Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

Recherche

Citation

  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

Archives

°~°~° Bienvenue °~°~

un--55-.jpg

Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 22:57

 

 

A la sortie de ta première hospitalisation, en décembre 1992, nous avons toutes les deux arpenté les boutiques de décoration pour choisir tentures, rideaux et coussins.

 

Tu n’étais pas très solide, les vendeuses te regardaient avec un drôle d’air, se posant sûrement mille questions sur ta maigreur.

 

Depuis le début de ton anorexie, tu ne savais plus te décider, tu hésitais sur tout mais, pour une fois, tu as jeté assez vite ton dévolu sur une toile d’un jaune très lumineux. A t’entendre, avec une telle couleur, on ne pouvait plus avec des idées noires.

 

Et c’est la veille de Noël qu’on posait la moquette pour que tu puisses enfin t’installer.

 

La présence des ouvriers et la préparation du réveillon m’avaient empêchée, pour la première fois, de t’accompagner à l’hôpital. Tu devais t’y rendre chaque semaine pour une visite de contrôle. Ton médecin était en vacances ; tu allais voir l’interne.

 

Ces visites étaient devenues pure routine, je n’étais pas trop inquiète quand tout à coup le téléphoné a sonné. Au bout du fil, le chef de service me faisait savoir qu’il te gardait, ton poids avait redégringolé, tu étais en hypothermie. Nous t’avions promis depuis longtemps des vacances aux Antilles. J’étais effondrée, je suppliais qu’on te laisse sortir au moins pour la soirée de Noël. Le médecin, inflexible, me demandait de venir t’apporter des affaires et d’accomplir les formalités d’admission.

 

La mort dans l’âme, je me préparais à obtempérer quand tu es arrivée en taxi comme une fleur, très contente de ton coup. Tu t’étais sauvée. Tu as su convaincre Patrick de décharger l’hôpital de sa responsabilité. Votre volonté à tous les deux a été plus forte que la raison que je prônais et l’inquiétude qui me rongeait.

 

C’était la première fois que tu t’enfuyais d’un hôpital, ce ne serait pas la dernière ; en deux ans, tu es devenue une spécialiste de ces performances.

 

Nous avons donc fêté ce Noël en compagnie de grands-parents qui ignoraient tout de ton état et à qui j’essayais de cacher mon angoisse.

 

Nous avons pris l’avion le lendemain pour une île belle et ensoleillée dans laquelle l’assistance médicale était des plus réduites.

 

Tu as continué à chipoter dans ton assiette, tu as exhibé sur la plage avec fierté ce corps squelettique que je ne pouvais regarder sans effroi ni souffrance, tu as partagé avec Morgane des secrets et des rires.

 

Nous avons fait de grandes promenades par des sentiers escarpés sous un soleil torride, tu allais de l’avant comme une petite chèvre courageuse.

 

Tu ne tenais que par un souffre, mais tu avais une énergie terrible. Je sais maintenant que nous avons frôlé la catastrophe, tu pesais à peine trente kilos. Pendant ces quelques jours, tu as été heureuse, tu as profité de la liberté dont on avait essayé de te priver et aujourd’hui encore je me réjouis de ces instants fragiles de bonheur.

 

 

Véronique Poivre d'Arvor A Solenn

Partager cet article

Repost 0
Published by eixerona - dans Extraits et citations