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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
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Anticipation négative
Je dois sortir ce soir, qu'est ce que je vais pouvoir faire ? J'ai peur d'y aller ! Je suis sûr que ça va mal se passer ! "
Voilà exactement ce qu'on appelle une anticipation négative. Une situation, un événement, un objet nous fait peur et nous anticipons de façon négative sur ce qu'il va se passer. Nous avons un scénario catastrophe en tête et nous élaborons des hypothèses, des suppositions sur ce qu'il va se produire.
Bien évidemment, l'anticipation négative génère de l'angoisse et un surplus d'angoisse peut entraîner une crise d'angoisse qui fera mal physiquement et psychologiquement.
Source : http://www.emetophobie.net/trucs-anticipation.php

A l'adolescence, plus de stress et de dépression chez les filles
Il est établi qu'à partir de l'âge de 13 ans environ, les filles vivent plus de dépression que les garçons mais les causes de cette différence sont peu connues.
Une récente recherche montre que les filles vivent plus d'événements stressants que les garçons, spécialement dans le domaine interpersonnel, et qu'elles y réagissent plus fortement, ce qui pourrait expliquer en partie la plus grande prévalence de dépression chez elles.
Benjamin L. Hankin, chercheur en psychologie, et ses collègues ont suivi 562 étudiants de 8ième et de 10ième année dans 18 écoles de la région de Chicago.
Ils ont demandé aux étudiants de noter le pire événement de la journée tous les jours pendant une semaine, au début de la recherche puis six mois et 12 mois plus tard. Les étudiants devaient aussi décrire cet événement négatif, mentionner en quoi il était si mauvais et quelle a été leur réaction.
Les filles vivaient plus d'événements stressants que les garçons, particulièrement en lien avec leurs pairs, leur famille et leur vie amoureuse. Les stresseurs rapportés par les garçons concernaient davantage les performances sportives. Les filles présentaient également plus de symptômes dépressifs.
La différence de dépression entre les filles et les garçons est partiellement expliquée, selon les auteurs, par le fait qu'elles rapportent plus de stresseurs.
Les résultats montrent aussi que les jeunes qui étaient déprimés au début de la recherche étaient plus susceptibles de rapporter des stresseurs liés à leur relation amoureuse 6 et 12 mois plus tard.
De plus, les adolescents qui rapportaient des stresseurs concernant les pairs et des stresseurs en dehors de leur contrôle au début de la recherche avaient, en moyenne, un niveau plus élevé de dépression 6 et 12 mois plus tard.
Enfin, quand les niveaux de stress augmentaient, les filles rapportaient de plus grand niveaux de symptômes dépressifs.
Selon l'auteur, les filles vivent plus d'événements stressants et y réagissent avec plus de dépression.
Source: Journal Child Development, January/February 2007 (Eurekalert)

L’anxiété, c’est la faute de l’évolution
Les tendances anxieuses sont présentes chez tout être humain : être anxieux a probablement aidé nos ancêtres à survivre dans des conditions hostiles. Ceux qui n’étaient pas assez anxieux ont moins survécu et eu moins de descendants : le mécanisme de la sélection naturelle aurait ainsi favorisé les individus porteurs d’un minimum de capacités à ressentir de l’anxiété.
Connaissez-vous l’édifiante histoire du dodo de l’île Maurice ? Ce gros oiseau, encore appelé dronte, vivait dans l’océan Indien sur cette île qui n’avait jamais connu la présence humaine. Lorsque les premiers navigateurs y débarquèrent, au XVIII e siècle, ils découvrirent :
- que le dodo avait un goût délicieux ;
- qu’il ne savait pas voler, mais seulement courir, assez lentement d’ailleurs ;
- qu’il n’avait absolument pas peur des humains.
En quelques années, le dodo disparut pour toujours de l’île, victime de son bon goût, et surtout de son manque de méfiance envers les humains. Si l’espèce des dodos avait été un plus anxieuse, peut-être pourrions-nous encore en rencontrer (et en déguster).
