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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 21:49

 

Repérer l’anorexique

 

 

Un interdit qui s’impose à sa volonté

La restriction alimentaire de l’anorexique semble dictée par une loi intérieur, une logique qui nous dépasse. Un interdit bloque l’adolescent contre sa volonté. Il exprime avec sa logique à lui, souvent intelligente, imparable une réponse définitive à une problème qu’in ne s’explique pas lui-même. Les réponses sont sans vécu, purement dialectique ; il ne sent pas vraiment les causes de son problème et à quoi cela répond en lui. Il ne sait pourquoi il « ne peut pas manger », pourquoi « il ne mange pas ».

« Une restriction sans cause ni but », ce pourrait être une définition de l’anorexie.

 

Déni, dissimulation aveuglement

L’anorexique cache ses restrictions alimentaires, rapidement il vous « donne la preuve » qu’il mange et cette dissimulation peut vous abuser très longtemps. Il « déjeune chez une amie’ où il arrivera en disant « qu’il a mangé chez lui » avant de venir. La manipulation est inscrite au tout début de cette maladie. Elle ne fait que répondre à ses injonctions intérieures, au blocage qu’il éprouve devant l’assiette. Il  nie son problème, parce qu’il ne le voit pas, c’est le « déni » de l’anorexique. Même s’il vous semble aller contre l’évidence, il est réellement dans l’impossibilité, inscrite dans cette maladie, de percevoir sa différence.

 

Un blocage physique et psychologique

L’anorexique vit un cauchemar…Il est sous notre regard qui exige, commande, implore qu’il mange mais il n’y arrive pas. Un interdit s’impose à lui plus fort que tout, plus fort que son désir de nous faire plaisir, un interdit qui s’impose à sa volonté et dont il ignore lui-même l’origine. Devant ce blocage, physique, il va tenter d’escamoter la nourriture par un tour de passe-passe : « le chien est le meilleur ami de l’anorexique ! » par une bonne excuse pour sortir de table, une mastication interminable. Ces tentatives sont marquées par des réactions physiques et psychiques. C’est un véritable malaise qui s’installe, il tremble, transpire, se sent vertigineux, son visage est pâle, le regard vide, tourné vers l’intérieur. Il est « ailleurs ». Dans ces moments-là, il semble abattu, triste, muet. Lorsqu’il transgresse « l’interdit » de manger, les réactions sont violentes : rougeurs, palpitations, évanouissement et un sentiment de honte palpable. Les vomissements qui le soulagent sont un signe souvent tardif. Ils apportent la tranquillité à ses repas, mais constituent un véritable facteur d’aggravation car ils lui permettent de se fixer dans la maladie. La faim est le moyen qu’il s’est donné pour maîtriser sa vie et jamais, elle ne transparaît.

 

L’obsession du temps.

A cette époque où, pour tout adolescent, la maîtrise du temps est fondamentale, elle devient pour l’anorexique une véritable prison. Il est comme le joueur d’échec qui pour agir fait démarrer l’horloge et dont tous les actes sont en relation avec le temps. S’alimenter n’échappe pas à ce principe, il est toujours « pris par le temps ». Tout ce qui s’adresse au plaisir est compté, minuté. Il se fixe une heure exacte pour ses repas, une durée limitée, un calendrier. Lui ne pense qu’à ça, se donne de moins en moins de temps pour le faire. Court ou interminable, le temps est l’invité de sa table.

Il compte, dissèque, il analyse

L’anorexique n’aime pas le contenu de son assiette. Il procède par élimination :

Il écarte les aliments les plus nutritifs, les écarte de façon définitive jusqu’à éprouver un vrai dégoût. A terme, il manifeste un attachement particulier pour les choses rares et fait une sélection drastique pour en venir à quelques aliments ou même un aliment unique dont il devient le spécialiste : on rencontre ainsi des adeptes de l’oignon, de la tomate, de la figue, du yaourt, qui n’ont plus aucun secret (origine, variété, taille…) Il s’agit d’une véritable quête organisée, qui lui prend de plus en plus de temps. Il en arrive à ne plus pouvoir se passer de cet aliment électif et devient dépendant. Il est la condition de sa survie et sa vie s’organise autour de lui. Au bout de cette démarche, il passera de l’oignon au chocolat comme s’il fait des « cures ».

