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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 13:25

 

 

Dedans/dehors : soi et les autres.

De la culpabilité à la clandestinité 

Il est honteux de manger en public. En tout vas c’est ce que pensent la plupart des personnes qui se cachent pour le faire. Notamment quand la nourriture sort d’un cadre bien codifié et reconnu. Il faut prendre garde au lieu, à l’heure et à la quantité consommée.

[…]

La crise est un moment profondément narcissique où le mangeur vit un instant en vase clos, suspendu entre l’autodestruction et l’onanisme. La crise ne souffre pas d’autre regard que le sien. Et encore, ce regard est chargé d’une telle culpabilité qu’il se mêle aux discours normatifs de l’enfance et tend à s’oublier lui-même.

[…]

En boulimie manger n’est pas un plaisir, c’est une nécessité.

 

 

La dépendance 

 

1)      la relation à la nourriture

Les compulsions alimentaires se produisent de préférence en des lieux, à des heures ou des périodes de la vie où cette relation au monde devient floue. Notamment chaque fois que nous transformons plus ou moins consciemment notre identité sociale (quand nous avons le sentiment de ne pas être totalement « vrais »), et chaque fois que nous changeons de position face aux autres (lorsqu’une activité où nous avions le sentiment d’exister s’achève). Nous craquons plus facilement le soir, après une journée de travail ou en fin de semaine, pendant les périodes de vacances ou de chômage. Il existe un jeu de va-et-vient entre la nourriture et note état social.

[…]

A force de manger du vide, il faut d’énormes quantités pour se remplir.

 

 

2)      les choix alimentaires

Les mangeurs compulsifs sont des mangeurs divisés. Ce déchirement est ressenti comme deux états autonomes du moi : l’un veut mincir et l’autre résiste en poussant le premier à manger. Mais ces deux êtres vivent réellement sur des planètes différentes, dotées d’une culture, d’une vie sociale, de comportements et surtout de styles alimentaires distincts.

[…]

Sur la période régime, nous ne mangeons que certaines substances à connotation « pure », sur la planète « bonne chère », nous engloutissons avidement tout ce qui est gras et (ou) sucré. Sans comprendre ni pourquoi ni comment, nous passons sans mélange d’une disposition à l’autre. Nous pouvons nous lever le matin fermement décidés à nous reprendre en main, mais au cours de la journée, souvent le soir ou l’après-midi, cette autre part de nous ressort et nous possède. Parfois le rythme de cette alternance est plus lent et nous nous prolongeons pour un temps la course folle après la sainte perfection avant de revenir déconfits à notre première condition.

Le chois des aliments que nous faisons dans l’un ou l’autre monde trahit et renforce notre cassure.

[…]

Lorsque nous sommes en phases « boulimique », il est nécessaire, pour que nous ayons le sentiment d’avoir mangé, soit que nous nous sentions pleins à craquer, soit que le goût des aliments se fasse particulièrement intense et durable. La température, la consistance, la forme, la couleur et l’odeur des aliments exaltent ou inhibent nos possibilités d’appréciation.

 

 

3)      les aliments déclencheurs

Il existe des aliments déclencheurs. Dès que nous y goûtons, il se produit un enchaînement inexorable qui nous conduit à une perte de contrôle plous ou moins importante.

[…]

Si nous commençons « mal » la journée, il nous est pratiquement impossible de réfréner nos intempérances le soir.

[…]

Pour chacun des aliments déclencheurs, il existe une quantité minimale qui provoque la perte de contrôle, c’est ce que j’appellerai la dose de déclenchement. Cette quantité est variable d’un individu à l’autre, et pour une même personne, elle peut passer, suivant les aliments de quelques miettes à quelques bouchées. En dessous de cette dose tout se passe comme si ça ne comptait pas.

 

 

4)      les aliments inhibiteurs

Il existe également des aliments inhibiteurs dont la fonction passe souvent inaperçue. Si par exemple recevant des amis à dîner, et après avoir copieusement mangé, nous terminons par un gâteau au chocolat, nous sommes parfaitement capables de finir les restes après leur départ ou de faire un tour au réfrigérateur avant de nous coucher. En revanche, si nous clôturons ce même repas par une pomme, il est possible que nos capacités de contrôler s’en trouvent renforcées et que nous allions au lit sans rien grignoter d’autre. La pomme aura joué le rôle d’aliment inhibiteur.

Comme il existe une dose de déclenchement, il existe également une dose d’inhibition en dessous de laquelle ces aliments ne sont pas efficaces. S’il  nous venait à l’idée de croquer deux tomates après une tablette de chocolat, il y a de fortes chances pour que nous maîtrisions mieux la suite des événements. Mais généralement nous ne sommes pas alors en « phase tomate ».

Les raisons de ce pouvoir qu’exercent sur nous les aliments, ou plutôt le pouvoir que nous leur conférons, semblent être liées à la fois à des activités cognitives –« au point où j’en suis, je continue. Puisque je suis un incapable, autant l’être complètement, etc. »-, à la conscience de manger et à la valeur symbolique que nous attribuons à ces aliments. Ils modifient pour un temps notre position face au monde. Les nourritures qui viennent du dehors entrent en nous et nous donnent le sentiment de combler un vide. Nous devenons un peu ce que nous mangeons : pureté, impureté, avilissement et apaisement intimement mêlés.

 

5)      les aliments neutres

Les aliments neutres n’ont aucun pouvoir. Ce sont parfois certains fruits comme les mangues, ou encore des plats où sont associés « pur » et « impur » : des tomates avec de la mozzarella, de l’origan et un filet d’huile d’olive, etc.

Les aliments neutres sont les cousins pauvres de la famille, ils ne sont pas nombreux. Il suffit parfois que nous mettions 20 g de fromage râpé sur d’innocentes endives au jambon dégraissé pour les faire changer de statut et les affubler d’un pouvoir déclenchant.

 

Extrait du livre La faim en soi

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Published by eixerona - dans Boulimie & compulsions