L’anxiété, c’est la faute des gènes. Il existe probablement des tendances génétiques prédisposant à l’anxiété : les parents savent que certains de leurs enfants sont plus ou moins anxieux que leurs frères ou sœurs. Les généticiens ont eux aussi montré une part d’inné dans l’anxiété.
L'anxiété, c’est la faute de l’éducation.
Les facteurs éducatifs jouent, bien sûr, un rôle considérable : des parents se montrant eux-mêmes anxieux face à la vie quotidienne, à ce qui peut arriver à leur enfant, lui apprennent sans le vouloir à percevoir que le monde est dangereux et que se faire du souci permet d’anticiper les problèmes et de mieux y faire face.
L’anxiété, c’est la faute de la société.
Comme l’anxiété vient du sentiment de non maîtrise sur l’environnement, il est possible que nos sociétés contemporaines, quoique globalement moins dangereuses qu’autrefois, soient plus angoissantes car plus complexes (savoir mettre en marche un lecteur de DVD, se rendre chez des amis habitant en banlieue, se souvenir de ses codes de carte bleue ou de téléphone portable, etc.), et soumises à des changements imprévisibles et rapides.
L’anxiété, c’est la faute de la mort.
La peur de la mort (et indirectement de la maladie) est une constante de la psychologie des grands anxieux. Ceux-ci évitent souvent de regarder en face ce qui leur fait vraiment peur et se font du souci pour des petites choses pour détourner leur attention de la vraie grande angoisse : notre conscience d’être mortels…Le bruit de fond de l’anxiété généralisée appliquée aux petits tracas quotidiens, représenterait alors un « brouillage » de la musique, bien plus inquiétante, de l’échéance irrémédiable de la mort…D’où la boutade de Woody Allen : « Je ne cesse de me demander s’il existe une vie ultérieur, et s’il y en a une, peut-on m’y faire la monnaie de vingt dollars ? »
Anxiété normale et soucis normaux
Anxiété pathologique et soucis pathologiques
- Vos soucis ne sont pas constants - Votre entourage comprend que vous vous fassiez du souci, car ce qui vous tracasse pourrait tracasser d’autres personnes. - Vos soucis ne vous perturbent pas trop physiquement - Vous arrivez à contrôler vos soucis et penser à autre chose, en faisant un effort, en vous distrayant, en partant en vacances, en week-end… - Votre anxiété vous stimule pour trouver des solutions, et vous motive à les mettre en pratique.
- vos soucis sont constants : pas une journée sans que vous ne ressentiez la morsure de l’anxiété - Votre entourage trouve que vous vous faites trop de soucis et ne se tracasserait pas autant que vous dans la même situation - Vos soucis perturbent votre sommeil, votre appétit, votre sexualité…Vous ressentez de nombreux signes physiques de tension. Bref, votre anxiété vous rend malade… - Vos soucis sont incontrôlables ; vous ne pouvez pas mes chasser de votre esprit. Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, ils reviennent à la charge. - Votre anxiété diminue votre capacité à trouver des solutions, et à les mettre en pratique : toute votre énergie et votre créativité sont « brûlées » par les ruminations anxieuses.

Le TAG ou « trouble anxieux généralisé »
Il s’agit d’une maladie psychiatrique reconnue, où l’anxiété envahit tous les aspects du psychisme de la personne : une sorte d’hyperanxiété.
Quelles sont les caractéristiques de l’anxiété généralisée ?
- Une inquiétude constance concernant tous les événements de la vie quotidienne, procurant des soucis incoercibles qu’on ne peut chasse de sa conscience. On assiste, dans le TAG, à un « auto-allumage » constant de n’anxiété à propos de n’importe quoi : même des événements anodins (perte d’un objet), ou qui ne nous concerne pas directement (entendre des mauvaises nouvelles à la radio ou en lire dans le journal) vont aussitôt enclencher une tension psychologique et physique exagérée.