C’est par là que passe sa maîtrise de la nourriture. Il quitte un aliment pour un autre, lourd de promesse, un nouveau terrain d’expérience. Ce système d’élimination, de sélection, de comptage se retrouve dans l’assiette, projetée comme sur un écran. Les aliments sont séparés, comptés, analysés puis disséqués. La sélection est faite sur différents critères : le comptage des calories, la séparation des glucides et des lipides mais surtout pour éviter qu’ils se contaminent entre eux, qu’ils se touchent : pour l’anorexique, les aliments doivent rester distincts, propres pour ne pas venir « salir » leur idéal de propreté intérieure. Les aliments sont l’objet d’autres manipulations qui répondes toujours à une logique : découper en dés, le plus petit possible pour facilité la digestion, mastiquer les plus longtemps possible pour activer le travail de la salive, assaisonner avec des produits « agressifs » comme le jus de citron, le poivre, le piment pour prédigérer.

Ces attitudes s’installent très vite et l’anorexique construit rapidement sa prison dans son assiette. Cette mise en scène de l’alimentaire (élimination, sélection, comptage) est un principe général que l’on retrouve dans les autres activités qui peuvent l’intéresser. A table, les invités sont vite agacés par l’anorexique sans trop savoir pourquoi, alors que les parents y sont habitués et n’y prennent pas garde, c’est un bon révélateur du trouble…

 

Celui qui collectionne

L’anorexique ne craint pas les aliments. Il les touche, les approche, les cuisine même. Il peut se révéler un excellent maître queue !  Ne pouvant céder au plaisir que pourrait lui apporter la nourriture, l’ado va devenir un grand « cuisinier ». Il peut passer du temps dans la cuisine et préparer des plats copieux pour toute la famille.

Voir les autres manger le rassure et vient renforcer sa sensation de maîtrise. De tels comportements, s’ils sont nouveaux ou de plus en plus fréquents, sont à surveiller.

On peut aussi constater des difficultés à choisir les aliments à acheter ou se décider sur un menu au restaurant.

Certains plats le tentent, mais parallèlement, ils comptent leur teneur en calories.

Le calcul décidera son choix final.

Il peut accumuler les aliments, s’entourer de nourriture et on peut en trouver sous son lit dans sa chambre etc. Il collectionne de façon compulsive et précise (toutes les catégories de chocolat par exemple) in n’est pas rare de retrouver de véritables trésors de guerre dans la chambre de l’anorexique. La sensation de maîtrise de la nourriture est d’autant plus forte qu’il vit entouré d’aliments. Là où le réfrigérateur se vide pour l’adolescent, il se remplit pour l’anorexique.

 

Une perte de poids sans limites :

Pour l’anorexique, perte de poids rime avec maîtrise de soi. […] Quelques grammes perdus le rassurent. Mais, il n’y a pas de poids idéal pour l’anorexique et cette descente est sans limites. Son application à ne pas manger est sans faille ce que traduit sa courbe de poids en pente régulière. […] Pour lui, nul modèle, nul regard ne le satisfera, ni ne l’arrêtera

 

Une véritable hygiène de l’assassin.

L’anorexique a une politique restrictive qui s’adresse à toute la fonction alimentaire. Il multiplie les comportements dans ce sens en utilisant :

-         les prises médicamenteuses : il se vide, se nettoie de tout ce qu’il absorbe par des agents qui accélèrent le transit (fibres, laxatifs, purgatifs), par des produits qui peuvent limiter l’absorption : zyloric, huile de paraffine mais aussi ceux qui augmentent le métabolisme (vitamine C, spécialité asiatique, stimulants en tout genre, diurétiques…)

-         des abus de boisson (potomanie) : il boit surtout de l’eau qu’il transporte avec lui et dont il peut absorber 5 ou 6 litres par jour. Cela entraîne d’importants désordres hydroélectriques […]

-         des efforts physiques (hyperactivité) : c’est un « coureur de fond ». Le sport ne s’adresse pas à l’esthétique du corps mais à la perte des calories ingérées. Il connaît les équivalents de ses efforts et préfère les exercices longs et solitaires. […] Il aime les états seconds et pour les exercices jusqu’à l’épuisement. Il paraît insensible à la douleur […]

Tout doit disparaître

Aux questions : quelle image l’anorexique a-t-il de son corps et quel rapport entretient-il ave lui ? Deux phrases suffisent : « toujours trop » et « tout doit disparaître ».

[…] Il est difficile de soupçonner une anorexie en se fiant à l’apparence car elle est un signe tardif de la maladie.

Anorexie, Ados au régime, ados en danger ? Docteur Alain Meunier et Clothilde Van Lerberghe

 

 

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Published by Lyla - dans Anorexie