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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 22:51

Ma fille chérie du haut de ses 13 mois et demi a fait ses premiers pas sous mon regard attendri. 

 

Et pour être certaine que je la regarde, elle avait poussé au préalable un grand cri qu'on pouvait traduire par "Eh maman c'est maintenant, regarde et applaudis"

 

Quand je repense à ces quelques secondes, je sens le bonheur couler dans mes veines et j'ai un grand sourire aux lèvres.

 

Etre heureuse de vivre, c'est juste magique après toutes ces années de galère que je pensais éternelle. 

 

Et ce bonheur je le considère enfin comme légitime (enfin ça fait quelques mois déjà, même une bonne année).


 

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Published by Eixerona - dans Ma vie de maman
10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 16:01

Ce matin j'ai trouvé dans ma boite mail un courriel de CareVox  me disant que m'ils avaient parcouru mon blog et l'avaient apprécié. 

 

Ils m'ont dont invité à les rejoindre et à devenir rédactrice sur leur site.

 

Je me suis dit pourquoi ne pas tenter l'aventure. C'est un moyen supplémentaire de parler en "bien" des TCA.

 

J'ai été surprise de voir mon tout dernier article en une de leur site quelques heures après mon inscription. Oui parce que je ne savais pas qu'ils prendraient celui-ci, je pensais qu'ils attendraient que j'en soumette un.

 

Ce petit article que j'hésitais presque à publier hier à finalement trouvrait son public.

 

http://www.carevox.fr/nutrition-regimes/article/un-jour-je-n-ai-plus-eu-faim

 

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Published by Eixerona - dans Mon blog dans la presse et sur le Web
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 18:39

Hier on m’a posé une question assez pertinente, est-ce que je serais devenue anorexique si j’avais été maigre à la base. La réponse est oui. L’anorexie ce n’est pas une histoire de poids mais une histoire de mal être. La perte de poids en est la conséquence.

 

Dans la famille on est mince naturellement et on a les os fin. Si à un moment donné dans mon adolescence j’ai pris un peu trop de kilos c’est tout simplement parce que je n’allais pas bien et que j’ai compensé en mangeant des cochonneries. En plus à cette époque je ne mangeais pas du tout de légumes.

 

Mon alimentation une fois remise dans le droit chemin j’ai toujours pu me faire plaisir sans pour autant prendre 3 kg. Bien entendu  il y a se faire plaisir et se faire plaisir. Il y a avoir une alimentation variée et s’avaler de temps en temps des barres chocolatées, des madeleines ou un paquet de gâteau, là pas de soucis on garde la ligne, mais si on ne mange que ça et en grande quantité il y a une prise de poids c’est logique.

 

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A cette époque-là j’étais plutôt bien dans mon corps (j’étais en seconde) mais par contre mon médecin traitant de l’époque lui prenait un malin plaisir à me peser à chaque fois que je le voyais et à me dire que je devais faire attention. Ce monsieur moralisateur et culpabilisateur à contribuer à nourrir l’anorexie qui se profilait doucement mais surement.

 

Oui parce qu’un an plus tard, quand ça n’allait pas j’ai mis un peu ça sur mon poids qui était pourtant plus que normal. Mais la société ne fait-elle pas rimer bonheur et minceur ? Je ne voulais pas perdre beaucoup. Un kilo, puis un autre parce que j’étais trop contente de la facilité avec laquelle j’avais perdu le premier. Une fois mes 46 kg atteint j’ai contente et presque satisfaite (Mon objectif de base était quand même 48 kg.) On ne va pas dire que c’était le grand amour avec moi-même, mais l’équilibre n’était pas trop mauvais. D’ailleurs je ne me pesais pas souvent.

 

Une chose est certaine, je ne voulais pas ressembler à Kate Moss, je ne voulais en aucun cas être maigre et décharnée. Je voulais juste être jolie et heureuse.

