Présentation

Je me prénomme Angélique. 

J'ai 26 ans. 

J'habite dans la banlieue de Nancy. 

Depuis mes 16 ans je souffre d'anorexie mentale. 

Je vogue entre anorexie restrictive et anorexie compulsive. 

J'ai tenté de nombreuses fois de guérir sans y parvenir, pourtant la volonté était là...  

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique. 

 

Avis aux journalistes: je ne souhaite pas témoigner à la télé. MERCI

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

Citation

 

 Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

Antigone Jean Anouilh

"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort

Mes écrits

Samedi 22 octobre 2005

 

J'ai faim...

- Tu plaisantes???

- Non j'ai vraiment faim, j'ait toujours faim même si je me persudade du contraire...J'ai besoin de manger pour vivre...

- Et ces années de combats, qu'en fais tu? tu veux gâcher notre oeuvre?

- non....

- Tu veux redevenir cette fille sans interet? La petite boulotte qui était le bouc émissaire du collège?

- non...je veux rester mince...je veux être parfaite...je veux me venger de ces années de souffrance, je veux qu'on m'admire...

- Et pourtant qu'as tu fait ce soir?

- J'ai mangé comme un ogre...Je ne voulais pas...je ne voulais pas...mais je n'ai pas pu me retenir, c'était une pulsion...une pulsion...

- Tu connais le résultat?

- oui...prise de poids...

- Que te reste-t-il à faire?

- Eliminer toute cette nourriture impure avec du sport et surveiller de près mon alimentation...

Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
-->> Un texte que j'ai écrit il y a quelques années...

A
l'école des Troubles du Comportement Alimentaire

Vous vous ennuyer dans la vie? Vous voulez perdre encore les kilos que vous n'avez pas pour l'été? Eh bien regarder la télévision...

Pour commencer, sachez que quand c'est bon c'est facile de rester mince... c'est sur qu'il est difficile de grossir avec des yaourts 0% de Yoplait... Je préfère le chocolat, c'est excellent mais je crois que si j'en mange à volonté difficile de rester mince...

Ce n'est pas grave, si j'ai des envies de sucrés, de gras... si je vois des tentations partout autour de moi, je prends ma bouteille de contrex et je bois au lieu de manger... contrex mon partenaire minceur...

Envie de s'empiffrer de fraises aux sucres... pas de problèmes... arrosez-les de canderel et vous pourrez avaler le saladier en vous en mettant partout... telle une ogresse.

Voilà l'été... mais que faire de mes rondeurs... suivre le programme spécial K.. 15 jours pour maigrir en avalant des céréales 0% de matière grasse matin et soir....ah ah...arrosez le tout de lait écrémé... qui contient du calcium quand même...et aussi de la vitamine D (enfin comme dans n'importe quel lait.)

Et surtout n'oubliez pas de badigeonner vos cuisses et vos fesses de crème anti cellulite... 20 euros le tube... et on perd des centimètres sans rien faire il parait... avaler aussi quelques pilules brûles graisses, drainantes... et n'oubliez pas de faire du sport... si vous n'avez pas le courage. Eh bien prenez les éléctrostimulateurs. Après avoir dépenser pleins d'euros...on remarque que c'est le compte en banque qui a maigri...

Après de multiples frustrations, vous louchez sur la nouvelle glace carte d'or fruit et fresh...sur les Kinder Bueno qui sont légers...sur des gâteaux qui semblent délicieux...et vous finissez par vous jeter dessus.
Malheureusement quand on s'empiffre des conneries sucrées, on ne reste pas mince comme la demoiselle de la pub...

alors il faut trouver une solution. on se restreint de plus en plus, on vomit...Pas le choix, on veut une plastique irréprochable...mais on oublie de nous dire que les madames des magazines sont retouchées de partout aussi bien par la chirurgie...que par les puissants logiciels ordinateurs...

