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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 23:09

 

Ce contrôle auquel tu t’es soumise a commencé bien insidieusement à ton retour des Etats-Unis. Dans le cadre des résolutions de rentrée, tu as décidé de ne plus dîner.

 

 

Cela m’a paru irréalisable, je te donnais quelques jours pour réintégrer le repas familial. Mais tu as tenu bon. Je ne me suis pas alarmée, je ne voyais qu’un régime comme ceux auxquels Dorothée s’était astreinte. Elle avait mené toute son adolescence un combat contre son trop bon appétit sans jamais aucun préjudice pour sa santé.

 

 

Tu t’affinais, ta silhouette devenait plus élancée, tu étais belle. Fidèle à tes habitudes, tu sortais beaucoup, tu cherchais à plaire et à séduire dans des tenues légèrement provocantes.

 

 

Ton premier trimestre de la classe de Première s’est déroulé normalement, tu restais l’élève dont les résultats tournaient autour d’une honnête moyenne. Tu n’avais jamais eu le goût du travail acharné et tu t’étais jusqu’alors contentée du petit train-train qui permettait de passer de classe en classe.

 

 

Mais, en trois mois, tu avais perdu dix kilos.

 

 

Inscrite dans un club de gymnastique, tu y étais très assidue.

 

 

Une vague inquiétude commençait à me gagner, et ma voix s’élevait pour te donner des conseils de prudence : l’image que tu renvoyais de toi était superbe, il fallait t’arrêter là.

 

 

Tes amies te complimentaient sur ta nouvelle ligne, tu te sentais forte et sûre de toi.

 

 

Quand je formulais quelque réserve à propos des efforts que tu t’imposais et du régime qui persistait, ton père me rassurait et me vantait ta force de caractère. Je me faisais sans doute des soucis pour rien, la raison n’avait rien à voir là-dedans, nous allions vire en faire l’expérience.

 

 

Tu ne mangeais alors plus grand-chose, tu disais ne plus aimer ce qui était gras ou farineux. Tu triais avec une extrême minutie tout ce qu’on mettait dans ton assiette, comme si tu craignais d’être empoisonnée ! Tu m’accompagnais au supermarché, tournant et retournant à la rechercher des produits les plus allégés. Quand nous allions au restaurant, tu hésitais indéfiniment avant de faire ton choix et tu arborais le sourire le plus enjôleur pour demander que ton plat te soit servi avec la sauce à part.

 

 

Ce que nous prenions pour des caprices commençait à mettre notre patience à rude épreuve. Mes conseils de modération ne servaient à rien. De mince, tu es devenue maigre, ton visage s’est émacié. Quand tu faisais des courses, tu étais ravie de pouvoir choisir les plus petites tailles qui bientôt allaient se révéler trop grandes.

 

 

La fille forte qui savait ce qu’elle voulait, qui conduisait énergiquement sa vie, commençait à ne plus très bien comprendre où elle en était et se refermait sur elle-même.

 

 

 

 

Voilà ce que écrivais à ta cousine Marina :

 

 

« Le problème est que vers le mois de juin 1991, je ne me sentais pas bien dans ma peau et me trouvait un peu bouboule, je pensais qu’avec quelques kilos en moins, cela irait beaucoup mieux. J’ai donc essayé de maigrir, au début sans succès puis j’ai réussi. Mais je me rends compte que moralement rien n’a changé et que ce n’est pas parce que je suis mince que j’ai la pêche. Alors qu’est-ce qui ne va pas ? C’est peut-être juste la mutation de l’adolescence. »

 

 

 

 

Tu devenais exaspérante avec toutes ces nouvelles manies qui, peu à peu, envahissaient tes repas ou leur préparation. Parallèlement, on se te sentait vulnérable et on avait envie de t’entourer davantage, de te protéger comme on l’avait fait jadis pour Solenn petite fille.

 

 

Véronique Poivre d'Arvor A Solenn

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Published by eixerona - dans Extraits et citations