- Un retentissement physique important de l’anxiété
· Insomnie (difficultés à s’endormir, éveils nocturnes où l’on rumine ses soucis, inquiétudes et visions pessimistes, grincements de dents ou sursauts dans son sommeil, cauchemars) ;
· Tensions musculaire (entraînant des maux de tête, des douleurs cervicales ou dorsales) ;
· Somatisations anxieuses (comme des colites, des éruptions cutanées, etc.) ;
· De façon générale, réactivité physique excessive aux bruits et à l’imprévu (réactions de sursaut, « coups au cœur » c’est-à-dire accélérations cardiaques brutales : « Hou la, tu m’as fais peur ! »).
- une irritabilité, épisodique ou parfois chronique, envers l’entourage : usé par les soucis et harassé par ses ruminations, épuisé par ses tensions musculaires, le grand anxieux se montre vite agacé ou irritable vis-à-vis des inévitables sollicitations, dérangements et frustrations de la vie quotidienne (« On ne peut rien lui dire…Il ne supporte plus personne…Il a les nerfs en pelote… »). Cela est logique : alors qu’il lui semble déjà se débattre à grand peine dans in monde de tracas incessants, nécessitant une vigilance et des précautions permanentes, la moindre demande –même bénigne- de son entourage va devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vas.
Bien que consciente du caractère exagéré de ses angoisses et de leurs conséquences, la personnes souffrant de TAG ne peut ni les éviter, ni les contrôler, ni s’empêcher d’y replonger : elle voltige d’un souci à l’autre comme l’oiseau va de branche en branche : « J’attire les soucis comme un aimant », nous racontait même un jour une de nos patientes.
Bonheurs, malheurs et anxiété
Pour les grands anxieux, tous les moments de la vie sont source de préoccupations infinies. Un événement heureux ? Pas si simple ! Face à quelques chose de positif, l’anxieux se dire la plus souvent : « Ca ne durera pas. » Un souci ? Comptez sur l’anxieux pour transformer les petits événements négatifs en grands désastres irrémédiables : »C’est la catastrophe totale ! » Et tout ce qui se situe entre les deux, ni positif ni négatif ? Pas de repos pour l’anxieux, chez qui les événements neutres suscitent méfiances et inquiétudes : « Qu’est-ce que ça cache ? »
Pourquoi l’anxiété généralisée est-elle une vraie maladie ?
En raison de son caractère excessif, l’anxiété va entraîner de nombreux problèmes et souffrances,
· Le fonctionnement intellectuel est perturbé car l’attention de l’anxieux est constamment focalisée sur l’anticipation des problèmes. Cela va provoque chez lui des troubles de l’attention, de la concentration, de la mémoire : l’énergie mentale consommée par l’anxiété n’est plus disponible pour d’autres besoin psychiques.
· La qualité de vie est altérée car les anxieux ont beaucoup de mal à profiter de l’instant présent, à savourer les petits plaisirs quotidiens : ils vivent toujours dans l’anticipation et dans l’instant suivant. Ils ont beaucoup de mal à s’arrêter de « gamberger » pour simplement profiter de l’existence.
· Il existe à la longue un épuisement nerveux car tous les problèmes (gros et petits) sont traités de la même façon, par un souci constant. L’anxieux perd le sens de la relativisation, et la situation la plus anodine devient une source intarissable de stress.
· La multiplication des précautions pour éviter les problèmes éventuels finit par devenir contre-productive.
Est-on condamné à rester un grand anxieux toute sa vie ?
Paradoxalement, le TAG (Trouble Anxieux Généralisé) est une maladie encore assez mal connue des psychiatres et des psychologues. Sans doute parce que, pendant longtemps, on a considéré l’anxiété comme normale, sans réaliser qu’au-delà d’un certain seuil elle devenait handicapante. On évalue que le TAG concerne environ 3% des personnes adultes.
Certains patients sont anxieux depuis toujours : dès leur enfance, ils se font beaucoup de soucis pour leurs résultats scolaires, ont très peur d’arriver en retard à l’école, de participer à des compétitions sportives ; ils peuvent être très préoccupés par des événements d’actualité (guerre, pollution, catastrophes naturelles), comme par des dangers imaginaires (monstres sous le lit, existence ou non des sorcières et des mortes vivants). La prise de conscience de l’existence de la mort, angoissante pour tous les enfants, peut prendre des allures obsédantes pour les enfants hyperanxieux.