La télévision est pathétique. Je sais pas si c'est parce que je suis ano que ça m'énerve tant. N'empêche je suis horrifiée de voir le télé shopping de la 6 qui ne vendent que des produits pour maigrir... de voir les couvertures de magazines qui préconisent le nouveau régime... pff
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
Encore et toujours


Encore et toujours l'anorexie m'appelle. Pourquoi ne puis je pas faire la sourde oreille? Je fuis, ma vie est une fuite. Je m'enfuis avant que le problème arrive, je l'évite toujours pour me réfugier dans mon cocoon. Si c'est endroit avait une forme, ce serait une immense boule blanche où je pourrais me réfugier à l'intérieur. Il y ferait tout doux, tout chaud. Je me sentirais en sécurité loin du monde cruel et incompréhensif. Mais pour me rappeler ma douleur, les parois seraient recouvertes de petits piquants. Ainsi je n'oublierais pas que la vie est un enfer, que mon existence est synonyme de douleurs.

Ne parvenant pas à trouver la douceur et le bonheur dans la réalité, je me crée un monde parfait grâce à mon imagination. Dans ce pays magique ce sont les légumes qui font grossir, pour perdre du poids on avale des cookies ou bien on va nager des heures dans le lac en chocolat. Mais pourquoi maigrir puisque l'intolérance n'y existe pas? Gros, maigre, laid, cul de jatte... tout le monde y est heureux. On mange à sa faim. On dort jusqu'à être en pleine forme, on s'aime, on s'aide. C'est un monde utopique si paisible...

Mais en relisant mes mots, je retrouve mes maux. L'anorexie se lit en mes lignes, jamais elle ne me quitte. J'ai compris pourquoi je ne réussis pas à mener une vie sentimentale ordinaire... j'ai déjà ma moitié. Notre amour, notre haine dur depuis près de trois longues années. Elle est tout pour moi, mes joies, mes peines, mon refuge, mon soutien. Elle me semble si douce, si tendre, comment croire qu'elle me veut du mal?

Anorexie,
tu es ma vie,
tu es ma mie,
pourtant il faut que je te renie...

mars 2003
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
Lettre Ouverte

Dernier jour de Janvier, et je ressens déjà un profond dégoût pour cette année 2004. Je souffre enfermée dans le cercle vicieux de la maladie, mais les vôtres aussi mes touchent et me détruisent.

J'en ai marre de vos soit-disant leçons de vie ! Gardez-les pour vous ! Vous avez déjà tellement de mal à faire tourner rond votre propre vie, alors laissez moi en paix , bon sang ! Je ne vous permets pas de juger la mienne et encore moins de vous en occuper. Vous faites assez de conneries vous-même. Des conneries irréversible d'un égoïsme et d'un égocentrisme flagrant. Remettez-vous aussi en question !

Vous osez me dire que je me complais dans la maladie. Pour répondre à votre interrogation je dirais simplement que vous vous complaisez dans la fainéantise, dans les plaisirs égoïstes et dans un je-me-foutisme général.
Vous prenez un malin plaisir à me mettre plus bas que terre depuis ma tendre enfance. Je ne suis pas jouet, encore moins un défouloir. J'ai décidé de le dire haut et fort : je ne veux plus me laisser marcher sur les pieds.

Je suis moi et je m'affirme. J'existe.
Je refuse qu'un enfant me manque de respect, je suis une adulte. Je refuse qu'on m'empêche de donner mon avis ou de parler. Comme chaque être humain j'ai cette liberté de penser et de parler. Et je refuse que ce soit toujours les mêmes qui doivent accomplir les tâches ingrates, c'est trop facile !

Au début l'anorexie m'a permis d'oublier toute la merde qu'on m'a infligé de toutes parts aussi bien familiales que personnelles ou sociales. Pour moi, la jeune fille réservée et timide s'était un façon d'exprimer mon mécontentement, me rebeller et vous montrez que moi aussi je pouvais vous faire souffrir.

Oui, j'ose le dire. Au début c'était une vengeance. Quel plaisir de vous inquiéter, de vous troubler, de vous angoisser. Vous ne supportiez pas de ne pas me voir manger. A ce moment là, j'étais la maîtresse du jeu, je tenais les rênes fermement dans mes mains...et j'en prenais un malin plaisir.
J'avais enfin trouver un moyen de pression pour m'exprimer...la grève de la faim pour dire tout haut ce qui me hantait au plus profond de mon être. Personne ne pouvait me couper la parole pour une fois, j'avais enfin la liberté d'expression que je désirais tant depuis toujours.

