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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 14:22

 

Suite aux retentissements de l’histoire des Top Models interdites de défiler à Madrid, les médias ne cessent de parler d’anorexie et du milieu de la mode. Comme si c’était nouveau…Mais ça fait des dizaines d’années que les mannequins sont maigres…il faut se réveiller ! Depuis ma plus tendre enfance je n’ai cessé d’entendre que les Top sont des squelettes ambulants.

Suis-je devenue anorexique à cause de ce model féminin que l’on nous impose ? Oui et non. Non ce n’est pas LA cause…Oui ça entre dans les multiples facteurs qui peuvent nous faire plonger dans la maladie. Pendant longtemps j’étais persuadée d’être anormale parce que ma cuisse était courbée…moi je voulais une cuisse toute droite comme sur les magazines, c’est si esthétique.  Un beau jour j’ai parlé de ce complexe à ma grande sœur, et quelle ne fût pas ma surprise lorsque j’ai appris que ma cuisse était parfaitement normale…que « cette courbe » c’est tout simplement dû à la position d’un os…

Oui avec les années, un modèle féminin utopique s’est gravé dans ma mémoire et n’a fait qu’augmenter mes complexes. Pourtant je me suis intéressée tard aux magazines féminins ou bien aux régimes.

Quelle ne fût pas ma tête lorsque lors d’un déjeuner à la cantine en seconde, une fille s’est écriée me voyant manger un avocat « Mais c’est gras ». En seconde j’avais encore une âme pure et je me sentais bien dans ma peau. Je faisais simplement attention à ne pas manger trop de choses sucrées mais sinon je mangeais sans me priver et je regardais avec de gros yeux ronds toutes les filles de ma classe au régime alors que je les trouvais si parfaites. J’avoue que leurs comportements m’amuser quelque peu…entre celle au régime qui mangeait des frites et celle affamée qui était repue avec une salade verte. Moi j’étais là, je faisais tâche avec mon plateau que je termine…Mais bon je m’en moquais.

Avec la cantine j’ai changé mes habitudes alimentaires : je n’ai plus pris de frites ou de purée car c’était bourré de sel et je déteste ça…idem pour les pâtes…

De fils en aiguilles j’ai modifié mon alimentation sans m’en rendre compte et sans me priver.

Et me voilà en Première…premier complexe vis-à-vis de mes cuisses que je trouve énorme…Au printemps je décide de faire un peu plus attention à ce que je mange pour perdre un simple et unique kilo. Quelle fût ma joie de voir que ça fonctionnait. Pour ça j’ai modifié quelques habitudes alimentaires : adieu le grignotage dans la cours de récré, et adieu le chocolat chaud au distributeur : vive le café (même si je déteste) et les fruits.

Cet été là j’étais toute belle avec mes 46 kilos, je me sentais mieux…et je ne sais pas bien ce qui s’est passé ensuite…

La rentrée en terminale s’est mal passée, je me suis retrouvée dans une classe dans laquelle je ne connais personne, loin de ma meilleure amie. J’avoue que je l’ai difficilement supporté. Ca m’a coupé littéralement l’appétit, je ne mangeais quasiment plus rien à la quantité…quand j’y allais…au début j’allais une fois par semaine manger un bon sandwich en ville mais ça n’a pas duré, elle s’est fait de nouvelles amies. A la maison c’était guère mieux : ma mère en pleine dépression pétait les plombs…M’ayant rendu compte que bouder la nourriture l’enrageait j’en profitais.

J’ai commencé à me sentir mal au moins d’octobre. J’ai eu cette peur inexplicable de rater mon bac…Je ressentais une tristesse infinie et une angoisse indescriptible…C’est là que j’ai commencé à exploser en sanglot en cours. Combien de fois je me suis retrouvée à l’infirmerie, combien de fois ma mère a dû quitter son boulot pour venir me chercher au lycée. Il y a d’énormes trous dans ces souvenirs. Je me souviens cependant que souvent allongée sur mon lit je regardais le ciel grisâtre dehors et dans ces moments là mon esprit était totalement vide.

Un jour Maman m’a annoncé que j’étais anorexique. Je lui ai ri au nez, j’étais loin d’être maigre. Pourtant elle avait raison, mais moi je ne voyais rien, même pas mon poids baisser puisque je ne me pesais pas. Je ne me rendais même pas compte que je ne mangeais presque plus rien.

Elle m’a alors mise sur la balance à quelques jours d’intervalles, et j’ai pu voir de mes propres yeux que des kilos c’étaient mystérieusement envolés en à peine 2/3 jours. Ca m’a paniqué…Personne ne m’a cru.

J’allais souvent chez le médecin, il disait que j’avais des problèmes mais il n’a jamais prononcé le mot anorexie. J’ai commencé à faire des examens, notamment de la tyroïde. Je me souviendrais toujours de cette matinée, c’était dans les sous-sols de l’hôpital, il y avait plein de malades, notamment des cancéreux…J’ai eu peur d’avoir quelques choses de grave.  Mais non ma tyroïde allait bien, la prise de sang était bonne.

La vie continuait, on approchait de fêtes de Noël. J’étais pâle à faire peur, on me disait que j’avais beaucoup maigri.

En février maman m’a emmené au CHU pour enfants…40 kilos…

 « Si tu perds encore du poids tu es hospitalisée et on te gave » Voilà ce qu’on m’a dit. Il va de soi que je ne voulais pas être gavée comme une oie, je ne voulais pas grossir. Pendant un mois ou deux, j’allais régulièrement à l’hôpital pour être peser et consulter un pédopsychiatre (que je détestais et dont je ne comprenais pas l’accent). Ils étaient contents, je reprenais un peu de poids. Avais-je le choix ? A cette époque je ne savais même pas qu’on pouvait vomir ou prendre des laxatifs. J’arrivais souvent joyeuse à mes consultations simplement parce qu’auparavant j’allais avec maman au restaurant et le sucre du dessert me faisait littéralement planer.

J’ai fini par consulter une psychologue sur ma ville car je ne voulais plus voir le psy du CHU. Je remangeais mieux, mais l’anorexie persistait : je me voyais toujours aussi grosse et aussi mal dans ma peau.

La déprime était toujours là, j’étais souvent absente du lycée.

On m’a refusé l’entrée en classe préparatoire à cause de ma santé, ça m’a littéralement achevé. J’avais le niveau mais on ne voulait pas de moi parce qu’une anorexique ça fait tâche dans les statistiques…

Je suis allée passer le bac les mains dans les poches. Je voulais redoubler ma terminale et aller en classe préparatoire.

Cet été là ma mère m’a forcé à travailler au centre aéré : j’avais 17 ans.

A cette époque je ne connaissais rien de l’anorexie. J’ai refusé de lire les livres que ma mère avait achetés sur le sujet. Une grande part de mon être restait dans le déni. Je n’allais pas sur Internet.

Alors quand aujourd’hui on me dit qu’on devient anorexie à cause des soi-disant « pro ana » ça me révolté. Comme si on pouvait devenir anorexique par la simple volonté.

La maladie m’est tombée dessus un jour sans que je n’ai rien demandé…Six ans ont passé et je suis toujours embourbée dedans….

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Published by Lyla - dans Mes écrits