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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 21:13

Anorexie, quand s'inquiéter ?




Soucieuse de sa ligne, elle a 10 ou 14 ans, chipote sur les aliments et surfe de temps en temps avec ses copines sur les sites « pro-ana »...Début d'anorexie ou simple coquetterie d'ado ? Comment les parents peuvent-ils faire la part des choses ? Enquête.


Par Maureen Diament et Isabelle Taubes.


« Ma fille a 14 ans. Elle a toujours été maigre. Pourtant, cela commence à m'inquiéter, raconter Brigitte 47 ans. Elle me dit qu'elle ne fait pas de régime, mais elle n'a jamais faim. Je lui parle beaucoup de ma peur de l'anorexie, chaque fois, elle se moque de moi et de mes angoisses. Mon généraliste l' trouvée très maigre, elle manque un peu de vitamines, mais d'après lui rein d'affolant. Moi, je continue de m'inquiéter et je surveille discrètement son comportement. »


A l'instar de nombreux parents d'adolescentes, Brigitte serait-elle victime d'une nouvelle psychose ? Mannequins décharnées dans les magazines, témoignages bouleversants en librairies, articles alarmants sur de sites mortifères, signature en avril dernier d'une charte contre l'anorexie...C'est vrai, l'ambiance est anxiogène. Mais ne tombons pas dans le piège de la « maladie médiatique » : toutes les jeunes filles ne sont pas susceptibles de devenir anorexiques (seules 2% le deviendraient). L'anorexie n'est ni un effet de mode ni un simple trouble passager de l'adolescence. In s'agit d'une vraie pathologie psychique, repérée depuis des siècles.


Cette maladie serait largement rependue depuis la découverte des techniques de conservation des aliments et l'invention du réfrigérateur ! Un équivalent symbolique de la mère, dans l'inconscient, puisque grand pourvoyeur de nourriture. Face à la possibilité de combler son envie de manger, l'anorexique dit non. Pour reprendre l'idée du psychanalyste Jacques Lacan, l'anorexique mange le « rien », seul « objet » suffisamment pur et noble à ses yeux. Manger le rien c'est aussi répondre à un fantasme de toute puissance, d'autonomie absolue.


Certains adultes en sont victimes, mais l'anorexie touche majoritairement les filles de 10 à 12 ans, à un âge où le corps est en pleine mutation. « Le passage à l'âge adulte et la construction d'une identité propre peuvent créer une angoisse profonde, donner l'impression que tout nous échappe », explique le professeur Philippe Jeammet, psychiatre spécialiste de l'adolescence. Pour beaucoup, cette étape occasionne une brèche dans l'amour et dans l'estime de soi. Comme s'il devenait impossible de s'aimer et de se sentir aimée, engoncée dans son corps en métamorphose. Il n'est pas rare que la jeune fille ressente un vague dégoût d'elle-même, contre lequel elle tente de lutter en s'évadant dans l'imaginaire -une façon de nier sa réalité corporelle. Elle peut aussi fuir dans les études, ou dans le sport. Rien de très préoccupant, dès lors que le dégoût n'envahit pas tout son espace émotionnel.


A QUI LA FAUTE ?

Difficile de dire ce que provoque le déclic. Si elle débute parfois par un régime, la maladie survient généralement à la suite d'un drame ou d'un événement douloureux -décès d'un proche, séparation des parents, déménagements successifs, examen scolaire raté... « A l'heure actuelle, personne n'est capable de dire pourquoi ce trouble touche certains jeunes plutôt que d'autres, et aucune preuve ne confirme la responsabilité de la mère très souvent évoquée », affirme Alain Meunier, psychiatre spécialiste du comportement alimentaire. Si le rapport à la nourriture se construit à l'évidence de façon précoce dans la relation mère-enfant, certains ont un peu vite stigmatisé le rôle maternel. « Inconsciemment, le mécanisme à l'œuvre est le suivant : j'ai besoin d'être rassurée et de reste le bébé de maman. Pour garder maman, il faut que je me débarrasse de ce corps dégueulasse », nuance le psychiatre Xavier Pommereau. A l'inverse, pour d'autres filles -ou femmes-, cesser de manger signalera une tentative inadaptée et douloureuse pour se séparer du cocoon maternel et devenir soi. Les psys s'accordent généralement pour dire qu'il existe autant d'anorexies que d'anorexiques. 


Le culte de la minceur et les mannequins ne sont pas plus responsables que les parents de ce trouble du comportement. Quant « aux sites pro-ana », qui inquiètent tant parce qu'ils font de l'anorexie un choix de vie et qu'ils proposent des conseils pratiques aux adolescentes pour dissimuler leur maladie et perdre toujours plus de poids, leur impact semble surestimé. « Si ces blogs incitent effectivement à l'anorexie, ils n'ont que peu d'effets sur les ados qui vont bien, assure Alain Meunier. Car on ne choisit pas de devenir anorexique, cela s'impose à soi comme une évidence contre laquelle il semble impossible de lutter.



UNE VRAIE MALADIE MENTALE

L'anorexie n'est donc pas un caprice d'ado mais bien une maladie mentale dans laquelle les victimes sont en proie à une dualité intérieure. D'un côté, la pensée « normale », de l'autre le mental anorexique. « J'ai commencé à avoir une sorte de diable dans la tête qui me donnait des ordres, raconte Salomé 11 ans. Il fallait que je mange le moins possible. Je ne pouvais pas m'empêcher. » L'anorexique est entrainée dans une spirale mentale infernale, qui fausse la perception qu'elle a de son corps et la rend aveugle sur les conséquences de son comportement. Elle ne se vit d'ailleurs jamais comme telle, elle vit dans le déni de sa maladie.


[...]


Psychologies magazine n°281, janvier 2009

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Published by Angélique - dans Anorexie