Malgré tout, vous avez continué votre manège et vos persécutions , ne pensant qu'à vous ! Alors je me suis concentrée sur la seule chose que j'arrivais alors à contrôler et dont j'avais le plein pouvoir : mon poids. En ne pensant qu'à lui je vous ai expulsé de mon monde, de ma vie. Ma seule préoccupation était de perdre du poids, encore et encore.

Vous avez fini par faire plus attention à moi. Mais tout à déraper. L'obsession de mon poids m'a fait oublier tous mes problèmes annexes. Pouf ils ont disparu, quelle joie !

J'ai eu enfin renommée et reconnaissance. J'étais mince, on m'admirais et on se préoccuper de ma personne. Vengeance sur ce monde qui depuis la sixième ne m'a pas fait de cadeaux. Oeils pour oeils, dents pour dents.
J'ai décidé d'atteindre la perfection ultime, de vous rendre tous admiratifs, jaloux et inquiet. Je le méritais, moi qui n'avais jamais chercher à faire du mal aux autres.

Je me suis sentie enfin forte et supérieure d'être capable de me passer de nourriture, moteur de la vie. Je pouvais enfin dépasser à ma manière dépasser tous ceux qui n'ont cessés durant des années de me rabaisser, de me dire que j'étais une moins que rien.

Je vous déteste. Je hais cette vie de malheur et de tristesse. Comment pourrais-je l'aimer ? Vous ne m'avez fait découvrir que les côtés négatifs de l 'existence humaine. Vous osez prétendre que la vie est belle. Alors montrez le moi, vous qui décriez et pestez contre le monde actuels et sa société.

31 janvier 2004
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005



Je crois que ma personnalité a été détruite en sixième, lorsque j'étais la tête de turc... le bouc émissaire de toute une classe de sales gamins. Ils m'ont tapé, insulté et humilié durant toute l'année scolaire. Pourquoi? Parce que j'étais petite et timide, parce que mes habits n'étaient pas dans la norme, parce que j'osais pas me défendre.

Les années qui ont suivies, j'ai fait le maximum pour me fondre dans la masse, pour qu'on m'oublie.

La cinquième et la quatrième se sont plutôt bien passées, j'essayais d'être habillée comme la majorité des collégiennes pour passer inaperçue et être acceptée. J'écoutais les autres, et je parlais peu. Je n'avais pas les même loisirs, pas les même passions, pas le même mental...

Et voilà qu'en troisième je me suis mise à grossir. Ma tante de Bretagne est venue se faire soigner son cancer de la langue et de la gorge à Nancy. Suite à sa maladie elle ne pesait que dans les 30 kg, elle devait regrossir. Alors elle mangeait toute la journée de crèmes desserts. Moi qui suis à l'origine gourmande, j'étais tentée, ces desserts me faisaient envie. Ma tante me disait prends-en. Alors j'en mangeais... 4/5 par jours peut être, en plus des gigantesques assiettes de pâtes du déjeuner, de la moitié du paquet de gâteau du petit dej...
Bref en à peine trop moins, j'ai pris dans les six kilos. Les jeunes ne changent pas, les mauvaises réflexions, les dessins me représentant obèse m'ont blessé une fois de plus. Je ne disais rien à ma mère.

Ma mère qui m'a vu grossir, m'a dit de faire attention. Elle ne voulait pas que je l'accuse ensuite d'être devenue grosse. Elle a fini par me persuader de faire un régime, et on est allée à l'hôpital pour me faire suivre. En quelques mois j'ai perdu ces kilos superflus. Mon père est décédé entre temps.

