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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 18:51

L’évaluation de la fertilité des femmes avec des antécédents de TCA varie en fonction du nombre d’années de prise en charge et du moment de l’évaluation. Après 4 à 5 ans, on retrouve des taux de grossesse d’environ 20 % et de 50 % pour les femmes mariées ; ces taux se situent entre 41 % et 68 % après 10 ans de suivi. Cependant, si l’on différence ces femmes en fonction de leur statut marital, les taux de  grossesse comme d’infertilité chez ces femmes sont similaires à ceux retrouvés dans la population générale.

Ces résultats conduisent à deux remarques :

  • D’une part, le fait de parvenir à nouer une relation amoureuse satisfaisante apparait comme un bon indice d’une meilleure adaptation socio-affective et concerne sans doute des patientes moins en difficulté, ou ayant pu s’accommode en partie de la problématique sous-jacente aux troubles des conduites alimentaires.
  • D’autre part, ces résultats suggèrent que les troubles du comportement alimentaire ont d’autant moins de conséquences sur la fertilité qu’ils sont bien pris en charge, et en particulier quand ils ont abordé les questions de la féminité et du désir d’enfant.

Le cas de patientes anorexiques mentales et enceintes est de plus en plus fréquent :

  • Certaines patientes dont l’anorexie est toujours très symptomatique ont maintenant recours aux différentes techniques de procréation médicalement assistée pour envisager une grossesse.
  • Les règles peuvent réapparaitre, le plus souvent après une période suffisamment longue lorsque le poids est normalisé et les carences alimentaires corrigées, chez les femmes ayant des antécédents d’anorexie mentale.

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La période de la grossesse chez ses femmes est cependant à surveiller étroitement, car il existe un risque d’aggravation ou de rechute du trouble alimentaire pendant la grossesse. La grossesse provoque des modifications majeures et rapides du schéma corporel, semblables par certains aspects au bouleversement physiologique et psychologique de la puberté et susceptibles de réactiver certains problèmes personnels chez ces femmes, notamment autour de l’image du corps et de la relation à l’alimentation. La prise de poids rapide pendant la grossesse serait susceptible de réactiver les fantasmes de perte de contrôle, « d’expansion sans fin » à la moindre prise alimentaire souvent évoqués par les patientes anorexiques. Par ailleurs, l’accès à la maternité (re)pose de manière aiguë la question de l’autonomie/dépendance, des relations aux images parentales.

Les études naturalistes sur cette population d’anorexiques mettent également en évidence une élévation significative du risque de dépression après l’accouchement, par rapport au risque dans la population générale ;

Bien que les études de cas suggèrent un risque accru de complications au moment de l’accouchement et pour l’enfant (malformations du fœtus, mort in utéro, naissance avant terme…), les études menées sur des populations de femmes plus importantes vont plutôt dans le sens des grossesses se déroulent normalement et sans complications majeures. La donnée la plus constante serait celle de petit poids de naissance de l’enfant pour la durée de la grossesse, différence non retrouvée à 3 mois de vie, donc réversible ? Ces petits poids de naissance seraient fortement liés à la prise de poids de la mère au cours de la grossesse. Cet élément incite à la prise en charge de ces femmes afin de les identifier précocement et d’accompagner les nécessaires modifications de leur comportement alimentaire pendant la grossesse :

  • accompagnement diététique
  • explications concernant la croissance du fœtus et l’impact d’une malnutrition de la mère pendant la grossesse,
  • repères concernant les modifications de la physiologie et de la morphologie maternelle pendant la grossesse.

De ce fait, certains travaux mettent l’accent sur l’augmentation de fréquences des complications gynéco-obstétricales :

  • majoration ou reprise de vomissements pendant la grossesse,
  • difficulté à suivre une alimentation normalement équilibrée, en quantité et en qualité,
  • prise pondérale nettement insuffisante, qui aboutira à une majoration de l’amaigrissement visible après l’accouchement.

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Après la naissance, les jeunes mères anorexiques rencontrent souvent des difficultés qui se concentrent au moment des repas :

  • difficultés dans la mise en place de l’allaitement si celui-ci est souhaité,
  • hésitations incessantes quant à la durée des repas, leur composition tant sur le plan qualitatif que sur celui des quantités à proposer, inquiétude pathologique de la mère sur ce que le bébé ou le jeune enfant va manger en dehors de son contrôle (crèche, cantine, goûter d’anniversaire, séjour chez les grands parents…), adaptation quasi scientifique des rations alimentaires pour que son enfant en fonction de son activité physique programmée pour la journée sans tenir compte des envies, demandes et besoins réels de son enfants…
  • restrictions modérée ou plus sévère des quantités pouvant aller jusqu’à entraîner une courbe de poids inférieure à la normale, ou au contraire, forcing alimentaire, consignes strictes demandées au jeune enfant de « tout finir » (attitudes qui peuvent conduire pour l’enfant à une absence d’acquisition des sensations de satiété physiologiques), absence au domicile des aliments jugés « inutiles » par la mère, tels que le chocolat, les biscuits secs, préoccupations excessives quant au poids et globalement à l’aspect physique de son enfant…
  • plus finement, impossibilité au cours ou autour des repas et de l’alimentation pour ces mères anorexiques de mettre en place convivialité, plaisir, échanges réciproques et chaleureux et caractère ludique de ces moments partagés, absence de souplesse, de flexibilité, d’adaptation aux signaux émis par le bébé pendant les repas.

Enfin en dehors de toute situation liées directement ou indirectement à l’alimentation, des perturbations plus globales de la relation mère-enfants peuvent être observées :

  • contrôle excessif et intrusivité de la mère vis-à-vis de son enfant,
  • rigidité de la relation et manque de spontanéité
  • difficulté à accepter son autonomisation croissante, à canaliser ses émotions négatives et à le rassurer…

Le suivi de ces patientes anorexiques ou ayant des antécédents d’anorexie doit dont être particulièrement rapproché pendant la grossesse et après l’accouchement, tant sur le plan psychique que somatique et obstétrical, afin de repérer précocement toute difficulté ou souffrance, et de proposer une prise en charge adaptée à chaque patiente (soutien, mis en place ou reprise d’une psychothérapie, prescription d’antidépresseurs si nécessaire, suivi diététique personnalisé…)

La préexistence d’une relation de confiance solidement établie entre la patiente et son thérapeute permet souvent de franchir cette étape clé de la vie dans de bonnes conditions en évitant les principales difficultés mentionnées plus haut.


Extrait de  "L’anorexie mentale : Déni et réalités"

 

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Published by Eixerona - dans TCA & Grossesse