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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 14:31

Si je devais qualifier l’anorexie d’un adjectif qualificatif, je lui attribuerais celui d’illogique.

Rien n’est logique dans cette maladie, on veut maigrir à en mourir et paradoxalement on a malgré tout une certaine peur de mourir.

Lorsqu’on est perd du poids on se sent plus grosse, plus enflée qu’auparavant.

On se convainc corps et âme de ne pas avoir faim, on lutte minute après minute contre la nourriture et pourtant on pense à la bouffe 24h/24 !

Si on parvient à tenir dans la vie réelle face à la nourriture, c’est dans les rêves qu’on fait des compulsions. Ma dernière compulsion cauchemardesque dans le monde des songes est une grosse part de galette des rois à la frangipane. Le pire c’est que ce que je mange en rêve, c’est presque comme si je le mangeais dans la réalité…la culpabilité est quasiment identique, et surtout en se réveillant on se questionne pour savoir si oui ou non on a mangé.

L’anorexie restrictive telle que je l’ai connu au début à laisser place à de l’anorexie compulsive. Régulièrement je me gave de nourriture jusqu’à en avoir la nausée. Pourquoi ces gavages ? Là est le problème je ne sais pas plus pourquoi je fais de l’anorexie que des compulsions.

Non ce n’est pas un problème de nourriture. Remanger normalement j’ai essayé. En 2002 j’étais motivée à bloc pour me soigner, je m’étais concoctée des menus à 1200 calories pour reprendre doucement mais sûrement une bonne alimentation Ca n’a pas duré longtemps car rapidement mon cerveau a bugé. Oui car le fond du problème n’est pas de savoir si je mange ou si je ne mange pas, le problème est de savoir ce qui fait pourquoi je me suis mise sur le mode de survie ‘anorexie’.

Je cherche, encore et toujours. Je ne trouve pas. Oui ma mère est possessive et intrusive mais on ne tombe pas dans l’anorexie pour ça. Oui j’ai perdu mon père à 14 ans, mais je sais que ce n’est pas ça non plus le déclencher de la maladie. Certes j’ai eu ces années collèges traumatisantes. J’ai cette relation délicate avec ma sœur, elle que j’ai longtemps admiré et qui de son côté faisait tout pour que je me sente nulle.

Beaucoup de petites choses additionnées auraient-elles cassées quelque chose en moi ? Mais comment atteindre cette fêlure et la soulager pour que je vive enfin. Et ce mal-être si j’étais finalement née avec ?

Ca fait tellement de temps que je vois la vie en dégradé de gris, que je suis tiraillée par des angoisses. J’arrivais malgré tout à avancer, jusqu’à ce qu’elle arrive.

Je suis tombée dans l’anorexie alors que je voulais perdre un kilo, un simple et maudit kilo. Je ne voulais pas devenir un top model. Je ne voulais pas devenir maigre. Je ne me suis rendue compte de rien jusqu’au jour où on m’a diagnostiqué à l’hôpital pour enfants mon anorexie mentale. Je ne les ai pas cru. J’étais déprimée, pas anorexique. Ce sont les mannequins qui sont anorexiques, c’est leur boulot et si ça les amuse de ne pas manger moi ça me gêne pas.

Sept ans d’anorexie, sept de quelques hauts et de beaucoup de bas. Toujours le même mal être qui persiste. L’envie de mourir lorsque je prends quelques kilos à cause de ces compulsions que je ne contrôle pas. A la maison personne ne semble comprendre que je suis la marionnette des compulsions. Une chose invisible me force à manger en dépit du bon sens alors que je n’ai même pas faim. Je n’ose même plus rester seule à la cuisine, c’est pathétique. Je me sens tellement honteuse de manger sans faim et de grossir. Parfois je vomis mais pas souvent parce que je ne suis pas douée pour ça ou bien il faut que je privilégie les aliments qui se régurgitent bien. C’est malgré tout douloureux, plonger ses doigts dans l’abyme de sa gorge et attendre la convulsion. La phalange à la base du majeur qui devient rouge et irritée à cause des sucs digestifs. Les dents qui sont douloureuses, la gorge qui s’enflamme. On pense aussi à la perte des minéraux et du potassium. Vomir c’est dangereux on peut mourir d’une crise cardiaque. C’est triste de mourir à seulement 23 ans d’un arrêt cardiaque…

La restriction, les compulsions, le moral plus bas que terre, ce corps qu’on ne supporte plus car il s’inscrit dans la normalité de l’imc. Mais si le corps ne semble plus anorexique, l’esprit l’est toujours. Si seulement le corps et l’esprit guérissaient ensemble en prenant des kilos mais non ça serait trop facile.

On a un imc normal, mais on est encore anorexique. Quasiment personne ne se rend compte de votre maladie parce qu’on le sait bien qu’une anorexique est maigre, n’est ce pas ce qu’on répète dans les livres et les médias ?

On a envie de prendre un couteau et de couper dans le vif ces cuisses trop imposantes que tout le monde trouve normales.

Personne n’imagine la souffrance que ressent une « grosse » anorexique. On en est au point où on ferait n’importe quoi pour reperdre quelques kilos et ne plus avoir en de se jeter sous un train tellement on est malheureuse. Des plaquettes de laxatifs, du sport à outrance, des vomissements, les pilules minceurs, les médicaments utilisés de manière dérivée…

On se détruit, on le sait, on en souffre. Le corps est à bout. On a un poids normal mais on est sans cesse fatigué, le cerveau se met en grève cérébrale, toutes les articulations de votre corps crient au secours au point que vous ne pouvez pas terminer votre séance de sport quotidienne. On a marre de cette folie. Oui je veux bien manger mais enlever moi les voix de la boulimie et de l’anorexie de ma tête, je deviens folle. Mange, ne mange, mange…Alors on attend le soir pour s’assommer aux cachets, tant pis si on prend plus que la dose du médecin car lorsqu’on dort on peut espérer un peu de paix.

On voit sa vie défilée impuissante. On tente de faire quelques choses de son existence, mais l’anorexie et ses amis (phobies, angoisses, toc…) s’invitent toujours sans votre permission. Personne ne comprend pourquoi vous semblez porter la misère du monde sur vos épaules alors que vous avez tout pour être heureuse, que vous êtes jeune et jolie. On s’en veut de rater sa vie, on s’en veut de décevoir les autres. Culpabilité, toujours culpabilité.

Les cercles vicieux s’imbriquent les uns dans les autres et s’alimentent mutuellement.

Sept ans et plus d’espoir de guérison. Seulement l’envie de maigrir et de survivre pour mes proches. Me battre je n’en ai plus la force, je suis fatiguée de tout ça. J’ai peur de tout : de moi, des kilos, de la vie, de partir de la maison…

Je m’en veux d’être une incapable, de foirer mes études, de causer de la peine à mes proches. Je suis torturée à longueur de journée par mes divers maux

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Published by Lyla - dans Mes écrits