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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 23:45
Alain, 52 ans, ou l'anorexie au masculin

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Annick Benoist

 

Agence France-Presse

 

Paris

«Les autres sont dans la vie, je suis en dehors de la vie. J'en souffre atrocement. Au point que je me suis forgé une carapace, de peur de souffrir davantage. Ce qui renforce encore mon isolement. Je ne sais pas comment sortir de ce cercle vicieux».

À 52 ans, Alain G., tourne depuis plus de 30 ans autour d'une anorexie obsédante, omniprésente, qui martyrise sa pensée, comme son corps. 46 kilos pour 1,75m, ostéoporose, fractures de fatigue. Plus de cheveux. Plus de dents à cause des vomissements quotidiens.

Sans compter les urgences et hospitalisations à répétition. En raison de ses «TS» (tentatives de suicide) médicamenteuses : il en compte cinq pour ce seul mois de juillet. Certains de ses amis -avertis par message- ont pris leurs distances, redoutant un chantage affectif. Trop violent.

Lui-même avoue : «Je me plains d'un grand vide et, paradoxalement, je crée le vide».

Dans son studio parisien, méticuleusement tenu et décoré -il se veut «esthète»-, Alain s'inquiète de votre confort, de votre faim ou de votre soif éventuelles. S'excuse des jappements de sa petite chienne qu'il gourmande, enferme dans la salle de bains. S'excuse encore dix fois avant de se livrer.

Tout a commencé à l'âge de 21 ans, à la faveur d'une hépatite B qu'il avait contractée en laboratoire, en deuxième année de médecine à la fac d'Amiens.
«Un prétexte, je pense. Sans doute l'anorexie était-elle sous-jacente».

Était-ce parce que ses parents attendaient trop de lui? Son frère aîné était un garçon «à problèmes», souffrant de troubles psychiatriques, placé en hospitalisation d'office pour avoir menacé son parrain de le tuer. A-t-il voulu «réparer» sa défaillance aux yeux des parents?

«Toujours est-il que j'ai été un petit garçon bien sage, poli, sans excentricité vestimentaire. J'ai porté des culottes courtes très tard, je n'avais pas droit aux jeans».

Était-il vraiment cet enfant sage, ou jouait-il un rôle? Il s'interroge encore. Se repenche sans cesse sur ce passé qu'il perçoit comme «ennuyeux», mais baigné de l'affection des siens, de la douceur d'une grand-mère paternelle qui vivait à demeure.

Adolescence solitaire, apparemment sans problème. Sauf que... À la troisième rencontre, Alain évoque avec réticence cette histoire d'attouchements, subis vers 12-13 ans. Quelque chose qui émerge dans ses entretiens actuels avec son thérapeute.

D'une façon générale, sa sexualité est réduite à sa plus simple expression : «je suis quasiment puceau. À l'époque de mon adolescence, on ne parlait pas de sexualité, on disait seulement qu'il fallait faire attention avec les nanas, sans explications».

Quand l'hépatite s'est déclarée, Alain est retourné chez ses parents. «La maladie a été le prétexte à rentrer dans l'anorexie. Restrictive d'abord ("je pouvais rester 4, 5, 6 jours sans manger"), puis boulimique ("sachant que je pouvais tout régurgiter"), avec des addictions à l'alcool ("désinhibiteur").»

Depuis, chaque journée est la même : «une orange le matin, une ou deux pommes à midi et, le soir, une crudité, un petit bout de jambon, un peu de baguette. Puis les vomissements -même pour trois grains de riz-, qui calment l'angoisse, mais qui fatiguent. Alors je dors».

Les plaisirs? «En dehors de deux heures de marche quotidiennes, je ne me souviens pas en avoir eu. Je pense que je n'y ai pas droit. Que si je me lâchais, j'aurais peur de ce qu'on pourrait penser de moi. Peur de décevoir, de faillir».

le 11 septembre 2007
http://www.cyberpresse.ca/article/20070911/CPACTUEL/70911020/6716/CPACTUEL03

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Published by Angélique - dans Revue de presse