigmatise une catégorie d'aliments" alors que maigrir, c'est avoir "une approche globale", qui n'inclut ni ne bannit aucun type d'aliment.

Dès que la sanction des toilettes s'éloigne (parce que la cure s'arrête ou qu'on la stoppe, incapable de tenir), le risque est qu'on se remette à manger n'importe quoi, et en grandes quantités, histoire de compenser la frustration. Pas vraiment la meilleure façon de sortir de la spirale.

La président de l'association de personnes de forte corpulence Allegro Fortissimo, Viviane Gacquière, a d'ailleurs écrit à la ministre de la Santé pour lui demander carrément d'interdire Alli:

"L'autorisation de ce médicament en vente libre (représente) un réel danger touchant aux mesures 'sauvages' utilisées par un grand nombre de personnes pour maigrir même quand leur surpoids n'est pas pathologique, un mirage pour les personnes en obésité et des conséquences non négligeables sur la santé des patients consommateurs de cette spécialité."


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Published by Angélique - dans Revue de presse
18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 12:29

En à peine une semaine, j'ai été contacté par France 2 pour un « ça se discute sur les TCA & cie » puis par TF1.

Je crois que je vais rajouter sous mon adresse email que je n'ai pas envie de m'exposer comme une bête de foire à la télévision.


La journaliste de France 2 a beau m'avoir dit qu'ils cherchaient une anorexique avec un poids normal mais toujours anorexique j'ai fini par dire non. Parce que je sais au fond de moi qu'ils vont encore prendre des raccourcis, je sais qu'ils vont s'arrêter à l'alimentaire et à l'impact sur la famille.


Quant à celle de TF1 rien que de me dire que l'autre témoin sera Isabelle Caro et son beau combat suffit à me donner envie de vomir. Non les filles qui se servent de leur maladie pour voguer sur une pseudo célébrité ça me dégoûte et ça fait du tort aux autres malades. Son beau combat est tellement beau d'ailleurs qu'en continue à mettre sur son blog des photos d'elle maigrissime, c'est d'une intelligence...Se battre c'est aussi reprendre du poids, reprendre un corps d'humain.


Une chose n'a pas été comprise, les troubles alimentaires n'ont d'alimentaire que le nom. La nourriture c'est uniquement un symptôme. Certes un symptôme intéressant pour faire de l'audience. L'anorexique cachexique qui se trouve grosse avec ses 30 kilos, refuse d'avaler la moindre nourriture et persiste à faire du sport vaut le coup d'œil. C'est comme la boulimique qui fait sa crise devant la caméra, c'est impressionnant la quantité de nourriture qu'elle peut ingurgiter avant d'aller rendre. On notera d'ailleurs que dans les reportages on nous montre toujours des boulimiques vomisseuses. On n'a jamais la boulimique qui ne vomit pas et qui est ensuite rongé par sa crise.

Maîtriser son alimentation et son poids permet à l'anorexique de contrôler ses angoisses, et ça la soulage des angoisses périphériques. La boulimique calme ses angoisses en mangeant et la culpabilité d'avoir manger et la peur de grossir entraine souvent des moyens de compensation.


Les reportages à la télé ne montent pas comment les TCA ont un impact sur la vie quotidienne : l'explosion de la dynamique familiale, souvent des études chaotiques, la dépression, le peu d'intérêt qui nous maintient en vie, le peu d'envie de s'ouvrir sur le monde, la difficulté des relations sentimentales, le dégoût que l'on peut avoir de soi-même...Et surtout comment on ne guérit pas malgré des efforts et de la volonté.


Non les reportages ne sont pas là pour que les gens comprennent, mais pour faire de l'audience.  Le pathos doit apitoyer les gens. On doit leur montrer qu'il y a pire qu'eux dans l'existence et finalement que leur vie n'est pas si mal. Je ne dis pas ça par hasard, j'ai longtemps maté ça se discute pour me rassurer moi-même en voyant qu'il y avait des gens encore plus cinglée que moi.


Peut-être qu'un jour je songerais à écrire un bouquin. Mais pour le moment, je trouve que cela est trop commercial. Les maisons d'éditions savent que les thèmes des troubles alimentaires font fureur, et ils en font leur gagne pain suffit de regarder les publications récentes. Pour l'instant je préfère partager gratuitement par Internet.


