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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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°~°~° Bienvenue °~°~

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

25 novembre 2005 5 25 /11 /novembre /2005 21:35

[...] je décroche le téléphone - c'est le milieu de la nuit- et j'appelle la maison. "Je suis vraiment désolée, mais il faut que je rentre. J'espère que ça ne vous dérange pas."

Ca les dérangeait.

Des années plus tard, mon père m'a expliqué pourquoi. "Je t'avais dit tant de fois que tu ne mangeais pas assez, que tu avais l'air mortellement malade. On te l'avait  tellement répété et, toi, tu mentais. Tu mentais chaque jour un peu plus. Quand tu nous as annoncé que tu voulais rentrer, je me suis dit qu'il valait mieux que tu sois malade."

Je comprends mes parents. Après avoir regardé leur enfant jouer avec la mort pendant 4 ans, je comprends qu'ils en aient eu marre de ce petit jeu-là. Je vois comment ils ont été obligés de se distancer pour se protéger. Et je vois aussi comment on peut refuser d'accepter que, cette fois, cette enfant s'est effectivement jetée dans le vide.

Mon père a catégoriquement refusé de voir que c'était la fin. Moi aussi d'ailleurs. J'avais une attitude totalement contradictoire: je savais qu'il fallait que je rentre, mais je ne voulais pas reconnaître que j'étais vraiment malade. J'ai menti sur mon poids et je leur ai dit que j'étais tellement stressée que des vacances me feraient du bien. Mon père m'a suggéré de travailler moins. Je suis devenue hystérique, terrifiée à l'idée que ma seule chance de salut ne me file entre les doigts: la fille qui crise "Au loup!" prise à son propre piège. Quand j'avais ma mère au bout de fil, je la suplliais de convaincre mon père de me laisser rentrer à la maison. "Juste pour faire un break", lui disais-je. Il s'est écoulé un certain temps -quelques jours? quelques semaines? je ne sais plus - pendant lequel mon père et moi avons parlementé pour décider s'il fallait que je rentre. Ma thérapeute est intervenue en ma faveur, ma colocataire aussi. Et puis, un jour, j'ai décidé de laisser tomber la fac. Je suis allée voir ma conseillère et lui ai annoncé que j'étais anorexique et que j'avais besoin d'un congé. Elle s'est montrée extrêment compréhensive. Elle a appelé mes parents et leur a dit que j'avais apparement vraiment besoin de repos. J'ai fait mes valises, j'ai démissionné du journal et j'ai sauté dans un avion pour Minneapolis.

Disons que l'acceuil n'a pas été exactement chaleureux.

Je comprends. Cela doit être désagréable de regarder son enfant et de se dire qu'il va mourir. Mon père était furieux. Ma mère était tellement angoisée qu'elle ne disait pas un mot. Le soir de mon arrivée, elle s'est assise avec moi dans la cuisine pendant que j'avalais un bol de céréales après l'autre. Après, j'ai pleuré parce quye j'avais trop mangé. "Chérie, ne dis pas ça." Je lui ai demandé, sondant ses yeux en quête d'une réponse, si elle pensait que j'étais folle. Il y a eu un silence atrocement long. On entendait le tic-tac de la pendule. J'avais gardé mon manteau.

Elle m' a dit en regardant par la fenêtre: "je crois que tu es très malade."

Il m'a fallu une minute pour comprendre qu'elle venait de me dire oui.

Marya Hornbacher, Piégée

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Published by eixerona - dans Extraits et citations