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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
"Banana, thon, creme: avec leur cote secret, obscene, les mots memes me rendant malade. Mon coeur cogne. La nausee creuse monte a nouveau au fond de ma gorge."

"Un jour, devenue pure conscience, je voyagerai sans entraves a travers le monde; un jour, je serai reduite a l'elementaire, a l'irreductible circuit qui garde l'esprit en vie."

"Quand je me reveille, je suis vide, sans poids, la tete legere; et j'aime rester ainsi, libre et pure, le pied leger, voyageant leger. Pour moi l'interet de la nourriture se resume a mesurer le peu dont j'ai besoin, a quel point je suis forte, capable de resister. Ma volonte remporte sans cesse une nouvelle petite victoire -une carotte au lieu de deux, une demi-biscotte, plus le moindre petit pois- qui me rend plus forte, plus pure, plus grande dans l'exercice de mon pouvoir, jusqu'a ce que finalement je ne voie plus de raison de manger du tout. Comme une plante, surement, le corps peut etre habitue a vivre de rien, a tirer de l'air sa nourriture."

"Mais c'est inutile: je ne peux plus manger; je suis malade, horrifiée par cette salade non digeree dont la masse raboteuse travaille en moi. Mon estomac se gongle. D'une paume inquiete, je palpe le creux que delimitent mes hanches et sens la une noubelle courbure, une nouvelle tension. Prise de panique, avant de savoir ce que je fais, j'engloutis trois cuilleres à cafe de la glace, deja presque entierement fondue."

"Je voudrais etre seule, cachee dans un endroit ou personne ne pourrait me trouver, ou personne ne viendrait me tenter et tourmenter ma volonte. Je voudrais me terer quelque part ou l'idee de nourriture devienne une abstraction, ou ce corps, toujours plus transparent, finirait par s'evanouir dans le noir, ne laissant derriere lui que pure conscience."

"Mais ici, prisonniere je marche dans la chambre, oui, mais je reste aussi etendue a flotter sur le dos, et il me vient alors une multitude d'images qui maffolent, moi qui chercher le vide depuis si longtemps. Je croyais m'etre debarrassee du passe, l'avoir affame jusqu'a ce qu'il n'en reste qu'n reve sans consistance, peuple de fantomes; mais maintenant, toute une vie de mots me reveint a travers une epaisse langueur, tout un monde de gens jamais vraiment vue dont le souvenir se redut a l'image qu'ils devaient se faire de moi. (Maussade, godiche, ecrasee de laideur? Petite, delicate, miserable, parfaite? Un monstre de gloutonnerie et d'indolence, ce corps enceint de sa propre avidite?) Des jours, des semaines, des mois complements perdus a rester sur mon lit, trop faible, trop etourdie pour envisager de me lever, comptant les heures que me separent de mon unique repas: une demi-coupelle de fromage blanc."

"J'ai un principe, quand je me pese: si j'ai pris du poids, je ne mange plus de la journee; si j'en ai perdu, je ne mange pas non plus."

Extraits de Folle de moi Jenefer Shute
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
Aurélie a 20 ans. Elle a eu une période de prise de poids vers 17 ans, lors d'un bref séjour linguistique en Angleterre. C'était sa première réelle expérience de vie hors de la famille. Elle avait eu quelques conflits avec sa famille d'acceuil. S'y est ajouté la perte de ses repères sociaux et de ses habitudes alimentaire...à son retour, elle pesait 5kg de plus et se sentait très mal dans sa peau. Elle a aussitôt entamé un régime drastique et reperdu tout le poids en excès. Mais elle ne s'en est pas tenue là. Son régime s'est vite transformé en obsession des aliments riches et maintenant, elle ne peut plus rien avaler sans résoudre un monstrueux dilemme. Toute nourriture lui fait redouter de reprendre les kilos si chèrement perdus. Il lui arrive de se dire qu'une telle éventualité serait une catastrophe insurmontable et elle surveille son poids à de nombreuses reprises au cours de la journée. Elle a atteint un évident degré de maigreur mais elle préfère continuer son "régime" en prévention de ce risque. Lorsque sa mère lui parle de son poids et lui demande de manger plus, elle a de fréquents accès de révolte et d'agressivité. Elle a le sentiment que celle-ci cherche à la rendre obèse et qu'elle ne tient aucun compte de ses besoins réels. Grossir signifierait retrouver son mal-être, révéler sa faiblesse et risquer d'être rejetée. Cette pensée la terrorise. Pour vérifier que son aspect physique est acceptable, elle s'observe longuement dans son miroir. Elle traque toute forme de surchage et s'attarde longuement sur ses hanches, ses cuisses et son ventre. Elle palpe aussi ses bras ou ses fesses pour en mesurer la fermeté. Il faut absolument sentir sous sa main ses muscles et ses os pour calmer sa hantise.

