Présentation

Je me prénomme Angélique. 

J'ai 24 ans. 

J'habite dans la banlieue de Nancy. 

Depuis mes 16 ans je souffre d'anorexie mentale. 

Je vogue entre anorexie restrictive et anorexie compulsive. 

J'ai tenté de nombreuses fois de guérir sans y parvenir, pourtant la volonté était là...  

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique. 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

Citation

 

 Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

Antigone Jean Anouilh

"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort

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Lundi 2 juin 2008

Avec du recul je vois maintenant comment l’anorexie nous met des œillères.

Il y a déjà cette période où l’on fond à vue d’œil sans le voir, où l’on est persuadée de manger encore alors qu’on n’avale plus que trois feuilles de salades ou deux haricots verts. C’est une période traitresse où l’on se sent – presque – bien, la faim, la perte de poids, la maitresse du corps et de l’alimentation rend euphorique.

Cette période idyllique ne dure qu’un temps. On finit par accepter de grès ou de force qu’on est malade.

On commence à voir comment la maladie entrave notre vie, comment elle nous empêche de sortir les samedis soirs faire la fête et trop boire…parce que l’alcool c’est calorique. Et puis on se persuade qu’on aime bien être casanière et seule dans son coin.

Après tout on s’est bien mis aux légumes du jour au lendemain alors qu’on détestait ça.

On regarde les autres manger leur pizza avec envie mais pour rien au monde on l’avouerait. On nous le répète assez que l’anorexique n’a pas faim. Elle doit tenir sa réputation (c’est ironique bien sûr). Elle doit surtout maintenir sa toute puissance et le contrôle sur la nourriture.

Comme un et un fond deux, une anorexique ne mange pas. Sinon elle n’est plus anorexique. Si elle n’est plus anorexique elle n’est personne.

Parce que voilà le fond du problème c’est bien de mettre un nom de maladie mais après on ne résume plus qu’à elle, parce qu’on est tellement obsédé par la nourriture et la non nourriture que tout le reste s’efface. Et puis quand on veut à tout prix nous faire manger on ne songe qu’à une chose : qu’on va grossir.

La malade anorexique est coincée dans le cercle vicieux de la nourriture et de la peur de prise de poids. Plus rien d’autres n’a d’importance, la prise de poids et la perte de contrôle est tellement angoissante.

Par moment on finit par en avoir marre malgré tout, c’est dans ces moments qu’on a une envie subite de guérison.

Pour aller mieux, on va se nourrir de toute la littérature possible et inimaginable sur l’anorexie mentale : essais, romans, récits, bouquins de psycho, témoignages…espérant trouver la clé. On se gave également des films, documentaires et émissions télé sur le sujet.

Mais non la réponse n’est pas dans un livre, pas dans un film, même pas dans un blog.

Finalement je crois que la solution c’est de trouver un autre intérêt dans la vie que la nourriture. Trouver quelque chose qui nous occupe, qui occupe nos pensées, qui nous permet de maitriser nos angoisses.

Et puis il faut savoir apprendre à lâcher prise. C’est dur. Ca fait mal. Parce qu’on a pris un kilo on doit se persuader qu’on ne doit pas s’arrêter de manger (j’avoue c’est mon envie du moment)

Je ne sais pas si un jour je ne saurais plus ce qu’est l’anorexie, si un jour je pourrais remanger comme j’étais gamine un paquet de gâteaux devant la télé sans me poser la moindre question sur mon poids.

La guérison est en chacun d’entre nous. C’est un peu une quête du Graal…

par Angélique publié dans : Mes écrits
Lundi 28 avril 2008

 

J’en suis de plus en plus certaine, l’anorexie ou la boulimie sont les moyens pour les grandes anxieuses à décompresser de nos ngoisses. En effet, sous on commence un petit régime parce qu’on est pas bien dans sa peau, on ressent beaucoup de pression de part et d’autre, et on pense qu’avec un kilo en moins ça ira mieux (ce n’est pas le cas pour toutes les anorexies). On perd son kilo rapidement, on est enfin fière de soi…parce que bien entendu la malade de TCA à un mésestime terrible d’elle-même pour une fois elle réussit quelque chose. Elle est fière d’elle, et les éléments anxiogènes autour d’elle s’évaporent comme par magie.

