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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 23:00

 

Anorexie, à trente ans aussi...


Ce trouble alimentaire grave ne touche pas que les adolescents, les adultes en souffrent également. Mais cette maladie reste méconnue et sous-estimée, une véritable souffrance cachée.

Elle est intelligente et dynamique...Un peu trop mince, peut-être. Appréciée de tous, mais toujours pressée. On ne la voit pas aux pots entre collègues et, pour déjeuner, elle grignote une feuille de salade. Elle déborde de projets. Puis un jour, on apprend qu'elle est à l'hôpital, malade de ne pas manger. Elle a 25, 30 ou 40 ans et elle est anorexique.

C'est le corps qui crie au secours
Maladie méconnue, l'anorexie des adultes n'a pas donné lieu à des statistiques. On sait qu'elle touche surtout les femmes (si à l'adolescence, 1 anorexique sur 10 est un garçon, on ne dispose pas d'indication sur leur devenir). Les médecins spécialisés commencent tout juste à prendre la mesure d'un phénomène diffus. Et, à bien y penser, qui ne connaît pas une jeune femme ou une amie d'amie, désesprérément maigre? "Nous sommes nombreuses, assure Mélissa, elle-même anorexique. Je les vois dans la rue, dans les soirées. Les autres ne soupçonnent rien, mais nous nous reconnaissons mutuellement. C'est tout le corps qui crie au secours par des attitudes, des comportements." L'anorexie adulte peut même susciter l'agacement: " A 30 ans, on sait ce qu'on fait; elles n'ont qu'à se forcer un peu", pense-t-on généralement. Non, elles ne peuvent pas justement. "L'anorexie est un interdit intériorisé, une barrière absolue, explique le Dr Alain Meunier, psychiatre. La seule idée de manger est insupportable." Le débat sur ces causes reste ouvert. "Les anorexie qui émergent brutalement à l'âge adulte sont assez rares, explique le Dr Meunier. Il s'agit d'une réaction différée à un problème d'adolescence non résolu. On s'en rend compte souvent que ces jeunes femmes avaient déjà tendance à se faire vomir. Elles sont, en fait, anorexiques depuis longtemps." Quand on étudie le devenir des ados malades, la réalité est froide et cruelle. " Parmi les anorexiques adolescentes, 5 à 10% succombent à la maladie, par suicide ou des suites de la privation alimentaire, estime-t-il, parmi celles qui survivent, un tiers guérissent totalement, les autres gardent des séquelles. Ce sont elles les adultes anorexiques."


Retrouver le chemin d'une vie normale

On remarque chez ces femmes deux profils. Celles qui continuent à vivre sous l'emprise permanente de l'anorexie ou du duo anorexie-boulimie. Leur quotidien s'organise autour du dilemme "manger ou pas", de l'évitement des repas en public, des décomptes de calories. Pour elles, l'alimentation est obsédante. Et celles qui gardent un "caractère anorexique". Elles peuvent vivre normalement durant de longues périodes, mais rechutent quand un problème surgit dans leur vie. Alors que d'autres dépriment ou deviennet insomniaques, ces jeunes femmes-là arrêtent de manger, c'est leur "symptôme d'élection". La guérison est possible. Ces personnes ont généralement réussi à s'en sortir une première fois à l'adolescence. Elles ont gardé en tête les traces d'une vie normale. Elles peuvent en retrouver le chemin. " Tout comme il y a un déclic d'entrée dans la maladie, il y a un déclic de sortie, explique Clothilde Van Lerberghe, psychologue et ancienne anorexique. La prise en charge médicale va dans ce sens: aider la personne à trouver ses mots, à s'exprimer autrement que par la maladie." C'est sur ce plan que conjoint, famille, amis proches peuvent intervenir. Il ne faut pas harceler la malade pour qu'elle mange ni se focaliser sur son assiette. Ne pas non plus la pousser devant un miroir pour ne pas risquer de provoquer une réaction d'opposition. Il est inutile de la culpabiliser- elle s'en charge déjà elle-meme! "L'entourage doit exercer une pression douce pour la mener à consulter n mdédecin, le psychiatre, le nutritionniste ou au moins des associations, afin de l'aider à sortir de cette vie en souffrance", conclut le Dr Meunier.


