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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 02:28

Je ne connais rien de pire que le sentiment d’abandon. Il a trop souvent nourri ma dépression et mon anorexie. Je crois d’ailleurs que ça a été la goutte d’eau qui a un jour fait déborder l’eau du vase.

 

Je parvenais à digérer plus ou moins ce passée douloureux, ou du moins j’essayais de l’ignorer. J’ai avancé doucement, je me suis battue bec et ongle pour me créer la vie dont je rêvais et dont j’avais envie.

 

En Première, pour une fois dans ma vie, je me suis sentie à ma place. Je me sentais heureuse. C’était l’année où j’ai eu le moins d’absence dans ma scolarité, parce que le matin j’avais envie d’aller en cours pour voir ma meilleure amie, pour parler, pour rigoler. Ça m’aidait à faire face à un quotidien familial par forcément tout rose car ma mère se noyait dans sa tristesse provoquée par la disparition de mon père.

 

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En Terminale, le bel équilibre que j’avais créé s’est écroulé. Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvée dans une nouvelle classe où je ne connaissais personne. Une malédiction scolaire a dû être jetée sur mon berceau. C’était l’époque où ça ne commençait à plus trop aller, où trop de choses pesaient sur mes frêles épaules d’adolescente. On pourrait penser qu’en étant toujours dans le même lycée on peut se voir malgré tout. Mais non les emplois du temps sont différents, ma meilleure amie se fait un nouveau cercle d’amis et moi je me sens bien seule dans cette nouvelle classe. Je sombre. Je suffoque. Je n’ai personne à qui parler. J’ai cette foutue impression d’avoir le poids du monde sur mes épaules. Je n’ai plus faim. Je n’ai plus envie de manger. Pour achever le tout en plein mois d’octobre, je commence à stresser pour le bac d’une manière complétement inconsidérée que je ne comprendrais jamais. Une peur panique. Une peur de rater. Une peur de ne pas être à la hauteur. Je suis seule. Seule avec ma peur. Seule avec mes crises d’angoisses. Seule avec mes cauchemars. Seule avec mes déjeuner à la cantine parce que ma meilleure amie qui m’avait promis de manger avec moi à une fois de plus manger avec ses nouvelles amies qu’elle critique tant.


Sans m’en rendre compte, j’ai sombré. La tristesse a gagné. Je ne me suis même pas rendue compte que je ne mangeais plus. Je me sentais seulement seule et abandonnée. Seule et incomprise. Seule et mal aimée. Je n’avais plus envie de rien. Je pleurais à longueurs de journée. J’avais besoin que quelqu’un me serre dans ses bras, que quelqu’un me dise que tout irait bien. Mais il n’y avait personne. Pour m’achever, l’anorexie s’était invitée dans ma vie et on me menaçait de m’enfermer en isolement et de me gaver si je continuais à perdre du poids.


Les chagrins d’amitié sont tout aussi douloureux que les chagrins d’amour. C’est ce foutu sentiment d’abandon qui nous anéanti et en rajoute une couche à votre mal être.


J’ai souvent l’impression que ma vie n’est qu’une suite d’abandon.

 

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Lors de ma seconde Terminale, j’ai eu une nouvelle meilleure amie. Je crois que l’une des premières choses que je lui ai dite c’est que j’étais anorexique. Je crois que j’avais besoin de dire à haute voix quelque chose que je ne comprenais pas…On a passé l’année collée l’une à l’autre. Chez elle était ma seconde maison, j’y ai pensé un nombre incroyable de week-end. Je l’ai réconfortée de ses chagrins d’amour. On était vraiment inséparable.


Enfin c’est ce que je croyais. La fac et les histoires d’amour ont tout gâché. On va dire que c’est la vie. Elle a rencontré l’homme de sa vie, il n’y en avait plus que pour lui. Elle s’est débrouillée pour caler ses cours sur 3 jours pour ensuite aller rejoindre son prince charmant le reste de la semaine. N’étant pas dans la même filière, on se croisait quelques fois Elle prenait de rare fois une heure pour me voir à midi. Et puis plus rien. Plus aucunes nouvelles. Plus rien.


Retour à la case départ. Chagrin. Tristesse. Abandon de merde.


Depuis je n’ai plus jamais réussi à avoir une amitié aussi forte avec quelqu’un par instinct de protection. C’est comme lorsqu’on cumule les histoires d’amour foireuse, on ne veut plus ouvrir son cœur pour ne plus jamais avec mal.


Mais ça ne m’empêche pas de ressentir régulièrement ce sentiment d’abandon. Les années passent. La vie passe. On doit sans cesse se récréé des cercles d’amis qui éclatent à chaque changement de vie : fin des études, maladie, grossesse…


On m’a dit que c’était normal ces éclatements. Cette normalité me fatigue. C’est comme vider un bateau qui prend l’eau avec une petite cuillère.

 

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Published by Eixerona - dans Mes écrits