Présentation

Je me prénomme Angélique. 

J'ai 24 ans. 

J'habite dans la banlieue de Nancy. 

Depuis mes 16 ans je souffre d'anorexie mentale. 

Je vogue entre anorexie restrictive et anorexie compulsive. 

J'ai tenté de nombreuses fois de guérir sans y parvenir, pourtant la volonté était là...  

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique. 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

Citation

 

 Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

Antigone Jean Anouilh

"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort

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Jeudi 11 octobre 2007

La dictature des régimes

Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, Le Corset Invisible


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Dans le même impératif de minceur, on propose aux femmes un nombre incalculable de régimes. Ils évoluent selon un schéma identique à celui de la mode, c'est-à-dire à chaque saison. Invariablement, avant l’été, comme après les fêtes, les magazines consacrent leur une à l’amaigrissement. « Perdez 2 kilos en 5 jours. » Les régimes sont innombrables : régime dissocié, protéiné, que du cru, que du liquide, monodiète, etc…

Les régimes sont avant tout une très bonne affaire commerciale, qui relance les ventes des magazines, des produits amincissants, repas en sachet et autres crèmes amincissantes.

Les régimes sont une industrie. Produits allégés que l’on trouve dans l’agro-alimentaire, Coca Light, yaourt à 0%, tout un monde est conditionné par la volonté des femmes de suivre un régime. Il n’est pas question que la femme y renonce : ce serait des secteurs entiers de l’industrie qui s’effondreraient. La femme est utilisée à son insu dans un but d’expansion économique.

 

« Le corps était presque parfait », article d’Olivia Gazalé paru dans Philosophie magazine, août-septembre 2006

A l’heure de la religion de la beauté jeune et musclée, l’affaissement de vos chairs fait de vous un hérétique, un parjure, un blasphémateur. Ce n’est pas tant des défauts de votre corps dont vous avez honte que de l’absence de volonté qui en est la cause….Nous voudrions l’avoir débarrassé de tous les déterminismes : le vieillissement, la maladie, la laideur et –pourquoi pas ? – le sexe et la couleur…Le moralisme hygiéniste a transformé les canons esthétiques en normes éthiques. Désormais, la faute ne consiste plus à jouir de son corps, mais à le laisser se dégrader….Le culte actuel du corps s’accompagne d’une phobie du corporel, d’une haine du corps organique….L’utopie du corps parfait renvoie au rêve de pureté qui hante l’humanité depuis ses origines….La pureté se confond aussi avec la cosmétique et la diététique…Les sexes intégralement épilés des actrices porno semblent aujourd’hui infiniment moins obscènes que L’Origine du monde de Gustave Courbet. Car la toison énigmatique sent la terre, la bête, l’indomptable femelle, alors que le pubis glabre évoque la pureté virginale de l’enfance, le salon de beauté et la domestication de soi…Cette détestation du corporel ne renvoie-t-elle pas, au fond, à la vieille démonisation de la chair héritée des premiers Pères de l’Eglise ?...Le fantasme de perfection est un fantasme mortifère. Vouloir un corps parfait, c’est vouloir s’arracher au sein, c’est désirer mourir à son propre corps.

par Angélique publié dans : Bibliothèque
Vendredi 5 octobre 2007

 

L’horreur de la cellulite

 

 

72301835.jpgComment la femme est-elle amenée à consommer autant ? Parmi les pressions imposées par la société, celle de la minceur n’est pas la moindre. Tous les printemps, on explique à la femme comment chasser la cellulite, le « capiton ». La cellulite est la cible d’une véritable croisade.

L’idéal de beauté est aujourd’hui lié à un travail sur le corps : on veut nous faire croire que la cellulite est liée à une « mauvaise hygiène de vie », au stress, au laisser-aller, ainsi qu’à l’ingestion de matières grasses et de sucres…La cellulite, qui n’est pas spécifique aux femmes en surcharge pondérale, résulte d’un processus complexe qui implique le système micro-circulatoire  et le système lymphatique. Elle est décrite par les scientifiques comme un état normal qui maximise la rétention de graisse sous-cutanée pour assurer une disponibilité calorique adéquate à la grossesse et la lactation. En effet, la femme stocke naturellement les graisses en vue de la grossesse, afin de pouvoir nourrir son bébé. Autrement dit, la cellulite, c’est la femme. Vouloir éliminer la cellulite, partir à la chasse impitoyable au capiton, c’est chercher à enlever les seins, l’utérus ou les cheveux à une femme. C’est comme lui enlever sa féminité.