extrait de faire face à l'anorexie Docteur Alain Perroud
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
Amélie a 17 ans. Elle a changé très progressivement d'allure et son entourage n'a pas réagi au début. Elle a perdu quatre kilos pendant l'été et chacun y voyait les effets du sport et des changements de régimes, habituels pendant les vacances. A la rentrée suivant, elle a vu sa maigreur d'accentuer franchement. Au moment des fêtes de fin d'année, elle avait atteint 44 kg...alors qu'elle en faisait 52 moins d'un an auparavant. Son visage marqué lui attirait de plus en plus de remarques inquiètes sur sa santé mais cette sollicitude se serait transformée en réaction d'affolement si ses proches l'avaient vue en tenue légère. Son corps avait désormaiis tous les signes d'une émaciation pathologique. Sa peau était devenue rêche et pâle, à l'exception de ses mains et de ses pieds, roge en permanence. Les saillies de son squelette donnaient à sa silhouette un aspect anguleux et fragile. Il restait bien peu de rondeurs aux entdroits où elle en avait eu le plus: ses hanches, ses épaules, ses cuisses semblaient vidées de leur substance. L'expression de son visage, elle-même, avait changé et avait perdu un peu de son attrait et de sa douceur mais ses yeux paraissaient plus animés, presque inquiets.

extrait de faire face à l'anorexie Docteur Alain Perroud
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
--> un ancien texte de 2003

Pourquoi ?



Pourquoi ?? Je veux comprendre !!!
J'aimerais savoir pourquoi j'ai cette envie incessante de maigrir. Cette idée qui persiste jour après jour, cette pensée qui me hante toute la journée, qui me hante chaque nuit.

A quoi me sert cette perte de poids, cette maigreur ? Pour quelles raisons je refuse mes courbes féminines ? Pourquoi est ce que je m'accroche à l'anorexie ?

Je cherche, je pense, je réfléchis, j'analyse...je trouve peu à peu les causes...les conséquences, le pourquoi du comment...mais cela ne m'amène à rien d'important, ce sont seulement des banalités.
Un jour j'ai été blesse au plus profond de mon âme. Cette douleur est enfouie dans mon inconscient . Vais-je la découvrir un jour prochain ? Serais je capable de guérir ?

Je me bats chaque jours, je fais tous les efforts pour guérir. C'est si dur, si fatiguant, si prenant. J'avance si doucement. Je suis épuisée. La guérison est longue ce n'est pas un secret. Je ne suis pas à l'abri des rechutes...je les frôle sans cesse.
Peut être que mon anorexie est devenue chronique ? trois ans qu'elle me poursuit.
J'ai toujours la même pensée récurrente plus ou moins forte : maigrir, jeûner, vomir, me purger...

J'adorerais pouvoir vider mon estomac dans les toilettes. J'ai tellement envie de tout dévorer...glace, pain, chocolat, gâteaux...Mais je ne sais pas régurgiter...je ne connais pas le truc, et au fond de moi je ne souhaite pas le découvrir. L'anorexie restrictive est assez nocive, je n'ai pas besoin de rajouter de la boulimie par dessus.

Je voudrais seulement être comme la majorité des filles de mon âge...mince, belle, intelligente, aimant la vie...Je souhaiterais juste être heureuse.
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
--> voici un texte que j'ai écrit il y a deux/trois ans...

