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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
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Les régimes font grossir
Eliette Abécassis, Caroline Bongrand, Le Corset Invisible

Lorsque les femmes suivent un régime draconien, elles maigrissent très vite, parfois de façon spectaculaire, comme dans le cas du régime protéiné en sachet ? Ce que l’on ne leur dit pas, c’est que les poches qui contenaient la graisse, elles, ne disparaissent pas. Elles sont seulement vidées de leurs substances graisseuses. Or la nature a horreur du vide. La graisse que l’on va accumuler après avoir fait un régime s’y relogera, avec une nuance toutefois : ayant été mis dans une situation de disette et de panique, l’organisme va stocker la graisser de manière plus durable, à cause de cette famine et en prévision d’une éventuelle nouvelle famine. En conséquence, les régimes amaigrissants font grossir.
De plus, les régimes reposent sur un principe de frustration autant psychologique que physiologie, et la réponse à la frustration, quelle qu’elle soit, est toujours l’agressivité, soit l’état dépressif. Les régimes nuisent donc à la vie sociale et à la vie familiale. De plus la femme obligée de faire un régime parce que la société l’incite constamment à être mince est placée devant un dilemme : manger à sa faim, être épanouie dans son corps, ou se retenir, s’interdire, avoir faim, mais être fière d’elle ? On la conduit donc, par ces incitations, à exercer sur elle-même une forme de brutalité. Comme le dit le sociologue David Le Breton, « La société de consommation nous pousse à nos dévaloriser pour consommer davantage. C’est un cercle vicieux et destructeur. »
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-34,9, me dit-elle, c’est bien, vous avez pris un kilo 700, vous êtes sur la bonne voie,
continuez comme cela.
Elle continue à me parler, mais je ne l’écoute déjà plus, la terrible sentence est tombée, je suis affreuse, moche, obèse. Je suis trop lourde. Mes cuisses ressemblent à d’énormes ballons, tellement gonflés qu’ils risquent d’exploser. Je suis tellement grosse ! Les gens ne vont plus m’aimer, ils penseront que je n’ai aucune volonté, que finalement, je suis comme tout le monde et qu’il suffisait de me goinfrer pour que je revienne à la norme.
La norme, je déteste ce mot. Il n’est pas naturel ; il est décidé par l’homme. Ce sont les gens qui fixent la normalité. Pourquoi marcher pieds nus dans la rue n’est-il pas normal ? Parce que le monde dans lequel on vit aujourd’hui en a décidé ainsi ; il y a des codes à respecter si l’on veut vivre en société. Mais moi, je ne veux pas être normale ; je suis différente. On veut que je prenne du poids parce que je ne suis pas « dans les normes », mais je ne fais de mal à personne, je suis très bien comme je suis, je veux juste que l’on me laisse vivre tranquillement sans que l’on s’occupe de moi. Je n’ai pas besoin de cette société de gens corrompus. Je ne dérange personne avec ma maigreur.
Laissez-moi tranquille avec mon anorexie !
Alice Bairoch, Voyage en Anorexie
Ils ont mis ma porte sous alarme, fermé la fenêtre et le lavabo à clef. Même pour m’habiller, je dois leur demander d’ouvrir mon armoire, elle aussi verrouillée. Ils disent qu’ils font tout cela pour mon bien. C’est impossible, ils veulent me punir, m’enfermer. Ma chambre ressemble à une prison, à la seule différence qu’elle ne possède pas de barreaux aux fenêtres, car cela ne serait pas politiquement correct.
Je dois manger 1800 calories par jour. C’est énorme, inhumain, je crois que je n’y arriverais jamais. Je ne peux pas garder tout cela à l’intérieur de moi sans vomir,
je vais enfler comme un ballon ! Ils veulent me rendre obèse, leur nourriture est malsaine, je ne la veux pas, je n’en ai pas besoin. Je refuse de m’abaisser à leur niveau ; je ne veux
pas de leurs impuretés ; je préfère mourir.
(...)
Jamais je ne guérirai. Ils peuvent me faire grossir, mais dans ma tête, je resterai toujours anorexique. Je suis comme cela, on ne peut pas me changer.
L'anorexie n'est pas une maladie; elle fait partie intégrante de moi, partage mes pensées et ma vie; je serais perdue sans elle.
Alice Bairoch, Voyage en Anorexie

Il faut que je skie pour pouvoir perdre les calories de la poire que j’ai mangée ce matin, car sinon, elles vont s’emmagasiner dans ma peau et je vais grossir, et cela, je ne le veux absolument pas.
Alors je monte, lentement, marche après marche. A chaque pas, je sens que je vais m’effondrer, mais je continue inlassablement.
Alice Bairoch, Voyage en Anorexie
Je ne prends pas le temps de cuisiner, mon ventre me l’empêche ; il m’ordonne d’avaler tout ce que je trouve sur mon passage, et je lui obéis incapable de résister ; ma faim est trop importante. J’avale ainsi une quantité innombrable de nourriture (…) Je mange, de plus en plus vite, jusqu’à ne plus mâcher mes aliments, car ma faim est insatiable.
Habituellement, je ne me m’arrêter que lorsque je ne peux vraiment plus rien avaler, presque à la limite du mal de ventre. Aujourd’hui, je vais vraiment trop loin, et n’écoutant plus mon corps, j’avale aliment sur aliment jusqu’à l’écœurement
Voyage en anorexie, Alice Bairoch