 

Maintenant que je vais un peu mieux, j’ai remarqué que lors d’un stress intense j’ai cette fichue envie de maigrir qui revient au galop. Parce que lorsque je suis occupée à modeler mon corps et à tenir d’une main de fer mon alimentaire, plus rien ne compte. A part que ça marche impeccablement lorsqu’on est uniquement dans le déni de l’anorexie.

Quand on se rend compte, quand on accepte d’être atteinte d’un trouble alimentaire, il y a ce stress face à la nourriture, la peur intense de reprendre du poids…et tout ce qui nous stressait avant revient au galop.

 

Le problème est aussi qu’une fois dans l’anorexie on ne parvient plus à se catégoriser autrement que par la maladie. Notre passé est devenu trouble, on ne s’en rappelle que quelques bribes. Le futur nous terrorise car synonyme de prise de poids et du lâcher prise de la nourriture.

 

Pendant longtemps je n’étais plus qu’Angélique l’anorexique. Impossible de me définir autrement. Impossible de me rappeler de mes passions, impossible de savoir ce que je voulais faire dans un futur proche. La seule chose importante était de perdre du poids pour ne plus me sentir grosse. Perdre du poids pour être fière de moi, parce que c’était le seul domaine où mes victoires me faisaient plaisir.

Mais avec du temps, de la souffrance, des efforts, des moments difficiles, je me reconstruis. Enfin plutôt je me construis car l’Angélique du passé n’existe plus et je ne veux plus être cette Angélique anorexique. Je veux vivre tout simplement. Je sais que j’aurais toujours une relation ambigue et malsaine avec la nourriture mes troubles alimentaires étant chroniques…mais finalement

maintenant je parviens à me débrouiller avec. Ce ne m’empêche plus de sortir, d’aller prendre une cuite et de m’empiffrer. Tant pis on rectifie le tir plus tard. Et puis avec le temps je sais très bien qu’on ne prend pas 10 kilos parce qu’on avec un terrible excès. Le corps est bien fait. Sauf qu’au début du réalimentation, lorsqu’il a été privé de nombreux mois, voire de nombreuses années, c’est vrai le corps stocke un maximum, il ne sait pas lui, on va peut être le remettre de nouveau dans un mode de famine.

 

Aujourd’hui je suis stressée car demain c’est la rentrée. Et non malgré mes efforts mon stress me dépasse et je n’arrive pas à gérer. J’ai donc baissé les bras, car je n’en peux plus de me battre contre mes angoisses. Demain je n’irais pas au lycée mais n’empêche je m’en veux à mort, et qu’ai-je trouvé de mieux pour me punir ? Une compulsion alimentaire bien sur ! La culpabilité à coup sur, l’obligation de faire pénitence toute la semaine pour rectifier le tir.

N’empêche les troubles alimentaires fonctionnent pas mal à la culpabilité, ça fait très religion chrétienne, et quand on y pense c’est essentiellement les pays occidentaux qui sont touchés par les tca. Ca serait une question à approfondir.

 

En tout cas, je ne croyais personne lorsqu’on me disait qu’un jour je me reverrais comme une personne à part entière. Oui je souffre encore d’anorexie, un peu de compulsion alimentaire (on va dire boulimie, ça fera plaisir à certains) mais je ne suis pas la maladie. Je suis moi, une jeune femme qui essaie de se construire, de se reconstruire une vie, et d’ailleurs je fuis de plus en plus les blogs parlant de troubles alimentaires, parce que tout simplement j’en ai ma dose. Tout simplement je veux vivre loin de ses merdes de maladie.

 

Je veux aller mieux. Je veux profiter de la vie. Je veux un chéri (et je l’aurais j’espère ce fameux LUI). Je veux un travail, je veux un appartement et mon indépendance. Je veux continuer mon investissement dans la politique de la ville parce que ça m’apporte une bouffée d’oxygène malgré les les vins d’honneur où je dois faire attention de ne pas me jeter littéralement sur le buffet.

