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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 16:12

Mince, jeune et occidentale : telle est la femme idéale vantée par la majorité des publicités. Face à une pression croissante, quelques campagnes jouent timidement la carte de la différence.

 

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Halte aux clones ! » titrait sans état d'âme « Le Nouvel Observateur » à la mi-janvier, dénonçant la déferlante de « lèvres pneumatiques, pommettes gonflées et seins siliconés ». Comme dans les années 1970 sous la pression des féministes, ou dans les années 1990 avec la levée du tabou sur l'anorexie, la publicité est à nouveau accusée d'imposer un modèle de beauté féminine univoque et aliénant.

Un modèle reposant sur trois critères majeurs : « La jeunesse, la minceur et l'origine occidentale, énumère le philosophe et sociologue Gilles Lipovetsky. On parle beaucoup du succès de mannequins blacks comme Naomi Campbell, mais la révolution est ténue : il s'agit de beautés aux traits fins, caucasiens. Vous ne verrez aucun nez épaté, aucun visage épais. Alors que, paradoxalement, "l'épais", jugé traditionnellement laid dans nos sociétés, revient en force chez les Occidentales avec les injections dans les lèvres et les seins siliconés. »

Un modèle, surtout, d'autant plus difficile à atteindre que les visuels publicitaires, savamment retravaillés via des logiciels tels que Photoshop, imposent aux femmes un idéal impossible à atteindre : des pommettes hautes, des lèvres charnues, une poitrine voluptueuse et une taille de guêpe, associées aux longues jambes de pouliche et au « baby face » des top-modèles de 15 ans. Un exemple de ces excès : dans la dernière campagne anti-âge de Dior, l'actrice Sharon Stone, cinquante-deux ans, est à peine reconnaissable.

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Pression croissante

« La publicité a une responsabilité dans cette pression croissante, mais elle ne crée pas, à elle seule, les normes esthétiques, juge le psychanalyste Serge Hefez, spécialiste entre autres de l'anorexie.  En revanche, elle reflète assez bien une société de plus en plus individualiste, où l'estime de soi est liée au travail permanent que l'on livre pour s'accomplir, se dépasser. Avant, on se définissait par rapport à ses appartenances sociales… A présent, l'estime de soi dépend de ce que l'on est parvenu à faire de sa vie, psychiquement, socialement, relationnellement, amoureusement. L'étau se resserre. »

Gilles Lipovetsky est encore plus brutal : « Les femmes sont soumises en permanence à un double discours.  D'un côté, les médias et la publicité leur ordonnent : "sois toi-même ", c'est-à-dire demandent une individualité, une singularité. De l'autre, ils leur intiment d'être conformes à un modèle extrêmement strict et impératif, bref, d'être dans un contrôle permanent d'elles-mêmes. La beauté est devenue canonique, indiscutable, et les modèles sont intériorisés dans le cadre de ce qui est devenu aujourd'hui un véritable terrorisme mondial, une dictature de 7 à 77 ans.  Plutôt que sur le libéralisme, la toute-puissance de la pensée unique s'exerce sur les normes de la beauté. »

Et les femmes s'inclinent : étrange caste masochiste, elles avaient applaudi à deux mains la campagne Dove (Unilever), signée Ogilvy, qui dès 2003 avait le cran de présenter des filles naturelles, spontanées et imparfaites… mais elles continuent en parallèle à acheter en masse les produits L'Oréal, vantés par des icônes marmoréennes et inaccessibles.  Tandis que insensiblement, Dove est revenu à des campagnes plus classiques. Qu'on se le dise : au royaume de la beauté, la schizophrénie est reine.

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Minorités un peu plus visibles

Désespérant ? Pas tout à fait : des verrous sautent, des tabous s'écroulent. Mais pas à pas.  Dans les années 1980 et 1990, en sublimant en publicité des beautés noires (Grace Jones) ou maghrébines (Farida, premier mannequin beur), le directeur artistique Jean-Paul Goude faisait figure de provocateur. Aujourd'hui, un frémissement se fait sentir : « Entre 2005 et 2008, le taux de diversité est passé de 3 % à 7 % dans les campagnes publicitaires », se félicite Jean-Pierre Teyssier, président de l'ARPP (Association de régulation professionnelle de la publicité), qui regroupe publicitaires, annonceurs et médias. Même s'il relève que « le taux de diversité est beaucoup plus important en télévision et dans les campagnes faisant figurer des groupes d'individus que dans la presse magazine, où les annonceurs sont frileux lorsqu'il s'agit de mettre en scène une personne unique vantant un produit de grande consommation. Le fait, alors, qu'elle soit noire ou asiatique rend l'identification de la consommatrice beaucoup plus difficile ».

Même avancée en demi-teinte pour les seniors.  Il y a une dizaine d'années, l'agence BETC-RSCG avait tenté de réitérer le succès de son spot des « bébés nageurs » Evian avec une brochette de seniors radieux. Bouderie des consommateurs. Dix ans plus tard, les actrices Jane Fonda (soixante-treize ans) et Andie McDowell (bientôt cinquante-deux ans) vantent les mérites des crèmes anti-âge de L'Oréal. Il est vrai qu'elles sont encore belles, ont un nom, parfois même une légende.  Une porte s'est ouverte, mais le temps n'est certainement pas venu où une quinquagénaire anonyme sera sollicitée…

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Les clientes sont moins dupes

Surtout, le regard de la consommatrice se fait plus perçant, plus aigu : disposant elle-même d'un appareil photo numérique, elle identifie désormais les trucages. Repère les faux-semblants. Et, lorsque l'annonceur est pris la main dans le sac, l'affaire fait du raffut.  L'Oréal se mord encore les doigts d'avoir ajouté, dans sa campagne de pub britannique, des faux cils à son égérie Penelope Cruz pour vanter un mascara « super-allongeant ». L'Advertising Standards Authority (ASA) a demandé illico le retrait du visuel incriminé. « Les choses avancent, mais c'est lent », reconnaît Jean-Pierre Teyssier, qui reprend l'éternel questionnement : « Est-ce le rôle de la pub de faire avancer la société ? A cela, les annonceurs nous répondent régulièrement : "Ce n'est pas notre boulot." Et c'est vrai que la publicité a plutôt pour fonction de refléter la société que de la faire progresser. Il faut donc veiller à ce que les campagnes évoluent à un rythme équivalent. Ni trop lentement ni trop vite. Comme le disait Lénine : "On peut être un pas devant les masses mais pas deux." »

 

VÉRONIQUE RICHEBOIS, Les Echos

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Published by Eixerona - dans Revue de presse