Le poids ne fait pas le bonheur


L'anorexie est un contrôle de soi. La nourriture est le fondement de ce contrôle, elle est le pouvoir. C'est moi, et moi seule, qui décide de manger ou de jeûner. J'ai la force de résister aux aliments, à la base de la vie humaine.

L'anorexie au fondement n'est pas un problème de poids, et elle ne le sera jamais. Elle est le résultat d'une accumulation de mal-être psychologique, physique et de souffrances. Avec le temps ce mal-être et ces douleurs s'amplifient, et se traduisent par l'intermédiaire du corps.
Il faut donc arrêter de voir l'anorexie comme conquête incessante de la minceur. La maigreur de l'anorexique est simplement un refus de la vie, de l'existence, du monde...seulement un essaie de communiquer.

Au début l'anorexie est la seule recherche du bien-être...l'euphorie du jeûne nous fait croire qu'elle nous rend la vie meilleure...mais en fait elle nous piège dans sa toile infernale. Le rêve devient cauchemar, les rires deviennent pleurs...
Notre société du paraître ne nous aide pas à nous sentir mieux puisque minceur y est synonyme de bien-être, de bonheur et de plénitude.

Mais le poids ne fait pas le bonheur...
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00

Au commencement il y avait moi, seulement moi...

Un beau jour elle est arrivée, discretement, sans un mot, sans un geste, sans un bruit...Je n'ai rien vu, je n'ai rien entendu, je n'ai rien remarqué.
Doucement elle a commencé à tirer sur les fils comme si j'étais une marionnette.

Puis je l'ai découverte...stupéfaite...Mais qui est-elle? Que fait-elle là? Comment est-elle arrivée jusqu'à moi?

Alors il y a eu moi et il y a eu elle...deux dans un corps...

Les combats au corps à corps ont commencé, il fallait la détruire, on m'avait dit qu'elle était méchante et nocive. Alors je me suis battue pour la faire taire, pour qu'elle parte à jamais...il le fallait...

Quand on gagne, elle reste muette et discrete. Elle se terre au plus profond de notre être mais à la moindre fatigue, à la moindre angoisse, à la moindre déprime elle déplie ses grandes ailes et revient au galop.

Elle m'a prise dans ses bras tendres , elle m'a chuchoté des choses douces et réconfortantes. Elle m'a rassuré...Elle a comblé le trou béant qu'il y avait dans mon corps...dans mon esprit...dans mon âme??

Je deviens elle, elle devient moi. Ultime et fusion parfaite...nous sommes un...

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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00



Je crois que ma personnalité a été détruite en sixième, lorsque j'étais la tête de turc... le bouc émissaire de toute une classe de sales gamins. Ils m'ont tapé, insulté et humilié durant toute l'année scolaire. Pourquoi? Parce que j'étais petite et timide, parce que mes habits n'étaient pas dans la norme, parce que j'osais pas me défendre.

Les années qui ont suivies, j'ai fait le maximum pour me fondre dans la masse, pour qu'on m'oublie.

La cinquième et la quatrième se sont plutôt bien passées, j'essayais d'être habillée comme la majorité des collégiennes pour passer inaperçue et être acceptée. J'écoutais les autres, et je parlais peu. Je n'avais pas les même loisirs, pas les même passions, pas le même mental...

Et voilà qu'en troisième je me suis mise à grossir. Ma tante de Bretagne est venue se faire soigner son cancer de la langue et de la gorge à Nancy. Suite à sa maladie elle ne pesait que dans les 30 kg, elle devait regrossir. Alors elle mangeait toute la journée de crèmes desserts. Moi qui suis à l'origine gourmande, j'étais tentée, ces desserts me faisaient envie. Ma tante me disait prends-en. Alors j'en mangeais... 4/5 par jours peut être, en plus des gigantesques assiettes de pâtes du déjeuner, de la moitié du paquet de gâteau du petit dej...
Bref en à peine trop moins, j'ai pris dans les six kilos. Les jeunes ne changent pas, les mauvaises réflexions, les dessins me représentant obèse m'ont blessé une fois de plus. Je ne disais rien à ma mère.