Plus encore, la présence de la graisse localisée au niveau des cuisses et des fesses, appelée lipomérie, est constitutionnelle chez la femme et représente pour elle une réserve d’énergie. Ces graisses localisées  –dont la culotte de cheval fait partie- persistent même après un régime bien conduit. Les causes de la cellulite sont d’ordre génétique, hormonal, vasculaire, alimentaire et neurologique. Ses mécanismes mettent en jeu la rétention d’eau, la fibrose et l’adipose (augmentation du nombre et du volume des adipocytes). La graisse cellulitique n’est pas la même que celle de l’obèse. Compactée par le phénomène de fibrose, elle est beaucoup plus difficile à déloger : le régime hypocalorique induit une fonte graisseuse et musculaire de la partie haute du corps, des joues, des épaules, de la poitrine, mais elle ne s’attaque qu’en dernier à la cellulite. Autrement dit, si on est obèse, on peut s’en débarrasser. Si on ne l’est pas, c’est pratiquement une mission impossible. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Cincinnati a montré que les traitements contre la cellulite et la perte de poids ont des effets variables. Si, dans certains cas, ils améliorent, dans d’autres, ils sont responsables de l’augmentation de la présence de cellulite. Dans la revue International Journal of Cosmetic Science, A. Rowling décrit les régimes comme étant des facteurs aggravants pour la cellulite, sauf dans le cas de l’obésité. Quant aux crèmes, anticellulite ou percutacaféine, au laser ou à la cosmétologie, leur efficacité à terme n’a pas été démontrée. Et pour cause, les théories de l’étiopathogenèse de la peau d’orange tendent à montrer qu’elle serait une spécificité anatomique du tissu sous-cutané de la femme. D’après les recherches du laboratoire de dermatologie de la Rockefeller University à New York, l’organe adipeux a pour fonction de réguler le système d’équilibre énergétique, de moduler l’ingestion alimentaire et le métabolisme d’autres substrats tissulaires grâce à une sécrétion glandulaire d’hormones et de parahormones. La cellulite serait donc bénéfique et positive. S’en débarrasser n’est pas seulement impossible, c’est une aberration.

 

Le corset Invisible, Eliette Abécassis, Caroline Bongrand

par Angélique publié dans : Bibliothèque
Jeudi 4 octobre 2007

200010448-001.jpgLes femmes dans la société postmoderne sont maintenues dans un état d’affolement. On leur répète à longueur de journées qu’elles doivent se conformer à un modèle, sous peine d’être exclues. Ce modèle, c’est celui de la femme mince, celui de la femme sans rides. Les femmes font constamment des efforts, elles se privent, sans parvenir à réaliser ce que la société réclame d’elles : transformer leur corps. Comme si le corps était une sorte de pâte à modeler, prête à se plier à n’importe quelles exigences. Ces exigences (perdre 5 kilos avant l’été pour citer un exemple banal) ont pour conséquence, lorsque les femmes n’y parviennent pas, de les précipiter dans la dévalorisation d’elles-mêmes. Elles se vouent tout à coup comme inaptes, sans volonté, incapables d’atteindre ces modèles de vie érigés en dogmes.

Ne pas y parvenir les désespère, rabaisse leur propre estime, ce qui les plonge plus loin encore dans la quête de la perfection ; et si elles ne parviennent pas, au cinquième régime de l’année, à perdre de la graisse, là, sur la cuisse, certaines envisageront la chirurgie. Au nom de quel idéal condamne-t-on ainsi les signes de la féminité ?

Dans ce domaine, tout est scandale. En particulier la manière dont chacun se rend complice de cet asservissement, de cette brutalité exercée à l’encontre de la femme : la mode et ses créateurs, parfois irresponsables, la publicité qui prétend n’être que le reflet de la société mais qui en crée les modèles, la presse féminine qui, malgré sa volonté de protéger la femme, ne sait pas toujours se démarquer de cette tyrannie. Les femmes aussi sont compliques, puisqu’elles l’acceptent.  Mais ont-elles véritablement le choix ? Trop grosses, trop ridées, trop vieilles, on ne leur laisse aucun espace de vie.

