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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 16:03

 Grosse et protégée, mince et vulnérable

Gérard Apfeldorfer  

 

Clara n’est pas peu fière de son corps à la mode. On ne peut pas lui en vouloir, puisqu’il y a peu, elle était obèse. Une chose comme ça, qui vous arrive à la trentaine, n’est pas anodine. C’est un peu comme gagner au Loto… Quoique Clara ait fait davantage qu’acheter un billet. Son corps de rêve, elle se l’est forgé en faisant un travail sur elle-même, en mangeant de bon appétit, mais pas au-delà, en découvrant les joies amères de l’exercice physique et en clôturant son parcours par un passage chez le chirurgien esthétique, pour qu’il rabote des tissus distendus par endroits.

Clara s’est aussi préparée aux nouveautés relationnelles qui doivent découler de ce corps tout neuf : elle assume les jugements qui se modifient, les jeux de la séduction, les affres de la passion. Un monde grisant s’offre à elle, dont elle a commencé à profiter sans attendre ! Mais alors, pourquoi ces angoisses, ces insomnies, ces peurs inexplicables ? Est-ce cela aussi, la vie de mince ? Clara se rend peu à peu compte qu’équipée de son blindage de graisse, elle ne ressentait les émotions que de façon étouffée, et que manger à outrance avait une indéniable valeur anesthésiante. Depuis qu’elle est mince, qu’elle ne mange que le nécessaire, elle ressent les événements avec une intensité toute nouvelle. Tout la touche, la fait frémir. Elle se sent nerveuse, telle une biche perpétuellement aux abois. Le décès de sa grand-mère, par exemple, survenu il y a peu, l’a bouleversée. Comme c’est étrange, puisque celui de son grand-père, il y a trois ans, l’avait à peine effleurée.

Clara vient de découvrir qu’elle est mortelle, et que la vie qu’elle est en train de vivre, là, maintenant, est la vraie vie, la seule qu’elle a, qu’elle aura jamais. Autrefois, lorsqu’elle était grosse, la vie comptait pour du beurre, alors que maintenant, c’est pour de vrai. Auparavant ? Le futur imaginé. Quel refuge moelleux c’était, puisqu’on pouvait l’aménager à son gré, vivre et revivre les aventures auxquelles on aspirait, qui, un jour sans doute, se concrétiseraient. Un jour, mon prince viendra, il sera un poète blond, tandis qu’un autre jour, il sera brun et baraqué. Le présent, qui lui apparaît comme unique, intense et fugace, en devient inquiétant. La vie est comme une marche forcée, dans laquelle on ne repasse pas deux fois les mêmes plats. Ce qu’on fait l’est définitivement.

Du coup, Clara se sent tenaillée par l’angoisse de bien faire, le désir de ne pas passer à côté d’une vie rêvée durant tant d’années. Elle qui vivait parmi les chimères infinies, n’a plus qu’une seule cartouche, bien réelle. Quelle angoisse, quelle responsabilité… Clara doit donc encore faire un dernier pas : accepter une existence approximative, tâtonnante, imparfaite, toujours inachevée, précaire. Car c’est cela qui, en définitive, distingue la vraie vie des scénarios rêvés.

Psychiatre et psychothérapeute, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, Gérard Apfeldorfer est l’auteur de “Maigrir, c’est dans la tête” et des “Relations durables” (Odile Jacob, 2001 et 2004). Mai 2004

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Published by Lyla - dans Revue de presse