Ma mère est suite à la mort de mon père était dans un état second. D'un seul coup, j'ai du être grande... et m'occupais de moi. Au lycée, j'avais un groupe d'amis, mais je n'étais pas réellement intégrée. On se moquait de moi, de mes 2 de tensions, de mon humour décalé. Ils oubliaient de m'inviter quand ils faisaient une sortie...
L'année se termina et je fus acceptée en première L

Cet été là je suis allée en juillet pour la première fois en vacances au bord de l'océan dans les landes. Durant ces 15 jours ma mère m'a vu changé, j'ai développé ma féminité.
Au mois d'août, j'ai participé à un voyage linguistique. Je n'avais pas trop envie d'y aller, d'être séparée de maman. Le matin du départ j'ai raté le réveil... ma mère a toujours cru que j'avais fait exprès.
Malgré mes appréhensions ce séjour de 3 semaines a été formidable. Les premiers jours j'avais un peu le mal du pays, et ma mère me manquait. Mais très vite j'ai lié des amitiés fortes, et j'ai appris à me débrouiller seule. Je sortais le soir, je faisais les magasins, je vivais comme une adolescente normale.

En septembre, lorsque je suis rentrée à la maison ma mère n'a pas accepté cette prise d'indépendance. En effet, elle commençait à retrouver ses esprits, et elle n'a pas voulu que je grandisse. Au but je l'ai envoyé balader. Mon année de première se passait super bien, j'avais enfin une meilleure amie. Pour une fois je croquais la vie à pleines dents. Au printemps j'ai décidé de faire un petit régime pour perdre 1 ou 2 kilos pour jouer les sirènes sur les plages d'été. Parallèlement ma mère était impitoyable avec moi, parfois elle m'insultait de tous les noms possibles et inimaginables, je devais passer mes mercredi après midi à faire le ménage...
J'ai perdu mon kilos sans difficultés. J'étais contente, je me suis dit un de plus. J'ai remarqué durant cette période que ma mère n'était pas contente quand je mangeais moins, alors j'ai boudé de plus en plus la nourriture. Et j'ai voulu perdre plus de poids pour être parfaite. Pour être enfin admirée de tous aussi bien par les élèves du lycée, que par ma mère ou bien les inconnus. J'ai commencé alors à chercher la perfection physique, à perdre du poids, à éclaircir mes cheveux, à m'investir de plus en plus dans les études, à faire le ménage et la cuisine.

Je me suis ainsi évadée de tout. Les filles de ma classe me prenaient comme modèle, j'étais fière de moi. J'avais enfin l'impression d'être quelqu'un.
Le bac de français est arrivé bien vite... j'ai eu 15/20 au commentaire composé... j'étais fière de moi. L'été a passé, je continuais mon régime... mais je disais seulement "je fais attention à ma ligne"

Lors de la rentrée des classes de terminale tout a dérapé. On m'avait changé de classe, je ne connaissais personne... loin de ma meilleure amie. Ma mère continuait de me harceler moralement. J'ai eu l'angoisse de rater mon bac...
Je ne sais comment je me suis retrouvée à 40 kg Ma mère m'a dit un jour dans la voiture que j'étais anorexique. J'ai ri. Quelques mois après elle m'a conduit à l'hospital.


mars 2003
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005

Au commencement il y avait moi, seulement moi...

Un beau jour elle est arrivée, discretement, sans un mot, sans un geste, sans un bruit...Je n'ai rien vu, je n'ai rien entendu, je n'ai rien remarqué.
Doucement elle a commencé à tirer sur les fils comme si j'étais une marionnette.

Puis je l'ai découverte...stupéfaite...Mais qui est-elle? Que fait-elle là? Comment est-elle arrivée jusqu'à moi?

Alors il y a eu moi et il y a eu elle...deux dans un corps...

Les combats au corps à corps ont commencé, il fallait la détruire, on m'avait dit qu'elle était méchante et nocive. Alors je me suis battue pour la faire taire, pour qu'elle parte à jamais...il le fallait...

Quand on gagne, elle reste muette et discrete. Elle se terre au plus profond de notre être mais à la moindre fatigue, à la moindre angoisse, à la moindre déprime elle déplie ses grandes ailes et revient au galop.

Elle m'a prise dans ses bras tendres , elle m'a chuchoté des choses douces et réconfortantes. Elle m'a rassuré...Elle a comblé le trou béant qu'il y avait dans mon corps...dans mon esprit...dans mon âme??

