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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:02

Madrid prend la mesure de l'anorexie

Pour sensibiliser les jeunes et les marques, le gouvernement espagnol a lancé une campagne nationale de mensuration

Par François MUSSEAU

 

QUOTIDIEN : vendredi 16 mars 2007 Libération

 

 

Lorsqu'elle reçoit, il y a un mois, une lettre du ministère de la Santé lui demandant de participer à l'expérience, Paloma (1), 37 ans, n'hésite pas une seule seconde. On lui demande de se rendre dans le centre de Madrid, sous un chapiteau monté par l'Institut de la consommation, pour s'y faire mesurer en trois dimensions (lire ci-contre). Paloma, professeur de sciences naturelles dans le secondaire, partage totalement les objectifs affichés de l'initiative gouvernementale, persuadée que «c'est une manière efficace et nouvelle de lutter contre l'anorexie» : uniformiser les tailles dans les magasins de vêtements, définir quelles sont les tailles moyennes réelles et non pas celles qu'imposent les tendances et les modes. Et, surtout, établir une «transparence» entre le fabricant-vendeur et le consommateur. «Dans mon lycée, dit-elle, je vois bien que toutes les adolescentes sont obsédées par le type de vêtement qu'elles portent. Or, ce qui prime à leurs yeux, ce n'est ni l'originalité ni la coupe de l'habit, c'est le fait que la taille doive être la plus basse possible. Partout, c'est la dictature du 36. A partir du 38, les adolescentes se sentent honteuses, mal dans leur corps. Je ne vous parle même pas de celles dont la taille dépasse le 40 : elles sont souvent ostracisées.» 

 

 

Offre vestimentaire. Comment en finir avec l'équation dominante «beauté = minceur» ? Un peu partout, des initiatives se multiplient, en particulier à travers les défilés de mode. En Espagne, cela ne fait pas exception. Depuis l'an dernier, les deux pasarelas, celle de Madrid (Cibeles) ou de Barcelone (Gaudi), exhibent des mannequins moins maigres que de coutume, voire, pour certaines, aux formes rebondies. Mais le gouvernement Zapatero, convaincu que la tendance à la maigreur est intimement liée à l'offre vestimentaire, veut franchir une étape supplémentaire en «impliquant» fabricants et vendeurs.

 

 

Régime général. L'idée est la suivante : au lieu de fustiger Zara, Mango ou Cortefiel et de les accuser d'encourager la maigreur, tentons avec eux d'inverser ­ ou du moins de stopper ­ cette dangereuse tendance. En Espagne, selon le ministère de la Santé, 4 % des adolescents souffriraient d'anorexie. Mais il ne s'agirait là que de la partie émergée de l'iceberg. A en croire une étude de l'Association pour le traitement de l'anorexie mentale et de la boulimie (Adaner), un tiers des jeunes Espagnols risquent de sombrer dans ce trouble alimentaire. De même source, dans la région de Madrid, la moitié des adolescentes considèrent «avoir du surpoids», et un tiers suit un régime amaigrissant.

 

 

Adela, 49 ans, travaille pour l'Inem, l'ANPE espagnole. Elle affiche sans complexes un certain embonpoint. Comme Paloma, elle s'est prêtée avec conviction à la requête du ministère de la Santé. «Sur les dix dernières années, je vois bien que les vêtements ne cessent de diminuer. Telle robe ou pantalon, de taille 46 auparavant, portent aujourd'hui l'étiquette 50. Moi, franchement, cela ne me dérange pas trop, même s'il m'est devenu impossible d'acheter un jean. J'ai pu trouver une boutique, un peu chic, qui correspond à mes mensurations. Je suis surtout inquiète pour les jeunes filles de poids moyen ou plus. Souvent, des marques comme Zara, Berschka ou Mango ne proposent rien au-dessus de la taille 38.» 

 

 

Accourue aussi pour «se faire mesurer», Cristina, 23 ans, ne dit pas le contraire. Il y a quatre ans, elle s'habillait en 44. Depuis, elle a maigri et pioche désormais dans les 38. «C'est une libération. Avant, j'allais dans les boutiques pour femmes mûres. C'était la honte, et j'étais déprimée.» Dans son lycée, Paloma observe beaucoup d'adolescentes avec préoccupation : «Elles se boudinent dans des body et des pantalons, sautent des repas, se font vomir après la cantine. Deux d'entre elles, anorexiques, voient un psychiatre.» 

 

 

Du 38 au 46. Pour ces femmes participant à ce projet inédit, l'initiative doit servir à lever les ambiguïtés régnant dans les magasins. «Il faut des mannequins bien en chair en vitrine des boutiques, dit Laura, 31 ans, de la Croix-Rouge. Il faut aussi que toutes les tailles soient disponibles.» Du côté du ministère, on assure que ces objectifs seront réalisés d'ici à 2011. «Tous les mannequins auront des tailles allant de 38 à 46», assure la directrice générale de la consommation Angeles Heras. Pour Adela, l'essentiel est d'uniformiser les tailles. «Aujourd'hui, les marques profitent du chaos général et de l'absence de règles. Un pantalon peut tailler 38 chez Zara et 42 chez Stradivarius, et personne ne dit rien. Tout cela est fait avec subtilité pour caresser dans le sens du poil une clientèle dont la minceur est un mantra. Par exemple, la taille 34 est interdite. Mais, dans la réalité, certains fabricants la proposent en la maquillant d'un 36. Une vraie façon de pousser à l'anorexie !» 

 

La transparence sur les tailles n'est pas en soi la fin de tous les maux, mais, pour beaucoup, c'est une manière de remettre les compteurs à zéro. Cristina : «Dans le fond, il faut que les magasins cessent d'encourager l'achat d'habits qui suivent la pente générale, et qu'ils mettent en avant les modèles de vêtements adaptés au corps réel. Si on ne ment plus sur les tailles, les adolescentes se mentiront moins facilement à elles-mêmes. Si on arrive à cela, cette expérience aura valu la peine.» 

(1)    Sur demande du ministère, les noms ont été modifiés.

 

 

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Published by Angélique - dans Revue de presse