Présentation

Je me prénomme Angélique. 

J'ai 26 ans. 

J'habite dans la banlieue de Nancy. 

Depuis mes 16 ans je souffre d'anorexie mentale. 

Je vogue entre anorexie restrictive et anorexie compulsive. 

J'ai tenté de nombreuses fois de guérir sans y parvenir, pourtant la volonté était là...  

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique. 

 

Avis aux journalistes: je ne souhaite pas témoigner à la télé. MERCI

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

Citation

 

 Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

Antigone Jean Anouilh

"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort

Extraits et citations

Samedi 22 octobre 2005
Amélie a 17 ans. Elle a changé très progressivement d'allure et son entourage n'a pas réagi au début. Elle a perdu quatre kilos pendant l'été et chacun y voyait les effets du sport et des changements de régimes, habituels pendant les vacances. A la rentrée suivant, elle a vu sa maigreur d'accentuer franchement. Au moment des fêtes de fin d'année, elle avait atteint 44 kg...alors qu'elle en faisait 52 moins d'un an auparavant. Son visage marqué lui attirait de plus en plus de remarques inquiètes sur sa santé mais cette sollicitude se serait transformée en réaction d'affolement si ses proches l'avaient vue en tenue légère. Son corps avait désormaiis tous les signes d'une émaciation pathologique. Sa peau était devenue rêche et pâle, à l'exception de ses mains et de ses pieds, roge en permanence. Les saillies de son squelette donnaient à sa silhouette un aspect anguleux et fragile. Il restait bien peu de rondeurs aux entdroits où elle en avait eu le plus: ses hanches, ses épaules, ses cuisses semblaient vidées de leur substance. L'expression de son visage, elle-même, avait changé et avait perdu un peu de son attrait et de sa douceur mais ses yeux paraissaient plus animés, presque inquiets.

extrait de faire face à l'anorexie Docteur Alain Perroud
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
Aurélie a 20 ans. Elle a eu une période de prise de poids vers 17 ans, lors d'un bref séjour linguistique en Angleterre. C'était sa première réelle expérience de vie hors de la famille. Elle avait eu quelques conflits avec sa famille d'acceuil. S'y est ajouté la perte de ses repères sociaux et de ses habitudes alimentaire...à son retour, elle pesait 5kg de plus et se sentait très mal dans sa peau. Elle a aussitôt entamé un régime drastique et reperdu tout le poids en excès. Mais elle ne s'en est pas tenue là. Son régime s'est vite transformé en obsession des aliments riches et maintenant, elle ne peut plus rien avaler sans résoudre un monstrueux dilemme. Toute nourriture lui fait redouter de reprendre les kilos si chèrement perdus. Il lui arrive de se dire qu'une telle éventualité serait une catastrophe insurmontable et elle surveille son poids à de nombreuses reprises au cours de la journée. Elle a atteint un évident degré de maigreur mais elle préfère continuer son "régime" en prévention de ce risque. Lorsque sa mère lui parle de son poids et lui demande de manger plus, elle a de fréquents accès de révolte et d'agressivité. Elle a le sentiment que celle-ci cherche à la rendre obèse et qu'elle ne tient aucun compte de ses besoins réels. Grossir signifierait retrouver son mal-être, révéler sa faiblesse et risquer d'être rejetée. Cette pensée la terrorise. Pour vérifier que son aspect physique est acceptable, elle s'observe longuement dans son miroir. Elle traque toute forme de surchage et s'attarde longuement sur ses hanches, ses cuisses et son ventre. Elle palpe aussi ses bras ou ses fesses pour en mesurer la fermeté. Il faut absolument sentir sous sa main ses muscles et ses os pour calmer sa hantise.

extrait de faire face à l'anorexie Docteur Alain Perroud
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
"Banana, thon, creme: avec leur cote secret, obscene, les mots memes me rendant malade. Mon coeur cogne. La nausee creuse monte a nouveau au fond de ma gorge."

"Un jour, devenue pure conscience, je voyagerai sans entraves a travers le monde; un jour, je serai reduite a l'elementaire, a l'irreductible circuit qui garde l'esprit en vie."

"Quand je me reveille, je suis vide, sans poids, la tete legere; et j'aime rester ainsi, libre et pure, le pied leger, voyageant leger. Pour moi l'interet de la nourriture se resume a mesurer le peu dont j'ai besoin, a quel point je suis forte, capable de resister. Ma volonte remporte sans cesse une nouvelle petite victoire -une carotte au lieu de deux, une demi-biscotte, plus le moindre petit pois- qui me rend plus forte, plus pure, plus grande dans l'exercice de mon pouvoir, jusqu'a ce que finalement je ne voie plus de raison de manger du tout. Comme une plante, surement, le corps peut etre habitue a vivre de rien, a tirer de l'air sa nourriture."