 

Moralement parlant je me suis enfoncée dans la dépression (ma première terminale) Trop de responsabilité sur mes épaules, sensation d’être abandonnée, angoisses inexplicables. J’ai perdu l’appétit sans m’en rendre compte. Je ne cherchais absolument pas à perdre du poids à ce moment-là. Je n’avais simplement plus faim. J’ai perdu ma faim comme j’ai perdu ma joie et mon envie de vivre.

Le jour où ma mère m’a pesé de force car elle me voyait fondre j’ai été plus que surprise de voir 43 kg, puis deux jours après 40 kg à peine. Je n’ai jamais compris comment les kilos s’étaient envolés. Moi j’étais loin de cette histoire de chiffre. Je ne cherchais pas à atteindre à un idéal. En plus j’étais persuadée de manger en quantité suffisante alors que je picorais comme un oiseau.

 

Il y avait vraiment un énorme décalage entre la réalité et moi.

 

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C’est quand on a m’a sorti de force du déni de l’anorexie que les choses se sont corsées. Bon je n’avais toujours pas faim. On m’a forcé la main pour que je prenne du poids en me brandissant la menace extrême : l’enfermement et le gavage.

 

Moi je m’en foutais de peser 40 ou 42 kg. Alors j’ai repris deux foutus kilos pour qu’on me foute la paix. A l’hôpital ils étaient contents, persuadés que j’allais mieux.

 

Je me suis toujours débrouillée pour « maitriser » mon poids. Ne pas prendre, mais ne pas perdre. Je ne voyais pas l’intérêt de passer en dessous d’un certain poids si c’était pour se retrouver hospitaliser de force et gaver. Mais ce qui me faisait le plus peur, c’était être enfermée et ne voir personne. J’allais déjà pas bien, j’avais besoin de ma famille pas d’être enfermée entre 4 murs.

 

J’ai mis un certain temps à sortir du déni.

 

Mais une fois sortie la peur de grossir est apparue. Ainsi que la peur de ne plus parvenir à maitriser mon alimentation donc ma vie et mes sentiments. J’ai commencé à regarder tous les reportages sur l’anorexie, à livre sur l’anorexie. J’étais perdue entre l’envie d’aller mieux et la tyrannie de la maladie. J’ai commencé à aimer la maigreur alors que j’avais toujours détesté ça. J’aimais avoir le ventre vide. Je mentais sur ce que je mangeais pour n’inquiéter personne. J’étais incapable de manger normalement et de me faire plaisir. J’ai commencé à faire de plus en plus de sport. J’ai sombré de plus en plus dans la dépression.

 

J’étais piégée dans un cercle vicieux des plus infernales.

 

Quant à la faim elle est revenue un jour, quand la restriction cognitive s’est envolée. Mais l’anorexie elle est restée et là c’est devenu encore plus infernal car les compulsions se sont invitées. Autant avant je pouvais avoir une réserve de nourriture au cas où comme les écureuils, autant à partir de ce moment-là je me transformais en un monstre affamé qui aurait été capable de tuer pour pouvoir manger avec une culpabilité des plus pesantes pour une tablette de chocolat.

 

L’anorexie je crois que c’est essentiellement la perte de la faim de vivre.

 

 

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Published by Eixerona - dans Mes écrits
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 17:09

Les gens qui me connaissent vous dirons que je suis gourmande.


Ce qui n’est pas faux. D’ailleurs ma mère avait ri au nez de la nutritionniste du CHU pour enfants en 1998 quand elle avait évoqué qu’un régime pouvait aboutir éventuellement sur une anorexie.


Franchement vous connaissez des anorexiques gourmandes ? Ce sont deux mots antinomiques.


Pourtant même quand je ne mangeais presque plus et que j’étais trop légère, je laissais toujours cette impression que j’aimais manger et que j’étais gourmande.


