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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:32

Je voudrai revenir sur en quoi devenir maman m’a aidé aller mieux.


Alors soyons bien d’accord « aider » ce n’est pas synonyme de « guérir ».


Je n’ai pas décidé de faire un enfant pour me soigner, effacer mes cicatrices et mes fêlures.


Depuis toute petite, je sais que la chose que je voulais le plus au monde c’était être maman. C’est donc mon rêve depuis toujours


Ces dernières n’allant pas mieux, je disais de plus en plus que j’attendrais la trentaine pour avoir un bébé,  je me résignais même parfois  à faire une croix sur ce rêve.

 

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J’ai d’ailleurs remarqué qu’on reproche facilement aux malades de TCA de vouloir devenir maman. Il parait que ça serait égoïste, et blablas. Au contraire les « vrais » malades (maladies génétiques, cancer…) on ne leur reproche jamais de vouloir réaliser leur rêve de maternité même si leur espérance de vie est courte. Je ne suis pas là pour juger ce qui est bien ou pas bien, mais une fois de plus nous malades de TCA on nous culpabilise et nous accuse d’égoïsme. Moi je dis STOP, on a le droit aussi au bonheur. (Et puis quand on voit le monde actuel, même quand tout va bien faire des gosses c’est égoïste finalement, sur ce je referme la parenthèse, je ne cherche pas à faire de polémique, juste d’illustrer mes propos).


Le 8 janvier 2010 j’ai découvert que j’étais enceinte. Mon anorexie était déjà nettement moins marquée, la dépression c’est couci-couça, c’était surtout mes angoisses qui me paralysaient souvent.


Ma fille n’était vraiment pas prévue au programme, mais j’étais arrivée je crois à un moment de ma vie où esprit/corps étaient en harmonie pour l’arrivée d’un bébé parce que au mois de décembre 2009 la période où ma fille a été conçue n’était vraiment pas la date où normalement il y avait ovulation et tout le tralala pour faire un bébé.  Ma sœur m’a dit que des fois les cycles se déréglaient pour faire de petits miracles. C’est vrai qu’à cette époque-là, j’avais une envie de bébé surtout quand je voyais le neveu de mon ex qui était né en septembre.

 

J’ai été terrorisée en voyant mon test de grossesse positif parce que j’ai eu peur de ne pas être capable d’être une bonne maman même si j’en avais très envie. Après je crois qu’il faut arrêter avec ce discours de bonne ou mauvaise mère, on ne sera jamais des mères parfaites, on peut seulement faire de notre mieux et de toute manière je sais qu’un jour ma fille me reprochera des trucs, parce que c’est comme ça, c’est le cycle de la vie.

 

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Mais une chose était certaine, il était absolument hors de question d’avorter à 26 ans. D’une part je voulais ce bébé même si ça me faisait un peu peur (après je crois que c’est terrorisant pour la majorité des femmes de devenir maman la première fois). D’autre part j’allais me battre pour avancer et aller de mieux en mieux pour mon bébé.


Ma fille m’a donné l’élan d’avancer et de me battre encore et encore. Elle a donné un sens à ma vie.


Pendant toute ma grossesse, j’ai mangé correctement pour le bébé. J’ai arrêté mes médicaments. J’ai été suivi à la maternité par la psychologue. J’ai été franche dès le premier rdv à la Maternité en disant que j’avais des troubles alimentaires, il était hors de question de faire n’importe quoi.

 

Ma famille s’inquiétait en secret, parce que oui ils m’ont vu pendant des années en lutte perpétuelle contre moi-même. J’aurais fait de même à leur place Maintenant vous pouvez demander à ma mère, elle est plus que ravie de me voir épanouie et joyeuse de vivre, ça faisait d’ailleurs des années qu’elle ne m’avait pas vu comme ça.

 

Au fil de ma grossesse, des verrous ont sauté. Déjà plus d’aliments interdits. L’obligation d’accepter des kilos supplémentaires et du gras. Les idées sombres ce sont fait moins présentes. Et j’ai envoyé plus que chier la sage-femme qui voulait m’interdire de manger certains aliments. Il était formellement hors de question que je passe ma grossesse à être aliénée par la nourriture. Heureusement d’ailleurs que j’allais suffisamment mieux sinon cette sale bonne femme m’aurait fait rechuter en pleine grossesse dans les restrictions…

 

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Après mon accouchement j’ai eu peur de retomber dans la toile d’araignée qu’est l’anorexie. Mais non je n’avais plus ce besoin de m’acharner  contre moi-même pour combler le vide de ma vie, j’avais un joli petit bébé qui ne voulait qu’une chose tout l’amour de sa maman.et je ne voulais qu’une chose vivre et aimer ce bébé.

 

Pendant près de 10 ans, j’ai été triste et sans vie. Le jour où j’ai mis au monde ma fille, où l’on me la mise sur mon ventre une joie de vivre immense m’a envahie et je me suis sentie toute suite maman.

 

Ma fille n’a pas guérie mon anorexie.


Mon anorexie est toujours là. Faut pas se faire d’illusion, je surveille mon alimentation, j’ai toujours peur de prendre un kilo. Mais je ne veux plus maigrir, je suis à l’aise dans mon 36 ça me va. Et puis je n’ai pas envie de ressembler à un tas d’os et je n’ai pas envie de mourir.


Y a des jours où je me sens grosse, mais tant pis c’est comme ça. Je fais du sport quotidiennement, j’en ai besoin surtout pour extériorisé mon  stress et mes angoisses.


Mais franchement je peux vivre avec  les quelques stigmates de l’anorexie sans trop de  problèmes, ça ne m’empêche pas de faire des sorties resto ou des repas de familles, de vivre.

 

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Bon je mentirais si je ne disais pas qu’une infime partie de moi à toujours ce rêve de maigreur extrême, à part que maintenant je lui dis MERDE. Je sais que c’est un cercle vicieux sans fin qui n’apporte rien à part de la tristesse et de la noirceur, pendant des années j’ai cru à tort qu’attendre un poids idéal résoudre tout, mais non c’est une utopie. En fait plus je maigrissais, plus je me sentais mal et grosse.

 

Par contre une chose est certaine, ma dépression est guérie. Elle est aux abonnées absentes et j’en suis très heureuse.


Dans mon cas, c’est la dépression qui  a toujours beaucoup  influence l’anorexie. Sans dépression, l’anorexie ne pèse donc plus grand-chose.


Etre maman m’a redonné la joie de vivre. Même si la vie n’est toujours par rose (soyons réaliste), j’aime la vie, j’aime MA vie. Voir grandir ma fille, voir sourire ma fille c’est un magnifique cadeau.


Etre maman ne résout pas tout. Je continue à être une personne angoissée et stressée, mais j’ai appris et je continue d’apprendre à gérer tout ça. Je dédramatise s’il y a des ratés. Y a toujours un peu de TCA mais même si ça reste comme ça jusqu’à la fin de mes jours, ça ira.


Après si être maman m’a aidé moi, je ne vais pas dire que ce sera le cas pour tout le monde.


Le parcours de chaque personne est différent et ce ne sont pas les mêmes choses qui nous font avancer. Le tout c’est de trouver un moteur dans notre vie qui nous permettra de renouer avec la vie et le bonheur. Et je peux vous assurer une chose, ce n’est pas la maigreur qui apporte ça !

 

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Published by Eixerona - dans Ma vie de maman