Un certain nombre d’industries bénéficient de ce culte du corps parfait. L’agro-alimentaire, avec le secteur des produits allégés, des substituts de repas, l’industrie cosmétique, les laboratoires pharmaceutiques, la chirurgie esthétique, les spas, ces endroits merveilleux où les femmes vont s’échouer, telle des baleines ayant perdu leur sens de l’orientation à cause des sonars de sous-marins. Et paradoxe suprême, toute la nouvelle industrie du « bien-être ».

La condition de la femme moderne, qui vit dans la terreur de dépasser 40 ans et de prendre 3 kilos, est indigne de notre société. Une femme maintenue dans la peur, voilà ce qu’elle construit, jour après jour, semaine après semaine. Or une personne qui a peur ne fait pas les bons choix. En infligeant à la femme la peur permanente de ne pas être comme elle le devrait, on lui enlève son libre arbitre.

 

Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, le Corset invisible, Albin Michel

par Angélique publié dans : Bibliothèque
Samedi 29 septembre 2007

Une « faim de non-recevoir »


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Même si les mannequins contribuent à véhiculer auprès des adolescentes l’image d’une jeune femme « idéale » qui serait forcément ultra-mince, le monde de la mode ne saurait être tenu responsable du développement de l’anorexie mentale.

Ce trouble alimentaire qui touche entre 30 000 et  40 000 personnes en France, existant avant la médiatisation des défilés.

Les auteurs du « Mystère de l’anorexie » ne nient pas l’influence de l’époque, caractérisée à la fois par le culte de la minceur et par celui de la consommation. Mais plutôt que de désigner des coupables, leur démarche consiste à rechercher les causes plus profondes de la maladie en éclairant certains de ses aspects « laissés dans l’ombre ».

Ecrit sous forme de dialogues entre les auteurs, l’ouvrage a été rédigé par deux « spécialistes ». Xavier Pommereau, psychiatre, a crée au CHU Bordeaux le centre Abadie, qui accueille de jeunes anorexiques. Quant à Jean-Philippe de Tonnac, écrivain et journaliste, il a souffert à l’adolescence de cette maladie dont on oublie souvent qu’elle touche 10% d’hommes.

Le premier décrit sa pratique, le second témoigne de son expérience, chacun réagissant aux propos de l’autre. Avec franchise, les auteurs échangent leurs propres expériences, explorent des questions sous-jacentes comme le rapport au cours, le rapport à l’aliment, les notions d’addiction ou de transgression.

Les échanges, certes parfois déconcertants et difficiles à suivre pour le non-spécialiste, éclairent d’un jour nouveau cette « faim de non-recevoir », pour reprendre leur expression qu’est l’anorexie.

 

Article tiré de l’Est Républicain du 13 septembre 2007

 

Le mystère de l’anorexie, Dr Xavier Pommereau et Jean-Philippe de Tonnac, Albin Michel, 270 pages, 18 euros

par Angélique publié dans : Bibliothèque
Lundi 6 août 2007

Alice Bairoch, Voyage en anorexie



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Présentation de l'éditeur
L'anorexie est une des maladies du siècle ". Dans cet ouvrage, Alice Bairoch raconte avec franchise et simplicité son Voyage en anorexie ". Elle rappelle les étapes qui l'ont conduite à l'obsession de la balance et à la ligne fatidique des quarantes kilos, les " raisonnements " imparables qui la menaient vers un état physique proche de la mort, jusqu'au moment où elle accepte finalement un traitement.
L'auteur raconte alors ses résistances, puis sa lente remontée vers la vie et témoigne que l'on peut se sortir du cycle infernal de l'anorexie.

Biographie de l'auteur
Alice Bairoch est née à Genève en 1986. Après une enfance trop rapidement abrégée à son goût, elle sombre dans une anorexie qui la conduira à une hospitalisation d'une durée de trois mois à l'âge de dix-sept ans. A sa sortie, elle éprouve le besoin de raconter son histoire, expérience qui la rendra plus, forte et prête à affronter la vie.
Aujourd'hui, Alice Bairoch croque l'existence à pleines dents et, parallèlement à ses études de droit, continue l'aventure de l'écriture qu'elle juge essentielle et définitivement liée à sa destinée.

par Angélique publié dans : Bibliothèque
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