Parce que voilà, contrairement à la grande majorité je n’avais pas trop de problèmes pour manger en public (sauf les repas de famille). Je mentirais si je ne disais pas qu’au début c’était un peu compliqué. Même comme je ne sortais pas souvent, les seules où j’étais à l’extérieur je me lâchais et mangeais sachant pertinemment que les jours suivant ça serait la diète pour rattraper ça. C’était un peu des compulsions ou de la boulimie programmée.


Je me souviens d’ailleurs d’une connaissance qui me disait au combien j’avais de la chance de pouvoir m’enfiler deux pâtisseries et de rester toute mince. Bien entendu elle ne savait pas pour les TCA.


Mais je crois que je serai marquée à vie par une réflexion d’une collègue de ma mère qui admirait ma capacité à résister à la tentation et à se contrôler. Franchement elle ne sait pas la chance qu’elle a de pouvoir avaler une tablette de chocolat sans trop culpabiliser et sans compensation ultérieure pour effacer le « crime ».


Moi-même plus jeune, au début de mon anorexie j’étais en admiration devant les nanas filiformes qui s’avalaient une glace énorme. Après j’ai compris.


Je sais que les filles minces et qui mangent pour 4 existent. Oui la minceur naturelle ça existe mais c’est rare. Je parle de la minceur qu’on nous vante à longueur de journée dans les magazines et à la télé. Ça représente 2% de la population mondiale  d’après ce que j’ai pu lire. Donc y a surtout beaucoup de menteuses.


Mais ça c’est comme au lycée quand certains se vantent d’avoir un 16/20 a un DS sans réviser, ce sont pour la plupart des menteurs.


Une chose est certaine la gourmandise ce n’est pas un vilain défaut comme on l’entend trop souvent. Ce n’est pas non plus un péché capital. C’est dingue que depuis des millénaires on cherche à nous culpabiliser.

Je pense que aimer manger, c’est juste aimer la vie et en profiter.


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Published by Eixerona - dans Mes écrits
7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 15:20

Source http://www.20min.ch/ro/life/lifestyle/story/25557107

Les apprentis couturiers britanniques devront travailler en utilisant des mannequins de taille 44. Une mesure qui vise à lutter contre l’anorexie, mais qui n’est pas du goût de tous.

 

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Selon une proposition soutenue par le gouvernement britannique, les étudiants en stylisme utiliseront des mannequins de taille 18 (l’équivalent de la taille 44 en Suisse), révèle Courrier international, citant un article paru dans The Independent. Cette mesure vise à rappeler aux futurs créateurs que la taille moyenne des femmes britanniques se situe entre 16 et 18 (42-44 en tailles helvétiques). «Cette proposition s’inscrit dans la campagne visant à débarrasser le milieu de la mode de son obsession pour la jeunesse, la sveltesse et la taille zéro», explique le quotidien.

«Il est important de rétablir le courant entre les futurs créateurs et la population, souligne Mal Burfkinshaw, enseignant auprès de l’Edinburgh College of Art. Il y a une déconnexion entre les étudiants en stylisme et ceux qui portent leurs vêtements, les consommateurs.»

 

«Personne ne veut voir de femmes avec des formes»

La suppression de la taille zéro (taille 30 en Suisse) pourrait avoir de grands retentissements sur le bien-être de la population, soulignent plusieurs psychologues. Ce n’est cependant pas l’avis de bien des acteurs du domaine, à commencer par Karl Lagerfeld. En 2009, le magazine féminin allemand «Brigitte» avait publié des photos de femmes jugées davantage «réelles», plus en chair. Le directeur artistique de la maison Chanel avait alors déclaré: «Personne ne veut voir de femmes avec des formes. Vous avez des mères assises devant la télé avec un paquet de chips qui disent que les mannequins minces sont horribles.»

