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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 09:52

Fin septembre, j’ai reçu un email de Claire (lectrice qui me suit maintenant depuis années) pour me faire part de la sortir du, livre Le ventre vide le froid autour aux éditons Eyrolles auquel elle a participé.


En lisant le communiqué de presse associé au livre, et le bref résumé de Claire, j’ai eu très envie de découvrir ce livre qui sortait des sentiers battus.


Voici le bref résumé de Claire : nous sommes 5, d'âges et de parcours totalement différents, qui avons vécu avec l'anorexie et/ou la boulimie à nos côtés. Nous nous sommes connues sur Internet (forums et blogs). Nous avons, il y a 3 ans, eu un désir de mettre en mots notre quotidien, lassées de ne lire que des témoignages de filles qui semblaient tous pareils, bâtis sur le même schéma. Dans cet ouvrage, nous avons pris le parti de la liberté, raconter sans concessions ni faux semblants, ce pourquoi nous avons un moment ou un autre été obligées de s'attacher à ce symptôme - qui est pour moi un morceau visible de l'iceberg et pas une maladie - pour essayer de "survivre" à notre histoire et notre passé plus ou moins chaotique.

 

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La force de ce livre est son concept : 5 jeunes femmes d’âge et parcours totalement différents racontent leur enfer des TCA, ce qui permet en un seul ouvrage de montrer d’une part la complexité de la maladie, mais de montrer également qu’il n’y a pas une anorexie, mais des anorexies. Même si les symptômes et les grands traits de la maladie se rejoignent souvent, chaque anorexie est différente ainsi que ses facteurs de déclenchements.


« Le ventre vide, le froid autour […] est né de la volonté de dire la complexité des TCA, leur diversité, de dépasser les clichés qui découlent du visible. »


Cet ouvrage rend bien compte de la difficulté de guérir car l’anorexie a un moment donné se retrouve être notre cocoon protection bien que destructeur. Comme le dit Aurore : « l’anorexie a été mon point d’ancrage, mon retrait du monde, plus que vital. Mon mécanisme de défense en milieu hostile. »


Ce livre insiste bien aussi sur le fait que la guérison n’est en aucun cas une histoire de poids, c’est retrouver un certain équilibre, une paix intérieure, mais aussi retrouver une estime et un amour de soi.


Malgré leurs différences on remarque des similitudes à chaque histoire notamment cette hypersensibilité qui fait qu’à un moment donné on ne veut plus rien ressentir car ça fait trop mal. Il y a aussi toutes ses violences qui détruisent à petit feu (viol, maltraitance verbale, maltraitance physique…) et cette envie de crier notre souffrance au monde entier par l’intermédiaire de notre corps parce que souvent les mots manquent, parce ce qu’on se sent de trop…


J’ai noté aussi la difficulté à se faire aider, en France les traitements des TCA restent souvent barbares à mon goût avec souvent à la clé des hospitalisations gavages en isolations qui détruisent plus qu’elles ne guérissent mais aussi ce gavage aux médicaments. Trouver de l’aide reste trop souvent un parcours du combattant.


Ce livre mon bien que le chemin de la guérison est semé d’embûche, que même lorsque l’on va mieux l’anorexie reste dans un petit coin de notre être prête à nous sauter dessus à la moindre faiblesse. « Cette saloperie contrôle tout. Elle revient à la charge au moindre signe de faiblesse […] On ne guérit pas vraiment mais on apprend à vivre avec, on fait en sorte de manger, de vivre plus saintement. »


Cet ouvrage illustre également l’impuissance de l’entourage face à cette folle maladie qu’est l’anorexie.


Je me suis retrouvée un peu dans chacun des récits, mais celui d’Anne-Laure est celui qui m’a le plus touché tout simplement parce que nos histoires malgré de nombreuses différences se ressemblent.


Et pour terminer, je vous propose une mini interview de Claire.

 

Claire j'aimerai savoir comment tu vas maintenant, où tu en es dans la maladie ?

Actuellement je travaille et suis beaucoup plus sereine qu’avant même si parfois, il m’arrive encore d’en souffrir. Disons que ça ne m'handicape moins, notamment au niveau de ma vie sociale, je peux éviter de refuser systématiquement toutes les invitations à déjeuner. Ensuite, je me laisse un peu plus « tranquille ».

