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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 19:32

« C’est insupportable de ressasser ses malheurs toute la journée pour leur donner un sens. Comme s’il fallait qu’ils en aient un ! Et puis, quand on est trop plongé dans le problème, on ne peut pas s’en détacher pour l’analyser, au contraire, on s’enlise. Plus je réfléchis à ma vie, et plus j’ai l’impression que je n’ai aucune valeur, que je suis condamnée à souffrir éternellement sans jamais connaître le bonheur. Pourquoi les malheurs et les péchés sont-ils plus marquants que les moments de joie ?

 

 

J’ai passé des journées entières à chercher les causes de ma dépression. Je n’ai rien trouvé. Je me suis fait chaque fois un peu plus mal en ravivant des moments douloureux, des indifférences, des paroles blessantes sans le vouloir, des incompréhensions, des incapacités. Je tournais en rond car personne ne m’écoutait et ne m’aidait à distinguer dans le méli-mélo de nœuds de souvenirs, sur quel fil il fallait tirer pour débrouiller un peu. Je tournais et retournais cette pelote brûlante, et à chaque tour, mes mains souffraient davantage. Et je me disais que rien n’avait de sens et que je devais me laisser aller. »

 

 

« Faut-il une raison pour être malheureux ? C’est plutôt par défaut qu’on l’est. Par manque de raisons d’être heureux. »

 

« On n’est dépressif que par manque. Manque d’amour, manque de réussite, manque d’amis…On a besoin d’être accompagné et rééduqué dans ses plaisirs. On a avant tout besoin d’être guidé comme un petit enfant qui ne veut plus marcher, et à qui l’on donne la main. Patiemment, il faut lui faire découvrir le monde sous un autre jour. S’attarder sur chaque coin de beauté, pour combler tous les trous creusés par les manques, les refus, les dégoûts, afin de faire jaillir le bonheur et la joie. Il faut persévérer, cet état ne vient pas d’un coup. Il se peut qu’il y ait un moment où la souffrance est trop grande : il ne peut plus lutter. C’est alors qu’il a besoin des autres.

 

 

J’aurais simplement aimé qu’on me dise « la vie est belle et moi je t’aime »

 

 

Personne ne l’a fait.

 

 

N’est-ce pas pourtant la parole la plus élémentaire à dire à quelqu’un qui va mal ? »

 «  C’est très difficile de préserve sa solitude. Souvent, les gens viennent vous envahir, précisément au moment où votre tranquillité vous repose. Ils ont généralement de bonnes intentions : « Ma pauvre, tu ne devrais pas rester toute seule. Viens plutôt avec nous, tu t’ennuieras moins ! » Les malheureux n’ont pas compris qu’ils troublaient ma sérénité et ma méditation, qui sont aux antipodes de l’ennui, et que rester toute seule me va très bien. Etre seule n’est pas un signe de folie ou de rejet du monde. J’ai simplement besoin de faire le point avec moi-même. Une fois en paix, je pourrai m’ouvrir mieux et davantage à ce et ceux qui m’entourent. »

 

« Je décide de chercher non pas les facteurs qui ont déclenché ma dépression, mais les raisonnements qui m’ont conduite à me retrancher dans un monde à part. Je me demande pourquoi je n’ai plus voulu vivre. Ce me fait mal : c’est comme reconnaître que je me suis engagée tout entière dans une mauvaise voie. C’est me dire que j’ai volontairement gaspillé une partie de ma vie. Aujourd’hui, ces moments de souffrance se sont comme cristallisés : ils sont devenus durs, impénétrables, de sorte qu’on aura beau taper dessus, les secouer, ils ne feront plus mal parce que, d’une certaine manière, ils ont perdu toute sensibilité. Cet autre moi a disparu, rien ne peut donc plus le faire souffrir.

 

Que s’est-il donc passé ? Pour être conforme à mes idées, j’ai voulu me rendre parfaite, c’est-à-dire achevée. Je devais maîtriser tous les domaines que je m’étais fixés comme représentatifs des qualités les plus importantes : la beauté, la pureté, la disponibilité, la générosité, l’endurance, la patience, le dévouement, l’accomplissement maxima des tâches scolaires, quotidiennes et ménagères, le souci des autres.

 

«  La liberté de chacun s’arrête là om commence celle des autres. » Ma liberté n’avait pas de commencement puisque celle des autres commençait à la place de la mienne. Tout n’était tourné que vers les autres. Mon seul but était d’œuvrer pour un monde meilleur. Si je voulais être belle, c’était pour être agréable aux autres, comme un cadeau visuel. Si je voulais être pure, c’était pour ne pas perdre mes idéaux afin de toujours présenter une belle image de l’humanité aux autres, pour les inciter à être meilleurs. Je voulais être disponible, généreuse, patiente et dévouée pour soulager les autres, je voulais être excellente à l’école pour faire plaisir à mes parents et surtout, que mes résultats scolaires ne leur soient pas une source de soucis supplémentaires. Il fallait aussi que je satisfasse mes professeurs comme si je leur apportais une lumière.

 

Je l’étais en quelque sorte programmée pour prendre sur moi tous les soucis des autres afin de les soulager et de ne pas peser sur leur quotidien. Je voulais me faire toute petite afin de ne pas les déranger. Et j’y suis parvenue. J’étais devenue tellement mécanique, tellement impersonnelle, tellement inhumaine qu’on ne remarquait plus ma présence. On ne me saluait plus, comme si j’avais cessé d’exister en choisissant cette ascèse. On me heurtait comme on se cogne à un lampadaire éteint. Je me souviens du début, quand je suis arrivée à l’hôpital, les autres me disaient qu’ils avaient peur de me bousculer parce qu’ils craignaient de me faire perdre l’équilibre. Ils s’inquiétaient de ma fragilité physique. Je n’avais pas de consistance, ma présence n’apportait rien : ils ne me voyaient pas, c’est pour cela qu’ils devaient faire attention à moi. J’avais réussi à me faire toute petite. Trop bien, de sorte que j’avais finis par disparaître. »

 « Un prête m’a dit un jour que  vis-à-vis de son passé douloureux on avait deux attitudes : la volonté d’oublier ou la rancœur. Pour moi, il existe une troisième voie. Pour ma part, je ne souffre pas d’en parler. Cela fait partie de moi. C’est aussi un des éléments qui a changé à ma guérison : je me suis acceptée comme j’étais. »

 

« La tyrannie des apparences. Pour être maigre, toujours plus maigre, je me privais. Et même si par habitude, je ne mangeais plus et que cela ne me coûtait plus d’effort physique, sur le plan intellectuel, j’étais perpétuellement en éveil afin de renouveler mon sentiment de répulsion à l’égard de ce qui se mange. Je m’autopratiquais un lavage de cerveau permanent et épuisant. La tyrannie des apparences ne me rendait donc pas vraiment heureuse. Et puis, par définition, je n’étais jamais satisfaite : il fallait que je sois toujours plus maigre. N’aurais-je plus eu que la peau sur les os que j’aurais encore voulu maigrir. Au fond, l’importance que les autres vous accordent est proportionnelle à celle qu’on se donne à soi-même. »

 

 

Mathilde Monaque Trouble Tête

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Published by Lyla - dans Extraits et citations