Victoria Beckham lui avait emboîté le pas, défendant les mannequins taille zéro aux États-Unis. En février, lors de la fashion week new-yorkaise, la collection de l’ex Spice Girls était portée par des mannequins extrêmement minces. Pour sa défense, elle a déclaré avoir refusé certaines filles «terriblement maigres», rapporte Grazia.fr. Cependant, elle a aussi affirmé: «La plupart des filles sont naturellement minces. Je crois qu'on ne devrait pas discriminer quelqu'un parce qu'il est trop mince, trop rond, trop large, ou quoi que ce soit.» Il est toutefois permis de douter de la minceur «naturelle» des mannequins. Après chacune de ses grossesses, Madame Beckham en personne n'est-elle pas la première à s’acharner (ou plutôt à se décharner) afin de pouvoir entrer à nouveau dans ses slims taille 30? 

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Published by Eixerona - dans Revue de presse
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 02:28

Je ne connais rien de pire que le sentiment d’abandon. Il a trop souvent nourri ma dépression et mon anorexie. Je crois d’ailleurs que ça a été la goutte d’eau qui a un jour fait déborder l’eau du vase.

 

Je parvenais à digérer plus ou moins ce passée douloureux, ou du moins j’essayais de l’ignorer. J’ai avancé doucement, je me suis battue bec et ongle pour me créer la vie dont je rêvais et dont j’avais envie.

 

En Première, pour une fois dans ma vie, je me suis sentie à ma place. Je me sentais heureuse. C’était l’année où j’ai eu le moins d’absence dans ma scolarité, parce que le matin j’avais envie d’aller en cours pour voir ma meilleure amie, pour parler, pour rigoler. Ça m’aidait à faire face à un quotidien familial par forcément tout rose car ma mère se noyait dans sa tristesse provoquée par la disparition de mon père.

 

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En Terminale, le bel équilibre que j’avais créé s’est écroulé. Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvée dans une nouvelle classe où je ne connaissais personne. Une malédiction scolaire a dû être jetée sur mon berceau. C’était l’époque où ça ne commençait à plus trop aller, où trop de choses pesaient sur mes frêles épaules d’adolescente. On pourrait penser qu’en étant toujours dans le même lycée on peut se voir malgré tout. Mais non les emplois du temps sont différents, ma meilleure amie se fait un nouveau cercle d’amis et moi je me sens bien seule dans cette nouvelle classe. Je sombre. Je suffoque. Je n’ai personne à qui parler. J’ai cette foutue impression d’avoir le poids du monde sur mes épaules. Je n’ai plus faim. Je n’ai plus envie de manger. Pour achever le tout en plein mois d’octobre, je commence à stresser pour le bac d’une manière complétement inconsidérée que je ne comprendrais jamais. Une peur panique. Une peur de rater. Une peur de ne pas être à la hauteur. Je suis seule. Seule avec ma peur. Seule avec mes crises d’angoisses. Seule avec mes cauchemars. Seule avec mes déjeuner à la cantine parce que ma meilleure amie qui m’avait promis de manger avec moi à une fois de plus manger avec ses nouvelles amies qu’elle critique tant.


Sans m’en rendre compte, j’ai sombré. La tristesse a gagné. Je ne me suis même pas rendue compte que je ne mangeais plus. Je me sentais seulement seule et abandonnée. Seule et incomprise. Seule et mal aimée. Je n’avais plus envie de rien. Je pleurais à longueurs de journée. J’avais besoin que quelqu’un me serre dans ses bras, que quelqu’un me dise que tout irait bien. Mais il n’y avait personne. Pour m’achever, l’anorexie s’était invitée dans ma vie et on me menaçait de m’enfermer en isolement et de me gaver si je continuais à perdre du poids.


Les chagrins d’amitié sont tout aussi douloureux que les chagrins d’amour. C’est ce foutu sentiment d’abandon qui nous anéanti et en rajoute une couche à votre mal être.


J’ai souvent l’impression que ma vie n’est qu’une suite d’abandon.

