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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 16:55

Quand manger nous rend cinglés



par Sophie des Deserts Le Nouvel Observateur

Les régimes ? Inefficaces ! La diététique ? Des pseudo-règles qui n'ont aucune valeur scientifique ! Deux médecins partent en guerre contre l'obsession du bien manger

Le Nouvel Observateur. - D'où vous vient cette obsession, livre après livre, de pourfendre les régimes ?
Jean-Philippe Zermati. -
Il est temps que les gens comprennent qu'aucun régime, même équilibré, ne marche. Toutes les études montrent qu'ils perdent des kilos dans les six premiers mois, mais en reprennent ensuite davantage. Le taux d'échec est de 90% cinq ans plus tard. Nous voyons aujourd'hui des patients d'un genre nouveau qui souffrent d'une véritable névrose alimentaire. Manger est devenu une source d'inquiétude et de culpabilité. Ils ne savent plus s'alimenter. La nourriture, ils y pensent en permanence, ils la soupèsent et s'épuisent à se contrôler, à faire des régimes et à craquer jusqu'à en devenir boulimiques. Certains, épuisés par des années de lutte, nous demandent de les délivrer d'abord de leurs obsessions alimentaires, quitte à garder leurs kilos !

N. O. - Cela concerne-t-il vraiment tout le monde ?
J.-Ph. Zermati.
- Jeunes et vieux, pauvres et riches, hommes de plus en plus, beaucoup sont atteints ou menacés, et pas seulement les gens en surpoids et les anorexiques. Selon une récente étude internationale, près de 40% des filles de 11 ans auraient ou voudraient suivre un régime. Se surveiller devient la norme : 70% des Français disent « faire attention ». Nous sommes confrontés à une maladie de civilisation, où la névrose alimentaire tend à remplacer la névrose sexuelle d'antan. La morale dominante est aujourd'hui centrée sur les aliments et nos façons de les consommer. Le paradis, c'est la beauté et la minceur. Le péché, c'est manger des aliments défendus. L'enfer absolu, c'est être obèse. Jamais la société n'a eu un regard aussi dur sur les gros. L'obésité, c'est un manque de volonté, une tare, une faute de goût qui traduit le ratage de l'existence

N. O. - Comment en est-on arrivé là ?
Gérard Apfeldorfer.
- Nous vivons dans la société du gavage. On nous pousse à consommer toujours plus, en entretenant en permanence nos envies, et ça marche ! On se remplit de tout, sans rien désirer vraiment, à commencer par la nourriture. Nombre de patients nous racontent leur frénésie d'activités pendant la journée qui se prolonge par les pulsions alimentaires nocturnes. Manger est une façon de rester dans le tourbillon et de ne pas être livré au vide. Le mangeur contemporain se trouve pris entre deux feux. D'un côté, des incitations consuméristes subtiles, entretenues par la publicité et le marketing. De l'autre, sous couvert du nutritionnellement correct, une morale janséniste délivrée par le corps médical et les autorités publiques : une demi-heure tu marcheras, des légumes tu mangeras. De quoi rendre les gens fous.

N. O. - Il faut pourtant agir, l'obésité flambe.
J.-Ph. Zermati.
- Oui, elle touche désormais entre 8% et 10% de la population contre 6% au début des années 1990. De même, 30% des gens sont en surpoids. Il faut s'en préoccuper mais ne pas dramatiser les choses comme on le fait depuis des décennies au moyen de campagnes d'information inutiles. Elles ne font que renforcer un peu plus l'inquiétude de la population et sa quête de prescriptions.

N. O. - Mais dans une société de l'abondance, ne nous faut-il pas quelques bonnes règles : manger équilibré, à heures fixes, éviter le grignotage... ?
J.-Ph. Zermati.
- Ces pseudo-règles diététiques n'ont aucune valeur sur le plan scientifique, d'autant que ce qui est bon pour une population n'est pas forcément bon pour un individu. Le nombre de repas est sans influence sur la perte de poids. On peut manger dix-sept fois par jour pourvu qu'on ne dépasse pas ses besoins, préférer de bons dîners aux petits déjeuners copieux, et manger du chocolat sans complexe. Il ne doit pas y avoir d'aliments tabous. On peut même perdre du poids en continuant de manger du sucre et du gras pour peu qu'ils soient consommés avec faim. Il faut cesser d'écouter tous les conseils des spécialistes de l'alimentation... C'est une véritable cacophonie : les règles changent au fil d'études qui s'accumulent et finissent par se contredire. On dit qu'il ne faut pas mélanger les féculents et les graisses, qu'il faut boire de l'eau et avaler des fruits mais en dehors des repas, manger des crudités mais pas trop. Voilà la charcuterie, produit maléfique par excellence, aujourd'hui réhabilitée pour la prévention de certaines maladies cardio-vasculaires... Il faut absolument nous débarrasser de toutes ces règles.