Pour ceux que ça intéresse prochainement 3 émissions sur les TCA : un C'est quoi l'amour sur la 1, un 10h le mag sur la 1 également et un  ça se discute  sur la 2


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Published by Angélique - dans Mes écrits
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 23:07

Le moral commence à être meilleur, normal on est mi-février. Dans l'absolu courant mars la joie de vivre sera revenue en grande partie.


Ca fait maintenant 4 mois que je vois ma psychiatre. D'un je ne vois pas le temps passé, je me sens vraiment déconnectée. De deux ce n'est pas les rendez-vous avec ma psychiatre qui font que je vais mieux.


Si au début ça m'a permis de déculpabiliser par rapport au énième abandon de mes études, maintenant je m'ennuie ferme et je ne sais que dire à chaque séance si bien que la veille je fais des insomnies et des cauchemars.  Je lui ai dit tout ce que je pouvais avoir à dire. Je n'ai plus rien à lui dire à part que je redeviens cinglée avec la nourriture.


J'ai beau me plier au rituel des rdv chaque semaine, je ne crois en rien à leur utilité, ça permet seulement d'être pise au sérieux médicalement parlant. Si parler permettait d'aller mieux, depuis le temps que j'écris et réfléchis je devrais être guérie. Oui parce qu'on ne peut pas dire que ma psy me donne des pistes de réflexions. Pas plus que mes lecteurs en commentaire.


Oui avec la nourriture ca redevient plus que compliquée. Je me dégoûte profondément. J'ai peur à nouveau de grossir en mangeant des pommes et des légumes...c'est incompréhensible d'ailleurs. J'ai plus qu'envie de remonter sur une foutue balance et de revoir le poids qui tombe de jour en jour.


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Published by Angélique - dans Carnet de route
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 22:55
Aurélia venait d'avoir 12 ans, en février dernier. C'était une enfant plutôt calme et réservée. Elle avait encore les rondeurs de l'enfance et supportait mal les transformations de son corps. « Est-ce la mort brutale de son petit teckel qui a constitué l'élément déclenchant et est venu s'ajouter aux réflexions de ses copines, toutes très filiformes, sur son corps ? », se demande aujourd'hui sa mère.

Aurélia s'est mise, de façon insidieuse, à faire un «petit régime» qui a vite dégénéré. Elle a commencé à diminuer de plus en plus ses rations, à ne penser qu'au ventre qu'elle n'avait pas, et à compter les calories... En même temps, elle «gavait» sa petite sœur de 8 ans, et l'empêchait de courir dans le jardin, de peur qu'elle ne maigrisse. Six mois plus tard, Aurélia était hospitalisée d'urgence à Mont-de-Marsan : elle ne pesait plus que 30 kg. « J'aurais dû réagir plus tôt, reconnaît sa mère. Mais au début, je ne voulais rien voir. Puis je l'ai montrée à son médecin généraliste qui n'a pas fait le diagnostic.»

Aujourd'hui, Aurélia est prise en charge par le réseau Dabanta à Bayonne, remange de tout mais contrôle toujours son poids de façon intense. « C'est un combat de chaque instant, souligne sa mère. Dès qu'elle dépasse les 40,5 kg, elle se met au régime, puis le lendemain est prise de crise de boulimie ».

Céline avait 15 ans en avril 2005 et traversait une phase de son adolescence «un peu agitée», mais elle était plutôt gaie, dynamique et sportive. Comme elle était assez gourmande, elle avait une propension à prendre un tout petit peu de poids. « Un jour, elle nous a annoncé qu'elle entamait un régime drastique, raconte sa mère. Mais comme elle n'arrivait pas à s'arrêter de manger, elle a eu l'idée de se faire vomir. On a mis du temps à s'en apercevoir, poursuit-elle, car on ne connaissait pas cette maladie et elle faisait ça en cachette. Mais on la voyait fondre de jour en jour. »

Aujourd'hui, Céline est suivie dans un centre spécialisé ; elle va mieux, mais elle est encore très fragile. « On réalise maintenant qu'il s'agit d'une vraie addiction, souligne sa mère : dès qu'elle rentre du lycée, elle se goinfre et n'arrive pas à se réfréner ; on est obligé de cacher les provisions. C'est très difficile à vivre pour elle, pour nous et pour son frère et sa sœur. On la porte à bout de bras chaque jour. C'est une forme d'enfer quotidien. »

