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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 16:55

 

Souvent l’attitude des anorexiques guéries ou sur la voie de la guérison m’exaspère. Attention, je ne mets pas tout monde dans le même panier. Toutes n’ont fort heureusement pas ce comportement.

 

Vous allez me dire mais qu’est ce que je leur reproche ? Le fait d’aller mieux ? Non loin de là !je suis la première ravie de savoir quelqu’un guérit.

 

 

Ce que je leur reproche c’est leur attitude méprisante avec celles qui se débattent dans la maladie. Des fois j’ai l’impression qu’elles ont oublié ce qu’on peut ressentir lorsqu’on va mal et que l’on pas forcement la force et le courage de se battre 24h/24 contre le démon des troubles alimentaires ou de la dépression.

L’exemple le plus flagrant, j’y ai eu droit il y a quelques heures sur MSN. Oui en ce moment c’est ma chance sur MSN. Une amie anorexique/boulimie (qui semble aller mieux, je suis heureuse pour elle) me demande comment je vais. Je réponds que c’est comme d’habitude, pas de grands changements. Allez savoir pourquoi tout d’un coup elle est devenue agressive dans ses propos me disant que je devrais voir un psy et que je ne pourrais pas vivre éternellement comme ça. Certes elle n’a pas totalement tord, mais le tact ça existe. Par ailleurs et sans vouloir être mauvaise langue elle est fort mal placée pour me faire une morale pareille étant donné qu’il y a quelques mois elle a hospitalisé pour plusieurs tentatives de suicide. Loin de moi je la jugeais, mais je crois qu’on devrait jeter un coup d’œil sur sa propre vie avant de vouloir prêcher la bonne parole aux autres.

J’ai donc appris à cette amie que je me confiais sur le net, elle n’a d’ailleurs pas compris comment je peux me livrer à des millions d’internautes. Pour elle il vaut mieux la confidentialité d’un psy. J’aurais aimé lui expliquer que ce que j’aime avec mon blog c’est de pouvoir discuter avec les gens et avoir leur avis. Je sais qu’un psy ne peut pas donner son avis puisqu’il se doit d’être impartial et objectif (cf. mes cours de psycho de l’année dernière).

Cette amie est vite partie, j’avoue que ça ne m’a pas gêné, car je n’aime pas me faire agresser.

L’attitude de cette amie je la retrouve assez régulièrement dans les commentaires ou les forums d’entraide. Je me demande pourquoi un tel comportement car ces personnes savent très bien que les reproches ou faire la morale n’arrange rien du tout.

Certes lorsqu’on va mieux, je suis consciente que c’est dur de voir d’autres se noyer dans la maladie, mais ce qui m'agace c’est qu’elles ne semblent pas comprendre que la guérison ne passe pas par les mêmes étapes chez tout le monde, car chaque anorexie est différente, et malheureusement tout le monde ne peut pas guérir. C’est triste mais les chiffres le prouvent.

Par ailleurs ce n’est pas parce qu’on est parvenue à combattre les troubles alimentaires que l’on doit adopter un comportement hautain vis-à-vis des personnes malades.

On le sait toutes, la volonté n’est pas suffisante pour guérir. Si c’était le cas je serais guérie depuis longtemps. Je pense sincèrement que l’étape du psy n’est pas forcement nécessaire pour aller mieux, et surtout qu’il ne faut pas y aller si on ne veut pas. J’ai consulté plusieurs fois des psy à contrecœur et ça n’a rien donné. Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas de psy qu’on ne veut pas guérir ou moins souffrir. Je suis malgré tout suivie médicalement par mon médecin généraliste qui surveille mon poids, mon moral, me fait des bilans sanguins. Niveau médicaments je carbure à la fluoxétine (prozac) et aux anxiolytiques. J’aimerais me passer de tous ces médicaments, j’ai déjà fait plusieurs tentative mais sans je deviens extrêmement dangereuse pour moi-même et mon caractère devient tellement exécrable que ma mère elle-même me dit de recommencer mon traitement.

 

Pour le moment, quelque chose m’empêche encore de guérir, je ne sais pas quoi. Cependant ça ne signifie pas que je souhaite être malade toute ma vie, au contraire. J’aimerais pouvoir manger sans me prendre la tête, de plus avoir tant d’angoisse et profiter de la vie. Néanmoins malgré mes efforts je n’y parviens pas. J’ai essayé à de nombreuses reprises à remanger ‘normalement’, chaque prise de poids fut un véritable calvaire. Je tente malgré tous mes problèmes psychologiques d’avoir une vie sociale c'est-à-dire aller à la fac, avoir des amis et sortir. Depuis le début de la maladie je travaille malgré tout chaque été pour gagner de l’argent, sauf l’été qui arrive car je n’ai rien trouvé malheureusement. Tous les jours je me dis que demain sera meilleur ce qui n’est pas souvent le cas. Je me force à sortir, à aller à la fac, à me rendre à mes examens me disant que c’est en me forçant que tout ira mieux. C’est ce que tout le monde pense d’ailleurs. Mais c’est faux ! J’ai toujours autant d’angoisse vis-à-vis de la fac, des examens, des sorties entre amis, ou de la nourriture. Cette angoisse m’épuise littéralement, et plus je m’oblige à la surmontée pire c’est.

Ces angoisses je les traîne derrière moi depuis ma naissance, j’étais déjà un bébé puis une enfant anxieuse et angoissée. Je crois qu’il est donc normal que je ne puisse pas tout résoudre en un claquement de doigts.

Pour le moment reste que si on me proposait de faire disparaître l’anorexie de ma vie comme par magie je refuserais car je me retrouverais en nez à nez avec toutes mes angoisses et toutes ces choses dont j’ignore qui me terrorisent. L’anorexie n’est que la suite logique de mes angoisses, c’est un cataplasme sur une jambe de bois…Je préfère encore vivre à 50% en compagnie des TCA plutôt qu’à 3% à cause de mes multiples angoisses. Mais je ne désespère pas, un jour je viendrais à bout de cet enfer. Mes efforts ne sont peut-être pas forcement visibles et plus paraître anodins mais pour moi ils ne le sont pas. Je me battrais à ma vitesse, aller mieux n’est pas une course et certaines personnes devraient y penser plus souvent.

 En espérant n’avoir blessé et froissé personne avec ce texte.

 

Dédicace particulière à Lisanka et Vittoria Pazzale

 

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Published by Lyla - dans Mes écrits