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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
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Le TAG ou « trouble anxieux généralisé »
Il s’agit d’une maladie psychiatrique reconnue, où l’anxiété envahit tous les aspects du psychisme de la personne : une sorte d’hyperanxiété.
Quelles sont les caractéristiques de l’anxiété généralisée ?
- Une inquiétude constance concernant tous les événements de la vie quotidienne, procurant des soucis incoercibles qu’on ne peut chasse de sa conscience. On assiste, dans le TAG, à un « auto-allumage » constant de n’anxiété à propos de n’importe quoi : même des événements anodins (perte d’un objet), ou qui ne nous concerne pas directement (entendre des mauvaises nouvelles à la radio ou en lire dans le journal) vont aussitôt enclencher une tension psychologique et physique exagérée.
- Un retentissement physique important de l’anxiété
· Insomnie (difficultés à s’endormir, éveils nocturnes où l’on rumine ses soucis, inquiétudes et visions pessimistes, grincements de dents ou sursauts dans son sommeil, cauchemars) ;
· Tensions musculaire (entraînant des maux de tête, des douleurs cervicales ou dorsales) ;
· Somatisations anxieuses (comme des colites, des éruptions cutanées, etc.) ;
· De façon générale, réactivité physique excessive aux bruits et à l’imprévu (réactions de sursaut, « coups au cœur » c’est-à-dire accélérations cardiaques brutales : « Hou la, tu m’as fais peur ! »).
- une irritabilité, épisodique ou parfois chronique, envers l’entourage : usé par les soucis et harassé par ses ruminations, épuisé par ses tensions musculaires, le grand anxieux se montre vite agacé ou irritable vis-à-vis des inévitables sollicitations, dérangements et frustrations de la vie quotidienne (« On ne peut rien lui dire…Il ne supporte plus personne…Il a les nerfs en pelote… »). Cela est logique : alors qu’il lui semble déjà se débattre à grand peine dans in monde de tracas incessants, nécessitant une vigilance et des précautions permanentes, la moindre demande –même bénigne- de son entourage va devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vas.
Bien que consciente du caractère exagéré de ses angoisses et de leurs conséquences, la personnes souffrant de TAG ne peut ni les éviter, ni les contrôler, ni s’empêcher d’y replonger : elle voltige d’un souci à l’autre comme l’oiseau va de branche en branche : « J’attire les soucis comme un aimant », nous racontait même un jour une de nos patientes.
Bonheurs, malheurs et anxiété
Pour les grands anxieux, tous les moments de la vie sont source de préoccupations infinies. Un événement heureux ? Pas si simple ! Face à quelques chose de positif, l’anxieux se dire la plus souvent : « Ca ne durera pas. » Un souci ? Comptez sur l’anxieux pour transformer les petits événements négatifs en grands désastres irrémédiables : »C’est la catastrophe totale ! » Et tout ce qui se situe entre les deux, ni positif ni négatif ? Pas de repos pour l’anxieux, chez qui les événements neutres suscitent méfiances et inquiétudes : « Qu’est-ce que ça cache ? »
Pourquoi l’anxiété généralisée est-elle une vraie maladie ?
En raison de son caractère excessif, l’anxiété va entraîner de nombreux problèmes et souffrances,
· Le fonctionnement intellectuel est perturbé car l’attention de l’anxieux est constamment focalisée sur l’anticipation des problèmes. Cela va provoque chez lui des troubles de l’attention, de la concentration, de la mémoire : l’énergie mentale consommée par l’anxiété n’est plus disponible pour d’autres besoin psychiques.
· La qualité de vie est altérée car les anxieux ont beaucoup de mal à profiter de l’instant présent, à savourer les petits plaisirs quotidiens : ils vivent toujours dans l’anticipation et dans l’instant suivant. Ils ont beaucoup de mal à s’arrêter de « gamberger » pour simplement profiter de l’existence.
· Il existe à la longue un épuisement nerveux car tous les problèmes (gros et petits) sont traités de la même façon, par un souci constant. L’anxieux perd le sens de la relativisation, et la situation la plus anodine devient une source intarissable de stress.
· La multiplication des précautions pour éviter les problèmes éventuels finit par devenir contre-productive.
Est-on condamné à rester un grand anxieux toute sa vie ?
Paradoxalement, le TAG (Trouble Anxieux Généralisé) est une maladie encore assez mal connue des psychiatres et des psychologues. Sans doute parce que, pendant longtemps, on a considéré l’anxiété comme normale, sans réaliser qu’au-delà d’un certain seuil elle devenait handicapante. On évalue que le TAG concerne environ 3% des personnes adultes.
Certains patients sont anxieux depuis toujours : dès leur enfance, ils se font beaucoup de soucis pour leurs résultats scolaires, ont très peur d’arriver en retard à l’école, de participer à des compétitions sportives ; ils peuvent être très préoccupés par des événements d’actualité (guerre, pollution, catastrophes naturelles), comme par des dangers imaginaires (monstres sous le lit, existence ou non des sorcières et des mortes vivants). La prise de conscience de l’existence de la mort, angoissante pour tous les enfants, peut prendre des allures obsédantes pour les enfants hyperanxieux.
Pour d’autres, la maladie anxieuse ne commence qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte. Dans tous les cas, l’anxiété va être présente tout au long de la vie, mais avec des hauts et des bas : à certains moments, elle va s’exacerber (en général dans les périodes de stress), à s’autres elle va redevenir tolérable. Très fréquemment (environ 80% des cas), les sujets souffrant de TAG vont présenter à un moment ou l’autre de leur vie un épisode dépressif majeur.
Christophe André & Muzo Petites angoisses et grosses phobies