Des origines multifonctionnelles


Anorexie et boulimie sont les deux faces d'une même maladie, qui ont en commun cette fixation obsessionnelle autour de la nourriture et cette peur irraisonnée de prendre du poids. Ces troubles du comportement alimentaire (TCA), qui touchent surtout les adolescentes, sont considérés, au même titre que les autres addictions, comme des maladies de l'Occident et des sociétés de consommation. Et on accuse régulièrement le mannequinat et les modèles de régimes minceur de les encourager.

Les jeunes filles sont en réalité soumises à deux injonctions contradictoires : celle de rester mince et celle de consommer sans modération. Ce qui expliquerait l'augmentation de ces troubles «mixtes» qui associent boulimie et anorexie.

« Beaucoup de jeunes filles ont aujourd'hui des troubles de conduite alimentaire, mais on n'est pas en mesure d'affirmer que les cas d'anorexies graves sont en augmentation, souligne Xavier Pommereau, psychiatre, responsable du centre Jean-Abadie, au CHU de Bordeaux. Ce qui augmente, en revanche, ce sont les conduites qui alternent les moments de privation et ceux de gavages boulimiques. On voit ainsi de plus en plus de jeunes filles qui vont manger une pomme pendant deux jours et, le troisième, craquer en se bourrant de chocolat qu'elles vont parfois aller vomir. Dans une société qui met l'accent sur l'importance de l'apparence en même temps que sur l'opulence, les ados se font l'écho dans leurs corps de ce paradoxe. »

S'il en constitue un terreau favorable, ce contexte sociétal ne suffit pas néanmoins à tout expliquer. Les spécialistes s'accordent désormais pour dire qu'il s'agit de troubles extrêmement complexes, où interfèrent les facteurs génétiques, biologiques, environnementaux, et qui puisent leurs racines dans des fragilités narcissiques souvent très anciennes.

On invoque ainsi ces « angoisses de séparation de la petite enfance », qui se réactivent à l'adolescence, à l'occasion d'un traumatisme « à connotation de séparation » : des bonnes copines qui délaissent l'adolescente, un amoureux qui se détourne d'elle, un frère aîné qui part faire ses études au loin... On a longtemps évoqué l'importance des relations mères-filles trop fusionnelles, dans le déclenchement de ces troubles. Mais les psychiatres tiennent désormais à leur égard des discours moins culpabilisants.

Xavier Pommereau parle ainsi de « troubles des échanges affectifs, dans lesquels la famille n'est plus la seule en cause, même si la mère joue un rôle important, dans la mesure où c'est elle qui est chargée au départ de produire, à travers l'alimentation de son bébé, le registre des échanges affectifs ». « La difficulté, ajoute-t-il, est d'arriver à expliquer qu'elle est forcément impliquée sans pour autant la culpabiliser ».

Les spécialistes s'accordent aussi sur l'importance d'une intervention précoce, pour éviter qu'un mécanisme d'addiction ne s'installe.

Les familles associées au traitement

Or, en dépit de la médiatisation faite autour de ces troubles, l'information semble insuffisante, y compris chez les médecins généralistes. S'y ajoute un phénomène de déni, très fréquent chez les patients et leurs proches, qui retarde la prise en charge. Et quand les familles se décident à aller consulter, elles ne savent pas toujours à qui s'adresser.

C'est ce que déplore le professeur Jean-Luc Vénisse, responsable du service d'addictologie du CHU de Nantes, qui se bat pour qu'il y ait un « dispositif de soin bien repérable par les familles ». Quant aux centres spécialisés, ils sont souvent débordés. Dans certaines régions, comme les Charentes ou le Centre, souligne de son côté Xavier Pommereau, il faut six mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste.