Je deviens elle, elle devient moi. Ultime et fusion parfaite...nous sommes un...

Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
--> voici un texte que j'ai écrit il y a deux/trois ans...

Le poids ne fait pas le bonheur


L'anorexie est un contrôle de soi. La nourriture est le fondement de ce contrôle, elle est le pouvoir. C'est moi, et moi seule, qui décide de manger ou de jeûner. J'ai la force de résister aux aliments, à la base de la vie humaine.

L'anorexie au fondement n'est pas un problème de poids, et elle ne le sera jamais. Elle est le résultat d'une accumulation de mal-être psychologique, physique et de souffrances. Avec le temps ce mal-être et ces douleurs s'amplifient, et se traduisent par l'intermédiaire du corps.
Il faut donc arrêter de voir l'anorexie comme conquête incessante de la minceur. La maigreur de l'anorexique est simplement un refus de la vie, de l'existence, du monde...seulement un essaie de communiquer.

Au début l'anorexie est la seule recherche du bien-être...l'euphorie du jeûne nous fait croire qu'elle nous rend la vie meilleure...mais en fait elle nous piège dans sa toile infernale. Le rêve devient cauchemar, les rires deviennent pleurs...
Notre société du paraître ne nous aide pas à nous sentir mieux puisque minceur y est synonyme de bien-être, de bonheur et de plénitude.

Mais le poids ne fait pas le bonheur...
Par eixerona
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Samedi 22 octobre 2005
--> un ancien texte de 2003

Pourquoi ?



Pourquoi ?? Je veux comprendre !!!
J'aimerais savoir pourquoi j'ai cette envie incessante de maigrir. Cette idée qui persiste jour après jour, cette pensée qui me hante toute la journée, qui me hante chaque nuit.

A quoi me sert cette perte de poids, cette maigreur ? Pour quelles raisons je refuse mes courbes féminines ? Pourquoi est ce que je m'accroche à l'anorexie ?

Je cherche, je pense, je réfléchis, j'analyse...je trouve peu à peu les causes...les conséquences, le pourquoi du comment...mais cela ne m'amène à rien d'important, ce sont seulement des banalités.
Un jour j'ai été blesse au plus profond de mon âme. Cette douleur est enfouie dans mon inconscient . Vais-je la découvrir un jour prochain ? Serais je capable de guérir ?

Je me bats chaque jours, je fais tous les efforts pour guérir. C'est si dur, si fatiguant, si prenant. J'avance si doucement. Je suis épuisée. La guérison est longue ce n'est pas un secret. Je ne suis pas à l'abri des rechutes...je les frôle sans cesse.
Peut être que mon anorexie est devenue chronique ? trois ans qu'elle me poursuit.
J'ai toujours la même pensée récurrente plus ou moins forte : maigrir, jeûner, vomir, me purger...

J'adorerais pouvoir vider mon estomac dans les toilettes. J'ai tellement envie de tout dévorer...glace, pain, chocolat, gâteaux...Mais je ne sais pas régurgiter...je ne connais pas le truc, et au fond de moi je ne souhaite pas le découvrir. L'anorexie restrictive est assez nocive, je n'ai pas besoin de rajouter de la boulimie par dessus.

Je voudrais seulement être comme la majorité des filles de mon âge...mince, belle, intelligente, aimant la vie...Je souhaiterais juste être heureuse.
Par eixerona
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Dimanche 23 octobre 2005
J'ai écrit des pages et des pages sur toute mon incompréhension vis-à-vis des TCA..

Comment suis-je tombée dans la maladie alors que je moquais moi même des filles qui ne mangeaient pas ? Je ne comprenais pas comment on pouvait se priver de nourriture. ..
Comment ai-je pu sombrer dans l'anorexie alors que je suis si gourmande ?

Pourquoi il est si dur de guérir ?
Est-il possible de guérir ?
Tout le monde n'y arrive pas...Même si on me dit toujours qu'un jour j'irais mieux, je sais que c'est faux. Au plus profond de moi je veux qu'elle reste...Je ne veux plus la combattre...
J'ai essayé plusieurs sans succès, elle est restée et m'a toujours accueilli dans ses bras malgré mes trahisons...