Ma mère qui m'a vu grossir, m'a dit de faire attention. Elle ne voulait pas que je l'accuse ensuite d'être devenue grosse. Elle a fini par me persuader de faire un régime, et on est allée à l'hôpital pour me faire suivre. En quelques mois j'ai perdu ces kilos superflus. Mon père est décédé entre temps.

Ma mère est suite à la mort de mon père était dans un état second. D'un seul coup, j'ai du être grande... et m'occupais de moi. Au lycée, j'avais un groupe d'amis, mais je n'étais pas réellement intégrée. On se moquait de moi, de mes 2 de tensions, de mon humour décalé. Ils oubliaient de m'inviter quand ils faisaient une sortie...
L'année se termina et je fus acceptée en première L

Cet été là je suis allée en juillet pour la première fois en vacances au bord de l'océan dans les landes. Durant ces 15 jours ma mère m'a vu changé, j'ai développé ma féminité.
Au mois d'août, j'ai participé à un voyage linguistique. Je n'avais pas trop envie d'y aller, d'être séparée de maman. Le matin du départ j'ai raté le réveil... ma mère a toujours cru que j'avais fait exprès.
Malgré mes appréhensions ce séjour de 3 semaines a été formidable. Les premiers jours j'avais un peu le mal du pays, et ma mère me manquait. Mais très vite j'ai lié des amitiés fortes, et j'ai appris à me débrouiller seule. Je sortais le soir, je faisais les magasins, je vivais comme une adolescente normale.

En septembre, lorsque je suis rentrée à la maison ma mère n'a pas accepté cette prise d'indépendance. En effet, elle commençait à retrouver ses esprits, et elle n'a pas voulu que je grandisse. Au but je l'ai envoyé balader. Mon année de première se passait super bien, j'avais enfin une meilleure amie. Pour une fois je croquais la vie à pleines dents. Au printemps j'ai décidé de faire un petit régime pour perdre 1 ou 2 kilos pour jouer les sirènes sur les plages d'été. Parallèlement ma mère était impitoyable avec moi, parfois elle m'insultait de tous les noms possibles et inimaginables, je devais passer mes mercredi après midi à faire le ménage...
J'ai perdu mon kilos sans difficultés. J'étais contente, je me suis dit un de plus. J'ai remarqué durant cette période que ma mère n'était pas contente quand je mangeais moins, alors j'ai boudé de plus en plus la nourriture. Et j'ai voulu perdre plus de poids pour être parfaite. Pour être enfin admirée de tous aussi bien par les élèves du lycée, que par ma mère ou bien les inconnus. J'ai commencé alors à chercher la perfection physique, à perdre du poids, à éclaircir mes cheveux, à m'investir de plus en plus dans les études, à faire le ménage et la cuisine.

Je me suis ainsi évadée de tout. Les filles de ma classe me prenaient comme modèle, j'étais fière de moi. J'avais enfin l'impression d'être quelqu'un.
Le bac de français est arrivé bien vite... j'ai eu 15/20 au commentaire composé... j'étais fière de moi. L'été a passé, je continuais mon régime... mais je disais seulement "je fais attention à ma ligne"

Lors de la rentrée des classes de terminale tout a dérapé. On m'avait changé de classe, je ne connaissais personne... loin de ma meilleure amie. Ma mère continuait de me harceler moralement. J'ai eu l'angoisse de rater mon bac...
Je ne sais comment je me suis retrouvée à 40 kg Ma mère m'a dit un jour dans la voiture que j'étais anorexique. J'ai ri. Quelques mois après elle m'a conduit à l'hospital.


mars 2003
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
Lettre Ouverte

Dernier jour de Janvier, et je ressens déjà un profond dégoût pour cette année 2004. Je souffre enfermée dans le cercle vicieux de la maladie, mais les vôtres aussi mes touchent et me détruisent.