S'il est important de réagir vite, soigner ces maladies exige en revanche du temps et de la patience. « Ce n'est pas un problème qu'on règle à la va-vite, insiste le professeur Vénisse. Il faut prendre le temps de mettre en place un vrai projet de soin, en diversifiant les approches thérapeutiques : certaines agissent directement sur les comportements alimentaires, d'autres sur le corps de façon plus globale. On met aussi en place une psychothérapie individuelle et une thérapie familiale. Et quand il s'agit d'une anorexie mentale avérée, le patient est suivi par une équipe pluridisciplinaire (psychiatre, généraliste, nutritionniste...) qui assure un étayage au long cours ». Dans ce processus thérapeutique, les parents, longtemps écartés, sont de plus en plus considérés comme de véritables partenaires.

« Certaines équipes continuent à utiliser le contrat de séparation avec les parents et obtiennent des résultats », souligne Jean-Luc Vénisse. « Nous, on a préféré une approche plus familiale. Aux entretiens individuels avec les ados, on ajoute souvent des entretiens parents-enfants et des thérapies familiales, où on inclut aussi les frères et sœurs, souvent oubliés. Cela ne veut pas dire, ajoute le professeur Vénisse, qu'il ne faille pas que l'enfant marque son propre espace : sa capacité à se séparer de ses parents et à apprivoiser la solitude est l'un des enjeux de l'anorexie. Mais on associe les parents à cette démarche. »

Et on les aide à reprendre leur position de parents, car « l'anorexique a tendance à faire la loi à la maison, souligne le psychiatre ; on les incite aussi à prendre soin d'eux, en consultant au besoin pour eux. Notamment les mères : elles sont prises dans de tels enjeux qu'elles ont du mal à s'en sortir seules ».

Les parents sont également encouragés à rejoindre des groupes de parole, comme il en existe au CHU de Nantes depuis près de trente ans. Car ils vivent souvent en silence cette épreuve comme un véritable calvaire, qui les isole du reste du monde. Et ils ont besoin de rencontrer d'autres parents, qui traversent les mêmes épreuves qu'eux et avec qui ils peuvent partager leur expérience et leur inquiétude quotidiennes.

Christine LEGRAND
La croix.com 15/01/2008
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Published by Angélique - dans Revue de presse
7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 19:26

Au début c'est agréable de se ressentir glisser. D'avoir à nouveau se dégoût de la nourriture. D'avoir la faim qui ne se fait pas présente. De revoir ses os réapparaitre doucement mais surement. On s'en veut moins de la petite crise de compulsion hebdomadaire puisqu'elle est compensée.


Cependant la dernière compulsion m'est restée au travers de la gorge. J'ai l'impression d'avoir pris dix kilos d'un coup bien que je sache pertinemment  que c'est impossible. Je me dégoûte. Je ne me supporte plus.

J'aimerais manger quelque chose mais tout me fait peur, même les pommes.


Cet après-midi j'ai cru que j'allais péter les plombs à Auchan. Je n'ai pas d'envie de chocolat, de sucrerie ou de trucs mauvais pour la ligne. J'avais envie de sushis, de viande, de tarte aux poireaux. Mais voilà j'ai trop peur de manger, de perdre le contrôle, de grossir.


Les rayons de nourriture m'ont paniqué. J'ai réalisé qu'il est peu probable qu'un jour j'ai une relation saine avec la nourriture.


Ce soir je me sens sale et grosse.


Je suis fatiguée et j'en ai ras le bol.

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Published by Angélique - dans Carnet de route
31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 21:13

Anorexie, quand s'inquiéter ?




Soucieuse de sa ligne, elle a 10 ou 14 ans, chipote sur les aliments et surfe de temps en temps avec ses copines sur les sites « pro-ana »...Début d'anorexie ou simple coquetterie d'ado ? Comment les parents peuvent-ils faire la part des choses ? Enquête.


Par Maureen Diament et Isabelle Taubes.


« Ma fille a 14 ans. Elle a toujours été maigre. Pourtant, cela commence à m'inquiéter, raconter Brigitte 47 ans. Elle me dit qu'elle ne fait pas de régime, mais elle n'a jamais faim. Je lui parle beaucoup de ma peur de l'anorexie, chaque fois, elle se moque de moi et de mes angoisses. Mon généraliste l' trouvée très maigre, elle manque un peu de vitamines, mais d'après lui rein d'affolant. Moi, je continue de m'inquiéter et je surveille discrètement son comportement. »


A l'instar de nombreux parents d'adolescentes, Brigitte serait-elle victime d'une nouvelle psychose ? Mannequins décharnées dans les magazines, témoignages bouleversants en librairies, articles alarmants sur de sites mortifères, signature en avril dernier d'une charte contre l'anorexie...C'est vrai, l'ambiance est anxiogène. Mais ne tombons pas dans le piège de la « maladie médiatique » : toutes les jeunes filles ne sont pas susceptibles de devenir anorexiques (seules 2% le deviendraient). L'anorexie n'est ni un effet de mode ni un simple trouble passager de l'adolescence. In s'agit d'une vraie pathologie psychique, repérée depuis des siècles.


