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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

25 juin 2006 7 25 /06 /juin /2006 18:07

 

C’est interminable une journée. Surtout quand on la passe seule à imaginer du gris. J’ai beau regarder dehors, je ne vois même pas un nuage légèrement plus éclairé qui indiquerait l’emplacement du soleil. Je ne sais pas quand il daignera enfin se coucher. Vite, vite ! Cache-toi vite soleil, pour que je puisse enfin fuir cette vie sans raison dans le néant du sommeil, moi qui ne rêve plus. Le sommeil, cette vie désertée par les enchantements et les joies, faute d’en avoir trop peu dans la réalité.

 

Je reste encore à ne rien faire. Il n’y a rien à faire. Et la petite voix retrouve toute sa place pour se faire entendre dans ce vide. Je suis aspirée par le gouffre de mes pensées. Je tourne et retourne ma vie, mon malheur, mon abandon. Je ne peux pas m’en extirper. Je reviens toujours à moi. La seule chose que je sais, c’est que je suis impure. Indigne de vivre comme les autres. Mais ils ne se rendent compte ni de mon impureté, ni de la leur. Eux, ils sont innocents. Moi, je suis trop lucide, et je ne suis pas gentille. Je fais même le malheur des autres : mes parents sont anéantis par ma tristesse, et les autres compatissent. Je suis un poids pour eux. Je suis abjecte.

 

Je me regarde. On revient toujours à soi quand on est triste. Je trouve mes jambes grosses. Je n’ai pas encore suffisamment maigri pour bénéficier d’une totale liberté de mouvement, impossible avec trop de chair. Je mouline l’air avec mes jambes : je jouis déjà de leur souplesse et de leur fluidité dans l’air. Mais qu’elles sont lourdes ! Epuisée, je les laisse retomber mollement sur le matelas. Je recommence : ça me fait perdre des calories, puisque ça me fatigue.

Aujourd’hui, l’école, je ne sais même plus à quoi elle sert. A s’ouvrir l’esprit ? Oui, mais à quoi. A la prise de conscience de notre lente putréfaction ? A toutes les horreurs que commettent les hommes ? A leurs sentiments vains comme leur apparence ? A quoi donc cela sert-il de faire des études, puisqu’on n’emporte rien dans la mort ? A être riche, à avoir des amis ? Mais puisqu’on doit tout laisser sur Terre ?

 

Ca y est, c’est reparti la petite voix. Avec tous ces raisonnements qui m’épuisent. Pourquoi ne peut-on pas les arrêter ? Je n’en peux plus, je voudrais m’arracher le cerveau. Ces pensées sont mauvaises, elles prolifèrent et dévastent tout sur leur passage, grignotant peu à peu, et de plus en plus vite, les moindres recoins de mon imagination, entachant mes souvenirs et mes pensées d’un voile gris, neutre triste comme un jour pluvieux.

 

Je me sens totalement détachée. J’ai l’impression de regarder penser une autre et mes propres sentiments me paraissent étrangers. Et puis à quoi bon avoir des sentiments, si c’est uniquement pour souffrir ?

 

Mathilde Monaque, Trouble Tête

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Published by Lyla - dans Extraits et citations