J'en ai marre de vos soit-disant leçons de vie ! Gardez-les pour vous ! Vous avez déjà tellement de mal à faire tourner rond votre propre vie, alors laissez moi en paix , bon sang ! Je ne vous permets pas de juger la mienne et encore moins de vous en occuper. Vous faites assez de conneries vous-même. Des conneries irréversible d'un égoïsme et d'un égocentrisme flagrant. Remettez-vous aussi en question !

Vous osez me dire que je me complais dans la maladie. Pour répondre à votre interrogation je dirais simplement que vous vous complaisez dans la fainéantise, dans les plaisirs égoïstes et dans un je-me-foutisme général.
Vous prenez un malin plaisir à me mettre plus bas que terre depuis ma tendre enfance. Je ne suis pas jouet, encore moins un défouloir. J'ai décidé de le dire haut et fort : je ne veux plus me laisser marcher sur les pieds.

Je suis moi et je m'affirme. J'existe.
Je refuse qu'un enfant me manque de respect, je suis une adulte. Je refuse qu'on m'empêche de donner mon avis ou de parler. Comme chaque être humain j'ai cette liberté de penser et de parler. Et je refuse que ce soit toujours les mêmes qui doivent accomplir les tâches ingrates, c'est trop facile !

Au début l'anorexie m'a permis d'oublier toute la merde qu'on m'a infligé de toutes parts aussi bien familiales que personnelles ou sociales. Pour moi, la jeune fille réservée et timide s'était un façon d'exprimer mon mécontentement, me rebeller et vous montrez que moi aussi je pouvais vous faire souffrir.

Oui, j'ose le dire. Au début c'était une vengeance. Quel plaisir de vous inquiéter, de vous troubler, de vous angoisser. Vous ne supportiez pas de ne pas me voir manger. A ce moment là, j'étais la maîtresse du jeu, je tenais les rênes fermement dans mes mains...et j'en prenais un malin plaisir.
J'avais enfin trouver un moyen de pression pour m'exprimer...la grève de la faim pour dire tout haut ce qui me hantait au plus profond de mon être. Personne ne pouvait me couper la parole pour une fois, j'avais enfin la liberté d'expression que je désirais tant depuis toujours.

Malgré tout, vous avez continué votre manège et vos persécutions , ne pensant qu'à vous ! Alors je me suis concentrée sur la seule chose que j'arrivais alors à contrôler et dont j'avais le plein pouvoir : mon poids. En ne pensant qu'à lui je vous ai expulsé de mon monde, de ma vie. Ma seule préoccupation était de perdre du poids, encore et encore.

Vous avez fini par faire plus attention à moi. Mais tout à déraper. L'obsession de mon poids m'a fait oublier tous mes problèmes annexes. Pouf ils ont disparu, quelle joie !

J'ai eu enfin renommée et reconnaissance. J'étais mince, on m'admirais et on se préoccuper de ma personne. Vengeance sur ce monde qui depuis la sixième ne m'a pas fait de cadeaux. Oeils pour oeils, dents pour dents.
J'ai décidé d'atteindre la perfection ultime, de vous rendre tous admiratifs, jaloux et inquiet. Je le méritais, moi qui n'avais jamais chercher à faire du mal aux autres.

Je me suis sentie enfin forte et supérieure d'être capable de me passer de nourriture, moteur de la vie. Je pouvais enfin dépasser à ma manière dépasser tous ceux qui n'ont cessés durant des années de me rabaisser, de me dire que j'étais une moins que rien.

Je vous déteste. Je hais cette vie de malheur et de tristesse. Comment pourrais-je l'aimer ? Vous ne m'avez fait découvrir que les côtés négatifs de l 'existence humaine. Vous osez prétendre que la vie est belle. Alors montrez le moi, vous qui décriez et pestez contre le monde actuels et sa société.

31 janvier 2004
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
Encore et toujours


Encore et toujours l'anorexie m'appelle. Pourquoi ne puis je pas faire la sourde oreille? Je fuis, ma vie est une fuite. Je m'enfuis avant que le problème arrive, je l'évite toujours pour me réfugier dans mon cocoon. Si c'est endroit avait une forme, ce serait une immense boule blanche où je pourrais me réfugier à l'intérieur. Il y ferait tout doux, tout chaud. Je me sentirais en sécurité loin du monde cruel et incompréhensif. Mais pour me rappeler ma douleur, les parois seraient recouvertes de petits piquants. Ainsi je n'oublierais pas que la vie est un enfer, que mon existence est synonyme de douleurs.