Cette maladie serait largement rependue depuis la découverte des techniques de conservation des aliments et l'invention du réfrigérateur ! Un équivalent symbolique de la mère, dans l'inconscient, puisque grand pourvoyeur de nourriture. Face à la possibilité de combler son envie de manger, l'anorexique dit non. Pour reprendre l'idée du psychanalyste Jacques Lacan, l'anorexique mange le « rien », seul « objet » suffisamment pur et noble à ses yeux. Manger le rien c'est aussi répondre à un fantasme de toute puissance, d'autonomie absolue.


Certains adultes en sont victimes, mais l'anorexie touche majoritairement les filles de 10 à 12 ans, à un âge où le corps est en pleine mutation. « Le passage à l'âge adulte et la construction d'une identité propre peuvent créer une angoisse profonde, donner l'impression que tout nous échappe », explique le professeur Philippe Jeammet, psychiatre spécialiste de l'adolescence. Pour beaucoup, cette étape occasionne une brèche dans l'amour et dans l'estime de soi. Comme s'il devenait impossible de s'aimer et de se sentir aimée, engoncée dans son corps en métamorphose. Il n'est pas rare que la jeune fille ressente un vague dégoût d'elle-même, contre lequel elle tente de lutter en s'évadant dans l'imaginaire -une façon de nier sa réalité corporelle. Elle peut aussi fuir dans les études, ou dans le sport. Rien de très préoccupant, dès lors que le dégoût n'envahit pas tout son espace émotionnel.


A QUI LA FAUTE ?

Difficile de dire ce que provoque le déclic. Si elle débute parfois par un régime, la maladie survient généralement à la suite d'un drame ou d'un événement douloureux -décès d'un proche, séparation des parents, déménagements successifs, examen scolaire raté... « A l'heure actuelle, personne n'est capable de dire pourquoi ce trouble touche certains jeunes plutôt que d'autres, et aucune preuve ne confirme la responsabilité de la mère très souvent évoquée », affirme Alain Meunier, psychiatre spécialiste du comportement alimentaire. Si le rapport à la nourriture se construit à l'évidence de façon précoce dans la relation mère-enfant, certains ont un peu vite stigmatisé le rôle maternel. « Inconsciemment, le mécanisme à l'œuvre est le suivant : j'ai besoin d'être rassurée et de reste le bébé de maman. Pour garder maman, il faut que je me débarrasse de ce corps dégueulasse », nuance le psychiatre Xavier Pommereau. A l'inverse, pour d'autres filles -ou femmes-, cesser de manger signalera une tentative inadaptée et douloureuse pour se séparer du cocoon maternel et devenir soi. Les psys s'accordent généralement pour dire qu'il existe autant d'anorexies que d'anorexiques. 


Le culte de la minceur et les mannequins ne sont pas plus responsables que les parents de ce trouble du comportement. Quant « aux sites pro-ana », qui inquiètent tant parce qu'ils font de l'anorexie un choix de vie et qu'ils proposent des conseils pratiques aux adolescentes pour dissimuler leur maladie et perdre toujours plus de poids, leur impact semble surestimé. « Si ces blogs incitent effectivement à l'anorexie, ils n'ont que peu d'effets sur les ados qui vont bien, assure Alain Meunier. Car on ne choisit pas de devenir anorexique, cela s'impose à soi comme une évidence contre laquelle il semble impossible de lutter.