Concernant Lucie, Véronique, Anne-Laure et Aurore, de la même façon, je peux dire que nous avons évolué, nous sommes à des points différents parce que nos histoires et parcours sont différents et par la façon dont nous vivons les choses.

Ce qui m’a permis d’être plus sereine aujourd’hui, tient à un long travail sur mon histoire (en clinique mais aussi avec un médecin spécialisé qui me suit depuis une dizaine d’années) et par la force des choses, une filière d’études plus épanouissantes que la première et enfin mon boulot. Avec la présence d’ami(e)s très proches qui ont toujours été là aussi et qui jamais ne m’ont jugée, qui m’ont pardonnée les lapins multiples que je posais et les crises d’angoisse que je pouvais avoir. Je n’ai eu que très peu de gens pour me soutenir mais celles et ceux qui sont restés savent que finalement ce qu’ils subissaient, je le subissais parfois à la puissance 10.

Je me suis un peu éloignée de ta question de départ. Donc je ne suis pas guérie, je ne crois pas à la guérison, je crois à une certaine acceptation de soi dès lors que le quotidien devient moins lourd et moins difficile à gérer. Je vais mieux en tout cas.


Est-ce qu'écrire ton histoire a été thérapeutique et t'a aidé?

Ecrire mon histoire a été thérapeutique oui. Je ne voyais pas de psy entre deux hospitalisations et j’avais un besoin quasi vital de parler. Sauf que je n’ai jamais su trop parler, je suis quelqu’un qui ne savait pas aligner trois mots sans bégayer d’angoisse. L’écrire a du coup été pour moi une façon de parler.  J’ai « trié » ma vie pour pouvoir l’écrire. Un palliatif pour comprendre les choses que j’avais déjà appréhendées au cours de ma première « longue » hospitalisation (dix mois quand même …… c’est long ;-) ). J’ai eu besoin à un moment de poser les choses pour les digérer. Mais ce qui est valable pour moi ne l’est pas forcément pour les autres. Ça m’a aidé, c’est sûr. Après est-ce que ça remplace un psychiatre ou psychanalyste ou une aide extérieure ? Non, parce qu'on reste en vase clos. Travailler sur mon texte pendant quelques mois ne m’a pas empêchée de refaire un long séjour en clinique par la suite.


Comment est né ce livre? 

Ce livre est le fruit d’une rencontre, de plusieurs rencontres. Nous fréquentions un forum d'entraide qui a fermé depuis (l’échappée belle) et qui nous a permis de rencontrer d’autres filles qui souffraient et qui avaient décidé de combattre la dictature des TCAs. Un forum sur lequel nous nous encouragions, laissions de petits défis pour la journée, qui pouvaient aller du simple fait de sortir de chez soi une demi-heure pour marcher à se rassurer sur nos dérapages en passant par le « pourquoi on avait aimé tel film ou tel livre ». Nous étions libres d’écrire ou de ne pas écrire mais derrière il y avait la volonté d’être écoutée, conseillée et en retour de pouvoir le faire. Nous avions noué grâce à ce forum des amitiés solides qui ne tournaient pas uniquement autour des TCAs.

Mais à l’origine, il y a Lucie qui a écrit un article sur son blog fin aout 2008 (blog également disparu). Anne-Laure et moi qui la lisions avions lu son message et lui avons dit que nous étions partantes. Une première rencontre dans un café nous a permis de définir de quelle façon nous allions réunir tous nos textes et qui pourrait être intéressé. Après une intense discussion nous nous sommes lancées et avons envoyé des mails à celles qui étaient concernées par les TCAs et que nous connaissions soit de visu soit par le biais de forums ou d’hospitalisations communes. Et nous avons avancé. D’abord à neuf puis à 8 et enfin à cinq.

Et pendant tout ce temps là, des aller-retours entre nous pour nous organiser, savoir qui allait relire quel texte, de quelle façon allions les agencer avant de les présenter à des maisons d’édition. Beaucoup de travail mais extrêmement intéressant, sur les relations humaines et sur comment garder la liberté que nous nous étions fixé au tout départ : liberté de ton mais aussi liberté de contenu.

 

Et pour terminer cet article, je tiens à dire un grand merci à Claire.


 

 

 

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Published by Eixerona - dans Bibliothèque