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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 20:44


Il n'y a pas d'âge pour être anxieux


Ce n'est pas la structure de la famille - classique, décomposée, recomposée... - qui compte, c'est la qualité des liens que l'enfant peut y créer avec son entourage


Le Nouvel Observateur.  Un bébé peut-il être anxieux?
Boris Cyrulnik. – L'anxiété fait partie de la nature humaine. Il n'y a pas d'âge pour être anxieux. Les foetus affichent sur les échographies des sourires de bien-être, mais aussi des rictus de malaise.

N. O.
– L'enfant anxieux vit-il la même chose qu'un adulte?
B. Cyrulnik.
– L'anxiété de l'adulte renvoie à la mort, celle d'un enfant à la séparation, à l'abandon. Il se sent seul au monde quand il est anxieux. Mais les enfants somatisent encore plus que les adultes tout en faisant eux-mêmes le diagnostic: «J'ai peur, je suis inquiet.» Quand ils vont mourir, ils le savent souvent avant leurs parents.

N. O.
– Peut-on dire que l'anxiété les touche davantage aujourd'hui qu'hier?
B. Cyrulnik.
– Nous en voyons énormément et de plus en plus. A l'entrée de l'école primaire, un sur deux présente des symptômes anxieux, de l'agitation à l'insomnie en passant par l'énurésie.

N. O.
– Faut-il une fois de plus invoquer les divorces, les mères seules et les familles recomposées?
B. Cyrulnik.
– La composition de la famille importe moins que sa capacité à faire sens pour chacun. La famille dite moderne, composée de papa, maman et les enfants, n'est pas une panacée. Elle n'a d'ailleurs duré que peu de temps, du xix ème siècle aux années 1970! Les familles recomposées ne datent pas d'aujourd'hui. On oublie que jadis les femmes mouraient à 35 ans et que les hommes se remariaient une ou deux fois. Pourtant, dans ces familles élargies, si l'enfant ne mourait pas en bas âge ou s'il n'était pas abandonné, il vivait entouré d'un groupe dont il ne s'échappait guère mais qui le préservait de l'angoisse. Il avait toujours la possibilité de tisser un lien avec des personnes de référence qui le «tutoraient»

N. O. – A notre époque, où l'enfant est rare et choyé, ce ne serait donc plus le cas?
B. Cyrulnik. – En Chine, la loi de l'enfant unique, en faisant disparaître les familles pléthoriques, a libéré les mères et diminué les accidents domestiques. Mais elle a aussi engendré des enfants obèses, agressifs et anxieux. Quant à l'aisance matérielle, elle ne suffit pas à rassurer un enfant. On voit, dans des pays très pauvres, des mineurs ramassés dans la rue et envoyés dans des centres où on les nourrit bien; beaucoup s'enfuient à la recherche de ce qui leur manque le plus: des liens affectifs capables de les sécuriser.

N. O. – Nos enfants seraient donc bien nourris mais mal aimés?
B. Cyrulnik. – Ils n'ont plus assez de tuteurs solides et stables. Ils grandissent souvent entourés d'intermittents de l'attachement, avec qui ils n'ont pas le temps de créer des liens assez solides. Ce n'est pas pour rien que se développent aujourd'hui autant la maltraitance sexuelle et la négligence affective envers les enfants, et cela dans tous les milieux sociaux. Les pays riches ne sont pas les seuls à connaître ces problèmes; c'est aussi le cas dans les pays pauvres, dont les systèmes sociaux et culturels s'effondrent.

N. O. – Que cache cette phobie scolaire galopante dont tous les pédiatres parlent?
B. Cyrulnik. – L'école est la première épreuve de séparation d'avec la mère. Quand les liens se sont mal tissés entre elle et son enfant, c'est pour ce dernier une souffrance que d'affronter la première épreuve de socialisation. Reste aussi l'institution elle-même, surinvestie par les parents, et qui est un monde anxiogène: elle nourrit les élèves de connaissances et de diplômes, mais leur signale en même temps, implicitement, qu'ils n'en feront pas grand-chose. Cela me fait penser aux soldats de l'Otan, qui développent le plus d'angoisses traumatiques: ils voient venir la catastrophe, mais ne peuvent rien faire. Voir venir une catastrophe rend anxieux, ne pas pouvoir agir rend malade.


N. O. – Que peut-on faire dans une société qui tutorise mal ses enfants?
B. Cyrulnik. – Il faut inventer des manières de favoriser l'attachement entre eux et leur entourage. La femme d'aujourd'hui met au monde son premier enfant à près de 30 ans en moyenne, vit plus souvent une grossesse médicalisée, avec des tiers au milieu. Elle est plus harcelée que ses aînées et n'a pas toujours vu comment on élevait un enfant. Mais quand la famille n'existe plus, on peut essayer de la recréer. C'est le cas au Brésil et en Amérique latine. Aidés par des psychiatres et des éducateurs de rue, des adultes et des enfants sans lien du sang se regroupent en familles non biologiques, en se répartissant la place et la fonction de chacun: c'est toi le père et toi la fille. Intégrés dans ces groupes, les voyous, souvent, quittent leur bande et s'apaisent.

Propos recueillis par Anne Fohr


Le Nouvel Observateur Nº1998 SEMAINE DU JEUDI 20 Février 2003



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Published by Angélique - dans Psychologie & cie