Pour d’autres, la maladie anxieuse ne commence qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte. Dans tous les cas, l’anxiété va être présente tout au long de la vie, mais avec des hauts et des bas : à certains moments, elle va s’exacerber (en général dans les périodes de stress), à s’autres elle va redevenir tolérable. Très fréquemment (environ 80% des cas), les sujets souffrant de TAG vont présenter à un moment ou l’autre de leur vie un épisode dépressif majeur.
Christophe André & Muzo Petites angoisses et grosses phobies

les personnalités anxieuses
Parfois, l’anxiété n’est plus seulement réactionnelle face à des difficultés quotidiennes, mais devient un trait de personnalité, une façon d’être : la personne a alors une vision du monde marquée par l’anxiété, prévoyant toujours le pire, de manière consciente ou non.
Quelques traits caractéristiques des personnalités anxieuses :
- ces personnes sont dans l’anticipation constance (« Que va-t-il se passer ensuite ? »)
- elles ont tendance à toujours penser que le pire est probable ou du moins plausible (« S’il y avait un problème, si ça tournait mal ? »)
- elles s’entourent alors du maximum de précautions possibles pour éviter les difficultés auxquelles elles ont songé (« Mieux vaut prendre ses précautions, on ne sait jamais »)
Pour toutes ces raisons, le moindre événement quotidien va devenir une affaire très compliquée. Prenons l’exemple, d’un pique-nique en famille. Dès qu’il a été décidé, l’anxieux commence à y penser même si c’est dans quinze jours, il en parle tout le temps : « A quelle heure on partira, qu’est-ce que vous voudrez manger, on ira où ? » La veille, des angoisses majeures l’assaillent : « Fera-t-il beau ? Y aura-t-il des armées de fourmis rouges affamées dans l’herbe ? Des hordes de pique-niqueurs ne seront-elles pas arrivées dès l’aube pour prendre les meilleurs coins ? » Le tout sur fond de précautions multiples : étude attentive des bulletins météo, trousse de secours, sacs d’imperméables et de bottes, crème solaire, chapeaux, bombes insecticides, constitution d’un stock de nourriture considérable, etc. A tel point que l’entourage finit souvent par dire : « laisse tomber, on déjeune à la maison, comme d’habitude… »
Comment les anxieux voient-ils l’existence ?
Le regard de ces personnes reposes sur un double déséquilibre dans leur vision du monde. Ils perçoivent l’environnement comme étant plein de dangers potentiels. Dans leur vision, d’eux-mêmes et de leurs proches, ils se perçoivent vulnérables et fragiles.
Qu’est-ce qui inquiète les anxieux ?
- Tous les vrais problèmes, bien sûr, qu’on va amplifier : c’est par exemple la mauvaise note d’un enfant à l’école qui pousse le parent anxieux l’imaginer chômeur à vie ou délinquant.
- Tous les événements incontrôlables ou imprévisibles : l’avenir (« est-ce que j’aurais toujours mon travail dans cinq ans ? »), la météo (« Fera-t-il beau ce week-end pour le barbecue ? »), une sortie chez des amis habitant au centre-ville (« Où va-t-on se garer ? »), une soirée au cinéma (« Et s’il y avait une queue énorme ? Qu’est ce qu’on fait s’il ne reste plus que des places au premier rang ? Est-ce qu’une famille de géants ne va pas venir s’installer devant nous ? »).
- Tout ce qui est flou ou incertain : « est-ce qu’on m’aime vraiment ? », « Est-ce que j’ai raison de croire que je suis en bonne santé ? », « cette sonneries de téléphone qui s’est arrêtée avant que j’aie le temps de décrocher, et si c’était mamie qui avait eu un malaise ? ».
Christophe André & Muzo, Petites angoisses et grosses phobies