 

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Lors de ma seconde Terminale, j’ai eu une nouvelle meilleure amie. Je crois que l’une des premières choses que je lui ai dite c’est que j’étais anorexique. Je crois que j’avais besoin de dire à haute voix quelque chose que je ne comprenais pas…On a passé l’année collée l’une à l’autre. Chez elle était ma seconde maison, j’y ai pensé un nombre incroyable de week-end. Je l’ai réconfortée de ses chagrins d’amour. On était vraiment inséparable.


Enfin c’est ce que je croyais. La fac et les histoires d’amour ont tout gâché. On va dire que c’est la vie. Elle a rencontré l’homme de sa vie, il n’y en avait plus que pour lui. Elle s’est débrouillée pour caler ses cours sur 3 jours pour ensuite aller rejoindre son prince charmant le reste de la semaine. N’étant pas dans la même filière, on se croisait quelques fois Elle prenait de rare fois une heure pour me voir à midi. Et puis plus rien. Plus aucunes nouvelles. Plus rien.


Retour à la case départ. Chagrin. Tristesse. Abandon de merde.


Depuis je n’ai plus jamais réussi à avoir une amitié aussi forte avec quelqu’un par instinct de protection. C’est comme lorsqu’on cumule les histoires d’amour foireuse, on ne veut plus ouvrir son cœur pour ne plus jamais avec mal.


Mais ça ne m’empêche pas de ressentir régulièrement ce sentiment d’abandon. Les années passent. La vie passe. On doit sans cesse se récréé des cercles d’amis qui éclatent à chaque changement de vie : fin des études, maladie, grossesse…


On m’a dit que c’était normal ces éclatements. Cette normalité me fatigue. C’est comme vider un bateau qui prend l’eau avec une petite cuillère.

 

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Published by Eixerona - dans Mes écrits
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 16:17

Et voici d'autres extraits du livre Le ventre vide, le froid autour". Ce sont des extraits que j'ai surligné car ils faisaient écho à mon histoire, mes sentiments, mes émotions.

 

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Véronique

« Quand je serai grande, j’écrirai. Je me raconterai ces années de faim et de misère »


« Ma tête ne revient pas aux autres »


« Je suis bavarde et sociable, en apparence. Je trouve toujours un mot à échanger. Des contacts…A la surface. J’imite à merveille l’intégrée. »


« Je rêve, pense aux autres dans le bar. Jamais je n’oserai y entrer et sentir tous les regards sur moi. Et plus, pour prendre un café je ne sais pas s’il faut commander au comptoir ou attendre que l’on vienne vous servir. Et face à toutes les stars du lycée je sais que je ne serai pas à ma place. »


« Il y a ces nuits si longues où je n’arrive pas à dormir. Alors je lis. Je lis comme une folle, comme une désespérée. Je lis pour emplir ma vie. Il y a les heures trop longues qui s’écoulent et sui n’amèneront qu’une immense fatigue. Je les comble des mots des autres. […] Je lis, je me remplis. Vers deux heures du matin j’ai immanquablement faim. Alors je lis encore plus. Pour oublier. »


« Je veux être comme tout le monde, dévorer la vie, les choses et les gens. »


« Je pleure tous les soirs en espèrant un coup de fil. Mais il a dit que tout était fini. J’ai mal. Je me sens tellement désarmée. Je me sens trop seule entre les murs de ma chambre. Alors je vis accrochée à mon téléphone. J’espère une sonnerie salvatrice toute la journée, toute la nuit. Tout le temps. Parfois il appelle. Quelle que soit l’heure, je saute dans ma voiture et vais le rejoindre. Ca ne mène absolument à rien, et ça je l’ai su bien avant lui. Nous n’avons plus de futur, même pas de vrai présent. Nous faisons l’amour et il me rappelle qu’il n’y a rien entre nous sauf le corps à corps. Des fois que je me ferais des illusions…Je devrais dire non. Mais j’en suis parfaitement incapable. J’aime cette douleur monstrueuse. C’est encore mon histoire, celle que je me suis imaginée et qui ne fut jamais la nôtre. Je ne suis pas capable de lui dire adieu. »