Pourquoi parfois on entraîne d'autres personnes dans notre descente aux enfers ?
Je l'ai fait sans faire exprès... "Aider" une amie à devenir anorexique...je lui avais donner seulement quelques conseils pour manger équilibré et elle a fini par ne presque plus manger...Ca fait mal au coeur de voir une amie tomber dans le même enfer que vous, de se sentir coupable... de savoir ce qu'elle vit et de savoir ce qu'elle vivra...
J'ai sans cesse peur d'entraîner mes amies dans cette spirale infernale...d'avoir une mauvaise influence...Je sais qu'on ne tombe pas dans l'anorexie comme ça, il y a une sorte de prédestination mais bon...mes craintes restent là...

La chose que je sais à cette heure ci est que je vais mal, très mal. Manger est un véritable calvaire, je m'épuise au sport et je suis dans une tristesse indéfinissable...

Hier soir je me regardais dans mon miroir, et j'ai vu tant de détresse dans mon regard...
Je me suis observée du haut en bas...mes os des épaules dépassent légèrement...deux secondes de bonheur avec de sentir mon ventre imposant et flasque...le pire c'est qu'il n'y a que moi qui le voit comme ça...

Je n'ai qu'une envie être plus mince, plus maigre tellement la peur de grossir me terrifie et me terrorise.
J'aimerais tant être plus maigre bien que je sache qu'une telle pensée est absurde et stupide.

Comment cette maladie m'a aliéné à ce point?? Depuis 5 ans je pense 24h/24 à la nourriture...5 longues années...5 années gâchées à cause de cette maladie. On m'a d'abord refusé d'aller en prépa après le bac parce que j'étais malade. Résultat j'ai décidé de doubler ma terminale. Puis j'ai fais deux premières années de fac sans les terminer, cause rechute et dépression. Ah c'est vraiment beau la vie avec l'anorexie!! La solitude, la fatigue, les cheveux que l'on perd par poignée, les insomnies...

Et ce n'est pas fini...Oui j'ai fini mon année fac cette année ci. Oui les partiels se sont bien passés. Mais je suis malgré tout en pleine rechute. Depuis le mois d'octobre, je me bats contre mes kilos pour reperdre ceux de l'été dernier durant mon épisode boulimique. Bien sur comme une anorexique n'est jamais satisfaite de son poids je continue même si je sais que c'est stupide et idiot. Je n'arrive pas à faire autrement. Alors je vis avec, pas le choix...mais ce n'est pas un mode de vie...J'aimerais tant manger des hamburgers quand je vais au Mc Do avec mes amis, j'aimerais tant prendre un vrai petit dej....

Mais je ne peux pas quitter Ana, elle est ma survie...J'ai peur de vivre sans elle. J'ai peur de perdre le contrôle et de redevenir la jeune dodue que j'étais...

Elle est ma drogue...

Malgré tout le mal qu'elle me fait je l'aime par-dessus tout...et pour rien au monde je ne voudrais la quitter...

C'est bizarre l'anorexie, c'est incompréhensible, c'est paradoxal...
Par eixerona
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Dimanche 23 octobre 2005

Pourquoi cette fascination pour les os ?? Comment est-elle arrivée dans ma vie ??

Pourquoi est ce que je trouve plus minces les filles « plus grosse » que moi ??

Pourquoi j'accorde tant d'importance à mon poids ??

Pourquoi je ne trouve pas le juste milieu avec la nourriture ?? Pourquoi je me suis fâchée avec elle ??

Pourquoi je suis toujours si déprimée depuis des années et des années ??

Pourquoi est ce que je vois mon corps gros et flasque alors que tout le monde le voit ferme et mince ??

Pourquoi je suis tombée malade il y a 5 ans ?? Pourquoi je n'arrive pas à me défaire de cette maladie que l'on nomme anorexie ?? Pourquoi est ce que malgré tout je tiens tant à elle ??

Pourquoi ?? Pourquoi ?? Pourquoi...

Par eixerona
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