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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 18:33

 

J’étais exténuée. Pendant la canicule, il avait fait si chaud que j’avais diminué mon alimentation. A la rentrée, je n’avais pas repris un rythme correspondant au travail : je m’étais fracassée contre l’école. On ne peut pas travailler sans énergie, et elle vient de la nourriture. Comme me le diront plus tard tant de médecins et de gens : une voiture sans essence ne peut pas rouler. Cette phrase avait d’ailleurs le don de m’énerver au plus haut point : on critiquait mon attitude (me dénutrir), que je voulais plus rigoureuse encoure pour la rendre parfaite, mais surtout on me crachait cette phrase sempiternelle, ce qui me donnait l’impression d’être rabaissée.

 

Ces anciennes occupations, je les avais remplacées par une volonté d’être parfaite. Je faisais tout ce qu’on me demandait et je précédais les désirs des autres. Je sentais que ma présence était désagréable et je tentais de me faire pardonner en aidant. Si je n’étais pas si pesante, j’aurais eu des amis, non ? Je ne devais surtout pas être une charge pour qui que ce soit et il me fallait me faire oublier. Alors j’essayais d’être le mieux possible, me restreignant toujours avec la nourriture, ennemie de ma pureté. Et je ne parvenais qu’à m’épuiser d’avantage, à faire de moins en moins le bien. Je parlais peu. Quand je livrais mes pensées, on ne me répliquait que : « Mais non, tu te trompes. » Alors je me taisais. Ils ne pouvaient pas comprendre la vérité, trop aveuglante pour eux.

Le temps ne veut pas s’écouler. C’est long une minute. Je n’ai rien à faire. J’ai décidé de laisser tomber, de la même manière que l’on m’a lâchée. L’école, les activités, tout. Il paraît que c’est bien, que cela va me permettre de mieux réfléchir aux causes de ma dépression. Comme si je ne l’avais pas déjà fait ! Ca ne m’apporte rien. Tout fuit, je n’arrive pas à ancrer les choses en moi, les pensées vont, fluides et incisives, se porter sur tout autour de moi. Mais cela ne m’arrange pas. Mon univers est peuplé de vide, de gris. Neutre, froid. Je suis amorphe et ne réagis que par bribes de pensées, toujours agressives et désillusionnées. Ce ne m’aide pas. J’en ai assez de ces interminables intro et extrospections. Je broie du vide.

Je perds tout ce que j’ai. Toute mon essence. Mais qui s’en soucie ?

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A mes yeux, je suis le seul problème sur Terre puisque tous les autres arrivent à vivre. Moi aussi je voudrais être guérie. Mais ce sont les autres qui doivent me guérir. Moi, je ne peux plus me battre. Je ne parviens pas à chasser l’impression angoissante que je suis spectatrice de ma vie. Les autres décident pour moi. Ca me donne le tournis : c’est comme si j’étais prisonnière d’un corps hideux, qui n’est même pas son propre maître, mais l’esclave de la volonté des autres.

 

 

 

 

 

 

Mathilde Monaque, Trouble Tête

 

 

 

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Published by Lyla - dans Extraits et citations