« J’ai besoin de sortir, d’aller faire la fête. De partir en vacances entre filles. Mais Valentine vit le parfait amour avec Paul. Ses appels sont rares. Ses succès universitaires la rendent plus lointaine. Nous ne sommes plus sur la même planète. Parfois nous nous retrouvons pour aller boire un verre. Mais à moi cela ne suffit pas. Je me sens trop seule. Dévorée par cette faim des autres qui devient chaque jour plus forte. J’ai tellement peur d’être seule… »


«  Je pleure toujours beaucoup en pesant aux quatre murs, ma prison quotidienne. Mais je souris quand je vois la balance s’affiner. »


« Je me suis consacrée à la Faim. Elle est mon refuge. Mon appui. »


« Et (je) me raccroche à la Faim comme à ma seule bouée de sauvetage. Avant, à 17 ans, face aux filles des magazines, à la vie si belle des papiers glacés, je me disais que j’aurais ma revanche. »


« On parle d’anorexie mentale. J’ai peur. Peur qu’un vrai médecin se fiche de moi. Parce que je ne suis pas anorexique. Je n’ai jamais cherché à l’être. J’ai juste voulu prendre le contrôle de ma vie. »


« Je ne suis pas obsédée par mon corps. Je le vois toujours trop gros. Et ça, ça me déplait pour ce que cela trahit de non-volonté, de laisser aller. »


« Anorexique ? J’aime la beauté. La minceur, sans plus. Je ne refuse pas d’être adulte. »


« Je sors de là, délestée de cent euros mais pourvue d’une belle ordonnance : Prozac, anxiolytiques et somnifères. »


« Les médicaments me fatiguent. J’adore le somnifère : je m’endors au bout de 5 gouttes et un comprimé pour un sommeil bête. Douze heures sans rêves. Il me laisse vaseuse, juste assez forte pour quitter mon lit et rejoindre mon fauteuil devant la télé. »


« Mais je crains la Faim. Sa terrible séduction. L’illusion de force qu’elle me procurait. »

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Published by Eixerona - dans Extraits et citations
31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 11:54

Un article à lire sur rue89

http://www.rue89.com/2011/10/27/une-loi-devait-les-interdire-mais-les-blogs-pro-anorexie-prosperent-226015

 

Je ne sais pas si passer une loi changerait quelque chose, certains trouveront toujours un hébergeur de blog à l'étranger pour continuer.

 

On ne devient pas anorexique parce qu'on l'a décidé et parce qu'on suit à la lettre de mode d'emploi fourni sur les blogs. Mais par contre ça peut provoquer des compulsions, de la boulimie et un sérieux yo-yo. Bref c'est quand même pas mal nocif, on trouve pleins d'articles sur le sujet en anglais d'ailleurs.

 

Mais voilà dans une société qui vénère la minceur/maigreur, je pense qu'on ne s'attaque pas au bon problème.

 

Je suis contre ce genre de blog bien sûr. S'encourager dans la maladie, et entretenir sa maladie c'est stupide et dangereux. Mais la moitié de ses blogs sont tenus par des filles n'ayant aucun TCA, elles veulent juste atteindre cette minceur que la société célébre sans cesse.

 

Une autre proposition a été complétement ocultée, celle de mettre un "bandeau de signalisation" sur les photos modifiées pour bien faire prendre conscience de la différence entre les photo photoshoper et la réalité. Je pense qu'elle serait utile, surtout pour les ado qui souvent se créent des complexes (mais aussi les femmes en général) en se comparant à ses femmes faussement parfaite.