UNE VRAIE MALADIE MENTALE

L'anorexie n'est donc pas un caprice d'ado mais bien une maladie mentale dans laquelle les victimes sont en proie à une dualité intérieure. D'un côté, la pensée « normale », de l'autre le mental anorexique. « J'ai commencé à avoir une sorte de diable dans la tête qui me donnait des ordres, raconte Salomé 11 ans. Il fallait que je mange le moins possible. Je ne pouvais pas m'empêcher. » L'anorexique est entrainée dans une spirale mentale infernale, qui fausse la perception qu'elle a de son corps et la rend aveugle sur les conséquences de son comportement. Elle ne se vit d'ailleurs jamais comme telle, elle vit dans le déni de sa maladie.


[...]


Psychologies magazine n°281, janvier 2009

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Published by Angélique - dans Anorexie
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 21:26
Prendre un plaisir malsain à avoir froid.

Regarder ses mains bleues avec le sourire.

1750m de nage.

Bien entendu le moral est de retour. On se sent tjs bien quand le poids glisse vers le bas, quand on contrôle tout.

J'aurais presque envie de me repeser pour voir le poids descendre.

L'anorexie est une sacrée saloperie


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Published by Angélique - dans Carnet de route
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 22:26

Manger le moins possible.

Se remettre au sport même si le corps ne suit plus depuis longtemps.

Vouloir manger et entendre la petite voix de la maladie qui dit « NON ».

Dormir pour oublier.

Trop de souffrance.

Je fantasme sur le corps cadavérique de Lindsay Lohan Mouarf





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Published by Angélique - dans Carnet de route
27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 03:47

Le bien être d’hier s’est envolé, il fallait sans douter.

La baisse des AD se fait sentir : de belles insomnies, plus de pleurs, je suis moins assommée…

La thérapie je n’y crois pas. J’y vais par principe. Je ne vois pas en quoi parler va m’aider. Depuis le temps j’ai compris les TCA de A à Z. J’écris tous les jours depuis 2002. C’est plus efficace que mes séances psy . Je reste persuadée que j’ai un autre trouble que la dépression, sinon les AD auraient soulagé partiellement l’état dépressif, ce qui n’est pas le cas.


J’en ai marre d’entendre les gens me répéter que je dois me bouger. Putain je n’ai fait que ça. Depuis mai 2007 j’ai tout fait pour avancer, pour récupérer une vie sociale, pour sortir, me scolariser à nouveau. J’ai fait mon maximum, essayant de positiver un maximum, essayant de relativiser. Mais non ça ne change rien. Alors la douce morale non merci je ne veux plus l’entendre. J’ai même coupé un moment tout lien avec les TCA pour éviter d’être influencée. Sans résultats par ailleurs.

Je n’écris pas pour qu’on me dise qu’un jour ça ira mieux. Peut-être que oui, un jour je guérirais, mais peut-être pas.  J’écris parce que j’ai besoin d’extirper cette souffrance qui me ronge. Je ne cherche ni pitié, ni compassion, même pas de la compréhension. Je veux juste montrer comment des malades psychiques peuvent vous détruire. Je veux montrer que la guérison n’est pas une question de motivation ou de volonté.


J’en ai plus qu’assez qu’on prenne les maladies psychiques si peu au sérieux. Il faudrait presque tuer quelqu’un pour qu’on inquiète quelqu’un. En attendant même si physiologiquement je suis en excellente santé -Le corps humain est vachement bien fait n’empêche- je suis handicapée par mes angoisses et mon anxiété si bien que ça gâche ma vie. Si bien qu’en 10 ans rien n’a changé.

Je commence à comprendre le taux de suicide chez les personnes atteintes de troubles alimentaires. Parce que lorsqu’on en peut plus, qu’on est à bout et qu’on vous dit d’avoir seulement un peu de volonté c’est plus qu’énervant. Parce qu’on arrive à un point de non retour, où la douleur est tellement forte que la mort semble être la seule issue.


Je crois que je n’ai jamais eu autant envie de mourir. Parce que j’en ai marre. Pas des TCA. Je suis de retour anorexie restrictive et je maigris, alors c’est cool. Je n’arrive pas à imaginer l’avenir. Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Je ne sais pas ce que je suis capable de faire. Je n’ai plus confiance à moi. Juste l’impression d’être une bonne à rien puisque je ne parviens à achever mes études. 

J’en ai ras le bol qu’on me prétende que la vie est belle. Non pour moi elle ne l’est pas. Ma vie est un échec malgré des efforts surhumains pour changer la donne.

 

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Published by Angélique - dans Carnet de route