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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 22:13

Et voici un troisième extrait du livre "le ventre vide, le froid autour" tiré du récit de Claire.

 

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"Lorsque ma mère est arrivée en courant, c’est elle qui a eu peur. Que je sois morte gisant à ses pieds. Elle qui ne dormait pas, de peur que j’en meure pendant la nuit."

--> Ma mère aussi a souvent eu cette peur.


"Je ne contrôle ni mes envies, ni mes émotions, ni mes sentiments, aussi exacerbés soient-ils. Que tout le monde l’entende, je ne joue pas. Je ne suis pas une comédienne, devant son public familial ébahi par tant de ténacité à ne pas manger. Pas celle qui pinaille dans son assiette afin de mener à bien un quelque conque régime. Non."


"Pour oublier […] c’est nettement plus simple de se rabattre sur ce qui va ponctuer les heures d’une journée : ce que j’ai mangé, ce que je n’ai pas mangé, ce que je voudrais manger. Et finalement, chaque moment est réglé par cette montre de déjeuner et dîner."

 

"Mon âge n’avait pas encore atteint la dizaine. C’est la solitude dans ce carnet qui scintillait, qui brillait et appelait au secours. Au cours de cette neuvième année, j’avais déjà envie de mourir et je comptais bien arrêter de respirer, la tête plongée dans l’eau du bain."


"Je prenais trop de place dans cette famille éclatée, trop de responsabilités pour mes petites épaules. J’ai accepté ces missions de grandes."


"Finalement, je crois que la clé est là : crier au monde entier ce qui révolte, ce qui donne envie de vomir, ce que la vie nous a offert. En faisant saillir ses os. La haine a fait partie intégrante de moi et, contre ça, on ne peut rien faire."


"Je ne mange pas parce que je n’ai pas pris ma place quand j’étais petite. On ne me l’a pas laissée. J’ai été trop calme, trop sage, trop dans le moule. Je n’ai jamais su dire « non »"


"Pourquoi a-t-on de la compassion pour les drogués et pas pour les anorexiques ?"


"Pourquoi dit-on « cette fille est anorexique » alors que l’on dit d’autres « qu’ils ont un cancer » ? L’anorexie en soi n’est pas une identité, tout comme la personne atteinte d’un cancer n’existe pas qu’en tant que « cancéreuse, elle est avant tout humaine."


"Je devais « criser », rien ne pouvait m’en empêcher. La venue d’un proche m’aurait rendue encore plus agressive et méchante."

--> pendant une crise on pourrait tuer père et mère pour pouvoir manger...


 "La dame de la cantine m’avait gentiment fait comprendre que cette théorie ne l’intéressait pas. Je m’étais sentie très seule à ce moment-là. Seule parce que mes pensées n’avaient aucun oreille pour être entendue. […] J’en avais conclu que ce que je pensais n’intéressait personne, et qu’en tant qu’individu je n’étais rien."


"J’ai toujours pensé que j’étais plus stupide qu’une autre. Plus conne, sans sens et inutile."


"L’hypersensibilité qui me dessert souvent vient en partie de ça, de là. A fleur de peau, tout le temps, la moindre feuille qui vole me perturbe et trouble mes repères."


" Encore maintenant, quand j’entends dire certains que je suis plus épanouie avec mes nouvelles « rondeurs » relatives, j’ai envie de m’asseoir à leurs côtés, et de leur dire qu’il ne s’agit pas que de l’apparence physique mais aussi d’un certain vide intérieur. De leur expliquer, calmement, que le poids n’est pas la guérison. La guérison, si tant est qu’elle existe, pour des cas chroniques comme le mien, tient à une certaine acceptation de soi, de sa place, de son existence à travers ses choix et ses pensées, ses actes et son affirmation d’Etre. Et le doute que la chronicité régresse pour devenir du passé est bel et bien là, teinté de résignation. "


"Etre frêle, chétive, c’est n’es pas chercher à se faire protéger, c’est trop tard. Etre à demi-morte, fantomatique, c’est tantôt se blinder contre le quotidien, tantôt se faire reconnaître en tant que souffrante. En devenant ectoplasme, on légitime le mal-être tapi, on cherche à faire comprendre que le mal est là et qu’il devient invivable de se côtoyer soi-même tous les jours."

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Published by Eixerona - dans Extraits et citations