"Mais c'est inutile: je ne peux plus manger; je suis malade, horrifiée par cette salade non digeree dont la masse raboteuse travaille en moi. Mon estomac se gongle. D'une paume inquiete, je palpe le creux que delimitent mes hanches et sens la une noubelle courbure, une nouvelle tension. Prise de panique, avant de savoir ce que je fais, j'engloutis trois cuilleres à cafe de la glace, deja presque entierement fondue."

"Je voudrais etre seule, cachee dans un endroit ou personne ne pourrait me trouver, ou personne ne viendrait me tenter et tourmenter ma volonte. Je voudrais me terer quelque part ou l'idee de nourriture devienne une abstraction, ou ce corps, toujours plus transparent, finirait par s'evanouir dans le noir, ne laissant derriere lui que pure conscience."

"Mais ici, prisonniere je marche dans la chambre, oui, mais je reste aussi etendue a flotter sur le dos, et il me vient alors une multitude d'images qui maffolent, moi qui chercher le vide depuis si longtemps. Je croyais m'etre debarrassee du passe, l'avoir affame jusqu'a ce qu'il n'en reste qu'n reve sans consistance, peuple de fantomes; mais maintenant, toute une vie de mots me reveint a travers une epaisse langueur, tout un monde de gens jamais vraiment vue dont le souvenir se redut a l'image qu'ils devaient se faire de moi. (Maussade, godiche, ecrasee de laideur? Petite, delicate, miserable, parfaite? Un monstre de gloutonnerie et d'indolence, ce corps enceint de sa propre avidite?) Des jours, des semaines, des mois complements perdus a rester sur mon lit, trop faible, trop etourdie pour envisager de me lever, comptant les heures que me separent de mon unique repas: une demi-coupelle de fromage blanc."

"J'ai un principe, quand je me pese: si j'ai pris du poids, je ne mange plus de la journee; si j'en ai perdu, je ne mange pas non plus."

Extraits de Folle de moi Jenefer Shute
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
Ce que je prefere, ce sont les epaules, aigues comme des ailes, les clavicules, que je peux entourer de ma main- clavicules, leur nom me semble poetique. Au niveau de la cage thoracique, mon infrastructure est tres evidente, et j'aime meme l'inquietant labyrinthe violet que dessinent les veines: comme la Femme Visible (cette terrifiante poupee que l'on peut demonter pour voir à l'interieur), j'approche la transparence."

Jenefer Shute Folle de moi
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
"Elle comprit que la décalcification était la cause de ce tourment. Pourtant, elle ne put se décider à reprendre ce maudit yaourt. Sans le savoir, elle était victime de la machine intérieure de l'anorexie, qui considère chaque privation comme irréversible sauf à ressentir une culpabilité insoutenable."

"Elle atteingnit l'âge de quinze ans. Elle mesurait toujours un mètre cinquante-cinq et n'avait donc pas grandi d'un demi-centimètre depuis son entrée à l'école des rats. Son poids 32 kilos.
Il lui semblait parfois qu'elle n'avait jamais eu de vie avant. Elle espèrait que son existence ne changerait jamais. L'admiration d'autrui, réelle ou fantasmée, lui suffisait comme rapport affectif."

Amélie Nothomb Robert des noms propres
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005

Chaque battement de coeur secoue mon corps tout entier
Au rythme de me pression sanguine, j'oscille, je vacille.
Le corps presque incapable de bouger
Vertige et fatigue du jeûne.
Ivresse de l'esprit. Sensation de force. Epuisement du corps.
Il fait glacé dans mon crâne
Enfin mes pensées gèlent
Enfin mon âme est en voyage
Enfin mon corps se vide.
Je vole, vaporeuse, aux alentours de moi.
Je ne sais si mon coeur s'emballe ou s'arrête.
Transpercée par des vagues de froid, de peur, d'angoisses
Je m'endors, malgré moi.
Sereine et transparente, enfin.
Enfin je ne m'entends plus, me silence se fait.
Mon corps économise ce que je lui accorde comme force.
Instant de perte passagère, de vertige éphémère.
Nul autre vertige n'égale celui-ci, nul autre.
En vain, mon coeur bat et secoue mon corps

Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005

" Aux yeux de la plupart des gens, elle passait pour quelqu'un de stable et d'équilibré. Pourtant, il y avait en elle une fragilité qui remontait à son adolescence pendant laquelle elle avait plusieurs fois souffert de crises d'anorexie."



" Elle a dix-huit ans.

Cet été, elle est partie loin de chez elle pour encadrer un camp de vacances.

Maintenant, il est huit heures du soir. Elle est sortie se balader sur le petit port où les voiliers côtoient les embarcations des pêcheurs du coin. Le soleil orangé décline à l'horizon et enflamme le ciel. De loin, on dirait que les bateaux flottent sur de la lave en fusion.