N. O. - Mais n'est-ce pas illusoire ? On a toujours mangé selon des normes...
G. Apfeldorfer. -
C'est vrai, notre rapport à la nourriture a toujours été façonné par notre culture et nos valeurs. Mais dans ce cadre, on mangeait avec nos sens, sans trop y penser. On savait s'empiffrer, mais après on faisait maigre : après Noël, le carême... Au pays de la gastronomie, on savait écouter son corps. C'est d'ailleurs ce qui nous a longtemps protégés contre l'obésité.
J.-Ph. Zermati. - A contrario, les Etats-Unis ont, dès 1850, adopté une approche rationnelle de l'alimentation et de vastes programmes de nutrition. Au pays de la diététique triomphante, c'est l'esprit qui doit contrôler le corps. On en voit aujourd'hui les dégâts : malgré la multiplication des campagnes d'amaigrissement, malgré l'étiquetage généralisé et l'invasion de produits allégés, l'obésité est en constante progression. Plus on donne de l'information aux gens, plus ils sont désorientés. L'hypercontrôle entraîne irrémédiablement du relâchement et de la compulsion. Se priver fait grossir. Seule une toute petite minorité réussit à ne jamais lâcher, mais au prix, souvent, de dégâts importants sur la personnalité.

N. O. - Mais les Américains ne sont-ils pas plutôt malades des quantités de frites et de Coca qu'ils ingurgitent ?
G. Apfeldorfer. -
On peut très bien déjeuner d'un hamburger et de frites. Le problème, c'est qu'on n'arrive plus à manger ces produits avec modération parce qu'ils sont diabolisés. Même Coca et McDo l'avouent implicitement avec leurs campagnes de promotion pour la nutrition... Joli coup de marketing : plus c'est interdit, plus on a évidemment envie de transgresser. Les enfants américains ont beau connaître, dès l'âge de 5 ans, les aliments mauvais pour leur santé, ils s'en gavent... On n'est pas loin de les considérer comme des délinquants alimentaires.

N. O. - Vous n'êtes pas un peu alarmiste ?
G. Apfeldorfer.
- Non, je fais le pari que, dans quelques années, manger un gâteau à la crème sera considéré comme un délit. En Grande-Bretagne, on envisage de ne plus soigner les gens obèses qui refusent de faire des régimes. Les Américains réfléchissent à des allègements d'impôts pour ceux qui acceptent de s'inscrire dans un club de sport. Les Pays-Bas ont déjà mis en place un étiquetage pour signaler les aliments dangereux et les aliments diététiquement corrects. Dans cette société matriarcale où l'Etat est la grande maman de tout le monde, les citoyens, innocents irresponsables, perdus, finissent par demander qu'on les prenne en charge. La répression est en marche, y compris en France.

N. O. - Vous voulez parler du Programme national Nutrition-Santé (PNNS), que vous fustigez tout au long de votre livre. Il ne s'agit tout de même pas d'un programme totalitaire...
J.-Ph. Zermati.
- En apparence, le PNNS est anodin, d'ailleurs personne ne connaît son existence. Mais tout le monde l'applique sans le savoir : on est censé manger cinq fruits et légumes par jour, limiter la consommation de gras et de sucre... Les intentions sont louables, mais ces règles sont inefficaces - l'objectif de réduire en cinq ans l'obésité de 20% n'a pas été atteint - et même contre-productives. Manger équilibré est un leurre, c'est un régime qui ne dit pas son nom. De telles normes sèment l'inquiétude, y compris chez ceux qui n'ont pas de problèmes de poids.

N. O. - Mais alors que préconiseriez-vous ?
G. Apfeldorfer. -
Quand on veut dormir, on se met en condition pour bien dormir. Pour se nourrir, c'est la même chose. Il faut prendre son temps, partager des repas avec d'autres et choisir des nourritures dont on pense du bien. Manger à sa faim ce qui nous tente, et s'arrêter quand on est rassasié. Arrêtez de manger avec votre tête, fiez-vous à vos sensations.


« La Dictature des régimes : attention ! », par Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati, Odile Jacob, à paraître le 2 mars, 21 euros.


Jean-Philippe Zermati, psychothérapeute et nutritionniste, est l'auteur de « Maigrir sans régime ». Il préside le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids.
Gérard Apfeldorfer , psychiatre, a déjà publié chez Odile Jacob « Maigrir, c'est fou » et « Maigrir, c'est dans la tête ».

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Published by eixerona - dans Revue de presse