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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:15

 

Halte aux normes corporelles comminatoires !

 

PAR GÉRARD APFELDORFER, Psychiatre, à Paris, Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids (www.gros.org)..

 

Le figaro.fr le 06 mars 2007 : 10h00

 

 

La contribution de Gérard Apfeldorfer, psychiatre, à Paris, membre du groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids.

Comment combattre l'anorexie mentale quand on conçoit les femmes minces comme des personnes riches en minceur ? Comment s'étonner de la montée des conduites boulimiques quand la frénésie de consommation est le propre de l'Occident ? Comment critiquer les orthorexiques, anxieux à l'infini de la qualité de ce qu'ils mangent, alors qu'on ne cesse de répéter que tout un chacun est responsable de sa santé, de sa longévité, de sa forme physique comme de ses formes ? Et les obèses ? Comment ne pas leur faire honte quand on est persuadé que chacun peut faire le poids qu'il désire, s'il en a la volonté ?

L'obésité et les différents troubles du comportement alimentaire gagnent à l'évidence du terrain. Crier haro sur le baudet, accuser tour à tour le milieu de la mode et les médias, qui propagent une vision irréaliste du corps humain, les industries agroalimentaires et les commerces de bouche, qui multiplient les tentations, qui nous donnent plus que notre content d'aliments suscitant l'inquiétude, c'est confondre les symptômes et les causes. Lorsque le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.

 

 

Le mal me semble plus profond, tenant à notre relation à notre corps, à notre conception de l'existence. Bref, il s'agit d'un problème de civilisation.

Pour en comprendre la nature, remarquons tout d'abord que les qualités du corps ne sont plus des dons des dieux, de Dieu ou de dame Nature, mais des éléments de notre capital corporel. Le capital-santé, le capital-beauté, le capital-minceur peuvent s'hériter, si on a la chance d'avoir reçu en héritage les gènes adéquats. Ou bien ils peuvent s'obtenir par le labeur, faire l'objet d'un négoce et permettre l'émergence d'un business.

On entretiendra par exemple son capital-santé par le labeur d'une vie saine. On le fera fructifier par l'achat de soins d'hygiène, médicaux ou chirurgicaux. Il en va de même du capital-beauté et du capital-jeunesse, dont on pourra ralentir l'évaporation spontanée par les mêmes moyens.

Mais accumuler du capital sous toutes ses formes suffit-il à avoir une vie réussie ? Consommer boulimiquement des objets, des loisirs, de la santé, s'acheter de la beauté et les apparences de la jeunesse finissent surtout par produire de la déception chez les comblés de ce monde.

Car à quoi bon réussir professionnellement si cela conduit à rater sa vie sentimentale ou être un mauvais parent ? À quoi bon devenir riche si on y laisse sa santé ? Le monde postmoderne se caractérise par la montée de l'exigence : il devient impératif non seulement de posséder et de consommer, mais aussi de réussir harmonieusement dans tous les domaines, matériel, affectif et spirituel, et en quelque sorte de faire de son existence une forme d'oeuvre d'art. 

 

L'apparence corporelle a tendance, dans ce monde-là, à devenir le plus précieux des biens, car elle tend à se faire icône de l'individu. L'aspect physique renseigne désormais sur la totalité de l'être, représente la personne aux yeux des autres, à ses propres yeux, par là même, la fait exister.

L'obésité est alors assimilée à un complet ratage et fait peur. Car tout le monde n'est-il pas un obèse en puissance ? La cruelle déception de ne pas parvenir à être à la hauteur des exigences fixées, l'angoisse de basculer à son tour dans l'enfer de l'obésité, se cristallisent en une haine de l'obèse, qui fait alors figure de bouc émissaire. Nous voilà donc fous de minceur, puissamment encouragés dans ce sens par le corps médical, rejoint désormais par les pouvoirs publics, tous deux grands stigmatisateurs !

 Le problème réside dans le fait que notre corps n'est ni un capital à faire fructifier, ni une icône à polir, mais un système complexe autorégulé, dont l'individu n'est jamais maître.

 

 

 

Manger sert tout à la fois à la régulation de besoins biologiques, à étayer la vie affective et relationnelle, à enraciner chacun dans une culture, une société, une famille. Ces différents éléments, biologiques et mentaux, sont interactifs, non isolables les uns des autres. Le plaisir sensoriel, les émotions alimentaires et la satisfaction mentale de manger ne sont pas superfétatoires, mais sont autant de signaux nécessaires au bon fonctionnement des différentes régulations.

 

 

Lorsqu'on cherche à discipliner son corps au lieu de l'écouter, par exemple en cherchant à être plus mince que nature, le corps se révolte, tout se déglingue. On devient parfois ivre de minceur et anorexique ; ou bien « ça se met à manger » sur le mode de la boulimie ; ou bien encore on échoue lamentablement et le poids n'en finit plus de monter. Enfin, certains, à la recherche de la santé parfaite, de la pureté corporelle, en font une obsession et deviennent orthorexiques.

Pour autant, il ne s'agit pas, face à l'augmentation des troubles du comportement alimentaire et des problèmes d'obésité, que les différents acteurs sociaux restent les bras croisés. Une politique de santé publique digne de ce nom devrait non pas jouer sur la honte et la culpabilité, mais au contraire rassurer.

Il revient aux pouvoirs publics de décourager la diabolisation de certaines catégories d'aliments, d'encourager l'écoute attentive de leurs besoins par les individus, afin que l'acte alimentaire puisse retrouver tout son sens, tout son lustre. Il leur revient aussi d'affirmer haut et clair que tout un chacun ne fait pas ce qu'il veut de son corps, que les qualités du corps n'ont pas à être les seuls critères de mesure de la valeur personnelle et de l'estime de soi. La santé, la beauté, la minceur ne peuvent être fixées par décret. Halte aux normes corporelles comminatoires, irréalistes pour la majorité, obligeant à une maîtrise impossible et délétère. Il est temps que soit à nouveau reconnue et acceptée la diversité humaine. Peut-être alors chacun sera-t-il libre de mener sa vie au mieux, à nulle autre pareille.

Dernier ouvrage paru : Dictature des régimes : attention ! En collaboration avec Jean-Philippe Zermati (Odile Jacob, 2006).

 

 

 

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Published by Angélique - dans Revue de presse