Je veux arriver à m’aimer. Je veux arriver à voir confiance en moi. Je veux voir ce que les gens voient de bon en moi….parce que pour le moment je ne suis pas objective et il y a un décalage phénoménal entre comment les gens me perçoivent et comme je me trouve moi. Pour résumer, je me considère comme nulle et inintéressante. J’avais que je ne voudrais pas être ma propre amie, parce que j’ai l’impression d’être une chieuse phénoménale (bon c’est vrai j’y suis quand même un peu chieuse…je suis une nana après tout).

Le plus drôle c’est que LUI, j’aime ses défauts comme ses qualités. Alors pourquoi on ne m’aimerait pas comme je suis ? Pourquoi je ne m’aimerais pas comme je suis.

{Pause cuvette des toilettes. Pas bien. Stress. Vengeance sur la nourriture. Non rien ne sort. C’est pas plus mal. Sport et restrictions cette semaine pour changer. Je n’avais qu’à pas faire de pâtisserie ce soir.}

par Angélique publié dans : Mes écrits
Vendredi 25 avril 2008

Les mystères de l’anorexie.


Je m’aperçois dans mon miroir de chambre, et vois un os qui repointe son nez. Je reste béate d’admiration et fascinée par cette réapparition soudaine. Maigreur je t’aime. L’anorexie veut que même si je sais et que je vois que des kilos ce sont envolés, je me sens plus grosse. Ne chercher pas de logique il n’y en a pas. Quand on maigrit on est satisfaite de maigrir mais on a cette foutue impression d’être plus grosse. Y a de quoi devenir dingue et de péter les plombs.

Les compulsions sont devenues plus rares. Pas de grand miracle, juste rien dans les placards et le frigo… ce qui fait que j’avale des kilos de pommes et des litres de café & coca light. Le sport me déstresse un peu et me déleste des calories…

Le contrôle de la nourriture et de mon activité physique m’apaise. Ca me donne aussi un peu de considération pour moi, c’est quelque chose que j’arrive à faire.

Finalement l’anorexie flatterait d’un moyen détourné notre égo ? On se trouve nulle et inutile à longueur de journée, mais le contrôle de la nourriture et du corps est le domaine où finalement on est bonne. On réussit enfin quelque chose. On s’estime enfin de réussir quelque chose d’où cette maudite fierté que nous procure le fait de manger le moins possible… C’est tordu.

Cette maladie nous fait rentrer dans une logique totalement illogique qu’elle nous échappe le plus souvent.  Quelle saleté…

 

par Angélique publié dans : Mes écrits
Mercredi 16 avril 2008

L’anorexie et la maigreur étant un sujet d’actualité, je me baladais cette nuit sur le net et je regardais quelques blogs par ci par là.


Je suis tombée sur des photos où la fille était d’une maigreur morbide. Même si une maigreur extrême me fascine avec mes yeux d’anorexique, je trouve ça tout simplement moche. Non je n’ai plus envie d’être comme ça. Je me préfère avec mes pseudos bourrelets et mes complexes que ressembler à un juif sortant d’Awchwitz.


Ce qui me tracasse, c’est que cette fille dit se battre contre la maladie, mais ne cesse d’exhiber sa maigreur photo après photo. C’est plutôt paradoxal, non ? Montrer une photo de soi maigre pour montrer les ravages de l’anorexie à la limite, histoire de. Mais mettre des dizaines de photos en prenant des poses accentuant sa maigreur, c’est plutôt limite comme comportement. Ca fait un peu, faites ce que dit : ne tombez pas dans l’anorexie, mais ne faites pas ce que je fais : me complaire dans mon corps de maigre.


Je me rends compte que j’ai avancé ces dernières années. J’ai toujours envie de perdre du poids parce que je suis malade d’anorexie mais je n’ai plus cette envie d’atteindre un pseudo poids fétiche.


Je suis encore loin d’aller bien. Je ne mange pas normalement, c'est-à-dire que je me nourris principalement de pommes, de café, de coca light...parfois des légumes et de la salade. Je mange de temps en temps de la viande parce que j’en ai envie. J’ai régulièrement des compulsions alimentaires parce que mon corps ne supporte plus la famine, et puis oui des fois j’ai cette tendance à me remplir histoire de virer le vide qui m’envahit.


Je n’ai pu une calculette à calorie à la place du cerveau. Je ne note plus tout ce que je mange. Mais j’ai toujours cette peur de grossir.