 

Mais comme l'un des commentaires de l'article de rue89 dit, il faudrait mieux donner des moyens pour améliorer les structures de soin et la recherche. Mais bon c'est une utopie, puisque maintenant la santé n'est plus vraiment la priorité de nombreux gouvernements dans de nombreux pays, parce que la santé c'est pas rentable. Ben oui tout doit être rentable maintenant, il faut des sous, l'Humain on s'en fout....

 

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Published by Eixerona - dans Pro-anorexie
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:24

Je ne sais plus exactement quand je me suis lancée dans l’aventure du blog…probablement fin 2004. Je ne trouvais plus vraiment ma place sur les forums, j’avais pris du poids durant l’été à cause d’une nouvelle venue prénommée compulsion, je pense aussi que j’avais besoin d’extérioriser ce que je vivais car je n’avais personne à qui en parler.

 

Je n’ai jamais accroché avec les psychothérapies. Je n’ai jamais su quoi dire alors je parlais de tout sauf de ce qui me préoccupait. J’ai toujours eu l’impression d’y perdre mon temps. Et puis j’ai ce besoin d’avoir un retour, parler dans le vide très peu pour moi.

 

Il est difficile aussi de trouver des personnes dans son entourage avec lesquelles on peut parler librement sans être jugées.

 

Je pense aussi que je voulais montrer la réalité de l’anorexie, en parler sans concession et aussi dénoncer un peu le mouvement pro-ana qui commençait à faire parler de lui parce que non l’anorexie ce sont des souffrances, pas un mode de vie.

 

Un jour j’ai donc  décidé de créer mon blog. J’ai débuté sur skyblog, certainement parce que c’était le premier résultat que j’ai dû obtenir dans Google  en cherchant un hébergeur de blog et puis en tant que néophyte c’était facile d’utilisation. Je me souviens que j’avais pris le pseudo de Lyla42.

 

Lyla car je suis une grande fan de l’odeur des fleurs de cet arbre qui me rappelle de merveilleux souvenirs d’enfance.

 

42 car ça a toujours était mon poids dit idéal et mon objectif à ce moment-là.

 

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J’ai commencé à parler de mon quotidien, de mes états d’âmes, à mettre des extraits de livres, des citations, des articles de presse. Si bien que courant 2005 j’ai déménagé sur overblog pour avoir un blog un peu plus élaboré.

 

J’ai alors pris le pseudo d’Eixerona, soit anorexie à l’envers, et en titre « Anorexie, boulimie : Bienvenue dans la bouche de l’enfer », qui est en partie un gros hommage à la série Buffy contre les vampires qui a berçait mon adolescence.

 

Je crois que j’ai été surprise du nombre de personne qui ont commencé à me suivre (Bon c’est certain ce n’est pas un nombre impressionnant comme les blogs mode, mais en ce moment je suis toujours entre 400 et 500 visiteurs par jour). J’ai tout de suite appréciée l’interactivité du blog grâce aux commentaires. Des fois les lecteurs, lectrices peuvent donner des pistes, faire réfléchir autrement ou juste apporter un peu de soutien.


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Bien entendu on ne peut pas plaire à tout le monde et grâce l’anonymat d’Internet il est très facile pour les gens qui n’aiment pas de le dire haut et fort. A mes débuts j’ai été déroutée par la méchanceté de certains commentaires. Il y a des personnes qui sont capables de vous suivre pendant des mois juste pour pourrir votre blog et vous atteindre (Je connais beaucoup de personnes qui ont fermées leur blog à cause de ça). Ça m’a fait mal cette méchanceté et cette agressivité gratuite. Ça m’a révolté et mise en colère. Mais il a toujours été hors de question d’arrêter d’écrire parce que quelques crétins prenaient un malin plaisir à me critiquer. Non j’ai fait le contraire, je me suis endurcie et j’ai surtout modéré les commentaires. Bizarrement du moment qu’il y a une modération, il y a moins de rageux, mais il y en encore un peu.


