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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 13:21

Mardi 23 janvier, rendez-vous chez ma psychiatre à 11h30.

 

 

Trouver son psychiatre n’est pas une chose facile et j’ai vraiment galéré. Déjà au début de la maladie je ne me considérais pas comme malade, donc je ne voyais aucunement l’utilité de consulter. Il faut dire aussi que je ne suis tombée sur les bonnes personnes. Par ailleurs, depuis toujours, et je ne serais dire pourquoi j’ai une dent contre les psychiatres et psychologues (chose paradoxale puisque j’adore la psychologie).

 

 

J’ai rencontré mon premier psychiatre à 17 ans. J’étais en terminale, c’était le début de mon anorexie et je pleurais tout le temps. Mon généraliste m’a donné conseillé de consulter. Je suis donc allée voir le psychiatre de ma ville. Moi qui avais déjà des a priori j’ai été servi. Dans son cabinet j’ai eu l’impression de subir un interrogatoire dans un commissariat. La pièce était sombre, la seule lampe m’éclairée. Je me souviens encore de l’angoisse que j’ai ressentie. Je ne suis plus jamais allée le revoir.

 

 

Le second psychiatre fût un pédopsychiatre à l’hôpital pour enfants de Nancy. Il avait un accent marqué, j’avais du mal de le comprendre. Je ne lui parlais que de nourriture. J’ai passé aussi des test auprès de psychologie, le fameux test de Rorschach (celui avec les tâches d’encre) et un autre dans je ne connais pas le nom. J’ai mis trois heures à tous faire. Le résultat a montré que j’étais équilibrée.

 

Très vite je n’ai plus voulu voir le pédopsychiatre, je ne l’aimais. En plus je détestais aller à l’hôpital à chaque fois on me pesais.

 

 

Ma mère s’est débrouillée pour que je voie un autre psychiatre. Finalement j’ai consulté une psychologue qui travaillait au centre médico-psychologique pour enfants de ma ville. Elle était sympathique. Elle était censée connaître l’anorexie puisqu’elle avait fait son mémoire sur le sujet. Moi je continuais à longueur de séance à parler de nourriture.

 

Un jour elle a demandé à ma mère de venir et lui a dit que j’étais guérie. Ma mère fût fâchée car elle a cru que j’avais manipulé la psychologue. Maman voyait bien à la maison que je ne mangeais toujours pas normalement.

 

Un jour ma psychologue a été malade et je ne l’ai plus jamais revu.

 

 

Quelques années après j’ai voulu être de nouveau suivi par une psychiatre parce que je n’allais toujours pas bien. Si l’anorexie ne m’a jamais vraiment gênée en elle-même la dépression et les angoisses si.

 

J’ai essayé plusieurs psychiatres sur Nancy. J’ai eu le droit à celle qui ne parle pas. Celle qui s’endort quand on lui parle. Celle qui ne comprend pas les tca. Celle qui prend vous sauver.

 

Bref je suis allée de malchance en malchance.

 

 

J’ai voulu prendre rendez-vous avec les spécialistes de TCA de Nancy, mais à chaque fois la réponse était la même : pas de place avant six mois, voire un an. Et moi je fais quoi en attendant ?

 

 

J’ai tenté en vain de prendre contact avec l’hôpital prenant en charge les anorexiques. C’est le parcours du combattant. Pour eux la mère reste semble-t-il la fautive dans l’histoire, et le premier entretien doit se faire au téléphone avec le psy, le patient et sa mère. J’ai tenté d’expliquer que c’était moi qui voulais guérir et qu’adulte je n’avais pas besoin de ma mère. Résultat je ne suis jamais parvenue à prendre un rendez-vous dans cet hôpital.

 

 

Ce qui me dépasse, c’est que la plupart du temps on reproche aux anorexiques de ne pas vouloir se faire soigner. Mais le jour où l’on décide de consulter et de se battre, on ne trouve que des portes fermées. Cherchez l’erreur.

 

 

En décembre 2006, me sentant vraiment plus bas que terre, j’ai fait des recherches sur le net pour trouver une bonne psychiatre sur Nancy. J’ai trouvé un nom, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai téléphoné.

 

 

Le 19 décembre c’était mon premier rendez-vous. Je me suis tout de suite sentie bien dans son cabinet, chose que je n’avais jamais ressenti. La décoration me ressemble, ça m’a mis en confiance. Ma psychiatre est gentille, elle parle, elle réfléchit à ce que je dis, elle me donne des pistes et ne m’assomme pas sous les rendez-vous.

 

Au début je la voyais une fois tous les quinze jours, et comme en ce moment je ne suis vraiment pas dans la meilleure psychique j’ai un rendez-vous par semaine.

 

 

Lors du premier rendez-vous j’ai été franche, je lui ai dit que je voulais me débarrasser de mes angoisses, de mes phobies, de mes pulsions alimentaires mais que je n’étais pas encore prête à faire un très sur l’anorexie.

 

Pour la première fois de ma vie, j’ai eu enfin l’envie de m’investir dans une thérapie. Car même si je tiens à l’anorexie (je ne serais dire pourquoi) je ne peux pas rester dans cet état.

 

 

Les quelques séances m’ont déjà apporté quelque chose. Je me suis rendue compte par exemple que je ne connaissais quasiment pas ma famille paternelle. J’ai aussi tendance à adopter un comportement de fuite. Et sinon j’ai ce problème que je ne parviens pas à rester longtemps loin de chez moi. Par exemple impossible d’aller bosser dans une colonie l’été, j’ai besoin de me ressourcer chez moi le soir. Et cela n’a rien à voir avec ma mère puisque la plupart du temps les étés elle est en vacances. Il va falloir que je creuse tout ça.

 

Ce n’est pas une partie de plaisir de voir tout ce qui cloche dans ma vie, hier j’avais les larmes aux yeux.

 

 

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Published by Lyla - dans Carnet de route