J’arrive de temps en temps à manger en me faisant plaisir sans que ça dérive en compulsions alimentaires.


Je fais moins de sport parce que mon corps ne suit plus. Il est usé et fatigué des périodes de famines.


En fait l’anorexie ça se calme peut-être seulement avec les années avec du travail sur soi. Apprendre à lâcher prise. Apprendre à se réouvrir au monde. Apprendre à calmer ses angoisses autrement qu’en focalisant sur la nourriture et son poids. Apprendre à sortir du monde de l’anorexie : laisser tomber les livres sur les sujets, ne plus s’abreuver de la souffrance des autres malades. Apprendre à devenir égoïste et penser à soi.


Je ne pense pas que je guérirais totalement. Ca ira mieux. J’aurais probablement des périodes où la maladie réapparaitra…car en étant depuis 6 ans sur Internet, je vois que durant la vie lors de périodes difficiles la maladie réapparait. En fait, c’est un combat de toute une vie, surtout lorsque les troubles alimentaires sont chroniques.


Malgré toute la souffrance que j’ai pu ressentir et toute seule que je ressentirai, pour rien au monde si je pouvais recommencer tout à zéro j’enlèverai la maladie. La personne que je suis actuellement, et que je commence à supporter, c’est finalement grâce à tous les évènements de ma vie. Et même si tout n’est pas rose…je vis plutôt dans des nuances de gris…même si souvent j’ai l’impression que ma vie est ratée…finalement non je n’aurais rien envie de changer.
En tout cas mes avancées, ce n'est pas grave à la médecine...Sans commentaires.

 


 

par Angélique publié dans : Mes écrits
Mardi 15 avril 2008

Peut-on inciter à l’anorexie ?

J’ai du mal d’y croire. L’anorexie existait avant la télévision et internet.

Il est certain que l’apologie de la maigreur est une chose qui ne doit pas être faite. Mais de là à légiférer dessus. Le bon sens devrait suffire.

Je trouve que les peines  qui seront prévues contre les sites pro-ana complètement dénués de sens, sachant que la plupart des personnes les tenant sont des anorexiques dans le déni, c’est s’attaquer à des malades….

Oui c’est un sujet compliqué. Car oui il faut protéger les enfants, les adolescentes de mauvaises influences et d’idées stupides.  Il faut penser aussi aux malades. Et là l’enfer commence avec tous les régimes qu’on nous pond pour l’été. Comment essayer de ne pas penser à maigrir en ce moment, le mot régime fleurit partout…et  puis il suffit de suivre la télé…et hop à la pub « ne manger pas trop salé, trop sucré, trop gras… »

Je ne suis pas devenue anorexique à cause de l’apologie de la maigreur. Ce n’est pas une maladie qui s’attrape. C’est une partie du psychisme qui se détraque, et finalement si les symptômes se traduisent par la nourriture et le poids, le poids et la nourriture ne sont pas le problème.

Faire une charte est une bonne idée dans le sens qu’actuellement 70%  des femmes sont complexées  par leur corps parce qu’on nous présente une image utopique de la femme. Mais bon les publicitaires vous le diront, les pubs c’est fait pour rêver pas pour montrer le normal qui est si banal et inintéressant.

Moi j’attends que ça bouge autrement, j’attends une meilleure prise en charge médicale. La prévention c’est bien, oui, c’est louable mais comme on nous le répète il y 30 000 malades d’anorexie en France. J’attends qu’on aide aussi les adultes anorexiques et boulimiques car plupart des ados qui souffrent de TCA ne guérissent pas et la maladie continue à l’âge adulte. Et là il y a un énorme manque au niveau de la prise en charge.

Je comprends la démarche de la député Valérie Boyer.  C’est certain qu’i faut agir, on a vu des mannequins mourir d’anorexie. D’ailleurs les danseuses et les gymnastes ont aussi une activité qui favorise les troubles alimentaires. Mais rejeter la faute sur les médias c’est trop simple et trop facile. C’est nier la souffrance qu’engendre la maladie. Parce que l’anorexie c’est avant tout 100% de dépression et de mal être.

Et si on dit anorexie mentale, ce n’est pas pour rien.

Je pense qu’on ne règle pas les soucis de santé par la législation.

 

par Angélique publié dans : Mes écrits
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