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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 00:50

Qu’est-ce que l’anorexie ?

L’anorexie est une maladie mentale très grave, qui peut conduire à la mort. On vous dira dans le monde médical que se sont surtout les jeunes filles entre 15 et 20 ans qui souffrent de cette pathologie, elles refusent de manger pour des raisons mystérieuses, ou si elles se nourrissent elles vont ensuite se faire vomir dans les toilettes. Pour la plupart des médecins une jeune fille anorexique est forcement très maigre, certes c’est souvent le cas mais cela n’est pas systématique…cela ils oublient de le souligner.

Pour la majorité des gens, l’anorexie apparaît comme un caprice. Cette jeune fille, belle et intelligente, a tout pour elle…et pourtant elle ne mange pas…seulement pour faire son intéressante ? Pour ennuyer ses parents comme tous les adolescents ? Non.

L’anorexie est une véritable souffrance aussi bien physique que psychologique. Cette maladie est une spirale, une fois à l’intérieur il est quasiment impossible d’en ressortir. Vous allez me dire, mais il suffit de se nourrir. Ah si c’était si simple l’anorexie ne serait qu’une maladie bénigne. Ce n’est pas que l’on ne veut pas manger, c’est que l’on n’y arrive plus. Sans savoir pourquoi on craint de prendre du poids rien qu’en avalant quelques légumes…ça fait sourire n’est pas ? Pourtant c’est la triste vérité. Il ne se passe pas une seconde, une minute, une seconde, un jour sans que l’on pense aux aliments, ça devient une véritable obsession. Vous vous demandez certainement comment la nourriture peut devenir une monomanie…

Un jour vous vous rendez compte que votre vie vous file en les doigts, que le monde est cruel et le restera toujours, vous prenez conscience de la dureté de l’existence et des êtres humains, vous comprenez que vous n’êtes rien. Alors vous vous remettez en question…vous cherchez une solution, mais vous ne la trouvez pas. Sur cela viennent se greffer divers problèmes aussi bien professionnels que familiaux ou bien personnels. Un jour vous vous sentez étouffer sous toute cette masse de difficultés…il faut faire quelque chose…à tout prix.


L’anorexie est un refus, un moyen d’expression. Personne ne vous écoute, vous restez incomprises, alors vous chercher un moyen de vous exprimer. Un beau jour vous comprenez qu’en faisant « la grève de la faim » vous êtes enfin entendues. En effet votre mal-être se traduit par l’intermédiaire de votre corps. Mais à force d’utiliser ce moyen de communication, vous en devenez accro, et n’arrivez plus à vous en passer, vous ne savez plus vous exprimer autrement.

Vous pouviez comme moi attribuer tous ces ennuis divers à quelques kilos superflus. La société est meilleure pour les filles minces, on les admire, on les aime, on les respecte. Alors débute un petit régime pour mincir un peu. On surveille de près son alimentation, on fait de l’exercice pour se dépenser…on pense seulement à ce fameux kilo qui est en train de disparaître…tous les problèmes alentours se dissipent. La balance indiquant enfin une victoire, la joie s’empare de nous et l’on décide de continuer encore un peu. A force notre vie est seulement gouvernée par cette envie de maîtrise du poids. Pourquoi ? Vous n’avez pas encore compris ? Mais parce qu’on a enfin l’impression d’exister ! Tout le monde nous félicite de ce régime réussit…quel bonheur d’avoir enfin des compliments, quel bonheur on intéresse enfin les autres. Et pour ne pas perdre cet attrait nouveau, il ne faut surtout pas reprendre de poids voire en reperdre un peu. A partir de ce moment là, notre vie tourne autour de la nourriture et de notre apparence.

Notre société actuelle ne nous aide en rien. En effet, on remarque que les personnes minces et plutôt jolies réussissent mieux leur vie. La minceur devient donc une nécessité. Et puis de toute manière tout le monde fait un régime, donc si l’on veut continuer à avoir une vie sociale, on a intérêt à se préoccuper de son poids.

Bref de fils en aiguilles par de multiples et diverses raisons, on tombe dans les griffes de l’anorexie. On pourrait réagir mais au début de la maladie, mais on ressent enfin un sentiment de puissance et de pouvoir : On peut se passer de la chose essentielle à la vie : la nourriture. On s’alimente peu, et pourtant on est performante et active, les autres se préoccupent de plus en plus de nous que se soient des connaissances, des amis ou notre famille. On est sur notre petit nuage, le monde semble enfin nous faire des faveurs, et la faim intense provoque en nous une douce et agréable euphorie.

Puis un beau jour, on provoque l’inquiétude, on ne mange presque plus, on a la peau sur les os. Vous niez « non, je ne suis pas maigre, je vois bien dans le miroir ces rondeurs disgracieuses ».
La malade n’a pas tort, si les gens qui l’entourent la voient maigre, elle perçoit son corps toujours comme avant, avec quelques kilos de trop. Allez savoir pourquoi une anorexique ne parvient pas à se voir correctement dans un miroir…sachez que c’est comme ça. Et ce n’est pas parce qu’elle flotte dans du 34 qu’elle se sentira maigre…pour elle, elle sera toujours trop grosse : ce corps l’encombre, elle veut s’en débarrasser pour être légère. Elle ne saura jamais arrêter son maudit régime, pour elle le meilleur poids sera le plus bas possible. Elle veut être maigre à en mourir. Elle se sent grosse, pourtant elle voit ses os qui dépassent de sa chair, cela la rassure, et elle a peur de les perdre…elle a peur de perdre le contrôle…son auto contrôle qu’elle s’inflige depuis des mois, voire des années par l’intermédiaire de son poids…

En effet l’anorexie est un chaos mais elle apporte également une certaine stabilité dans notre vie. Notre problème essentiel est de maigrir ou du moins de pas grossir, d’être la meilleure possible, de rendre fier nos proches…bref on se concentre seulement sur la nourriture et le travail, donc même si une grande instabilité règne autour de nous elle nous importe peu puisqu’on ne s’en préoccupe pas. On a ainsi l’impression d’être protéger de tout, de tous, et pour se protéger encore plus on évite de voir du monde, on se renferme de plus en plus sur soi même. De plus on a tendance à s’auto punir, si par exemple vous ratez quelque chose, vous vous infligerez une punition comme par exemple un jour de jeûne.

Cette maladie nous fait aussi tout oublier, on ne sait plus comment on vivait avant…comment on s’alimentait, comment on s’amusait. Tout ce passé devient trouble. Nos passions s’envolent, notre goût de la vie aussi. Le froid nous hante, le désespoir également. On pleure sans aucune raison, on s’affaiblit, on tombe malade, on perd le peu qu’on avait…notre famille, nos amis…
Mais quand on se rend compte de tout cela, c’est trop tard, tout est détruit, on est nous même anéantie. On veut guérir, se sortir de cet enfer mais même si on hait l’anorexie, on l’aime aussi, c’est une drogue…Sans elle on est perdue, on est rien, on a l’impression de disparaître. On est prise au piège…

Lyla, 27 avril 2003

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Published by eixerona - dans Mes écrits