Selon les années j’ai plus ou moins écrit. Au début j’écrivais quotidiennement, voire plusieurs fois par jour. J’avais ce besoin d’extérioriser, de dire tout ce que j’avais sur le cœur, de me vider de ce qui me bouffait. Et puis  après j’ai été moins régulière. Quand on a fait le tour de la question on n’a plus rien à dire, enfin si mais on se répète. Alors il faut attendre d’avancer et d’avoir du recul pour écrire à nouveau. Il y a eu aussi cette période où je ne voulais plus de l’anorexie dans ma vie alors logiquement j’ai mis de côté mon blog.


Malgré tout j’ai toujours tenu à maintenir mon blog en vie. D’une part c’est une partie de ma vie, et des heures de « travail ». D’autre part par respect je crois pour ceux qui me suivent, parce que voilà si une série s’arrête en milieu de saison et n’a pas de fin je me sens frustrée et je pense que ça ferait pareil à mes lecteurs si du jour au lendemain j’avais effacé mon blog (Paradoxalement ça ne m’a pas gêné d’effacer mes autres blogs, dont l’officiel).


Début 2010 j’ai découvert que j’étais enceinte. Comme on parle très peu du sujet anorexie/grossesse, j’ai trouvé qu’il était intéressant de poursuivre mon travail d’écriture et de partager mon expérience. Et puis j’avais aussi besoin d’extérioriser un peu aussi. Mon blog a alors repris un peu un second souffle.

 

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Mon blog m’aura aidé aussi à me rendre compte du chemin que j’ai parcouru. Enfin ce n’est pas le blog en lui-même, ce sont vos commentaires. J’avais bien remarqué quelques améliorations sur mon état, mais bon rien de flagrant à part la dépression qui a disparu à la naissance de ma fille je jugeais que l’anorexie restait. Et puis après de nombreux commentaires me félicitant de mes progrès, je me suis dit que j’avais raté quelque chose dans l’histoire. Oui même si il reste des stigmates de l’anorexie, quelques manies je vais beaucoup mieux. Selon les critères médicaux je suis guérie puisque j’ai mes règles, un poids imc normal et un comportement alimentaire normal (enfin pas plus anormal que toute femme faisant attention à sa ligne), c’est bizarre d’ailleurs que dans les critères il n’y ait pas un critère psychologique…mais rien ne m’étonne.

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 17:38

Après avoir fait par de mon avis sur le livre "le ventre vide, le froid autour". Je me suis dit qu'il pouvait être intéressant de partager quelques extraits, quelques phrases que j'aurais pu dire, quelques phrases où je me retrouve.

 

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Lucie

« Je jouais à la petite mère, obéissante, calme, organisée, gérant la maison abandonnée […] »

« J’ignore ce qu’est l’anorexie. L’adjectif « mentale » me reste en travers de la gorge. Il ose sous-entendre que je suis folle. »

«  Si le pourquoi du comment j’en étais arrivée là n’avait à mes yeux aucune importance, les raisons de mon absence d’appétit obsédaient ceux qui m’encerclaient. »

« Il y a comme un acharnement à trouver un coupable pour essayer d’alléger la culpabilité de l’anorexique. »

« C’est fou, ce besoin de nous enfermer pour pouvoir nous guérir »

« Je suis excessive, incontrôlable, incontrôlée : seul le vie m’apaise et anesthésie mes angoisses. »

« Je joue la carte de la réduction des risques : je vis avec, au mieux ». (Sous-entendu l’anorexie)

« Pourtant je ne m’en remettrai pas. Elle restera là, à jamais. Collée à ma peau, distillée dans chacun de mes os, inscrite dans mon regard. »

« La maladie reste une ombre permanente, parce qu’on ne guérit pas de revenir d’aussi loin. On se maintient dans la course de la vie, sans autre but que celui d’être et de demeurer soi face aux vieux démons. C’est une revanche. Une victoire même. »

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Published by Eixerona - dans Extraits et citations