Christine Baudry, version femina


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Clémence, 40 ans, vendeuse en rayon alimentaire, Saint Etienne
Mon problème a commencé à 35 ans. Mais au fond de moi, je n'ai jamais eu 35 ans, j'ai toujours eu 15 ans. C'est cette petite fille qui est anorexique, qui n'a pas envie d'être femme, qui a toujours peur de déplaire à tous et surtout à son père...Je n'ai pas fait de crise d'adolescence. Je suis restée enfermée dans mon cocon, dans un état intermédiaire, étrangère aux autres et à moi-même, je ne sais pas qui je suis...A l'époque, j'étais hyperactive: responsable d'équipe dans une maison de retraite, je préparais un mémoire de morphophychologie et j'avais commencé des études d'esthéticienne. Tout le monde se demandait comment j'y arrivais. J'ai commencé par me focaliser
sur certains aliments: ne pas manger que des oignons ou des piments...Il n'y avait que cela qui passait. Je n'avais jamais faim, pourtant j'étais gourmande avant! Il a fallu m'hospitaliser quand j'ai pesé 40 kg pour 1.63m. Prendre un bain était un cauchemard, je ne pouvais plus me regarder. J'aurais voulu me séparer de mon corps. Cela va un peu mieux aujourd'hui. Je mange juste ce qu'il faut, comme un cheval qui prend son avoine pour galoper. Et je me bourre de complément alimentaire pour tenir. J'ai gardé des répulsions: je n'ai pas avalé un fruit depuis 5 ans. Mais j'ai aussi des compulsions: le soir je peux me jeter sur un pot de 1.5 kg de pâte de chocolat et m'en gaver, sans me faire vomir toutefois. Mon espoir? Un jour découvrir qui je suis. Coller les morceaux. Retrouver une "densité" intérieur; manger, cela suivra.


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Mélissa, 25 ans, comptable, Paris
J'ai commencé à être anorexique-boulimique à l'âge de 12 ans; je pouvais vomir 20 ou 30 fois par jour. Mon poids se maintenant vaille que vaille et mes parents n'ont rien vu. Je cherchais une perfection physique absolue. Je pensais que, en contrôlant mon corps, je contrôlerais tout: la perfection professionnell, affective...Aujourd'hui, grâce à une thérapie et à ma diététicienne, j'ai appris à lâcer prise et même à rire de mes crises! J'ai passé un cap, j'attends un enfant. Mon ami m'aide beaucoup, il a
rencontré ma diététiciene pour essayer de comprendre cette autre personnalité qui est en moi. Je peux être odieuse quand je suis en crise. Je suis alors uniquement focalisée sur la nourriture et me pose sans cesse la question: est-ce que je vais réussir à manger? Je sais que c'est un problème émotionnel: la moindre réflexion prend une ampleur démesurée. Un problème avec mon conjoint, la fatigue...Il suffit d'un stress pour que je retombe. En réalité, cela ne se termine jamais. J'ai l'impression qu'il y aura toujours une pulsion. Je me prépare à lutter tout ma vie.



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Catherine, 30 ans, sans profession, Moulins
Dès que j'ai des accès de cafard, cela retentit sur ce que je mange. Les quantités diminuent, il me vient des dégoûts et des sensations
d'angoisse. Cela peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines...Cela a commencé à 16 ans. Il a fallu m'hospitaliser: je n'arrivais pas à manger et je vomissais le peu que j'avalais. J'ai pas pu suivre d'études. Je voulais devenir reporter-photographe. On m'a dit à l'école que ce n'était pas un métier pour moi, que je n'y arriverai pas. On a saccagé mes espoirs. Puis, j'ai été malade et l'école a refusé de me reprendre. Plus tard, je suis venue à Paris faire des petits boulots. J'ai été embauchée dans un McDonald's. L'équipe était formidable, je n'ai jamais été si heureuse. Malheureusement le décès d'un être cher m'a fait rechuter. Aujourd'hui je vis avec une allocation d'adulte handicapé. En ce moment, je pèse 37 à 38 kg pour 1.66m. J'arrive à me maintenir. J'apprends le japonnais et je veux m'en sortir. Mais manger reste quelque chose de pas normal, de pas naturel.



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Béatrice, 29 ans, ingénieur, Toulouse actuellement hospitalisée, sa maman raconte
Béatrice est hospitalisée. Son anorexie est réapparue et elle souffre aussi d'une dépression grave...C'est elle qui a demandé à être prise en charge. Quand son anorexie s'est déclarée pour la première fois, elle avait 23 ans. Elle était tombée à 27 kg pour 1.64m. Elle a été soignée à la maison. Puis nous avons cru, pendant 6 ans, qu'elle allait mieux. Jusqu'à cet automne...Pourquoi cette maladie? On se le demande encore...la première fois, peut-être à cause d'une rupture entre nous et ses grand-parents. Il est possible qu'elle se soit sentie responsable. Elle culpabilise très facilement. Et cette fois, elle aurait rechuté à cause d'une déception professionnelle...Elle est si exigeante envers elle-même! Depuis quelques temps, elle ne dort plus. Elle fait des marches forcées de 4h par jour pour libérer une énergie, une angoisse qu'elle sent en elle. Elle aimerait manger, elle aimerait manger, elle n'y arrive pas. Elle qui veut tout contrôler, elle se sent d'autant plus coupable d'avoir cette maladie.

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Published by eixerona - dans Anorexie