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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

27 octobre 2005 4 27 /10 /octobre /2005 23:00

 

Je ne m'appartiens plus. J'ai perdu une part de moi-même, la part la plus importante mais dont j'a oublié le nom. Désormais, je ne suis plus moi. Je suis autre et ailleurs, l'anorexique et la grande perdante, égarée au centre de nulle part. Je me laisse mourir, faute de réussir à gérer idéalement ma vie.
J'ignore si j'avance ou si je recule. Je ne sais plus comment je m'appelle. J'ai perdu mon identité dans un trop-plein de souffrance.



* * * * * * * * * *




Je ne me rappelle plus à quel moment j'ai commencé à me détester. J'ai souvent l'impression que toute cette haine mêlée de colère et d'insatisfaction a grandi en même temps que moi. Peu importe les dates. je sais seulement que, plus je passe du temps en moi-même, plus je m'horripile.
J'ai trouvé - ou est-ce elle qui m'a élue? - l'anorexie pour me fuir, pour ne plus ressentir ce terrible malaise entre moi et moi.
Aujourd'hui, maintenant que l'anorexie est devenue moi, je me demande si elle m'a permis de m'aimer ou de me haïr davantage...



* * * * * * * * * *



Il y a une douleur incompréhensible, non identifiable qui me blesse un peu plus à chaque miette.
Je m'emplis de nourriture, et je souffre.
Alors, je maigris pour planer au-dessus de cette invisible douleur, dans une vie à laquelle je ne participe plus et qui, de toute façon, m'indiffère je crois.
La paix du vide me rassure, me sauve, alors que la torture du plus me rappelle mes brisures intérieures qui augmentent toujours.
Je suis irrésistiblement attirée par la mort, qui me semble la seule issus possible face à cette vie que je n'arrive pas à changer car elle me paralyse autant que mon assiette.



* * * * * * * * * *



Je suis une femme morcelée, incomplète. Et je n'arrive pas à me remplir de vie.
Il me manque quelque chose que je ne peux pas nommer mais qui, je le sens, me promettrait le bonheur.
Je suis VIDE, VIDE, VIDE et je perpétue ce vide qui est tout ce que je connais, tout ce dont je me rappelle. Je n'ai plus de nom.



* * * * * * * * * *


Ma souffrance n'a aucun sens.
Et elle me met sens dessus dessous.
Elle ne s'explique pas, ne s'avoue pas.
Elle reste immatérielle, mais si étouffante que je n'ai pas d'atre choix que de l'illustrer par mon corps souffrant.
Mon corps signifie.
Il est la métaphore de la douleur oppressante qui m'empêche de m'aimer, qui confirme sans relâche ma nullité.
Je veux montrer mes os pour montrer que j'existe et que je me suis vidée de moi-même. Je suis malheureuse. A en mourir de faim.


* * * * * * * * * *



Je ne crois pas mériter le bonheur.
La ferme conviction d'avoir commis une erreur, d'avoir écouhé, d'être MAUVAISE, SALE, REPUGNANTE, me gonfle de chagrin, après chaque bouchée avalée ou refusée.
Je suis née pour ne pas guérir.
Pour laisser mon ventre hurler parce que mon âme saigne.
Pour devenir folle sous le joug de la
torture mentale.
Pour crever de froid parce que mon intimité gèle.
Pour laisser mon coeur se débattre et lentement s'épuiser parce que je n'aime plus ma vie.
Mon destin est vide, aussi vide que je le suis moi-même. Le seul plaisir auquel j'ai droit désormais est celui de m'autodétruire, pour expier le péché de ne pas être heureuse et de ne pas savoir pourquoi...


Les affamées, regards sur l'anorexie, Annie Loiselle

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Published by eixerona - dans Extraits et citations