Mais pour elle, c'est un soir de blues. Tout en se laissant bercer par le clapotis des flots contre la jetée, elle esquisse un bilan des quelques mois qui viennent de s'écouler.

Sa première année d'université a été un ratage. Pas tant d'un point de vue scolaire mais plutôt en ce qui concerne sa santé et sa vie amoureuse: elle s'est fourvoyée en sortant à deux reprises avec des types dans intérêt et elle n'a aucune véritable amie. Elle a lu beaucoup de livres, s'intéresse à l'actualité et à la réalité qui l'entoure mais c'est comme si une sorte de chaos régnait dans son esprit.

Au fil des mois, elle s'était repliée tout doucement sur elle-même, elle qui était pourtant si ouverte aux autres. Insensiblement, elle avait également réduit son alimentation, sautant petits déjeuners, goûters et mangeant de moins en moins au cours des repas principaux. Un moyen comme un autre de compenser ce désordre qu'elle sentait dans sa tête en créant une sorte de vide dans son corps. Mais à force de jouer avec le feu, elle avait fini par faire un malaise en plein amphithéâtre et l'univeristé avait dû faire venir un médecin."




"[...] chaque jour est un combat permanent, une lutte contre la force destructrice qui court à l'intérieur d'elle-même.

Tous les docteurs lui ont expliqué que son refus de s'alimenter exprime une souffrance qu'elle doit d'abord identifier si elle veut guérir.

Mais était-ce vraiment une souffrance?

Oui, on pouvait sûrement voir les choses comme ça. oh! elle n'avait pas eu une enfance difficile ni subi de traumatisme évident. Non, c'était quelque chose de plus diffus, un sentiment qui l'avait habitée dès l'enfance et qui se faisait de plus en plus pressant à mesure qu'elle grandissait."


Guillaume Musso Et Après

Dans cet extrait le narrateur raconte la "crise" d'anorexie que l'héroïne a connu durant son adolescence.Bien que ce soit d'un roman qui n'ait rien à voir avec les tca je trouve ce texte très juste
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
- Et comment vous reconnaissez-vous? Je veux dire, entre vous...

- Il n'y a pas de signes apparents. Il suffit souvent d'un rien. Un échange, un regard et...vous comprennez.

Guillaume MUSSO Et après...
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
Tous les soirs ça hurle. Tous les soirs j'entends papa ou maman clamer : « S'il n'y avait pas la petite, il y a longtemps que je ne serais plus là ».
Ces chicaneries commencent à m'exaspérer.
Il m'est venu un matin une idée pour capter leur attention. Ne plus manger.
Je teste l'effet au repas du soir. Je refuse tous les plats. Leur réaction dépasse toutes mes espérances. Ils me parlent. Rien qu'à moi et tous les deux ensembles. Ca n'est pas arrivé depuis longtemps. Ils me disent « il faut que tu manges. » Je réponds : « Pour les mannequins, moins on mange mieux c'est. » Maman dit que non. Papa gronde maman pour m'avoir inculqué toutes ces idées débiles. Ils sont de nouveau au bord de la dispute, mais je les regarde et quelque chose les retient. Ils reviennent à moi pour me convaincre d'avaler au moins quelques bouchées.
J'accepte mais, les jours suivants, je fais monter la tension en réduisant encore plus les portions.
Je suis contente. J'ai trouvé le moyen de contrôler mes parents. Quand je ne mange pas, ils arrêtent de se disputer et, en plus, ils s'intéressent à moi.
Je les tiens !
Bien sûr, c'est difficile de se priver de ce petit plaisir, manger, mais le jeu en vaut la chandelle. D'ailleurs, moins je mange, moins j'ai faim. C'est tout bénéfice pour moi car mon corps entre exactement dans les normes impératives pour réussir le métier de top-model. Je deviens tout à fait filiforme, une vraie brindille. Super ! Je parviens à agir sur mon corps sans recourir à la chirurgie.
Plus fort encore, depuis que je ne mange plus, mes règles ont disparu. Double récompense. Si seulement j'avais découvert plus tôt cette méthode toute simple pour reprendre à la fois le contrôle de mon corps et celui de mes parents !
Maintenant qu'ils s'intéressent à moi, je ne veux plus jamais les entendre se disputer.

Bernard Weber « L'Empire des Anges »
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
« Vous allez prendre froid, lui ai-je dit. Vraiment vous ne voulez pas que nous rallumions votre feu ?...Allons-y.
« - Non il faut s'aguerrir
« - Quoi ? C'est du stoïcisme ?
« - Un peu. C'est parce que j'avais la gorge délicate que je n'ai jamais voulu porter de foulard. J'ai toujours lutté contre moi-même.
« - Cela va bien tant qu'on a la victoire mais si le corps succombe »
Il a pris ma main, et d'un ton très grave, comme s'il m'avait dit un secret :
« Alors ce serait la vraie victoire. »

André Gide, Les Faux-monnayeurs
Par eixerona
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