Ne parvenant pas à trouver la douceur et le bonheur dans la réalité, je me crée un monde parfait grâce à mon imagination. Dans ce pays magique ce sont les légumes qui font grossir, pour perdre du poids on avale des cookies ou bien on va nager des heures dans le lac en chocolat. Mais pourquoi maigrir puisque l'intolérance n'y existe pas? Gros, maigre, laid, cul de jatte... tout le monde y est heureux. On mange à sa faim. On dort jusqu'à être en pleine forme, on s'aime, on s'aide. C'est un monde utopique si paisible...

Mais en relisant mes mots, je retrouve mes maux. L'anorexie se lit en mes lignes, jamais elle ne me quitte. J'ai compris pourquoi je ne réussis pas à mener une vie sentimentale ordinaire... j'ai déjà ma moitié. Notre amour, notre haine dur depuis près de trois longues années. Elle est tout pour moi, mes joies, mes peines, mon refuge, mon soutien. Elle me semble si douce, si tendre, comment croire qu'elle me veut du mal?

Anorexie,
tu es ma vie,
tu es ma mie,
pourtant il faut que je te renie...

mars 2003
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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00
-->> Un texte que j'ai écrit il y a quelques années...

A
l'école des Troubles du Comportement Alimentaire

Vous vous ennuyer dans la vie? Vous voulez perdre encore les kilos que vous n'avez pas pour l'été? Eh bien regarder la télévision...

Pour commencer, sachez que quand c'est bon c'est facile de rester mince... c'est sur qu'il est difficile de grossir avec des yaourts 0% de Yoplait... Je préfère le chocolat, c'est excellent mais je crois que si j'en mange à volonté difficile de rester mince...

Ce n'est pas grave, si j'ai des envies de sucrés, de gras... si je vois des tentations partout autour de moi, je prends ma bouteille de contrex et je bois au lieu de manger... contrex mon partenaire minceur...

Envie de s'empiffrer de fraises aux sucres... pas de problèmes... arrosez-les de canderel et vous pourrez avaler le saladier en vous en mettant partout... telle une ogresse.

Voilà l'été... mais que faire de mes rondeurs... suivre le programme spécial K.. 15 jours pour maigrir en avalant des céréales 0% de matière grasse matin et soir....ah ah...arrosez le tout de lait écrémé... qui contient du calcium quand même...et aussi de la vitamine D (enfin comme dans n'importe quel lait.)

Et surtout n'oubliez pas de badigeonner vos cuisses et vos fesses de crème anti cellulite... 20 euros le tube... et on perd des centimètres sans rien faire il parait... avaler aussi quelques pilules brûles graisses, drainantes... et n'oubliez pas de faire du sport... si vous n'avez pas le courage. Eh bien prenez les éléctrostimulateurs. Après avoir dépenser pleins d'euros...on remarque que c'est le compte en banque qui a maigri...

Après de multiples frustrations, vous louchez sur la nouvelle glace carte d'or fruit et fresh...sur les Kinder Bueno qui sont légers...sur des gâteaux qui semblent délicieux...et vous finissez par vous jeter dessus.
Malheureusement quand on s'empiffre des conneries sucrées, on ne reste pas mince comme la demoiselle de la pub...

alors il faut trouver une solution. on se restreint de plus en plus, on vomit...Pas le choix, on veut une plastique irréprochable...mais on oublie de nous dire que les madames des magazines sont retouchées de partout aussi bien par la chirurgie...que par les puissants logiciels ordinateurs...

La télévision est pathétique. Je sais pas si c'est parce que je suis ano que ça m'énerve tant. N'empêche je suis horrifiée de voir le télé shopping de la 6 qui ne vendent que des produits pour maigrir... de voir les couvertures de magazines qui préconisent le nouveau régime... pff
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